• Terrorisme

    07 avril 2016 11:41; Act: 07.04.2016 13:08     Lien

    L'EI vend des antiquités de Syrie et d'Irak sur eBay

    Le vente illégale d'antiquités de Syrie et d'Irak rapporte à Daech entre 150 et 200 millions de dollars par an, estime l'ambassadeur de Russie aux Nations unies.

    storybild

    (photo: AFP)

    Daech empoche chaque année une fortune colossale en vendant des antiquités sur eBay, estime l'ambassadeur de la Fédération de Russie auprès des Nations unies. Selon Vitali Tchourkine, le groupe État islamique a accès à des centaines de milliers de pièces antiques en Irak et en Syrie, qu'il utilise pour enrichir son califat. «Environ 100 000 objets culturels d'importance mondiale, dont 4 500 sites archéologiques, sont sous le contrôle de Daech en Syrie et en Irak.

    Les profit tirés par les islamistes de ce marché illicite d'antiquités et de trésors archéologiques sont estimés à 150-200 millions de dollars par an», a expliqué l'ambassadeur, dans une lettre publiée mercredi. Selon lui, ce business est géré par la division antiquités de l'EI, rapporte l' «Express». L'équivalent d'un ministère des Ressources naturelles, en somme.

    eBay vérifie

    Seuls les jihadistes qui sont en possession d'une autorisation donnée par cette division ont le droit d'excaver, de prendre et de transporter les antiquités. Vitali Tchourkine estime qu'une grande quantité de ces objets de valeur passe en contrebande par la Turquie, et notamment la ville de Gaziantep. Les biens volés sont écoulés lors de ventes aux enchères illégales et ensuite via un réseau de magasins d'antiquités et dans les marchés locaux, poursuit-il.

    Tchoukine ajoute que les antiquités sont par la suite proposées à des collectionneurs de différents pays, et généralement vendues via eBay ou d'autres sites spécialisés. «L'EI exploite de plus en plus le potentiel des réseaux sociaux afin de supprimer le recours à des intermédiaires et de vendre directement les articles à l'acheteur», conclut l'ambassadeur. eBay a réagi aux propos du Russe, assurant qu'il avait «zéro intérêt à voir des listes illégales de biens culturels et historiques apparaître» sur sa plateforme. «Nous sommes en train de vérifier les déclarations de cette lettre», a ajouté eBay.

    (L'essentiel/joc)

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  • Les rebelles syriens en passe de libérer Dabiq, ville symbole de l’EI

    Par Luc Mathieu 6 avril 2016 à 20:01   Lien

    En soi, Dabiq n’est qu’un bourg de la plaine agricole du nord syrien, entre Alep et la frontière turque, sans intérêt particulier. La plupart de ses 4 000 habitants avaient fui en 2013 alors que les combats se propageaient. Ceux qui sont restés ont vu leur village pris par les jihadistes de l’Etat islamique (EI) en août 2014. Ils vont probablement assister dans les prochaines semaines, voire les prochains jours, au retour des rebelles. Plusieurs groupes modérés s’en approchent depuis la semaine dernière. Mardi, les combats contre l’EI avaient atteint les faubourgs de Ra’ïl. Dabiq est à moins de dix kilomètres.

    Prophétie. La perte du village serait une défaite symbolique, bien plus que stratégique, pour l’EI. «Selon eux, c’est à Dabiq que doit avoir lieu à la fin des temps la bataille entre les Romains, c’est-à-dire les Occidentaux, et les musulmans», explique Romain Caillet, spécialiste des mouvements islamistes. Les jihadistes, qui se basent sur la prophétie d’un hadith (qui relate les propos de Mahomet), ont également choisi Dabiq comme titre pour leur principal magazine de propagande en anglais. C’est enfin dans ce village qu’une vidéo montrant la tête décapitée de Peter Kassig, un otage américain, avait été tournée. «Nous voilà en train d’enterrer le premier croisé américain à Dabiq. Et nous attendons avec impatience l’arrivée de vos autres soldats pour qu’ils soient égorgés et enterrés ici-même», déclarait alors Jihadi John, l’un des bourreaux de l’EI, tué depuis dans une frappe de drone.

    Pour les rebelles, Dabiq n’est qu’un village à reconquérir parmi d’autres. Depuis la mi-février, ils ont repris une quinzaine de bourgades à l’EI dans une bande qui court entre Azaz, à l’ouest, Alep, au sud, et la frontière turque, au nord. Une dizaine de groupes, pour la plupart issus de l’Armée syrienne libre (ASL), participent à l’offensive, dont Faylaq al-Sham, Sultan Mourad, Fastaqim ou la brigade Hamza. Motasem, un groupe aidé par les Etats-Unis, est également présent. Les rebelles sont appuyés par des tirs d’artillerie de l’armée turque et des bombardements de la coalition. Leur objectif est de porter les combats jusqu’à Al Bab puis Manbij, les deux principaux fiefs de l’EI dans la région.

    Gaz moutarde. Cette offensive se double d’une autre entre la Turquie et les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), le pendant syrien du PKK. Celles-ci tentent également d’avancer face à l’EI, plus à l’est. Elles sont positionnées au bord de l’Euphrate et voudraient progresser vers Jarablous, le dernier poste frontière avec la Turquie encore contrôlé par les jihadistes. Mais la coalition menée par les Etats-Unis leur a demandé d’attendre. Une avancée du YPG le long de la frontière provoquerait une réaction armée d’Ankara qui refuse de voir un territoire kurde unifié et autonome s’étendre à ses portes.

    Les jihadistes n’ont jamais été autant menacés dans le nord de la Syrie depuis janvier 2014, lorsqu’une coalition rebelle les avait chassés de la ville d’Alep. Ils ne peuvent plus compter sur des renforts massifs de jihadistes étrangers, la frontière turque étant quasiment fermée. Ils doivent aussi faire face à une possible offensive de l’armée syrienne et de ses alliés iraniens et du Hezbollah libanais qui viennent de reprendre Palmyre et pourraient tenter d’avancer vers l’est et la frontière irakienne. Selon l’agence syrienne officielle Sana, les jihadistes ont tiré lundi des obus au gaz moutarde contre l’aéroport militaire de Deir el-Zor qu’ils tentent de prendre depuis plus d’un an. Assiégé, le régime ne contrôle plus que la moitié de la ville. L’EI a également lancé une riposte dans le sud de la Syrie où deux brigades qui lui sont alliées ont récemment gagné du terrain face aux rebelles de l’ASL à la frontière jordanienne.

    Luc Mathieu
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  • « Panama papers » : Cameron admet avoir eu des parts dans un fonds offshore de son père

    Le Monde.fr avec AFP | 07.04.2016 à 20h41 • Mis à jour le 07.04.2016 à 23h43 | Par Philippe Bernard (Londres, correspondant) Lien

    David Cameron, en octobre 2014. David Cameron, en octobre 2014. OLI SCARFF / AFP

    Après trois jours de semi-déni et quatre communiqués gênés face aux accusations contenues dans les « Panama papers », le premier ministre britannique David Cameron a dû changer de braquet. Il a admis, dans la soirée du jeudi 7 avril, qu’il avait tiré profit du fonds fiduciaire (« trust ») que son père Ian, décédé en 2010, avait géré via le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca sans payer le moindre impôt pendant trente ans.

    Lors d’une interview télévisée organisée spécialement sur la chaîne ITV, M. Cameron a reconnu que son épouse Samantha et lui-même avaient détenu entre 1997 et 2010 des parts de Blairmore Holding Inc, le fonds géré par son père. Cette période inclut l’époque où il était le leader de l’opposition conservatrice. Le premier ministre a affirmé avoir réalisé un profit de 19 000 livres (23 500 euros) en les vendant en 2010 juste avant de devenir premier ministre. « Je ne voulais pas que quelqu’un puisse dire que j’avais d’autres agendas ou des intérêts privés », a-t-il justifié, affirmant avoir, sur cette somme, payé l’impôt sur le revenu mais non celui sur les gains en capital.

    Le premier ministre a aussi affirmé qu’il ignorait si les 300 000 livres dont il avait hérité de son père avaient bénéficié d’une exemption fiscale liée à la domiciliation à Jersey de la société qui les gérait. « Je ne peux à l’évidence pas remonter à la source de chaque somme d’argent, a-t-il expliqué, et Papa n’est plus là à présent pour que je lui pose ces questions. » Alors que les « Panama papers » remettent en lumière ses origines favorisées, M. Cameron, ancien de l’école ultra-chic d’Eaton, a assuré qu’il n’avait « jamais caché le fait qu’il avait eu beaucoup de chance d’avoir des parents fortunés qui [lui avaient] donné une éducation formidable et ont financé pour moi une école extraordinaire ». « Je n’ai jamais prétendu être quelqu’un que je ne suis pas », s’est-il défendu.

    Lire aussi :   « Panama papers » : le père de David Cameron avait créé une société offshore

    Communication douteuse

    Ces explications interviennent après trois jours d’une communication erratique passant du « No comment » absolu au semi-aveu. Ces errements pourraient contribuer à affaiblir dangereusement un premier ministre déjà aux prises avec une difficile campagne pour le référendum du 23 juin sur le maintien ou la rupture avec l’Union européenne.

    Lundi, après les premières révélations des « Panama papers » dans les médias britanniques partenaires – la BBC et The Guardian - Downing Street avait affirmé que le patrimoine du premier ministre relevait d’une « affaire privée ». Mardi, M. Cameron lui-même avait cru mettre un terme à la polémique en déclarant qu’il ne possédait personnellement « aucune part » de société. Mais la presse avait insisté sur le fait que cette déclaration ne couvrait ni sa famille au sens large, ni le passé.

    Quelques heures plus tard, les services du premier ministre avaient cru bon de diffuser un communiqué commençant par une formule qui apparaît aujourd’hui malheureuse : « Pour être clair… ». Le texte affirmait que ni le premier ministre, ni sa femme, ni leurs enfants ne bénéficiaient de revenus off shore. Mais il reconnaissait que M. Cameron « possède un petit nombre de parts lié à des terrains de son père, et dont il déclare les revenus. » Mercredi, devant les protestations de l’opposition et l’incrédulité de la presse, la communication gouvernementale s’était faite encore plus énigmatique pour masquer un nouveau recul : « A l’avenir, le premier ministre ou ses enfants ne tireront des bénéfices d’aucun fonds off shore ou société fiduciaire. »

    Lire aussi :   David Cameron éclaboussé par le scandale des « Panama papers »

    « Crise morale »

    L’opposition travailliste a estimé jeudi soir que le sommet du parti conservateur était secoué par « une crise morale ». « Après avoir refusé pendant quatre jours de répondre à cette question, David Cameron a finalement été forcé d’admettre qu’il avait directement touché des profits de Blairmore, une société qui n’a payé aucun impôt pendant trente ans », a fustigé Richard Burgon, le ministre des finances du cabinet fantôme Labour en exigeant que le premier ministre s’explique devant le Parlement dès lundi.

    La position de M. Cameron apparaît d’autant plus difficile que depuis son arrivée au pouvoir, il se pose en champion de la transparence financière. Il promet de rendre obligatoire, en juin, l’inscription sur un registre central des propriétaires réels des entreprises britanniques et doit présider en mai à Londres un sommet anti-corruption. Mais jeudi, le Financial Times a révélé qu’en 2013, il était intervenu auprès de Bruxelles pour que les mesures de transparence préparées par l’Union européenne n’incluent pas les fonds fiduciaires analogues à celui que son père avait géré et dont on sait à présent que M. Cameron junior a personnellement bénéficié.

    Lire aussi :   « Panama papers » : le régulateur financier britannique demande des explications aux banques

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    Razzy Hammadi, nouveau porte-parole du PS

    Par Rachid Laïreche 7 avril 2016 à 19:27   Lien
     
     
     
    Le député socialiste Razzy Hammadi. Photo Thomas Samson. AFP

    L'opération de rajeunissement à la tête du Parti socialiste voulue par Jean-Christophe Cambadélis est marquée par une sortie des proches de Martine Aubry.

    Il rêvait d’être ministre. Samedi, lors du conseil national, Razzy Hammadi sera nommé porte-parole du PS. Le député de Seine-Saint-Denis prend la place de Juliette Méadel, secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes depuis le mois de février. La trajectoire est belle pour Hammadi. Au début du quinquennat, il flirtait avec Benoît Hamon et les frondeurs. Aujourd’hui, il fait des appels du pied à Manuel Valls et les réformateurs. Le grand chelem.

    Sa nomination n'est pas une surprise. Depuis son élection au poste de premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis a modifié la direction du parti. Des visages jeunes. On peut citer Elsa Di Méo, Eduardo Rihan-Cypel ou Nadège Abomangoli. Le PS veut un secrétariat national qui ressemble à la France. Ces dernières années, ce n'était pas trop le cas : ce parti était coupé de la société réelle. Aujourd'hui, ce n'est pas la grande révolution mais on note l'amélioration.

    «Conséquence logique d'un désaccord»

    Outre la nomination, on note la sortie en douceur de la bande à Martine Aubry : ce n'est pas non plus une surprise. La maire de Lille l'a annoncé le mois dernier suite à la «conséquence politique logique d’un désaccord»  avec la politique du gouvernement. Ainsi, le député de Paris Patrick Bloche remplace Gilles Pargneaux. Il devient conseiller politique de Jean-Christophe Cambadélis. Maurice Braud succède à Jean-Marc Germain au poste de secrétaire national chargé du pôle «mondialisation, régulation, coopération». André Viola, président du conseil départemental de l’Aude, remplace Estelle Grelier au pôle «justice sociale et cohésion territoriale». Et enfin, Luc Carvounas devient l'homme chargé des relations extérieures en remplacement du député de l'Essonne, François Lamy. 

    Samedi, le conseil national sera surveillé de près. Le PS doit faire le point des dossiers, notamement la position au sujet de la primaire. Il ne devrait pas y avoir de bagarre : pour le moment, le parti a l'air partant pour une grande primaire à gauche.  

    Rachid Laïreche
     
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  • A France Télévisions, les rédactions grondent

    LE MONDE ECONOMIE | 06.04.2016 à 12h11 • Mis à jour le 07.04.2016 à 08h26 | Lien             Par Alexis Delcambre et Alexandre Piquard

    Le groupe public entend présenter en septembre 2016, un an après l’entrée en fonction de Mme Ernotte et quelques mois avant la présidentielle, une offre totalement renouvelée. Le groupe public entend présenter en septembre 2016, un an après l’entrée en fonction de Mme Ernotte et quelques mois avant la présidentielle , une offre totalement renouvelée. MARTIN BUREAU / AFP

    C’est un moment de vérité pour Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, son directeur de l’information, Michel Field, et leurs ambitions réformatrices. En ce début de printemps, l’entreprise publique est lancée dans une refonte profonde de son secteur de l’information. L’objectif ? Présenter en septembre 2016, un an après l’entrée en fonction de Mme Ernotte et quelques mois avant la présidentielle, une offre totalement renouvelée : chaîne info en continu, nouvelle émission politique, nouveaux magazines d’information…

    Lire aussi :   Delphine Ernotte, la fausse candide

    Tout entière tournée vers cet objectif, la direction avance avec détermination, soucieuse de montrer qu’elle peut mettre en mouvement les rédactions sans s’engluer dans les habituelles pesanteurs de l’entreprise publique. Cette méthode a un prix : le risque d’un divorce avec les journalistes, dont certains se sentent heurtés par un management qui ne prend pas de gants. « Aujourd’hui, au siège, tout le monde a une bonne raison de s’inquiéter » , constate Serge Cimino, délégué du Syndicat national des journalistes (SNJ). C’est dans ce contexte que les syndicats de France Télévisions ont appelé à la grève, jeudi 7 avril, contre le projet de fusion des rédactions France 2, France 3 et numérique, qui se met en place de fait avec le chantier de la chaîne d’info publique.

    Poussée de fièvre

    En l’état, les rédactions de l’entreprise publique donnent l’image d’un vaste chantier, où tous les fronts sont simultanément ouverts, générant leur lot d’inquiétudes et de poussées de fièvre. La dernière scène s’est jouée mardi 5 avril, autour du sort du magazine « Envoyé spécial » et de ses présentatrices depuis seize ans, Guilaine Chenu et Françoise Joly.

    En milieu de journée, alors que court la rumeur d’un possible arrêt de l’émission, celles-ci relatent à leur équipe le rendez-vous qu’elles viennent d’avoir avec Michel Field et expliquent qu’aucune décision n’est prise sur l’avenir du magazine. A la mi-journée, L’Express annonce l’arrêt d’« Envoyé spécial ». Dans l’après-midi, M. Field revoit les deux journalistes pour leur expliquer qu’il acte leur départ. En soirée, France Télévisions envoie un communiqué où elle annonce vouloir « pérenniser » « Envoyé spécial » et « Complément d’enquête », tout en confiant leur refonte et leur présentation à une autre journaliste, Elise Lucet.

    « Quelle confiance désormais pouvons-nous avoir en ses déclarations ? » demande la Société des journalistes de France 2

    Contactées, Mmes Chenu et Joly disent comprendre la décision de Michel Field, mais regrettent que, « dans les derniers jours et les dernières heures, les choses se soient un peu précipitées ». Moins diplomate, la Société des journalistes de France 2 ne s’est pas privée de relever le changement de pied du directeur de l’information, dans un communiqué diffusé mardi soir : « Quelle confiance désormais pouvons-nous avoir en ses déclarations ? »

    Le pataquès rappelle la façon dont a été géré l’arrêt de l’émission politique « Des paroles et des actes ». Le 14 mars, Michel Field avait révélé l’information lors d’un passage à la radio, chez Jean-Marc Morandini, surprenant et choquant des journalistes de la rédaction.

    Lire aussi :   Michel Field, nouveau patron de l’information à France Télévisions

    En interne, certains dénoncent « des méthodes d’une brutalité inouïe ». Un ancien de la maison regrette un « fonctionnement assez bunkerisé » de la direction et dit ressentir « une méfiance sur les gens d’avant l’arrivée de la nouvelle équipe ». « Il y a une ambiance malsaine, décrit un journaliste. Le message ressenti, c’est : “Si vous n’êtes pas contents, on ne vous retient pas.” » Un autre nuance : « La volonté de rénover est tout à fait légitime de la part d’une nouvelle présidente, mais on ne traite pas les gens comme cela. »

    Le sentiment d’un manque de reconnaissance affleure, notamment dans le débat sur le nom de la future chaîne d’information publique

    A la direction de l’information, on assume la volonté de renouveler largement l’offre d’information, tout en se défendant de tout jugement négatif envers les équipes et les productions en place.

    C’est pourtant bien le sentiment d’un manque de reconnaissance qui affleure, notamment dans le débat sur le nom de la future chaîne d’information publique. Le week-end dernier, les journalistes du siège ont voté pour manifester leur opposition au choix du nom « France Info », qui fait figure d’hypothèse privilégiée. Seuls 287 journalistes ont voté sur 627 inscrits, mais à 94 % ils ont rejeté ce nom, perçu comme générateur de confusion avec la radio. Mais pour un journaliste, « la crispation sur le nom n’est qu’un symptôme des problèmes dans la relation à la rédaction ».

    Lire aussi :   Tensions à France Télévisions autour du projet de chaîne d’info

    Celle-ci est à peine à l’orée d’un processus de fusion interne qu’elle doit se projeter dans la perspective d’une relation de travail nouvelle avec les équipes de Radio France et des autres entités de l’audiovisuel public, désormais « partenaires » du projet de nouvelle chaîne d’information.

    Ces multiples évolutions ont aussi leur traduction spatiale : le week-end prochain ont lieu des déménagements de bureaux liés à la première phase du projet de fusion des rédactions « Info 2015 » : les journalistes « économie et société » issus de France 2 et France 3 vont être regroupés, tout comme des rédacteurs « culture », qui doivent rejoindre sous peu l’équipe de Culturebox.

    Jeudi 7 avril, quatre syndicats (CFDT, CFE-CGC, CGT, SNJ) ont appelé à la grève contre « Info 2015 »

    Lancé par l’équipe de direction précédente, ce projet vise à constituer une seule rédaction nationale, tout en conservant les différences éditoriales entre France 2, France 3 et Francetv Info. Il continue de susciter une opposition interne : jeudi 7 avril, quatre syndicats (CFDT, CFE-CGC, CGT, SNJ) ont appelé à la grève contre « Info 2015 ». Cette journée permettra de mesurer si les équipes demeurent hostiles à ce projet, ou si elles le jugent désormais inéluctable.

    En effet, le lancement prochain de la future chaîne d’information publique, annoncée pour le 1er septembre, constitue un puissant accélérateur de cette fusion, par-delà les cycles de négociation entre direction et syndicats. « Les deux projets s’interpénètrent, cela engendre une vraie confusion », déplore Serge Cimino. « En acceptant le projet de chaîne d’information publique, on accepte de fait Info 2015 », reconnaît Eric Vial, délégué syndical central Force ouvrière, qui n’est pas opposé à la fusion.

    Echange direct avec le président de la République

    L’organisation précise de la chaîne d’information n’est pas connue : des éléments doivent être communiqués lors de comités d’entreprise prévus, jeudi et vendredi, à France Télévisions comme à Radio France, les deux principaux partenaires du projet. Mais dans sa philosophie, le projet suppose que les journalistes concernés œuvrent sous un label unique.

    Un dernier motif d’interrogation traverse les rédactions : le contenu de l’émission prévue le 14 avril avec François Hollande. Intitulée « Dialogues citoyens », l’émission pourrait être une préfiguration du nouveau rendez-vous politique de France Télévisions. Le 29 mars, celle-ci a expliqué que, dans cette émission, des citoyens auraient « un échange direct » avec le président de la République.

    Un journaliste regrette que celle-ci soit préparée sans vraiment associer la rédaction et rappelle que les présidents souhaitent souvent, en fin de mandat, être mis en scène face aux Français. A la direction de l’information, on espère toutefois que ce rendez-vous soit un premier signe du renouvellement du traitement de la politique.

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    Valls juge « absurde » le « ni droite ni gauche » du nouveau mouvement

    de Macron

    Le Monde.fr avec AFP | 07.04.2016 à 12h14 • Mis à jour le 07.04.2016 à 19h40   Lien

    « C’est rafraîchissant. » Le patron du Medef, Pierre Gattaz, a salué jeudi 6 avril l’annonce par Emmanuel Macron du lancement d’un nouveau mouvement politique, baptisé En marche !. « J’aime bien l’initiative d’Emmanuel Macron. Je trouve que c’est rafraîchissant, que ça permet de sortir de la politique politicienne », a dit le patron des patrons sur France Inter.

    Se défendant de toute ambition personnelle pour 2017, le ministre de l’économie a espéré mercredi parvenir à « construire quelque chose d’autre », à « essayer d’avancer » face aux « blocages de la société ». Pour ce faire, il a précisé que son mouvement serait « ouvert », « pas à droite, pas à gauche ».

    Une initiative saluée à droite par Jean-Pierre Raffarin (Les Républicains), qui a déclaré sur France 2 que « ça va plutôt dans la bonne direction, ça fait un pèlerin de plus dans le chemin central de la république ». « Je crois que c’est pas mal, ça apporte un peu de sang neuf, ça fait peut-être bouger un peu le vieux socialisme, et puis au total je ne vois aucune incompatibilité entre Emmanuel Macron et Alain Juppé », a ajouté l’ancien premier ministre, soutien du maire de Bordeaux pour la primaire à droite.

    Un ni droite ni gauche « absurde » pour Valls

    Au sein du gouvernement, les réactions sont rares. La ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a félicité Emmanuel Macron : « Je crois que notre démocratie a un besoin vital qu’on ramène à la politique un certain nombre de Français qui s’en sont éloignés, a-t-elle dit sur Europe 1. Il y a quelque chose d’utile et de vertueux dans cette démarche. » Un peu plus tard, elle a fait savoir qu’elle « adhère moins » au « ni droite ni gauche » prôné par son collègue du gouvernement.

    Le premier ministre, Manuel Valls, qui a réagi en fin de journée jeudi, a quant à lui déclaré qu’« il serait absurde de vouloir effacer ces différences. » « Il y a forcément des forces politiques, a fait remarquer M. Valls. Il y a même une gauche et même une droite. Il y a des extrêmes gauches et une extrême droite. Et heureusement. C’est ainsi que fonctionne notre démocratie. »

    Hollande cautionne le « dialogue »

    François Hollande a réagi, sans s’étendre, à la création du mouvement du ministre de l’économie, cautionnant sa volonté de « dialogue avec les citoyens » :

    « Ça s’appelle faire de la politique et faire en sorte que les convictions puissent être partagées. »

    Comme on lui demandait si l’initiative de son ministre marquait le début d’une recomposition politique en France, le chef de l’Etat a répondu dans un sourire : « Je vous confirme, si vous n’en étiez pas informé, qu’il n’y a pas de gouvernement de coalition en France. » « Je n’en dirai pas davantage », a-t-il conclu, lors d’une conférence de presse, à l’issue d’un conseil des ministres franco-allemand.

    La secrétaire d’Etat chargée des personnes âgées et de l’autonomie, Pascale Boistard, a joué la carte de l’ironie sur Twitter juste après l’annonce de M. Macron : « Ecoutez Je marche seul de Jean-Jacques Goldman. »

     

    Écoutez « Je marche seul » de Jean-Jacques Goldman sur @AppleMusic. https://itun.es/fr/_hz_p?i=268276583 

    Photo published for Jean-Jacques Goldman : Singulier 81 - 89 by Jean-Jacques Goldman on iTunes

    Jean-Jacques Goldman : Singulier 81 - 89 by Jean-Jacques Goldman on iTunes

    Preview, buy and download songs from the album Jean-Jacques Goldman : Singulier 81 - 89, including ”Il suffira d'un signe”, ”Pas l'indifférence”, ”Quand la musique est bonne” and many more. Buy the...

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    « Je ne le crois pas »

    Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui a à plusieurs reprises affiché ses désaccords avec Emmanuel Macron, a considéré dans Les Echos que « s’il contribue à élargir la majorité, son apport est positif », mais « s’il veut changer le centre de gravité de la gauche, il fait fausse route ».

    A la gauche de la gauche, Pierre Laurent a fustigé sur BFM-TV et RMC le « ni droite ni gauche » défendu par le ministre de l’économie. M. Macron « est quelqu’un qui pense que la précarisation du salariat est l’avenir de nos sociétés, je ne le crois pas. Le ni droite ni gauche, c’est une mode qu’il enfourche et qui est toujours en fait le masque de ceux qui finiront à droite et qui mènent des politiques de droite », a jugé le secrétaire national du PCF.

    Jean-Luc Mélenchon a pour sa part estimé que « Macron a mis en panne tout le pays et crée un mouvement qui s’appelle En marche ! ».

    a mis en panne tout le pays et crée un mouvement qui s'appelle . Ça me fait rire.

    Le vice-président du Front national, Florian Philippot, a lui moqué sur LCP « le premier parti label certifié UMPS ».

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  • Islande: Sigurdur Ingi Johannsson, propulsé Premier ministre

    dans la tempête

     

    Par AFP 7 avril 2016 à 12:53 (mis à jour à 15:49) Lien
     

     

     

    Le nouveau Premier ministre islandais Sigurdur Ingi Johannsson (g) du Parti du progrès et le ministre des Finances et président du Parti de l' indépendance , Bjarni Benediktsson à Reykjavik le 7 avril 2016 Photo HALLDOR KOLBEINS. AFP

     

     

    Le nouveau Premier ministre islandais Sigurdur Ingi Johannsson, 53 ans, vétérinaire de formation , se retrouve chef de gouvernement en pleine tempête des «Panama Papers» et bat déjà des records d’impopularité.

    C’est le scandale des avoirs dans un paradis fiscal de son prédécesseur Sigmundur David Gunnlaugsson qui a propulsé au pouvoir jeudi cet homme mafflu assumant l’embonpoint de son âge comme une marque de son attachement au monde rural.

    Sa défense des campagnes islandaises, prépondérantes au sein du Parti du progrès dont l’électorat se concentre traditionnellement en dehors de la capitale Reykjavik, lui avait permis de décrocher le poste de ministre de l’ Agriculture et de la Pêche en 2013.

    Sur son CV, il mentionne comme première expérience professionnelle son travail à la ferme de son père dans le sud-ouest du pays dès huit ans jusqu’à ses vingt- deux ans . Dans ce pays d’élevage , principalement d’ovins, il choisit le métier de vétérinaire, obtenant son diplôme à l’ université de Copenhague . Ses parents sont tués dans un accident de voiture lorsqu’il a 25 ans.

    Pendant un temps il a sa propre exploitation agricole et étudie en parallèle la médecine animale, avant de préférer diverses fonctions qui le font entrer de plein pied dans l’ engagement politique.

    De 2001 à 2008, il est secrétaire de la section régionale du Parti du progrès, formation au pouvoir pendant les années du «boom» financier qui se termineront brutalement par l’ effondrement de tout le système bancaire en 2008.

    Conservateur dans l’âme, il assiste début 2009 à la disgrâce des partis traditionnels et envisage de quitter la politique à cette époque. Il trouve «absurde» l’idée de tenter une carrière nationale , confiera-t-il à la presse après coup. Pourtant cette année -là, il est élu député d’ opposition pour la première fois , puis réélu quand son parti remporte les législatives de 2013.

    Au sein d’un gouvernement de droite peu doué pour promouvoir son action, et soupçonné en permanence de défendre les intérêts des plus riches, son profil «rétro» séduit une frange minime d’Islandais. Ses partisans le décrivent comme fiable. Mais il est très discret sur le plan médiatique, les journalistes de la capitale semblant ne s’être jamais intéressés à lui avant cette semaine.

    Lui oeuvre au sein de sa formation pour se placer comme recours au Premier ministre, dont la popularité faiblit constamment dès 2014. Et la fin abrupte de M. Gunnlaugsson, inattendue, lui donne ce rôle ingrat de diriger un exécutif détesté, pendant les quelque six à huit mois qui doivent mener à la prochaine législative.

    Il a eu trois enfants avec une première épouse, puis un quatrième avec une femme déjà mère d’un enfant.

    AFP
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    Emmanuel Macron lance un « mouvement politique nouveau » baptisé « En marche ! »

     

    LE MONDE | 06.04.2016 à 20h32 • Mis à jour le 06.04.2016 à 23h22   Lien

     

     

     

    Le ministre de l’économie Emmanuel Macron a annoncé mercredi 6 avril la création d’un nouveau mouvement politique. Baptisé « En marche ! », celui-ci ne sera « pas à droite, pas à gauche », a déclaré M. Macron lors d’une rencontre citoyenne à Amiens. « J’ai pris du temps, j’ai réfléchi, j’ai consulté, j’ai associé », a-t-il ajouté, se défendant de toute ambition pour 2017. « Ce n’est pas un mouvement pour avoir un énième candidat de plus à la présidentielle, ce n’est pas ma priorité aujourd’hui. Ma priorité, c’est la situation du pays », a-t-il assuré.

     

     

    Et si vous remettiez la France ?http://www.en-marche.fr 

     

     

     

     

    Espérant parvenir à « construire quelque chose d’autre », à « essayer d’avancer » face aux « blocages de la société », Emmanuel Macron, qui n’a pas sa carte au Parti socialiste, a précisé vouloir un « mouvement ouvert » auquel il serait possible d’adhérer tout en restant adhérant d’un « autre parti républicain ». « Je suis d’un gouvernement de gauche et je l’assume totalement avec les valeurs auxquelles je crois et ce qui me caractérise. Mais je veux travailler avec des gens qui se sentent aujourd’hui à droite, aussi », a indiqué l’ancien banquier de 38 ans, lancé en politique par François Hollande. Nommé au gouvernement en août 2014, le ministre, très populaire, s’est illustré pour ses prises de position dérangeantes au sein de la majorité.

     

    Lire aussi :   Macron, un ovni en politique devenu « la coqueluche du Tout-Paris »

     

    Sur le site du mouvement, une vidéo évoque « le mal français, le mal d’un pays sclérosé par les blocages » et affirme qu’« on ne fera pas la France de demain sans faire place aux idées neuves ». « Qui que ce soit en 2017, s’il n’y a pas une exposition claire de la vision pour le pays, s’il n’y a pas […] un débat ouvert […] et donc la capacité à créer le consensus sur les mesures à prendre, qui que ce soit, il ou elle n’y arrivera pas », a observé M. Macron. « La question, avant tout, c’est de construire cela, avant de savoir qui le portera, sinon ce sera un nouvel échec sur ces sujets », a-t-il même prévenu.

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  • Référendum sur l’UE: les Pays-Bas

    disent «non» à 61%

     

    Afp
    Mis en ligne il y a 25 minutes    Lien

     

    Il s’agit d’un nouveau camouflet infligé à la construction européenne.

     

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© Reporters / Abaca
    • © Reporters / Abaca

     

     

    L e référendum néerlandais sur l’ accord d’ association entre l’Ukraine et l’ Union européenne est valide, a affirmé mercredi soir l’ agence de presse néerlandaise ANP, dans une projection basée sur près de 40% des votes.

    Se fondant sur les résultats de 191 municipalités, l’ANP prévoit une victoire du non avec 61% des voix , contre presque 38% pour les partisans de cet accord, avec une participation dépassant le minimum de 30% nécessaire pour la validation du scrutin.

    « Crise européenne »

    Le référendum — dont les organisateurs admettent qu’il ne concerne pas l’Ukraine mais répond à une animosité plus large envers l’UE — était suivi de près par les Européens, Kiev et Moscou . Les résultats seront également examinés à la loupe en Grande-Bretagne , quelques mois avant le vote de juin sur une sortie de l’Union européenne, surnommée «Brexit».

    Le Premier ministre libéral Mark Rutte, qui a voté dans une école primaire de La Haye, avait appelé dans la journée ses concitoyens à approuver l’accord, qui vise à renforcer le dialogue politique ainsi que les échanges économiques et commerciaux entre l’UE et l’Ukraine.

    « Nous devons aider l’Ukraine à bâtir un Etat de droit, à construire sa démocratie, à soutenir ses minorités, notamment les juifs, et la communauté homosexuelle », a-t-il lancé. « L’Europe a besoin de stabilité à ses frontières extérieures ».

    Les Pays -Bas sont le dernier pays de l’UE à ne pas avoir ratifié l’accord, qui a cependant reçu le feu vert du Parlement. Le vote de mercredi n’est pas contraignant mais un non « pourrait ouvrir la voie à une crise européenne », avait prévenu le président de la Commission européenne, Jean- Claude Juncker.

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