• Mai

    Guillaume Apollinaire
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    Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
    Des dames regardaient du haut de la montagne
    Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
    Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

    Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
    Les pétales tombés des cerisiers de mai
    Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
    Les pétales flétris sont comme ses paupières

    Sur le chemin du bord du fleuve lentement
    Un ours un singe un chien menés par des tziganes
    Suivaient une roulotte traînée par un âne
    Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
    Sur un fifre lointain un air de régiment

    Le mai le joli mai a paré les ruines
    De lierre de vigne vierge et de rosiers
    Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
    Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

    Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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  • Tragédies et joies du 1er Mai

     

    Journée de 8 heures et Fête du Travail

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    Le 1er mai 1886, aux États-Unis,  200 000 travailleurs obtiennent la journée de huit heures grâce à une forte pression des syndicats. Mais un affrontement avec la police cause la mort de plusieurs personnes.

     

    En souvenir de cette victoire amère, les syndicats européens instituent quelques années plus tard une « journée internationale des travailleurs » ou « Fête des travailleurs » destinée à se renouveler tous les 1er mai. Cette journée est aujourd'hui appelée « Fête du Travail », bien que l'expression prête à confusion (on ne fête pas le travail à proprement parler mais l'on honore les travailleurs).

     

    André Larané

     

    Une revendication nationale

     

    Au IVe congrès de l'American Federation of Labor, en 1884, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis s'étaient donné deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils avaient choisi de débuter leur action un 1er mai parce que beaucoup d'entreprises américaines entamaient ce jour-là leur année comptable.

     

    Arrive le 1er mai 1886. Un grand nombre de travailleurs obtiennent immédiatement satisfaction. Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340 000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.

     

    Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.

     

    Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines (ils seront réhabilités plusieurs années après).

     

    La révolte de Haymarket Square (Chicago, 4 mai 1886)

     

    Stèle vengeresse

    Sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés, Augustin Spies : « Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui » (*).

     

    Manifester pour la journée de 8 heures

     

    Trois ans après le drame de Chicago, la IIe Internationale socialiste réunit à Paris son deuxième congrès. Celui-ci se tient au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française au pied de la toute nouvelle Tour Eiffel.

     

    Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé), sachant que jusque-là, il était habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'a pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).

     

    Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera « organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation. »

     

    Dès l'année suivante, le 1er mai 1890, des ouvriers font grève et défilent, un triangle rouge à la boutonnière pour symboliser le partage de la journée en trois (travail, sommeil, loisir).

     

    Le 1er mai 1891, à Fourmies, une petite ville du nord de la France, la manifestation rituelle tourne au drame. La troupe équipée des nouveaux fusils Lebel et Chassepot tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers. Elle fait dix morts dont huit de moins de 21 ans. L'une des victimes, l'ouvrière Marie Blondeau, qui défilait habillée de blanc et les bras couverts de fleurs d'aubépine, devient le symbole de cette journée.

     

    Le 1er mai, lithographie de Grandjouan pour l'Assiette au beurre (1906)Avec le drame de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.

     

    Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai. Elle est relayée en France par la Confédération Générale du Travail, un syndicat fondé le 23 septembre 1895 à Limoges.

     

    L'horizon paraît s'éclaircir après la Première Guerre mondiale. Le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247 « l'adoption de la journée de huit heures ou de la semaine de quarante-huit heures comme but à atteindre partout où elle n'a pas encore été obtenue ».

     

    Les manifestations rituelles du 1er mai ne se cantonnent plus dès lors à la revendication de la journée de 8 heures. Elles deviennent l'occasion de revendications plus diverses. La Russie soviétique, sous l'autorité de Lénine, décide en 1920 de faire du 1er mai une journée chômée. Cette initiative est peu à peu imitée par d'autres pays... L'Allemagne nazie va encore plus loin : Hitler, pour se rallier le monde ouvrier, fait, dès 1933, du 1er mai une journée chômée et payée. La France l'imitera sous l'Occupation, en 1941 !...

     

    Le 1er mai en France

    En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l'habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci est quelques années plus tard remplacé par la fleur d'églantine. En 1907, à Paris, le muguet, symbole du printemps en Île-de-France, remplace cette dernière. Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban rouge (*).

    Les syndicats français unis pour le défilé du 1er mai 1936 (archives nationales)Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant une journée chômée, mais à titre exceptionnel.

    Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum.

    C'est pendant l'occupation allemande, le 24 avril 1941, que le 1er mai est officiellement désigné comme la « Fête du Travail et de la Concorde sociale » et devient chômé. Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de Vichy. Son initiative revient à René Belin. Il s'agit d'un ancien dirigeant de l'aile socialiste de la CGT (Confédération Générale du Travail) qui est devenu secrétaire d'État au Travail dans le gouvernement de Philippe Pétain.

    À cette occasion, la radio officielle ne manque pas de préciser que le 1er mai coïncide avec la fête du saint patron du Maréchal, Saint Philippe (aujourd'hui, ce dernier est fêté le 3 mai) !

    Le 30 avril 1947, la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait du 1er mai un jour férié et payé... mais pas pour autant une fête légale. Autrement dit, le 1er mai n'est toujours pas désigné officiellement comme Fête du Travail. Cette appellation n'est que coutumière.

     

    Publié ou mis à jour le : 2016-04-29 10:36:39

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     La France au bord de l’explosion sociale?

    Trois policiers ont été grièvement blessés. Les manifestants ont défilé dans une quarantaine de villes.
    Trois policiers ont été grièvement blessés. Les manifestants ont défilé dans une quarantaine de villes.-AFP

            

     

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  • Syrie : Alep pleure le pédiatre "resté dans l'enfer" pour sauver les enfants

    Mis à jour : 30-04-2016 11:41
    - Créé : 30-04-2016 11:35    Lien

    PORTRAIT - La guerre en Syrie n'en finit plus de causer des malheurs. Après le bombardement d'un hôpital d'Alep mercredi 27 avril, le docteur Maaz, pédiatre, vient s'ajouter à la liste de ceux qui ont donné leurs vies pour sauver celle des autres.

    Le docteur Maaz, pédiatre d'Alep, est mort.

    Le docteur Maaz, pédiatre d'Alep, est mort.

    OMAR ETAKI / IDA / AFP

    Photo:

    Dans la ville syrienne d'Alep ravagée par la guerre, le docteur Mohammad Wassim Maaz s'était donné pour mission de sauver les enfants, avant que la mort ne le happe à son tour.

    Mercredi 27 avril, sa vie a été fauchée, ainsi que celle d'un dentiste, de trois infirmiers et de 22 autres civils dans un bombardement aérien sur l'hôpital al-Qods dans cette ville coupée en deux depuis juillet 2012 entre secteur gouvernemental et rebelle.

    Le meilleur pédiatre en enfer

    Barbe noire bien taillée, regard perçant, corps rond et doté d'un solide sens de l'humour, le docteur Maaz "était considéré comme le meilleur pédiatre et en tout cas un des derniers à être resté dans cet enfer", ont confié ses collègues à l'AFP. Seuls ses yeux cernés laissaient entrevoir l'immense fatigue de celui qui, jour après jour, sans relâche, tentait de sauver les enfants malades ou blessés par les bombardements du régime sur les quartiers tenus par les rebelles à Alep, la deuxième ville de Syrie.

    Le docteur Maaz est devenu une nouvelle victime de cette guerre qui, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, a fait plus de 270.000 morts depuis 2011. 13.500 enfants ont été tués dans les combats. Deux chiffres à prendre avec des pincettes, le travail de cette ONG sur le conflit syrien faisant l'objet de maintes critiques et étant contredit par d'autres chiffres. A Alep, le docteur Maaz en a sauvé des dizaines d'un tel sort. Lorsque les bombardements se sont intensifiés quelques jours avant le raid fatal, lui et le reste de l'équipe ont fait descendre les couveuses au rez-de-chaussée pour les protéger.

    Risquer sa vie pour sauver les autres

    Pour son collègue le Dr Hatem, directeur d'un hôpital pour enfants à Alep, il était "le pédiatre le plus qualifié de la ville et le plus formidable de l'hôpital". "Il était amical et blaguait souvent avec l'équipe. Il était humain et courageux", écrit-il dans une lettre publiée jeudi par la campagne "Syria campaign". Originaire d'Alep, le Dr Maaz travaillait la journée à l'hôpital pour enfants et s'occupait des urgences durant la nuit à l'hôpital al-Qods. Sa famille se trouvait en Turquie et il devait lui rendre visite avant que la mort l'emporte.

    Pour Mirella Hodeib, porte-parole à Beyrouth de Médecins sans frontières (MSF), qui soutenait financièrement al-Qods, le Dr Maaz "était un pédiatre très dévoué [qui] avait choisi de risquer sa vie pour aider la population d'Alep", une ville meurtrie par les destructions, les bombes et les coupures d'eau ou d'électricité. "Al-Qods était le principal hôpital pour enfants et il était un important pédiatre. Il travaillait dans cet établissement depuis des années. Sa disparition est une terrible perte", a-t-elle confié.

    Pénurie de médecins

    Jointe par téléphone par l'AFP à Kilis (Turquie), Miskilda Zancada, chef de mission de MSF en Syrie, a qualifié sa mort de "tragédie". "Il ne reste plus que 70 à 80 médecins pour 250.000 habitants dans la partie non gouvernementale (de la ville d'Alep) car 95% d'entre eux sont partis ou ont été tués", souligne-t-elle.

    Dans une lettre publiée par l'organisation Crisis Action, des médecins d'Alep ont lancé un cri d'alarme. "Nos hôpitaux sont près du point de rupture" à cause de l'intensification des frappes qui ont fait certains jours "près de quatre morts et plus de cinquante blessés toutes les heures. "Bientôt, il n'y aura plus de professionnels de santé à Alep. Vers qui se tourneront alors les civils qui auront besoin de soins ?" s'interrogent-ils. Selon eux, au moins 730 médecins ont été tués en Syrie en cinq ans.

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  • Sahara Occidental: le Conseil de sécurité relance la mission de l’ONU

     

    Par AFP 29 avril 2016 à 17:30 (mis à jour à 20:23)
     

     

     

    Un membre de la mission des Nations unies au Sahara occidental, devant la base de Bir-Lahlou, au sud-ouest de la ville algérienne de Tindouf, le 5 mars 2016 Photo Farouk Batiche. AFP

     

     

    Le Conseil de sécurité a adopté vendredi, malgré des divisions, une résolution présentée par les Etats-Unis et prolongeant jusqu’à fin avril 2017 la mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso), objet d’une vive querelle entre Rabat et les Nations unies.

    Le Conseil de sécurité «déplore que la capacité de la Minurso de s’acquitter pleinement de son mandat ait été limitée» après l’expulsion par le Maroc de dizaines de membres civils expatriés de la mission. Et il «souligne qu’il est urgent que la Minurso puisse de nouveau exercer pleinement ses fonctions», selon le texte de la résolution.

    Celle-ci a été soutenue par dix des 15 pays membres du Conseil de sécurité. Le Venezuela et l’Uruguay ont voté contre tandis que la Russie, l’Angola et la Nouvelle-Zélande se sont abstenus.

    La Chine, le Royaume-Uni, la France et l’Espagne ont soutenu la résolution avec l’Ukraine, le Japon, l’Egypte, la Malaisie et le Sénégal.

    Irrité par des propos du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui évoquait «l’occupation» du Sahara occidental par le Maroc, Rabat a expulsé 75 des membres civils expatriés de la mission en mars. Selon l’ONU, il ne reste sur place que 28 experts civils, ce qui empêche la Minurso de remplir son mandat, qui devait s’achever ce mois-ci.

    Rabat considère le Sahara occidental comme partie intégrante de son territoire tandis que le Front Polisario revendique son indépendance.

    Les débats ont été intenses avant le vote du Conseil, plusieurs pays membres estimant notamment que la résolution n’était pas assez ferme face au Maroc.

    Le texte laisse un délai de trois mois au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon pour faire savoir au Conseil s’il estime que la mission a été rétablie dans sa pleine capacité. Si ce n’est pas le cas, le Conseil entend «examiner les meilleurs moyens pour parvenir à cet objectif», selon le texte.

    - Débats houleux -

    Les négociations ont été «difficiles et contestées. C’est un euphémisme» de le dire, a noté l’ambassadeur des Etats-Unis, Samantha Power.

    Qualifiant la résolution de «partiale», le représentant de l’Angola auprès des Nations unies, Ismael Gaspar Martins, a ainsi estimé que le Conseil aurait dû demander que la mission soit relancée «immédiatement et sans pré-conditions».

    «Si ça avait été un pays plus faible qui ne compte pas des amis au Conseil de sécurité, celui-ci n’aurait pas hésité à imposer des sanctions», a renchéri l’ambassadeur du Venezuela Rafael Ramirez.

    La France, l’Espagne et le Sénégal se sont eux montrés plus réceptifs aux inquiétudes du Maroc.

    L’ambassadeur français Francois Delattre a défendu la résolution, la jugeant «équilibrée». «L’objectif est désormais de créer les conditions qui permettront de retrouver un climat plus apaisé» pour les discussions sur la relance de la mission.

    Le représentant à l’ONU du Front Polisario, Ahmed Boukhari, a lui accusé la France d’avoir bloqué l’adoption d’une résolution plus ferme.

    «Ces gens ont été expulsés en deux jours, ils peuvent revenir en deux jours. Pourquoi trois mois ? C’est la faute de la France selon nous», a-t-il déclaré.

    L’ambassadeur du Maroc, Omar Hilale, s’est lui contenté de dire que son gouvernement avait «pris note» de la résolution et allait l’étudier.

    Certains pays craignent que d’autres Etats hôtes de missions de l’ONU, comme la République démocratique du Congo ou le Soudan, veuillent à leur tour se débarrasser de leurs Casques bleus.

    La Minurso a été déployée en 1991 dans cette ancienne colonie espagnole, annexée par le Maroc en 1975, pour surveiller un cessez-le-feu et préparer un referendum d’autodétermination.

    AFP
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    Najat Vallaud-Belkacem : "Oui, les enseignants du premier degré seront augmentés"

    Najat Vallaud-Belkacem : "Oui, les enseignants du premier degré seront augmentés"La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem le 22 avril à Paris. (PATRICK KOVARIK / AFP)

    Le Premier ministre Manuel Valls devrait annoncer "la forme et le calendrier prévisionnel" de cette augmentation mardi prochain.       Lien

     

    C’est la saison des cadeaux. Comme elle l’avait déjà confié à "l’Obs", la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem s’apprête à annoncer un coup de pouce salarial pour les enseignants. La nouvelle devrait avoir lieu lors des Journées de la refondation, qui réuniront 2.000 représentants de la communauté éducative (enseignants, parents, élus, experts…) lundi et mardi au Palais Brogniard à Paris.

    Les syndicats réclament l’alignement de la prime des enseignants du premier degré sur celle du second degré, ce qui représente 800 euros nets de plus par an. Dans le "Journal du Dimanche", la ministre confirme :

    "Nous travaillons avec les syndicats à un alignement de ces deux primes dans le temps. Donc oui, les enseignants du premier degré vont être augmentés."

    Elle rappelle à l'occasion qu'en 2013, "Vincent Peillon avait commencé un rééquilibrage avec une indemnité de 400 euros pour les enseignants du primaire. C’était un premier pas que j’ai jugé insuffisant."

    Le Premier ministre en devrait préciser "la forme et le calendrier prévisionnel" de cette augmentation mardi.


     

    Et si on payait les profs 4.000 euros par mois, comme en Allemagne ?

    Les instits français moins payés

    Selon une étude de l’OCDE que les syndicats rappellent à l’envi, les professeurs du premier degré sont payés 800 euros de moins que leurs collègues allemands.

    Combien sont vraiment payés les profs ?

    Prenant acte de cet écart, la ministre de l’Education nationale défend tout de même les premiers pas faits depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir :

    "L’écart était encore plus important en 2012. Car pendant les dix années de diète éducative, la revalorisation de leur rémunération n’a évidemment jamais été au rendez-vous non plus."

    Et de rappeler les "efforts" fait par le gouvernement ces dernières années : en 2013, "une indemnité de 400 euros annuels" et en 2014, une prime pour les enseignants de l’éducation prioritaire : "110.000 enseignants perçoivent aujourd’hui entre 1.700 et 2.400 euros d’indemnité annuelle supplémentaire."

    La ministre souligne également "qu’avec le retour de la formation initiale dont la deuxième année est rémunérée, les enseignants gagnent aujourd’hui une année de rémunération supplémentaire." Résultat : 

    "Sur l’ensemble de sa carrière, un enseignant dans les quartiers sensibles percevra déjà, du fait de nos réformes, 85.000 euros de plus que ce qu’il pouvait espérer en 2012."

    Inégalités à l'école : "Si on tente de modifier le système, tout le monde hurle !"

    François Hollande doit intervenir lundi soir au Palais Brogniard. Il devra convaincre la communauté éducative, dont l’adhésion lui est indispensable en cas de candidature à la présidentielle en 2017, de la réussite des réformes portées depuis 2012 par ses ministres de l'Education successifs : Vincent Peillon, Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem. Tous trois seront présents à ses côté.

     M.B.

    L'Obs

    L'Obs

     

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  • La rémunération de Carlos Ghosn

    passe très mal

    Le Monde.fr avec AFP | 29.04.2016 à 20h09 • Mis à jour le 30.04.2016 à 10h43 | Par Philippe Jacqué

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    Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, le 25 avril 2016.

    La rémunération de Carlos Ghosn ne sied plus à ses actionnaires. Et surtout à l’Etat. Vendredi 29 avril, lors de l’assemblée générale du groupe Renault, ces derniers ont rejeté à 54,12 % la rémunération de 7,2 millions d’euros, dont 1,7 million d’euros en numéraire, du PDG du constructeur français. Même si elle était quasi inchangée par rapport à 2014.

    Depuis 2013, les actionnaires des entreprises françaises se prononcent, en effet, sur la rémunération des dirigeants dans le cadre du « Say on Pay » mis en place par le code AFEP-Medef. Il ne s’agit cependant que d’un vote consultatif. Réuni à l’issue de l’assemblée générale vendredi, le conseil d’administration du constructeur a annoncé qu’il maintenait la rémunération de M. Ghosn, se félicitant de « la qualité des résultats ». Les administrateurs ont toutefois demandé au comité des rémunérations « d’examiner les évolutions utiles de la structure de rémunération pour les années 2016 et suivantes ».

    C’est la première fois que les actionnaires d’une société du CAC 40 rejettent la rémunération d’un dirigeant. Que cela intervienne chez Renault n’est pas vraiment un hasard. D’abord, son PDG a toujours été critiqué car il cumule deux rémunérations, celle de Renault et celle de son allié Nissan, qu’il dirige également. A ce titre, en 2014, il avait obtenu une rémunération globale de quelque 15 millions d’euros (7 millions pour Renault et 8 millions pour Nissan).

    Victoire de Bercy

    Surtout, cet affront fait à l’un des plus puissants patrons français porte la signature de l’Etat, actionnaire à hauteur de 19,74 %. Depuis 2012, le salaire des PDG du secteur public a été ramené à 450 000 euros annuels. En parallèle, l’Etat s’oppose à tout émolument supérieur dans les entreprises dans lesquelles il est minoritaire, que ce soit Air France ou PSA.

    Rien de ciblé contre Renault, donc, pourtant cette victoire de Bercy prend un relief particulier dans le cadre du bras de fer qui oppose le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, et M. Ghosn. En avril 2015, M. Macron avait porté de 15 % à près de 20 % la part publique dans la marque au losange afin de peser lors de l’assemblée générale et obtenir les droits de vote double liés à la loi Florange. Cet épisode avait provoqué de fortes tensions avec M. Ghosn et avec le japonais Nissan et s’était traduit par un accord de gouvernance, qui a été approuvé vendredi en assemblée générale.

    Vendredi, on confirmait également à Bercy que l’Etat avait voté en assemblée générale contre la résolution fixant la rémunération de M. Ghosn. De même, les représentants de l’Etat au conseil d’administration qui s’est réuni dans la foulée se sont opposés au maintien de son « package ».

    15 millions d’euros, pour gérer deux sociétés

    Jusqu’à présent, cela n’avait pas suffi pour rallier une majorité en assemblée. En 2014, 64 % des actionnaires avaient approuvé la rémunération de Carlos Ghosn, tandis qu’en 2015, ce taux avait baissé à 58 %. Mais l’exaspération des actionnaires sur le sujet sensible des rémunérations ne fait que monter, partout dans le monde, comme l’a prouvé le rejet de la rémunération du patron du pétrolier BP le 14 avril.

    « Au titre de l’exercice 2015 et pour Renault seulement, Carlos Ghosn a reçu un montant fixe de 1 230 000 euros, inchangé, qui excède de 25 % la médiane des présidents exécutifs du CAC 40. Etant donné que Carlos Ghosn partage son temps entre Renault et Nissan et perçoit donc une double rémunération pour cela, il conviendrait que sa rémunération fixe chez Renault soit largement inférieure à la médiane du CAC 40 », assure Proxinvest, une société de conseil aux investisseurs sur leur politique d’engagement et d’exercice des droits de vote.

    Interpellé par Pierre-Henri Leroy, le dirigeant de Proxinvest, lors de l’assemblée générale, M. Ghosn a indiqué que ce n’était « pas lui » mais « le conseil d’administration qui fixe la rémunération, elle-même préparée par le comité des rémunérations ». « En tant qu’actionnaire vous donnez délégation (…) au conseil d’administration, c’est lui qui juge non pas sur la base d’un caprice mais il juge si la façon dont le PDG est payé est conforme à ses efforts, à son talent, à la situation (…) nous avons un processus très clair, transparent », assure-t-il, ajoutant que « le plus important, c’est que Renault aille bien ».

    Si M. Ghosn affiche une rémunération stratosphérique (en moyenne trois fois plus que ses pairs du CAC 40 en France), elle ne détonne pas vis-à-vis de ses pairs dans le secteur de l’automobile. Avec 15 millions d’euros, pour gérer deux sociétés qui dégagent en commun quelque 120 milliards d’euros de chiffres d’affaires, il est au niveau de Mark Fields, le patron de Ford (16,5 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de Ford de 128 milliards d’euros en 2014).

    Lire l’interview :   « Un monde qui trouve normal que des gens gagnent en une semaine ce que d’autres mettent des années à percevoir »

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  • Les députés votent la suppression

    de la Hadopi pour 2022

    LE MONDE | 29.04.2016 à 12h28    Lien

     

    L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 28 avril, un amendement écologiste mettant fin à la controversée Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi) au 4 février 2022.

    Comme le raconte le site NextInpact, l’exécutif n’est pas parvenu à réunir suffisamment de députés pour repousser l’amendement, qui a été adopté dans un hémicyle quasi vide – quatre voix pour, trois voix contre. Cette suppression de la Hadopi est survenue lors du débat sur la proposition de loi sur les autorités administratives indépendantes et reste donc suspendue à l’examen en deuxième lecture du texte, au Sénat.

    Le remplacement de la Hadopi était une promesse du candidat Hollande. « Il est nécessaire de remettre en question la Hadopi, comme le promettait le président de la République durant la campagne présidentielle », rappelaient les députés écologistes dans l’exposé des motifs de leur amendement.

    Une vidéo, récupérée par le site NextInpact, montre le court débat autour de l’adoption de l’amendement.

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  • Loi travail: 214 interpellations, 78 policiers blessés lors des manifestations

     

    Par AFP 29 avril 2016 à 14:08 (mis à jour à 14:37)  Lien
     

     

     

    Bernard Cazeneuve salue des policiers à Strasbourg, le 29 avril 2016 Photo FREDERICK FLORIN. AFP

     

     

    Les manifestations de jeudi contre la loi travail à Paris et en province ont donné lieu à 214 interpellations, et 78 policiers ont été blessés lors des violences qui ont émaillé plusieurs rassemblements, a annoncé vendredi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

    Au total «214 individus ont été interpellés jeudi, 961 depuis le début des manifestations il y a deux mois, a déclaré M. Cazeneuve lors d’un déplacement à Strasbourg. Par ailleurs, «78 policiers ont été blessés hier (jeudi), dont certains grièvement à Paris», a précisé le ministre. Plusieurs manifestants ont aussi été blessés dans des cortèges.

    M. Cazeneuve a également dénoncé la présence de «casseurs extrémistes qui ont pour seule motivation la haine de l’Etat et de ce fait, des valeurs de la République», dans un discours prononcé devant plusieurs dizaines de membres des forces de l’ordre, militaires, policiers et gendarmes.

    «Ces violences sont inacceptables. Il n’y aura jamais de la part de l’État la moindre complaisance», a-t-il précisé, soulignant que la justice passerait «pour chacun des auteurs de ces violences».

    Les manifestations ont rassemblé entre 170.000 personnes, selon les autorités et 500.000, selon la CGT, avec des blessés graves du côté des forces de l’ordre mais aussi des manifestants.

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  • Consommation et investissement, moteurs de la croissance française

    LE MONDE | 29.04.2016 à 07h44 • Mis à jour le 29.04.2016 à 11h13 | Par Patrick Roger

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    La prévision officielle de la France pour 2015, celle sur laquelle repose le budget, était de 1 % de croissance.

    Après les bons chiffres du chômage, ceux de la croissance au premier trimestre confirment l’embellie. Au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) augmente de 0,5 %, après + 0,3 % au quatrième trimestre 2015, selon la première estimation publiée vendredi 29 avril par l’Insee. Un résultat légèrement supérieur aux dernières prévisions de l’institut ou de la Banque de France, qui envisageaient 0,4 %.

    L’acquis de croissance pour 2016 – soit la progression du PIB en cas de croissance nulle le reste de l’année – s’établit ainsi à 1 %, alors que la loi de finances prévoit une croissance de 1,5 % à la fin de l’année. Un chiffre supérieur à celui de la Commission européenne, qui table sur une hausse de l’activité de 1,3 %, et à celui du FMI, qui a abaissé sa prévision à 1,1 %, en raison du ralentissement de l’économie mondiale.« L’économie de la France continue à s’améliorer, s’est immédiatement félicité le ministre des finances, Michel Sapin, dans un communiqué. C’est une croissance solide qui est enclenchée. (…) Notre action porte ses fruits, nous la poursuivrons avec détermination dans les prochains mois. »

    Lire :   « Oui ça va mieux » : les déclarations de Hollande sur l’économie française vérifiées

    Consommation des ménages en hausse

    Cette croissance solide est principalement due à deux moteurs : la consommation des ménages et l’investissement, tandis que le commerce extérieur et les variations de stocks pèsent négativement. La consommation des ménages, tout d’abord, se redresse fortement : + 1,2 % après – 0,1 % au dernier trimestre 2015, marqué par les attentats de Paris. Il s’agit de la plus forte hausse depuis fin 2004.

    Elle est notamment portée par un vif rebond des dépenses en biens (+ 1,7 %) et, dans une moindre mesure, par une accélération de la consommation de services (+ 0,6 % après + 0,2 %). Grâce aux effets conjugués de l’inflation zéro – en avril, les prix à la consommation ont encore baissé de 0,2 % sur un an – et des allégements d’impôts des ménages intégrés dans le pacte de responsabilité, la progression du pouvoir d’achat, + 1,7 % en 2015, soit la plus forte hausse depuis 2007, selon l’Insee, tire la consommation des ménages vers le haut.

    Redressement de l’investissement

    L’autre facteur déterminant est celui de l’investissement. Au premier trimestre, il a globalement progressé de 0,9 %, ce qui indique un redressement continu depuis un an : il était de 0 % au deuxième trimestre 2015, 0,1 % au troisième trimestre, 0,7 % au quatrième trimestre. Le rebond est encore plus significatif en ce qui concerne l’investissement des entreprises, qui enregistre une hausse de 1,6 % au premier trimestre, contre respectivement 0,5 %, 0,4 % et 1 % les trois trimestres précédents. L’acquis de croissance pour l’investissement des entreprises s’élève d’ores et déjà à 2,8 %.

    La production totale de biens et services a continué de progresser au premier trimestre : + 0,6 %, comme le trimestre précédent. Elle est principalement portée par les secteurs de l’énergie et des services. La production manufacturière, en revanche, enregistre un ralentissement, avec + 0,3 % contre + 0,9 %, tandis que le secteur de la construction stagne.

    Un solde extérieur négatif

    Le solde extérieur, lui, est toujours négatif : – 0,2 % après – 0,6 % et – 0,4 % les deux trimestres précédents. Les importations ralentissent fortement (+ 0,5 % après + 2,1 %) mais les exportations se replient également (– 0,2 % après + 1 %).

    Enfin, la croissance, lors des deux trimestres précédents, avait été portée par une évolution positive des variations de stocks (respectivement + 0,7 % et + 0,5 %), ce qui laissait craindre un contrecoup. C’est effectivement le cas puisqu’elles enregistrent au premier trimestre un repli de 0,2 %, notamment sur les produits pétroliers raffinés et les biens d’équipement.

    La publication de cette première estimation de la croissance au premier trimestre vient clore une semaine qui, pour le gouvernement, aura apporté une série de nouvelles réconfortantes dans un climat politique qui, lui, ne s’améliore pas. Entre les succès enregistrés par l’industrie navale à l’étranger, la forte baisse du nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi au mois de mars et le dynamisme de la croissance, le gouvernement veut y voir la justification de sa politique économique.

    Lire :   Baisse du chômage en mars : un bon résultat qui reste à consolider

    « Il y a vraiment un ensemble d’éléments cohérents et convergents pour dire que la croissance a repris, qu’elle est continue, qu’elle produit de l’emploi et qu’elle peut même faire reculer le chômage », souligne M. Sapin. Encore faut-il que ces bons résultats sur le plan économique soient confirmés sur la durée.


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2016/04/29/0-5-de-croissance-au-premier-trimestre_4910730_1656968.html#RBWcLpGw7qvLKua1.99
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