• Afrique du Sud : une procédure de destitution lancée contre le président Jacob Zuma

     
    Le président sud-africain Jacob Zuma, le 18 mars à Centurion, en Afrique du Sud.

    La Cour constitutionnelle sud-africaine a reconnu jeudi 31 mars le président Jacob Zuma coupable d’avoir violé la Constitution dans l’affaire Nkandla. Le président sud-africain était accusé d’avoir luxueusement agrandi sa résidence privée dans l’est du pays, aux frais du contribuable. L’affaire est au centre d’un important scandale politico-financier depuis six ans en Afrique du Sud. Jacob Zuma a été contraint par la Cour constitutionnelle de rembourser « sous quarante-cinq jours » une partie des frais.

    Lire aussi : Affaire Nkandla : Jacob Zuma sous pression de l’opposition

    « Le Trésor national doit déterminer le coût raisonnable des travaux » réalisés pour rénover la résidence privée de Jacob Zuma et qui sont « non liés à la sécurité », c’est-à-dire « uniquement le centre pour visiteurs, l’enclos pour bétail, le poulailler et la piscine » , a précisé le juge Mogoeng Mogoeng, proche du président Zuma. La somme que doit rembourser le président est estimée à plusieurs millions de dollars.

    Lire aussi : Le président sud-africain Jacob Zuma de plus en plus contesté

    Après la décision de la cour, l’Alliance démocratique, principal parti d’opposition en Afrique du Sud, a lancé une procédure de destitution contre le président. « Cela n’arrivera pas forcément. Mais le président se voit contraint de rembourser une somme importante qu’il a sûrement, vu l’accumulation de richesses par ses proches ces dernières années », estime l’analyste politique Nic Borain. Jacob Zuma est au pouvoir depuis mai 2009



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  • Turquie : sept policiers tués dans un attentat à la bombe en zone kurde

    Le Monde.fr avec AFP | 31.03.2016 à 17h49 • Mis à jour le 31.03.2016 à 19h59   Lien

     Capture d'écran/Google Maps

    Un attentat à la voiture piégée a été commis, jeudi 31 mars, à Diyarbakir, le chef-lieu du sud-est de la Turquie , à majorité kurde. Sept policiers ont été tués et vingt-trois autres personnes blessées, dont au moins huit policiers, selon le gouvernorat local. L’attaque s’est produite la veille d’une rare visite du premier ministre, Ahmet Davutoglu, dans la ville.

    La violente explosion s’est produite près d’une gare routière située à plusieurs kilomètres du centre-ville, au passage d’un car de police, selon une source de sécurité. D’après les autorités locales, c’est un véhicule bourré d’explosifs télécommandé qui a explosé. De nombreuses ambulances ont été dépêchées sur les lieux.

    Etat d’alerte renforcée

    Les forces de sécurité turques mènent depuis plusieurs mois des opérations d’envergure contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans plusieurs quartiers de cette ville et dans le Sud-Est anatolien en général, où le PKK a lancé un « soulèvement » dans les zones urbaines.

    La Turquie vit depuis plusieurs mois en état d’alerte renforcée en raison d’une série inédite d’attaques attribuées à des djihadistes ou liées à la reprise du conflit avec les Kurdes. La dernière, un attentat-suicide attribué par les autorités à l’organisation Etat islamique, est survenue le 19 mars, avenue Istiklal en plein cœur d’Istanbul, tuant quatre touristes étrangers et blessant une trentaine de personnes.

    Six jours plus tôt, un autre attentat à la voiture piégée tuait trente-cinq personnes dans le centre d’Ankara, attentat revendiqué par un groupe radical kurde proche du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK).

    Lire (en édition abonnés) :   La Turquie sidérée par la succession des attaques terroristes

    « Détruire » le PKK

    Après plus de deux ans de cessez-le-feu, le conflit a repris l’été dernier, entre forces de sécurité et rebelles du PKK. De nombreuses villes du Sud-Est anatolien ont été placées sous couvre-feu. Auparavant le théâtre de combats se situait dans les zones rurales, il s’est propagé aux villes. Les affrontements ont fait de nombreuses victimes dans les deux camps et tué des dizaines de civils, des dizaines de milliers d’autres étant forcés à l’exode.

    Le président islamo-conservateur, Recep Tayyip Erdogan, a affiché à plusieurs reprises sa volonté ferme de « détruire » le PKK, dont les bases arrière dans le nord de l’Irak sont régulièrement pilonnées par l’aviation turque.

    Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par nombre de pays, dont l’Union européenne et les Etats-Unis, a lancé une lutte armée contre les forces d’Ankara en 1984. Le conflit a depuis fait plus de quarante mille morts, pour la grande majorité des rebelles. Dans un entretien, il y a deux semaines, dans le Times britannique, le chef militaire du PKK, Cemil Bayik, avait confirmé la radicalisation de la rébellion, promettant « des combats partout ».

    Lire aussi :   En Turquie, dix mois en état d’alerte permanent



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  • La justice belge donne son accord à l’extradition de Salah Abdeslam

    vers la France

    LE MONDE | 31.03.2016 à 09h48 • Mis à jour le 31.03.2016 à 18h33 | Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)Lien

    La police bloque les rues adjacentes à la chambre du conseil de Bruxelles, qui doit statuer sur le cas de plusieurs terroristes présumés, jeudi 31 mars.
    La police bloque les rues adjacentes à la chambre du conseil de Bruxelles,
    qui doit statuer sur le cas de plusieurs terroristes présumés, jeudi 31 mars. STR / AFP
    La police bloque les rues adjacentes à la chambre du conseil de Bruxelles, qui doit statuer sur le cas de plusieurs terroristes présumés, jeudi 31 mars.

    Salah Abdeslam a comparu, jeudi 31 mars dans l’après-midi, devant la chambre du conseil de Bruxelles. Cette instance a donné son feu vert à son extradition vers la France, a annoncé le parquet fédéral belge. Les conditions du transfèrement du djihadiste français, soupçonné d’être impliqué dans les attentats de novembre, restent à déterminer. « Les autorités belges et françaises décideront après concertation des modalités de cette remise », précise le communiqué du parquet.

    Salah Abdeslam, incarcéré dans le quartier de haute sécurité de la prison de Bruges, n’était pas présent à l’audience. Il était représenté au tribunal par Cédric Moisse, membre du cabinet de son avocat, Sven Mary – qui séjourne actuellement à l’étranger.

    Lire aussi :   Qui est Sven Mary, l’avocat de Salah Abdeslam ?

    Arrêté et blessé le 18 mars à Molenbeek, Salah Abdeslam a, dans un premier temps, fait mine de vouloir collaborer avec la justice belge. Après les attentats de Bruxelles, mardi 22 mars, à l’aéroport de Zaventem et la station de métro Maelbeek, il a invoqué son droit au silence et fait savoir par l’entremise de son avocat qu’il voulait être livré le plus rapidement possible aux autorités françaises « pour pouvoir s’expliquer ». Me Mary avait obtenu un report de la première audience de la chambre du conseil, prévue le 24 mars, afin de pouvoir étudier son dossier. Jeudi matin, Me Moisse a redit que M. Abdeslam consentirait à son extradition et souhaitait « collaborer avec les autorités françaises ».

    Nombreuses polémiques

    La chambre du conseil intervient uniquement au niveau de l’instruction et, à la fin de celle-ci, elle décide s’il y a suffisamment d’indices de culpabilité d’un suspect dans une enquête pénale. Elle décide également tous les mois si un suspect doit rester en détention préventive et statue sur les demandes d’internement, les requêtes de mise en liberté et, comme dans le cas de Salah Abdeslam, sur les procédures d’extradition.

    Parmi les nombreuses polémiques nées dans la foulée des enquêtes sur les attentats de Paris et Bruxelles, l’une concerne précisément les interrogatoires du terroriste avant et après les explosions de Zaventem et du métro Maelbeek. Certains observateurs estiment qu’il aurait pu livrer des éléments sur les projets qui avaient été élaborés par les membres de cellules avec lesquels il était en relation, mais qu’il n’a pas été mis suffisamment sous pression.

    Lire aussi :   Et si Salah Abdeslam savait ? Le grand doute de Me Mary

    Pendant ce temps, les enquêteurs belges recherchent toujours des complices présumés du Molenbeekois et d’autres suspects qui pourraient avoir été impliqués dans les attentats de Bruxelles. Ils tentent notamment de retrouver la trace de « l’homme au chapeau », aperçu sur les images de vidéosurveillance de l’aéroport.

    Celui-ci pourrait, selon certaines sources, être Mohamed Abrini, un proche d’Abdeslam dont la police a perdu la trace depuis le 12 novembre, mais plus vraisemblablement le Syrien Naïm Al-Hamed – sans doute un faux nom –, dont des traces ont été retrouvées dans l’appartement de la rue Max-Roos à Schaerbeek, utilisé par les terroristes de l’aéroport.

    Au total, huit individus au moins, réputés « très dangereux », figureraient sur la liste des personnes à rechercher pour les enquêteurs belges. Dont un, peu connu jusqu’ici, Yoni Patrick Mayne, un Belgo-Malien habitant Bruxelles, qui a gagné la Syrie en 2013.

    Parmi les nombreuses polémiques nées dans la foulée des enquêtes sur les attentats de Paris et Bruxelles, l’une concerne précisément les interrogatoires du terroriste avant et après les explosions de Zaventem et du métro Maelbeek. Certains observateurs estiment qu’il aurait pu livrer des éléments sur les projets qui avaient été élaborés par les membres de cellules avec lesquels il était en relation, mais qu’il n’a pas été mis suffisamment sous pression.

    Lire aussi :   Et si Salah Abdeslam savait ? Le grand doute de Me Mary

    Pendant ce temps, les enquêteurs belges recherchent toujours des complices présumés du Molenbeekois et d’autres suspects qui pourraient avoir été impliqués dans les attentats de Bruxelles. Ils tentent notamment de retrouver la trace de « l’homme au chapeau », aperçu sur les images de vidéosurveillance de l’aéroport.

    Celui-ci pourrait, selon certaines sources, être Mohamed Abrini, un proche d’Abdeslam dont la police a perdu la trace depuis le 12 novembre, mais plus vraisemblablement le Syrien Naïm Al-Hamed – sans doute un faux nom –, dont des traces ont été retrouvées dans l’appartement de la rue Max-Roos à Schaerbeek, utilisé par les terroristes de l’aéroport.

    Au total, huit individus au moins, réputés « très dangereux », figureraient sur la liste des personnes à rechercher pour les enquêteurs belges. Dont un, peu connu jusqu’ici, Yoni Patrick Mayne, un Belgo-Malien habitant Bruxelles, qui a gagné la Syrie en 2013.

     Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)
    Journaliste au Monde

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  • L’agence Associated Press soupçonnée d’avoir coopéré avec le régime nazi

     
    Un journal britannique de l'année 1939 /Flickr aimee rivers

    Un journal britannique de l'année 1939. Flickr aimee rivers

    L'agence de presse américaine Associated Press a-t-elle coopéré avec le régime nazi ? Une étude publiée par la revue d'histoire Studies in Contemporary Historyrelayée par le Guardian, soulève plusieurs questions sur la présence de l'agence en Allemagne entre 1933 et 1941.

    Associated Press (AP) a pu travailler en Allemagne longtemps après le départ du Guardian en 1934 et celui des agences anglo-saxonnes Keystone et Wide World Photos, interdites en 1935 parce qu'elles employaient des journalistes juifs. AP n'a quitté l'Allemagne qu'en 1941, lors de l'entrée en guerre des Etats-Unis.

    D'après l'historienne allemande Harriet Scharnberg, professeure à l'université Martin Luther, l'agence a pu conserver ses accès en Allemagne nazie grâce à une sorte d'arrangement avec le régime. AP a souscrit à la Schriftleitergesetz, une sorte de charte éditoriale engageant les médias à ne pas publier de contenus "destinés à affaiblir la puissance du Reich à l'étranger ou sur son territoire". 

    Selon cet accord, l'agence AP devait employer des journalistes qui travaillaient également pour la propagande nazie. Selon Harriet Scharnberg, l'un des quatre photographes d'AP en Allemagne, Franz Roth, était également membre de la section de propagande des SS.

    Des photos de l'agence AP dans la propagande nazie

    AP a autorisé le régime nazi à utiliser ses archives photographiques à des fins de propagande. La brochure Der Untermensch ("Les sous-humains") est illustrée par une image d'AP. Le livret antisémite Des juifs aux Etats-Unis montre en couverture le maire de New York Fiorello LaGuardia (Américain d'origine italienne dont la mère était juive) en train de manger. Une image AP utilisée par le régime pour démontrer la "décadence" des juifs américains...

    La couverture de la brochure de propagande "Die Juden in USA", "Les juifs aux Etats-Unis". Photographie de Fiorello LaGuardia par l'agence AP.

    La couverture d'une brochure de propagande antisémite "Die Juden in USA", "Les juifs aux Etats-Unis". Photographie de Fiorello LaGuardia par l'agence AP.

    L'agence a-t-elle permis au reste du monde d'obtenir de précieuses informations sur un régime répressif, où toute publication était contrôlée et où les médias indépendants étaient systématiquement muselés ? A-t-elle au contraire contribué à minimiser les premiers crimes de l'Allemagne nazie ? Selon l'historienne Harriet Scharnberg, la coopération d'AP avec le régime a contribué à faire passer "une guerre d'extermination pour une guerre conventionnelle". 

    L'exemple des massacres de Lviv

    En juin 1941, les troupes du régime nazi ont envahi la ville de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, et ont "vengé" les massacres des troupes soviétiques par des pogroms contre la population juive. Les photographies de Franz Roth pour AP, montrant des corps dans les prisons de Lviv, ont été sélectionnées selon les ordres de Hitler et distribuées à la presse américaine via AP.

    "Au lieu d'imprimer des photos des pogroms de Lviv, et de leurs centaines de victimes juives, la presse américaine ne s'est vue offrir que des photographies de victimes de la police soviétique et des criminels de guerre de l'Armée rouge", explique Harriet Scharnberg au Guardian"Dans cette mesure, il est juste de dire que ces photos ont joué un rôle dans le projet de déguiser la véritable nature de la guerre menée par les Allemands", ajoute l'historienne.

    "Le choix des événements qui devenaient visibles et de ceux qui restaient cachés à partir des photos d'AP était fait dans l'intérêt de l'Allemagne et de la version allemande de la guerre."

    L'agence nie toute "collaboration"

    L'agence de presse a déclaré dans un communiqué que l'article de l'historienne "décrit des personnes et des activités inconnues de l'agence AP".  Dans un e-mail envoyé au New York Times, le porte-parole d'AP précise que le nom de Franz Roth, le photographe employé de l'agence et membre de la section de propagande des SS, est "inconnu des archivistes de l'agence".

    Interrogé par le Guardian, un porte-parole de l'agence a précisé qu'AP rejetait la notion de "collaboration délibérée" avec le régime nazi.

    "Il serait plus juste de dire que AP, et d'autres médias étrangers, ont été soumis à une forte pression de la part du régime nazi, entre l'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933 et l'expulsion d'AP hors du pays en 1941."

    Associated Press a assuré que les archives étaient en cours d'investigation pour permettre une "meilleure compréhension de la période."

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  • Patrick Henry ne sortira pas de prison

    LE MONDE | 31.03.2016 à 06h44 • Mis à jour le 31.03.2016 à 14h59   Lien

    Patrick Henry, condamné en 1977 à perpétuité pour l'assassinat du jeune Philippe Bertrand. Photo prise en août 2002.

    Détenu durant près de quarante ans, Patrick Henry a appris, jeudi 31 mars, le jour de ses 63 ans, que les juges de la cour d’appel de Paris rejetaient sa demande de libération conditionnelle, acceptée en janvier par le tribunal d’application des peines de Melun (Seine-et-Marne), mais bloquée par l’appel du parquet.

    Se disant « terrassée » par la décision de la cour d’appel, son avocate, Carine Delaby-Faure, a déclaré vouloir se pourvoir en cassation. A la sortie de l’audience à huis clos, elle dénonce une décision « pas courageuse », « malheureusement dans l’air du temps ». Selon elle, « Patrick Henry demeure un symbole et la cour a très clairement exprimé que cet homme-là, elle ne souhaite pas le libérer. Je crains que cette décision augure des décisions ultérieures toujours négatives ».

    Condamné à la réclusion à perpétuité en 1977 pour le meurtre de Philippe Bertrand, un enfant de sept ans, Patrick Henry avait échappé de justesse à la peine de mort, grâce notamment à la plaidoirie de son avocat, Robert Badinter. Il avait obtenu une liberté conditionnelle après vingt-cinq ans de prison, sortant en mai 2001, sous les feux des médias.

    Un symbole de la lutte pour l’abolition de la peine de mort

    L’homme, qui était resté discret pendant un an et avait publié un livre en 2002, Avez-vous à le regretter ? (Calman-Lévy), a été condamné à une amende de 2 000 euros, avant d’être interpellé en Espagne en octobre de la même année, en possession de près de 10 kg de cannabis.

    Sa liberté conditionnelle avait ensuite été révoquée. En 2003, il est condamné par le tribunal correctionnel de Caen à quatre ans d’emprisonnement et 20 000 euros d’amende.

    Une nouvelle procédure a été lancée en juillet 2014, après le refus d’une grâce présidentielle. Lors de l’audience en décembre 2015 au centre de détention de Melun, celui qui fut dans les années 1970 un symbole de la lutte pour l’abolition de la peine de mort, avait convaincu les magistrats qu’il avait su tirer les leçons de l’échec de sa réinsertion, en 2001-2002.

    Le tribunal lui avait accordé le 7 janvier cette nouvelle libération, soumise à la réussite d’un parcours de probation : permissions de sortie sur trois mois, six mois dans un centre de semi-liberté à Lille puis dix mois sous bracelet électronique, et sept ans de suivi. Le parquet avait fait appel le jour même, jugeant l’accompagnement pas « assez encadrant ». « Plus cadrant, c’est la prison », s’était offusquée son avocate.

    « S’il ne sort pas maintenant, il ne sortira plus jamais »

    Ce montage photo de 1976 montre Patrick Henry (à gauche) et sa victime Philippe Bertrand (à droite).

    Elle avait de nouveau plaidé le 25 février devant une cour d’appel de Paris « assez réservée » et « pressante » dans ses questions, lors d’une audience à huis clos, en présence de Patrick Henry.

    Concernant la décision qui devait être rendue, Me Delaby-Faure avait confié à l’AFP rester « confiante ». « La décision de première instance était si bien motivée que la cour va avoir du mal à trouver des motifs pour l’infirmer. »

    Me Delaby-Faure avait mis en avant le succès, aux dires des médecins, de la psychothérapie suivie pendant six ans par Patrick Henry après son retour en prison. « Les choses ne peuvent pas mieux évoluer : s’il ne sort pas maintenant, il ne sortira plus jamais », avait-elle déclaré.

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  • Un attentat d’ampleur déjoué par les services français

     

     

    L’arrestation de deux terroristes présumés, suspectés d’être sur le point de commettre des attentats majeurs, signe un succès pour l’antiterrorisme.

     

    Le procureur de Paris François Molins le 30 mars 2016. « Aucune cible spécifique » n’a été identifiée pour l’attentat en préparation. ZOOM

    Le procureur de Paris François Molins le 30 mars 2016. « Aucune cible spécifique » n’a été identifiée pour l’attentat en préparation. / JACQUES DEMARTHON/AFP

     

    À chaque attentat, les failles des services de sécurité sont pointées. Cette fois en revanche, c’est un succès qu’il faut saluer. En arrêtant fin mars les deux Français Reda Kriket et Anis Bahri en Île-de-France et à Rotterdam, les policiers ont probablement réussi à déjouer un attentat d’ampleur imminent. Mercredi 30 mars, le procureur de Paris, François Molins, a retracé le fil de cette enquête.

    Tout commence en novembre après l’expulsion par la Turquie d’un Franco-Algérien déjà condamné pour terrorisme. Ankara a procédé à un signalement et l’affaire est prise au sérieux. Des investigations pour « identifier son premier cercle relationnel » mènent les enquêteurs sur la piste d’Anis Bahri, puis de Reda Kriket.

    Tous deux sont suspectés de s’être rendus en Syrie entre fin 2014 et début 2015, puis d’avoir fait des allers-retours en Europe. Deux mandats de recherche sont délivrés en décembre 2015 et janvier 2016.

    > À lire aussi : Comprendre les connexions terroristes entre la Belgique et la France

    Un « arsenal d’une ampleur inédite »

    Ces deux hommes ont été condamnés plusieurs fois, notamment pour vols avec violence. Pour Reda Kriket, la dizaine de condamnations de droit commun se double d’une condamnation liée à une filière terroriste belge. Le 29 juillet dernier, il avait écopé de dix ans de prison pour avoir financé la filière.

    Des surveillances sont mises en place, permettant d’arrêter Reda Kriket le 23 mars. Il porte sur lui les clés d’une planque où sera retrouvé un « arsenal d’une ampleur inédite », a confirmé le procureur, dont des produits chimiques et explosifs, cinq fusils d’assaut, un fusil-mitrailleur, cinq passeports volés et sept téléphones neufs qui auraient pu servir pour coordonner les actions.

    Après six jours de garde à vue, Reda Kriket a été mis en examen jeudi 31 mars sur le fondement de nombreux chefs d’inculpation, dont la « participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

    Six attentats ont été déjoués depuis janvier 2015

    Durant sa garde à vue, il a « fourni très peu d’explications », a précisé le procureur, affirmant seulement que d’autres personnes avaient apporté le matériel retrouvé dans la planque, il y a « sept à dix mois ».

    Arrêté à Rotterdam, via l’analyse de la carte SIM de Reda Kriket, Anis Bahri, lui, conteste son transfert. La procédure d’extradition devrait prendre au maximum trois mois.

    L’enquête, désormais, se poursuit en France et en Europe, avec des perquisitions en Belgique. Deux hommes y ont été arrêtés le week-end dernier dont Abderrahmane Ameuroud, condamné en 2005 pour soutien logistique dans l’assassinat du commandant Massoud, le 9 septembre 2001.

    Ainsi, si le ministre de l’intérieur répète que six attentats ont été déjoués depuis janvier 2015, celui-là s’annonçait particulièrement sérieux. « Le risque zéro ne pourra jamais exister », a insisté le procureur, tout en « soulignant la qualité et l’ampleur du travail » fourni par les juges et les enquêteurs dans ce dossier.

    > Lire aussi : Musclé, le projet de loi terrorisme arrive au Sénat

     

    Flore Thomasset
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  • Forte mobilisation en France

    contre la loi Travail

     

    Publié le 31/03/2016 à 14h53   Lien

    Forte mobilisation en France contre la loi Travail  

    Crédit photo © Reuters

    PARIS (Reuters) - Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont lancé jeudi une nouvelle journée de mobilisation contre le projet de réforme du Code du travail, présentée comme un rendez-vous crucial par les opposants les plus déterminés à obtenir le retrait du texte.

    Les deux dernières journées, planifiées pour l'essentiel par les seules organisations de jeunesse, avaient donné des signes d'essoufflement mais certains syndicats de salariés, CGT et FO en tête, ont rejoint le mouvement, comme le 9 mars.

    L'objectif pour eux est de faire mieux que ce jour-là - le ministère de l'Intérieur avait compté 224.000 personnes dans les rues et les syndicats de 400.000 à un demi-million.

    Dans les grandes villes, les premiers cortèges ont cette fois rassemblé plusieurs milliers de manifestants, jusqu'à 120.000 à Marseille selon les organisateurs, l'évaluation de la police n'étant pas immédiatement disponible.

    A Toulouse, ils étaient entre 20.000, d'après la police, et 100.000, d'après les organisateurs.

    "Il y a une très forte mobilisation. (...) ça va au-delà de ce qu'on avait prévu", a jugé le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, interrogé par BFM TV. "Il faut que le gouvernement prenne en compte ce qu'il se passe dans la rue."

    "Les premières manifestations sont beaucoup plus importantes que le 9 mars. Le gouvernement doit ouvrir les yeux", lui a fait écho sur Twitter son homologue de FO, Jean-Claude Mailly.

    Par endroits, les rassemblements ont donné lieu à de brèves échauffourées avec la police, notamment à Marseille ou Nantes. A Paris et en petite couronne, une dizaine de personnes ont été interpellées, surtout pour des jets de projectiles, dit-on de source policière.

    PERTURBATIONS À LA RATP ET DANS LES AIRS

    La mobilisation prend la forme de défilés, mais aussi de grèves et de perturbations dans les lycées et les universités.

    A la SNCF, où l'on prévoyait des difficultés sur le réseau TGV et un TER sur deux en moyenne dans les régions, le taux de participation à la grève s'est élevé selon la direction à 24,2%, contre 35,5% le 9 mars.

    La RATP avait prévu un train sur deux pour les RER A et B et trois rames sur quatre en moyenne pour les métros.

    Le secteur aérien n'est pas épargné: 20% des vols ont été annulés à Orly et un tiers à l'aéroport de Marseille, a annoncé la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

    Le ministère de l'Education nationale a par ailleurs recensé en milieu de journée 176 lycées bloqués, sur 2.500 en France. Le syndicat lycéen Fidl parlait de son côté de "plus de 200 lycées mobilisés" dans la matinée.

    "Le blocus, c'est une démonstration de force qui permet de montrer qu'on est là et qu'on est jeune et qu'on en a marre de cette loi qui est totalement aberrante", selon Mathieu, un lycéen du XXe arrondissement parisien.

    L'exécutif lui-même anticipait une participation massive.

    "On s'attend à une mobilisation importante. La CGT se prépare depuis plusieurs semaines, la SNCF est mobilisée", disait-on mercredi dans l'entourage du Premier ministre, Manuel Valls.

    "LÉGITIME"

    Avant même cette journée, les organisations ayant appelé à la mobilisation et à la grève - CGT, FO, FSU, Solidaires pour les salariés et Unef, UNL et Fidl pour les étudiants et lycéens - n'excluaient pas de prolonger le mouvement.

    "Il y a une certitude: sans réponse du pouvoir politique, on continuera cette mobilisation la semaine prochaine", a dit William Martinet, président de l'Unef, sur France Info.

    Selon lui, seul un retrait du texte, préalable à de nouvelles négociations, pourra être jugé satisfaisant. Un scénario que n'envisage pas le gouvernement.

    "Qu'il y ait (...) des organisations syndicales qui utilisent le droit de grève et le droit de manifester, c'est légitime. Que la jeunesse fasse part de son exaspération, c'est légitime aussi", a déclaré Myriam El Khomri sur BFM TV.

    Mais la ministre a souligné que les grévistes se mobilisaient sur des mots d'ordre spécifiques dans certains secteurs, comme les transports, et que le front syndical n'était pas uni.

    Myriam El Khomri faisait là référence aux divergences entre FO ou la CGT d'un côté et les syndicats réformistes, parmi lesquels la CFDT, de l'autre. Ces derniers, opposés à la première version du texte mais convaincus par les retouches apportées par le gouvernement, n'ont pas appelé à défiler jeudi.

    Le projet de loi, qui entend donner plus de place à la négociation collective dans les entreprises et les branches professionnelles, a été présenté la semaine dernière en conseil des ministres et doit maintenant être examiné par le Parlement.

    (Myriam Rivet, Jean-Baptiste Vey et Simon Carraud, avec service France, édité par Yves Clarisse)

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  • Attentat déjoué en France:

    opération policière en cours à Courtrai

    Par AFP 31 mars 2016 à 11:44 (mis à jour à 14:26) Lien

    Policiers et soldats en opération le 31 mars 2016 près de Courtrai en BelgiquePoliciers et soldats en opération le 31 mars 2016 près de Courtrai en Belgique Photo NICOLAS MAETERLINCK. AFP

     

    Une opération policière en lien avec Reda Kriket, un homme inculpé en France pour un projet d’attentat «imminent», était en cours jeudi à Courtrai, dans le nord-ouest de la Belgique, a déclaré le parquet fédéral belge à l’AFP.

    «Il y a une perquisition en cours en lien avec le dossier Kriket», a dit à l’AFP un porte-parole du parquet fédéral, Eric Van Der Sypt. «Ça se passe à Marke, dans la ville de Courtrai», a précisé le porte-parole, qui n’a pas fait état «à ce stade» d’interpellations.

    L’opération se déroule dans le quartier résidentiel de Rodenburg, qui longe l’autoroute E17 au sud de cette ville flamande proche de la frontière française et a été bouclé par la police et l’armée.

    Des militaires, munis de détecteurs de métaux et accompagnés de chiens, fouillaient les abords d’une maison de ce quartier et ses alentours, notamment un petit bois et un terrain proche d’une station service située sur l’aire d’autoroute, a rapporté un photographe de l’AFP.

    «Ils regardent partout», a-t-il expliqué vers 13H30 (11H30 GMT), alors que les badauds étaient maintenus à l’écart de la zone fouillée par des barrières de police.

    Reda Kriket, un Français de 34 ans, a été mis en examen (inculpé) mercredi pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste criminelle par un juge antiterroriste parisien, à l’issue de six jours de garde à vue.

    Déjà condamné en Belgique dans une affaire de terrorisme et soupçonné d’avoir séjourné dans les rangs de l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie, Reda Kriket avait été arrêté le 24 mars en région parisienne. Dans l’appartement qu’il occupait, les policiers avaient découvert fusils d’assaut, armes de poing et explosifs, dont du TATP, l’explosif artisanal prisé par les jihadistes de l’EI.

    Lors de son arrestation, le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé la mise «en échec (d')un projet d’attentat en France conduit à un stade avancé», sans donner de détails.

    «A ce stade des investigations, si aucune cible précise projetée n’a pu être identifiée, tout laisse néanmoins à penser que la découverte de cette cache a permis d’éviter la commission d’une action d’une extrême violence par un réseau terroriste prêt à passer à l’acte», a souligné mercredi soir le procureur de Paris, François Molins.

    En Belgique, deux hommes, Abderrahmane Ameuroud et Rabah M., arrêtés vendredi à Bruxelles, ont été inculpés en lien avec ce réseau. Un autre complice présumé de Reda Kriket, Anis Bahri, a été interpellé dimanche à Rotterdam aux Pays-Bas. Quelque 45 kg de munitions de calibre 7,62, du type de celles utilisées avec des kalachnikovs, ont été retrouvés à cette occasion.

    AFP
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  • L'écrivain hongrois Imre Kertész, prix Nobel de littérature 2002, est décédé

    Cécile Mazin - 31.03.2016

     

     

    Imre Kertész, prix Nobel de littérature en 2002, est décédé à l’âge de 86 ans à son domicile de Budapest. Survivant du camp de concentration d’Auschwitz, il avait été vivement critiqué par le régime du Premier ministre Viktor Orban. L’écrivain s’était exilé en Allemagne depuis 2004 : il vivait alors à Berlin, loin de toutes les affaires politiques de Hongrie.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le prix Nobel a été emporté par une longue maladie. Né le 9 novembre 1929, ses œuvres ont été traduites en différentes langues – en France, c’est Actes Sud qui fut son éditeur. 

     

     

     

    En 1944, à l’âge de quinze ans, il est déporté à Auschwitz-Birkenau, puis transféré à Buchenwald, d’où il sera libéré en 1945. Après la guerre, il retourne vivre en Hongrie et découvre que toute sa famille a été exterminée. Il exerce le métier de journaliste à Budapest, mais il est licencié en 1951, lorsque le journal pour lequel il travaille est proclamé organe du parti communiste. 

     

     

     

    À 25 ans, il découvre L’étranger de Camus et décide de devenir écrivain. Dès 1953, il se consacre ainsi à l’écriture, mais aussi à la traduction d’auteurs de langue allemande, tels que Nietzsche, Hofmannsthal, Schnitzler, Wittgenstein, ou encore Canetti. L’écrivain hongrois publie — dans l’indifférence générale — son premier roman en 1975, qu’il a commencé à écrire en 1963 (Être sans destin, Actes Sud, 1997). 

     

     

     

    Pendant quarante ans, il vit avec sa femme dans un studio minuscule, en marge de la société hongroise. Il gagne sa vie en écrivant des comédies musicales, des pièces de boulevard et des traductions. 

     

     

     

    Considérant qu’il est impossible de décrire Auschwitz, il réfléchit aux conséquences éthiques et humaines de cette période de sa vie passée dans les camps. « Je hais la peinture des horreurs. Ce qui m’intéresse, c’est la distance », explique-t-il. Refusant tout nationalisme, il se décrit comme un juif européen, et vivait avec sa femme entre Berlin et Budapest. 

     

     

     

    En 2014, malgré ses mauvaises relations avec le pouvoir hongrois, il reçut la médaille de l’ordre de Saint Stephane, la plus haute récompense nationale. Cette récompense, réintroduite par Viktor Orban en 2011, avait été abolie en 1945. L’écrivain avait été encouragé à refuser cet honneur, chargé d’une histoire controversée.

     

     

     

    Il fut promu en 2015 Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres par Fleur Pellerin, et publia la même année L’Ultime Auberge.

     

     

     

    Œuvre inclassable, ce livre est une exploration des tréfonds de l’âme et de l’esprit d’un écrivain malade, aux prises avec les revers de l’existence autant qu’avec un pays d’origine abhorré. Entre confessions et réflexions, joies et souffrances, vie personnelle et vie publique, Kertész saisit le monde autant que lui-même, offrant un autoportrait de l’artiste au travail – un artiste réfractaire et toujours insoumis. L’Ultime Auberge, œuvre superbe et vertigineuse, prouve une fois de plus le talent d’un immense écrivain de renommée internationale. (traduit par Charles Zaremba et Natalia Zaremba-Huzsvai)

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  • Les mobilisations se rassemblent contre la loi travail

     

    Par Sylvain Mouillard et Amandine Cailhol 30 mars 2016 à 20:11   Lien
    Manifestation contre la loi travail, le 17 mars à Lyon.

     

     

    Manifestation contre la loi travail, le 17 mars à Lyon. Photo Jeff Pachoud. AFP   

     

    Point d’orgue de la contestation, les défilés de ce jeudi rassemblent les lycéens et les syndicats, certaines fédérations réformistes se joignant à la CGT, FO et Solidaires.

     

     

    Après trois semaines de mise en bouche, les opposants à la loi travail en ont fait le principal test de leur mobilisation. Quelque 250 rassemblements contre le projet porté par Myriam El Khomri sont prévus ce jeudi partout dans le pays. Objectif : rassembler «davantage» que le 9 mars, lorsque plus de 200 000 personnes avaient défilé dans le pays (450 000 selon les manifestants). Ces défilés devraient être plus sécurisés par les services d’ordre des syndicats, notamment après les incidents qui ont émaillé plusieurs cortèges la semaine dernière.

    D’où vient ce mouvement ?

    Dès sa fuite dans la presse le 17 février, l’avant-projet de loi El Khomri déclenche la colère d’une bonne partie des syndicats. Mais ceux-ci se font vite dépasser par un mouvement lancé sur Internet. La pétition en ligne de la militante féministe Caroline De Haas rassemble au bout de quelques jours plusieurs centaines de milliers de signatures. Sur les réseaux sociaux, un appel à se mobiliser le 9 mars circule également. Les organisations de jeunesse, dont l’Unef (premier syndicat étudiant), s’y rallient. Plusieurs syndicats de salariés (dont la CGT, FO, la FSU et Solidaires) décident de prendre le train en route, tout en fixant la date du 31 mars comme le rendez-vous incontournable. L’objectif, tout au long du mois de mars : «Faire monter la sauce» , explique Matthieu Bauhain, de l’Union des étudiants communistes. C’est ce qui se passe dans les universités et les lycées, où assemblées générales et blocages s’enchaînent. Les 17 et 24 mars, les jeunes, soutenus par les centrales syndicales, défilent dans tout le pays. Dans les amphis, les débats sont vifs : certains souhaitent s’affranchir de la tutelle des syndicats et «durcir» le mouvement, seul moyen à leurs yeux de faire céder le gouvernement.

    Qui appelle à manifester ?

    Les lycéens et les étudiants poursuivent leur mobilisation. Les violences policières de la semaine dernière vont-elles gonfler leurs rangs ? «La colère reste dirigée contre le projet de loi, mais c’est une source supplémentaire d’indignation», estime Naïm Shili, vice-président de l’Union nationale lycéenne (UNL). Mais ce sont bien les salariés qui devraient constituer le gros des troupes. Depuis le 3 mars, les syndicats sont divisés en deux blocs : d’un côté, les «contestataires» (CGT, FO, Solidaires) appellent à battre le pavé ; de l’autre, les «réformistes» (CFDT, CFTC, Unsa et CGC) qui, après avoir obtenu des retouches à la loi travail, comptent sur les amendements parlementaires pour faire encore évoluer le texte. Mais sur le terrain, la fracture est moins nette. Le 21 mars, la CGC a fait savoir qu’elle ne participerait pas aux défilés du 31. Tout en précisant que certaines de ses fédérations s’apprêtaient tout de même à rejoindre les rangs des manifestants. Comme la Fédération des métiers de l’informatique et du numérique, qui reste «sans grande illusion sur la version corrigée» du projet de loi. Même chose du côté de la CFDT, où certaines branches (comme la métallurgie du Sud francilien ou encore la CFDT culture) ont «décidé de s’associer au mouvement social», et ce contre l’avis de Laurent Berger, le patron de la centrale, qui a qualifié ce 31 mars de journée «fourre-tout».

    «On s’attend à une mobilisation plus importante que celle du 9 mars, confirme Alain Alphon-Layre (CGT). Trois fois plus de bus ont été réservés pour rejoindre le cortège parisien et il y a beaucoup d’arrêts de travail déposés.» Yves Veyrier (FO) perçoit aussi une mobilisation soutenue, «notamment dans le secteur privé, où ce n’est pas toujours évident».

    Quelles suites ?

    Le calendrier du projet El Khomri laisse encore du temps aux opposants. Les députés doivent examiner le texte le 3 mai. Côté CGT, on évoque déjà des mobilisations la semaine prochaine ainsi qu’un rassemblement le samedi 9 avril. «Il faut créer une dynamique, mais on est prêts à inscrire le mouvement dans la durée», appuie Yves Veyrier. Mais pour certains militants, les manifestations hebdomadaires, «gentillettes», ne sont pas suffisantes. Certains appellent à occuper une place de la capitale, dans la nuit de jeudi à vendredi.

    Lire aussi, en dernière page le portrait de Pierre Jacquemain, qui a quitté le cabinet El Khomri pour s’opposer à la loi travail

    Sylvain Mouillard , Amandine Cailhol
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