• Tunisie: le Parlement retire sa confiance au gouvernement

    Le Premier ministre tunisien Habib Essid (d) devant le Parlement à Tunis, le 30 juillet 2016
    Le Premier ministre tunisien Habib Essid (d) devant le Parlement à Tunis, le 30 juillet 2016
    afp.com - FETHI BELAID
    dans

    Une écrasante majorité du Parlement tunisien a retiré samedi soir sa confiance au gouvernement de Habib Essid, sous pression depuis que le président Béji Caïd Essebsi a souhaité un cabinet d'union nationale il y a deux mois.

    Comme prévu, les député ont majoritairement désavoué le gouvernement, 118 votant contre, 3 pour et 27 s'abstenant.

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  • Le gouvernement convoque la direction de SFR, qui veut supprimer 5 000 emplois

    Le Monde.fr avec AFP | 29.07.2016 à 19h51 • Mis à jour le 29.07.2016 à 19h57       LIEN

    SFR compterait supprimer 5 000 postes, soit plus du tiers de ses 14 000 emplois.

    La tension monte autour de SFR : la ministre du travail Myriam El Khomri recevra mardi 2 août la direction et les syndicats de l’opérateur de télécoms, qui pourrait supprimer plus du tiers de ses effectifs après l’expiration, l’an prochain, des engagements de son propriétaire Patrick Drahi.

    Mme El Khomri a annoncé vendredi sa volonté de s’assurer ainsi « du respect des engagements pris sur l’emploi et les investissements » lors du rachat en 2014 de SFR par Altice, le groupe de M. Drahi. A l’époque, une garantie de maintien de l’emploi pendant trois ans avait été conclue, et elle prendra fin le 1er juillet 2017. La ministre entend ainsi répondre aux inquiétudes des salariés qui, en pleine négociation avec la direction sur la réorganisation à venir du groupe, ont assuré que l’opérateur comptait supprimer 5 000 de ses 14 000 emplois.

    Lire :   SFR souhaite supprimer 5 000 emplois, soit un tiers de ses effectifs

    Un opérateur « en sureffectif »

    « Avant d’annoncer des suppressions d’emplois, il faudrait peut-être que [les dirigeants de SFR] parlent de la stratégie et du modèle économique qu’ils veulent mettre en place. Or ils n’en parlent pas du tout », a déclaré Laurence Barma, de la fédération CFDT-F3C, qui qualifie cette annonce de « brutale ».

    La direction a tenté de minimiser ces craintes. Elle assure qu’aucun chiffre n’a été annoncé aux syndicats et rappelle que ces derniers se sont accordés sur la nécessaire réorganisation d’un groupe, qui a enchaîné les acquisitions ces dernières années. Les dirigeants du groupe n’ont jamais caché le fait qu’ils estiment l’opérateur télécoms en « sureffectif », comme l’a déclaré M. Drahi, pour qui la « garantie de l’emploi a rendu les choses compliquées et créé des tensions ». « On est quand même dans une situation en France où tous nos concurrents ont licencié à tour de bras, et nous, on a pris une garantie sur trois ans à un moment où on vend à 1 euro par mois des abonnements », a-t-il déclaré en juin.

    « Beaucoup de gens en souffrance et en burn-out »

    Mais, pour les syndicats, une réorganisation aussi drastique risque de mettre à mal le fonctionnement même d’une entreprise où les conditions de travail se seraient déjà nettement durcies depuis son rachat. « Ce qu’on voit, c’est déjà beaucoup de gens en souffrance et en burn-out. Cela ne pourra que s’aggraver avec les suppressions d’emplois », estime une source syndicale, quand une autre se demande « comment l’entreprise pourra fonctionner avec si peu de salariés ».

    En creux, les syndicats dénoncent « une casse industrielle » qui pourrait remettre en question la qualité de service auprès des clients. La direction met en avant la rationalisation mise en place au niveau du groupe, qui lui permet notamment d’organiser une spécialisation de la recherche et développement par pays, au bénéfice de l’ensemble des entreprises du groupe.

    Lire le décryptage :   La casse sociale s’amplifie dans le secteur des télécoms en France

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  • La Belgique gèle les avoirs de douze terroristes

    Belga   Publié le vendredi 29 juillet 2016 à 06h43 - Mis à jour le vendredi 29 juillet 2016 à 06h44     LIEN

    Faits divers

    L'Etat belge a pour la première fois gelé les avoirs financiers de terroristes sans l'intervention d'un juge. Il s'agit d'une mesure administrative prise à la demande de l'OCAM, rapporte L'Echo vendredi. 

    La décision vise douze personnes suspectées de terrorisme, parmi lesquelles figurent Mohamed Abrini ainsi que la famille Bazarouj, soupçonnée d'avoir caché Salah Abdeslam pendant sa fuite. Ils ne pourront dorénavant plus accéder à leurs avoirs financiers, leurs biens immobiliers et autres possessions. De plus, ils ne pourront pas recevoir de soutien financier d'un tiers.

    Cette disposition existe depuis 2006, mais l'arrêté royal en question n'avait jamais été appliqué.

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  •  

    Opération anti-terroriste d'envergure cette nuit en Wallonie: deux frères qui projetaient un attentat arrêtés

    Rédaction en ligne   Publié le samedi 30 juillet 2016 à 09h54 - Mis à jour le samedi 30 juillet 2016 à 10h07     LIEN

     

     

    Faits divers Une opération anti-terroriste d'envergure s'est déroulée vendredi et cette nuit en Wallonie, principalement dans les régions de Liège et Mons.

    Dans le cadre d’un dossier de terrorisme du parquet fédéral, la police fédérale de Mons a exécuté hier soir sept mandats de perquisitions dans la région Montoise et la police fédérale de Liège une à Liège à la demande d’un juge d’instruction spécialisé en matière de terrorisme de Liège.

     

    Aucune arme ni explosif n’a été trouvé.

     

    Deux personnes ont été emmenées pour audition. Il s’agit de Nourredine H, né le 25 janvier 1983 et son frère Hamza H.

     

    Sur base des résultats provisoires de l’enquête, il s’avère qu’il y aurait eu des projets d’attentats en Belgique.

     

    Le juge d’instruction décidera dans le courant de la journée de leur maintien éventuel en détention.

     

    Pour le moment, il n’y a aucun lien avec l’enquête ouverte à la suite des attentats du 22 mars 2016 à l’aéroport de Bruxelles National (Zaventem) et dans la station de métro Maelbeek (Bruxelles).

     

    Dans l’intérêt de l’enquête, aucun autre renseignement ou précision supplémentaire ne sera donné.

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  • LIEN 

    #CeuxQuiFont : Elle donne aux enfants des clés  

    pour comprendre les religions


     

    Marine Quenin,

    la connaissance avant la croyance 

     

     

    Après avoir constaté que sa fille ignorait tout du fait religieux, Marine Quenin a fondé l’association Enquête, 

    qui sensibilise les enfants aux religions et leur enseigne la laïcité. 

    C’est à un public particulier que s’adresse l’imam de la mosquée Omar en cet après-midi de juin. Dans une trentaine de minutes, 

    il délivrera son prêche du vendredi, les fidèles commencent déjà à arriver rue Jean-Pierre-Timbaud, à Paris. Mais, pour l’heure, 

    il répond aux questions d’un petit groupe d’enfants, accueilli au premier étage de la mosquée. L’atmosphère est calme, les 

    échanges bercés par le souffle des ventilateurs. « Il est écrit quoi sur le tableau accroché derrière vous ? Pourquoi vous utilisez 

    le calendrier lunaire ? De quelle heure à quelle heure faites-vous la prière ? » 

    Pour Marine Quenin, qui les accompagne ce jour-là, c’est comme ça que tout a commencé. Par des questions d’enfants. Il y a 

    huit ans, pendant la visite d’une église, sa fille aînée Agathe lui demande si des gens dorment à l’« autel ». Un soir, elle rentre de l’école  

    affolée : son ami Elias « est très malade », il a mangé du porc par mégarde. Un autre, elle se réjouit d’être « en vacances  

    de la Poussin ». Certains auraient pu s’amuser de ces interprétations infantiles ; juger qu’avec le temps tout ça finirait par avoir 

    du sens. Elle a vu dans ces remarques de profondes lacunes sur des sujets essentiels. 

    « Indispensable pour comprendre le monde » 

    « Je me suis rendu compte qu’il y avait un réel besoin de donner des clés aux enfants sur les religions »,explique avec énergie 

    cette mère de trois enfants. D’un geste rapide, elle dégage une mèche de cheveux blonds de son visage, puis reprend : « C’est indispensable 

    pour qu’ils comprennent le monde dans lequel ils évoluent. » Déterminée, elle se met alors, parallèlement à son métier de cheffe de projet, à réfléchir

    à un moyen de combler ces lacunes. 

      

     

    Elle se tourne d’abord vers les manuels scolaires, « convaincue » que sa fille allait aborder ces sujets-là à l’école. Les questions relatives à la  

    religion sont bien au programme, constate-t-elle, mais elles ne sont pas traitées dans les classes pour autant. 

    Marine Quenin évoque une série de raisons à cela : des programmes trop chargés, une méconnaissance de la part des 

    enseignants, et, surtout, le tabou concernant tout ce qui touche à la religion en France. Or, pour elle, qui est agnostique, 

    impossible de « bien vivre ensemble » dans une société multiculturelle si l’on ignore tout des croyances de son voisin. 

    Soutenue par son mari, elle décide de créer l’association Enquête, pour sensibiliser les enfants au fait religieux, en s’appuyant 

    sur la laïcité. Ce principe fournit « un cadre très clair » à sa démarche, car il permet de parler de religion « de manière apaisée », sous l’angle 

    de la connaissance et non de la croyance. Au premier étage de la mosquée Omar, Marine Quenin incite les enfants à observer : « Qu’est-ce qui, autour de vous, vous interpelle ? » 

    « Ne pas continuer à ne rien faire » 

    Depuis six ans maintenant, Enquête organise des ateliers dans des centres sociaux et des écoles pour des enfants entre 7 et 11  

    ans. Réparties sur un trimestre ou une année scolaire entière, les séances alternent cours classiques et jeux inspirés du Taboo, 

    du memory ou du pendu, afin de rendre les enfants acteurs de leur réflexion. Les trois dernières séances sont généralement consacrées à des  

    visites culturelles de lieux de culte de leur quartier. Avant la mosquée, le groupe a visité une église et une synagogue. 

    A 42 ans, Marine Quenin a toujours travaillé dans le « domaine de l’intérêt général ». A la tête de l’incubateur social d’une école 

    de commerce, elle avait à l’esprit depuis quelque temps de monter son propre projet plutôt que de travailler sur ceux des autres. « Je me suis 

    lancée le jour où j’ai pris conscience qu’il n’était pas nécessaire d’avoir une idée géniale pour changer les choses. » 

    Une « bonne idée » pouvait déjà faire beaucoup. « La mienne n’est pas révolutionnaire, mais elle est nécessaire », résume-t-elle 

    sans rougir. 

      

     

    Enquête est de plus en plus sollicitée. Au point que Marine Quenin a fini par quitter son poste, pour se consacrer entièrement 

    à la petite association dont elle est aujourd’hui salariée. « Après les attentats de 2015, ceux qui travaillaient dans le monde de l’éducation se  

    sont rendu compte qu’on ne pouvait plus continuer à ne rien faire », relève-t-elle, convaincue. Consécration, en  

    2015, cinq ans après sa création, Enquête a reçu l’agrément de l’éducation nationale, qui rend possible l’intervention de ses animateurs dans  

    les écoles publiques. 

    Priorité à la formation d’animateurs 

    En six ans, Marine Quenin a vu des enfants évoluer. « Parvenir en fin d’année à faire visiter une synagogue à un enfant qui 

    tenait auparavant des propos ouvertement antisémites montre qu’on a réussi à le faire bouger »,sourit-elle. Mais, à l’heure où 

    « la prise de conscience est collective » sur ces questions, Enquête est confrontée à ses limites. Avec ses moyens actuels, l’association 

    touche 800 élèves alors qu’ils sont 100 000 par classe d’âge. La priorité est donc désormais la formation 

    d’animateurs directement dans les centres sociaux. « Il faut qu’on travaille à être repris par d’autres », anticipe Marine 

    Quenin. 

    Jules, 10 ans, lève la main : « Pourquoi il y a marqué 1437 sur l’horloge derrière vous ? »,demande-t-il à l’imam, qui plisse les yeux et sourit.  

    Il n’a pas l’habitude de répondre à ce genre d’interrogation concrète. Il détaille qu’il y a mille quatre cent trente-sept ans Mahomet quittait La Mecque pour Médine. « Alors, c’est l’année de naissance de l’islam », comprend Martin, même âge que Jules. 

    Il réfléchit et ajoute : « L’islam ne commence pas au moment de la naissance de Jésus. » Il vient de saisir une différence fondamentale entre 

    les deux religions. 

    La troisième édition du Monde Festival se tient à Paris du 16 au 19 septembre 2016 sur le thème « Agir ». Retrouvez le programme du Monde Festival et envoyez-nous vos idées de portraits et d'initiatives à agir@lemonde.fr. 

      

    Après avoir constaté que sa fille ignorait tout du fait religieux, Marine Quenin a fondé l’association Enquête, 

    qui sensibilise les enfants aux religions et leur enseigne la laïcité. 

    C’est à un public particulier que s’adresse l’imam de la mosquée Omar en cet après-midi de juin. Dans une trentaine de minutes, 

    il délivrera son prêche du vendredi, les fidèles commencent déjà à arriver rue Jean-Pierre-Timbaud, à Paris. Mais, pour l’heure, 

    il répond aux questions d’un petit groupe d’enfants, accueilli au premier étage de la mosquée. L’atmosphère est calme, les 

    échanges bercés par le souffle des ventilateurs. « Il est écrit quoi sur le tableau accroché derrière vous ? Pourquoi vous utilisez le calendrier lunaire ? De quelle heure à quelle heure faites-vous la prière ? » 

    Pour Marine Quenin, qui les accompagne ce jour-là, c’est comme ça que tout a commencé. Par des questions d’enfants. Il y a huit ans, pendant  

    la visite d’une église, sa fille aînée Agathe lui demande si des gens dorment à l’« autel ». Un soir, elle rentre de l’école affolée : son ami Elias  

    « est très malade », il a mangé du porc par mégarde. Un autre, elle se réjouit d’être « en vacances de la Poussin ». Certains auraient pu s’amuser  

    de ces interprétations infantiles ; juger qu’avec le temps tout ça finirait par avoir du 

    sens. Elle a vu dans ces remarques de profondes lacunes sur des sujets essentiels. 

    « Indispensable pour comprendre le monde » 

    « Je me suis rendu compte qu’il y avait un réel besoin de donner des clés aux enfants sur les religions »,explique avec énergie cette mère de 

    trois enfants. D’un geste rapide, elle dégage une mèche de cheveux blonds de son visage, puis reprend : « C’est indispensable pour qu’ils comprennent le monde dans lequel ils évoluent. » Déterminée, elle se met alors, parallèlement à son métier de cheffe de projet, à réfléchir à  

    un moyen de combler ces lacunes. 

      


     

    Elle se tourne d’abord vers les manuels scolaires, « convaincue » que sa fille allait aborder ces sujets-là à l’école. Les questions relatives à la 

    religion sont bien au programme, constate-t-elle, mais elles ne sont pas traitées dans les classes pour autant. Marine Quenin évoque une série  

    de raisons à cela : des programmes trop chargés, une méconnaissance de la part des enseignants, et, surtout, le tabou concernant tout ce qui touche à la religion en France. Or, pour elle, qui est agnostique, impossible de « bien vivre ensemble » dans une société multiculturelle si l’on  ignore tout des croyances de son voisin. 

    Soutenue par son mari, elle décide de créer l’association Enquête, pour sensibiliser les enfants au fait religieux, en s’appuyant sur la laïcité. Ce principe fournit « un cadre très clair » à sa démarche, car il permet de parler de religion « de manière apaisée », sous l’angle de la connaissance et non de la croyance. Au premier étage de la mosquée Omar, Marine Quenin incite les enfants à observer : « Qu’est-ce qui, autour de vous, vous interpelle ? » 

    « Ne pas continuer à ne rien faire » 

    Depuis six ans maintenant, Enquête organise des ateliers dans des centres sociaux et des écoles pour des enfants entre 7 et 11 ans. Réparties sur  

    un trimestre ou une année scolaire entière, les séances alternent cours classiques et jeux inspirés du Taboo, du memory ou du pendu, afin de  

    rendre les enfants acteurs de leur réflexion. Les trois dernières séances sont généralement consacrées à des visites culturelles de lieux de culte 

    de leur quartier. Avant la mosquée, le groupe a visité une église et une synagogue. 

    A 42 ans, Marine Quenin a toujours travaillé dans le « domaine de l’intérêt général ». A la tête de l’incubateur social d’une école de commerce,  

    elle avait à l’esprit depuis quelque temps de monter son propre projet plutôt que de travailler sur ceux des autres. « Je me suis lancée le jour où 

    j’ai pris conscience qu’il n’était pas nécessaire d’avoir une idée géniale pour changer les choses. » Une « bonne idée » pouvait déjà faire  

    beaucoup. « La mienne n’est pas révolutionnaire, mais elle est nécessaire », résume-t-elle sans rougir. 

      

     

    Enquête est de plus en plus sollicitée. Au point que Marine Quenin a fini par quitter son poste, pour se consacrer entièrement à la petite  

    association dont elle est aujourd’hui salariée. « Après les attentats de 2015, ceux qui travaillaient dans le monde de l’éducation se sont rendu compte qu’on ne pouvait plus continuer à ne rien faire », relève-t-elle, convaincue. Consécration, en 2015, cinq ans après sa création, Enquête  

    a reçu l’agrément de l’éducation nationale, qui rend possible l’intervention de ses animateurs dans les écoles publiques. 

    Priorité à la formation d’animateurs 

    En six ans, Marine Quenin a vu des enfants évoluer. « Parvenir en fin d’année à faire visiter une synagogue à un enfant qui tenait auparavant 

    des propos ouvertement antisémites montre qu’on a réussi à le faire bouger »,sourit-elle. Mais, à l’heure où « la prise de conscience est  

    collective » sur ces questions, Enquête est confrontée à ses limites. Avec ses moyens actuels, l’association touche 800 élèves alors qu’ils sont 100 000 par classe d’âge. La priorité est donc désormais la formation d’animateurs directement dans les centres sociaux. « Il faut qu’on  

    travaille à être repris par d’autres », anticipe Marine Quenin. 

    Jules, 10 ans, lève la main : « Pourquoi il y a marqué 1437 sur l’horloge derrière vous ? »,demande-t-il à l’imam, qui plisse les yeux et sourit.  

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    #CeuxQuiFont : Elle donne aux enfants des clés
    pour comprendre les religions

    Marine Quenin,

    la connaissance avant la croyance

     

     

    Après avoir constaté que sa fille ignorait tout du fait religieux, Marine Quenin a fondé l’association Enquête,

    qui sensibilise les enfants aux religions et leur enseigne la laïcité.

    C’est à un public particulier que s’adresse l’imam de la mosquée Omar en cet après-midi de juin. Dans une trentaine de minutes,

    il délivrera son prêche du vendredi, les fidèles commencent déjà à arriver rue Jean-Pierre-Timbaud, à Paris. Mais, pour l’heure,

    il répond aux questions d’un petit groupe d’enfants, accueilli au premier étage de la mosquée. L’atmosphère est calme, les

    échanges bercés par le souffle des ventilateurs. « Il est écrit quoi sur le tableau accroché derrière vous ? Pourquoi vous utilisez

    le calendrier lunaire ? De quelle heure à quelle heure faites-vous la prière ? »

    Pour Marine Quenin, qui les accompagne ce jour-là, c’est comme ça que tout a commencé. Par des questions d’enfants. Il y a

    huit ans, pendant la visite d’une église, sa fille aînée Agathe lui demande si des gens dorment à l’« autel ». Un soir, elle rentre de

    l’école affolée : son ami Elias « est très malade », il a mangé du porc par mégarde. Un autre, elle se réjouit d’être « en vacances

    de la Poussin ». Certains auraient pu s’amuser de ces interprétations infantiles ; juger qu’avec le temps tout ça finirait par avoir

    du sens. Elle a vu dans ces remarques de profondes lacunes sur des sujets essentiels.

    « Indispensable pour comprendre le monde »

    « Je me suis rendu compte qu’il y avait un réel besoin de donner des clés aux enfants sur les religions »,explique avec énergie

    cette mère de trois enfants. D’un geste rapide, elle dégage une mèche de cheveux blonds de son visage, puis reprend : « C’est

    indispensable pour qu’ils comprennent le monde dans lequel ils évoluent. » Déterminée, elle se met alors, parallèlement à son

    métier de cheffe de projet, à réfléchir à un moyen de combler ces lacunes.

     

    Elle se tourne d’abord vers les manuels scolaires, « convaincue » que sa fille allait aborder ces sujets-là à l’école. Les questions

    relatives à la religion sont bien au programme, constate-t-elle, mais elles ne sont pas traitées dans les classes pour autant.

    Marine Quenin évoque une série de raisons à cela : des programmes trop chargés, une méconnaissance de la part des

    enseignants, et, surtout, le tabou concernant tout ce qui touche à la religion en France. Or, pour elle, qui est agnostique,

    impossible de « bien vivre ensemble » dans une société multiculturelle si l’on ignore tout des croyances de son voisin.

    Soutenue par son mari, elle décide de créer l’association Enquête, pour sensibiliser les enfants au fait religieux, en

    s’appuyant sur la laïcité. Ce principe fournit « un cadre très clair » à sa démarche, car il permet de parler de religion

    « de manière apaisée », sous l’angle de la connaissance et non de la croyance. Au premier étage de la mosquée Omar,

    Marine Quenin incite les enfants à observer : « Qu’est-ce qui, autour de vous, vous interpelle ? »

    « Ne pas continuer à ne rien faire »

    Depuis six ans maintenant, Enquête organise des ateliers dans des centres sociaux et des écoles pour des enfants entre

    7 et 11 ans. Réparties sur un trimestre ou une année scolaire entière, les séances alternent cours classiques et jeux

    inspirés du Taboo, du memory ou du pendu, afin de rendre les enfants acteurs de leur réflexion. Les trois dernières

    séances sont généralement consacrées à des visites culturelles de lieux de culte de leur quartier. Avant la mosquée, le

    groupe a visité une église et une synagogue.

    A 42 ans, Marine Quenin a toujours travaillé dans le « domaine de l’intérêt général ». A la tête de l’incubateur social

    d’une école de commerce, elle avait à l’esprit depuis quelque temps de monter son propre projet plutôt que de travailler

    sur ceux des autres. « Je me suis lancée le jour où j’ai pris conscience qu’il n’était pas nécessaire d’avoir une idée géniale

    pour changer les choses. »

    Une « bonne idée » pouvait déjà faire beaucoup. « La mienne n’est pas révolutionnaire, mais elle est nécessaire »,

    résume-t-elle sans rougir.

     

    Enquête est de plus en plus sollicitée. Au point que Marine Quenin a fini par quitter son poste, pour se consacrer

    entièrement à la petite association dont elle est aujourd’hui salariée. « Après les attentats de 2015, ceux qui travaillaient

    dans le monde de l’éducation se sont rendu compte qu’on ne pouvait plus continuer à ne rien faire », relève-t-elle,

    convaincue. Consécration, en 2015, cinq ans après sa création, Enquête a reçu l’agrément de l’éducation nationale, qui

    rend possible l’intervention de ses animateurs dans les écoles publiques.

    Priorité à la formation d’animateurs

    En six ans, Marine Quenin a vu des enfants évoluer. « Parvenir en fin d’année à faire visiter une synagogue à un enfant qui

    tenait auparavant des propos ouvertement antisémites montre qu’on a réussi à le faire bouger »,sourit-elle. Mais, à l’heure

    « la prise de conscience est collective » sur ces questions, Enquête est confrontée à ses limites. Avec ses moyens actuels,

    l’association touche 800 élèves alors qu’ils sont 100 000 par classe d’âge. La priorité est donc désormais la formation

    d’animateurs directement dans les centres sociaux. « Il faut qu’on travaille à être repris par d’autres », anticipe Marine

    Quenin.

    Jules, 10 ans, lève la main : « Pourquoi il y a marqué 1437 sur l’horloge derrière vous ? »,demande-t-il à l’imam, qui plisse

    les yeux et sourit.

    Il n’a pas l’habitude de répondre à ce genre d’interrogation concrète. Il détaille qu’il y a mille quatre cent trente-sept ans

    Mahomet quittait La Mecque pour Médine. « Alors, c’est l’année de naissance de l’islam », comprend Martin, même âge que Jules.

    Il réfléchit et ajoute : « L’islam ne commence pas au moment de la naissance de Jésus. » Il vient de saisir une différence

    fondamentale entre les deux religions.

    La troisième édition du Monde Festival se tient à Paris du 16 au 19 septembre 2016 sur le thème « Agir ». Retrouvez

    le programme du Monde Festival et envoyez-nous vos idées de portraits et d'initiatives à agir@lemonde.fr.

     

    Après avoir constaté que sa fille ignorait tout du fait religieux, Marine Quenin a fondé l’association Enquête,

    qui sensibilise les enfants aux religions et leur enseigne la laïcité.

    C’est à un public particulier que s’adresse l’imam de la mosquée Omar en cet après-midi de juin. Dans une trentaine de

    minutes, il délivrera son prêche du vendredi, les fidèles commencent déjà à arriver rue Jean-Pierre-Timbaud, à Paris.

    Mais, pour l’heure, il répond aux questions d’un petit groupe d’enfants, accueilli au premier étage de la mosquée.

    L’atmosphère est calme, les échanges bercés par le souffle des ventilateurs. « Il est écrit quoi sur le tableau accroché

    derrière vous ? Pourquoi vous utilisez le calendrier lunaire ? De quelle heure à quelle heure faites-vous la prière ? »

    Pour Marine Quenin, qui les accompagne ce jour-là, c’est comme ça que tout a commencé. Par des questions d’enfants.

    Il y a huit ans, pendant la visite d’une église, sa fille aînée Agathe lui demande si des gens dorment à l’« autel ». Un soir,

    elle rentre de l’école affolée : son ami Elias « est très malade », il a mangé du porc par mégarde. Un autre, elle se réjouit

    d’être « en vacances de la Poussin ». Certains auraient pu s’amuser de ces interprétations infantiles ; juger qu’avec

    le temps tout ça finirait par avoir du sens. Elle a vu dans ces remarques de profondes lacunes sur des sujets essentiels.

    « Indispensable pour comprendre le monde »

    « Je me suis rendu compte qu’il y avait un réel besoin de donner des clés aux enfants sur les religions »,explique avec

    énergie cette mère de trois enfants. D’un geste rapide, elle dégage une mèche de cheveux blonds de son visage, puis

    reprend : « C’est indispensable pour qu’ils comprennent le monde dans lequel ils évoluent. » Déterminée, elle se met

    alors, parallèlement à son métier de cheffe de projet, à réfléchir à un moyen de combler ces lacunes.

     

    Elle se tourne d’abord vers les manuels scolaires, « convaincue » que sa fille allait aborder ces sujets-là à

    l’école. Les questions relatives à la religion sont bien au programme, constate-t-elle, mais elles ne sont

    pas traitées dans les classes pour autant. Marine Quenin évoque une série de raisons à cela : des program-

    mes trop chargés, une méconnaissance de la part des enseignants, et, surtout, le tabou concernant tout ce qui

    touche à la religion en France. Or, pour elle, qui est agnostique, impossible de « bien vivre ensemble » dans

    une société multiculturelle si l’on ignore tout des croyances de son voisin.

    Soutenue par son mari, elle décide de créer l’association Enquête, pour sensibiliser les enfants au fait religieux,

    en s’appuyant sur la laïcité. Ce principe fournit « un cadre très clair » à sa démarche, car il permet de parler de

    religion « de manière apaisée », sous l’angle de la connaissance et non de la croyance. Au premier étage de la

    mosquée Omar, Marine Quenin incite les enfants à observer : « Qu’est-ce qui, autour de vous, vous interpelle ? »

    « Ne pas continuer à ne rien faire »

    Depuis six ans maintenant, Enquête organise des ateliers dans des centres sociaux et des écoles pour des

    enfants entre 7 et 11 ans. Réparties sur un trimestre ou une année scolaire entière, les séances alternent

    cours classiques et jeux inspirés du Taboo, du memory ou du pendu, afin de rendre les enfants acteurs de

    leur réflexion. Les trois dernières séances sont généralement consacrées à des visites culturelles de lieux de

    culte de leur quartier. Avant la mosquée, le groupe a visité une église et une synagogue.

    A 42 ans, Marine Quenin a toujours travaillé dans le « domaine de l’intérêt général ». A la tête de l’incubateur

    social d’une école de commerce, elle avait à l’esprit depuis quelque temps de monter son propre projet plutôt que

    de travailler sur ceux des autres. « Je me suis lancée le jour où j’ai pris conscience qu’il n’était pas nécessaire

    d’avoir une idée géniale pour changer les choses. » Une « bonne idée » pouvait déjà faire

    beaucoup. « La mienne n’est pas révolutionnaire, mais elle est nécessaire », résume-t-elle sans rougir.

     

    Enquête est de plus en plus sollicitée. Au point que Marine Quenin a fini par quitter son poste, pour

    se consacrer entièrement à la petite association dont elle est aujourd’hui salariée. « Après les attentats

    de 2015, ceux qui travaillaient dans le monde de l’éducation se sont rendu compte qu’on ne pouvait plus

    continuer à ne rien faire », relève-t-elle, convaincue. Consécration, en 2015, cinq ans après sa création,

    Enquête a reçu l’agrément de l’éducation nationale, qui rend possible l’intervention de ses animateurs dans

    les écoles publiques.

    Priorité à la formation d’animateurs

    En six ans, Marine Quenin a vu des enfants évoluer. « Parvenir en fin d’année à faire visiter une synagogue

    à un enfant qui tenait auparavant des propos ouvertement antisémites montre qu’on a réussi à le faire bouger »

    ,sourit-elle. Mais, à l’heure où « la prise de conscience est collective » sur ces questions, Enquête est confrontée

    à ses limites. Avec ses moyens actuels, l’association touche 800 élèves alors qu’ils sont 100 000 par classe d’âge.

    La priorité est donc désormais la formation d’animateurs directement dans les centres sociaux. « Il faut qu’on

    travaille à être repris par d’autres », anticipe Marine Quenin.

    Jules, 10 ans, lève la main : « Pourquoi il y a marqué 1437 sur l’horloge derrière vous ? »,demande-t-il à l’imam,

    qui plisse les yeux et sourit.

    Il n’a pas l’habitude de répondre à ce genre d’interrogation concrète. Il détaille qu’il y a mille quatre cent trente-sept

    ans Mahomet quittait La Mecque pour Médine. « Alors, c’est l’année de naissance de l’islam », comprend Martin,

    même âge que Jules. Il réfléchit et ajoute : « L’islam ne commence pas au moment de la naissance de Jésus. »

    Il vient de saisir une différence fondamentale entre les deux religions.

    La troisième édition du Monde Festival se tient à Paris du 16 au 19 septembre 2016 sur le thème « Agir ».

    Retrouvez le programme du Monde Festival et envoyez-nous vos idées de portraits et d'initiatives à agir@lemonde.fr.

     
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  • Au Brésil, l’ex-président Lula da Silva inculpé pour tentative d’entrave à la justice

    LE MONDE | 29.07.2016 à 22h55 • Mis à jour le 30.07.2016 à 10h19 | Par Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante) 

    LIEN

    L’ancien président de gauche du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), en juin, à Rio de Janeiro. L’ancien président de gauche du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), en juin, à Rio de Janeiro. YASUYOSHI CHIBA / AFP

    Cette fois-ci, l’icône du peuple brésilien a retenu ses larmes. Combatif, Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil de 2003 à 2010, a réagi avec sarcasme, vendredi 29 juillet, à l’annonce de son inculpation, la veille, pour tentative d’« entrave à la justice » dans l’opération « Lava Jato » (« lavage express »). Cette enquête sur le scandale de corruption lié au groupe pétrolier Petrobras implique dirigeants politiques, cadres et patrons d’entreprise du BTP.

    « Si le but de tout ceci est de retirer Lula de la campagne [pour l’élection présidentielle de 2018], cette provocation me donne déjà des démangeaisons », a assuré l’ancien chef de l’Etat, figure du Parti des travailleurs (PT, gauche), lors d’un séminaire organisé par la Confédération nationale des travailleurs du secteur financier (Contraf-CUT) à Sao Paulo, vendredi.

    « Lula a déjà tout expliqué au procureur général de la République (…). Il n’a jamais interféré ou tenté d’interférer dans des déclarations liées à Lava Jato », ont ajouté Roberto Teixeira et Cristiano Zanin Martins, ses avocats. « Lula » est accusé, à l’instar de l’ancien sénateur Delcidio do Amaral, d’avoir tenté d’acheter le silence de l’ex-directeur de Petrobras, Nestor Cervero. Il risque entre trois et huit ans de prison. Cinq autres personnes ont également été inculpées.

    « Rôle central »

    Cette décision fait suite à l’arrestation, en novembre 2015, de Delcidio do Amaral, trahi par un enregistrement dans lequel il proposait d’organiser la fuite de M. Cervero, détenu dans le cadre de « Lava Jato ». S’autoproclamant « prophète du chaos », M. do Amaral, déchu de son titre de sénateur, a accepté de collaborer avec la justice afin de minimiser sa peine. A en croire aujourd’hui la justice de Brasilia, Lula aurait joué « un rôle central » dans la tentative de sabotage de l’enquête par M. do Amaral.

    L’inculpation de celui qui a quitté son second mandat auréolé d’une popularité de plus de 80 % n’est pas une surprise. La justice rôde autour de Lula depuis des mois, le suspectant d’avoir bénéficié des sommes détournées de Petrobras. Il est plus surprenant, en revanche, que l’attaque émane d’un juge de Brasilia, Ricardo Augusto Soares Leite, et non de son ennemi juré : le juge Sergio Moro.

    Le magistrat de Curitiba, en charge de « Lava Jato », est connu pour ses méthodes cavalières. Il a, le premier, osé s’en prendre à l’ancien président, en lançant le 4 mars un mandat d’amener contre lui, sous l’œil des caméras. Furieux à l’idée de voir Lula occuper un poste de ministre qui aurait pu le mettre à l’abri des enquêteurs, le juge a rendu publiques des écoutes de conversations téléphoniques avec la présidente Dilma Rousseff – éloignée du pouvoir depuis le 12 mai à la suite de l’ouverture d’une procédure de destitution – montrant, selon lui, que la nomination de Lula à un poste exécutif était un subterfuge pour lui éviter la prison.

    « Les gens veulent la fin de la “telenovela” »

    Jeudi, Lula a présenté une requête auprès de Comité des droits de l’homme de l’ONU, dénonçant des « abus de pouvoir » du juge. « Il ne s’agit pas d’un sentiment abstrait de persécution, mais d’actions concrètes, illégales. Lula n’a pas de problème à être entendu par un juge, du moment qu’il est impartial », explique l’attaché de presse de l’Institut Lula.

    L’inculpation de Lula, un mythe politique dans son pays pour avoir contribué à sortir des dizaines de millions de Brésiliens de la pauvreté, témoigne des bouleversements de la justice brésilienne. « Les juges n’ont plus de pudeur », constate une source à Brasilia. « Lula est considéré par certains comme un Dieu, mais il devra s’expliquer », abonde le politologue Carlos Melo, professeur à l’institut d’études supérieures Insper à Sao Paulo.

    Les ambitions politiques du septuagénaire, pressenti pour être à nouveau le candidat du PT lors de la présidentielle de 2018, pourraient être compromises. D’autant que, selon M. Melo, en dépit de la popularité encore significative de l’ancien président, la mobilisation pour soutenir Lula pourrait s’essouffler. Après des mois de crise politico-judiciaire, « les gens en ont marre. Ils veulent la fin de la telenovela », se désole un proche du PT.

    Lire aussi :   Sergio Moro, le juge qui fait trembler le Brésil

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    ETATS-UNIS

    Le face-à-face Clinton-Trump débute

    Le duel entre Hillary Clinton et Donald Trump est lancé: il se clôturera le 8 novembre.
    Le duel entre Hillary Clinton et Donald Trump est lancé: il se clôturera le 8 novembre.-Reporters

    Ce sera peut-être le paradoxe de l’élection présidentielle américaine: un «soutien négatif» pourrait favoriser Hillary Clinton ou Donald Trump.

    À cent un jours de l’élection présidentielle américaine, la démocrate Hillary Clinton et le républicain Donald Trump sont repartis sur les routes, ce vendredi, pour tenter de capitaliser sur l’effet rassembleur des conventions de leur parti respectif.

    Le paradoxe, pour les deux partis, c’est que la championne et le champion qui s’affronteront pour la Maison Blanche, le 8 novembre prochain, sont tous deux assez impopulaires avec moins de 40% d’avis favorables.

    Le duel s’annonce serré dans une campagne déjà considérée comme l’une des plus acrimonieuses que le pays n’ait jamais connues.

    Dans l’Histoire

    Hillary Clinton, 68 ans, est entrée dans l’Histoire, jeudi, à Philadelphie en devenant la première femme investie par un grand parti pour la présidentielle.

    Dans son discours d’acceptation de sa nomination, elle a exhorté ses compatriotes à ne pas céder au message populiste de son rival républicain. Elle a prévenu les Américains séduits par le verbe martial de son adversaire que l’élection de novembre serait une «heure de vérité ».

    L’équipe de campagne de l’homme d’affaires a répliqué ce vendredi matin en postant un message sur Facebook, dénonçant une allocution présentant une «collection insultante de clichés et de rhétorique recyclée ».

    «C’est un discours prononcé dans un univers de fantasmes, pas dans la réalité dans laquelle nous vivons aujourd’hui », a poursuivi le message.

    Le sénateur de Virginie Tim Kaine, colistier de la démocrate, s’est dit de son côté «optimiste: nous allons batailler ensemble pour construire une économie plus forte, bâtir des alliances et une communauté de respect aimante, plutôt qu’une communauté créant des divisions », a-t-il relevé ce vendredi matin sur CNN.

    Le souvenir de Ralph Nader

    À l’instar de Hillary Clinton, il a tendu la main aux partisans du sénateur du Vermont Bernie Sanders, battu aux primaires.

    «Ils avaient un favori, mais je pense qu’ils vont se rassembler derrière Hillary Clinton et nous allons faire tout ce que nous pouvons pour gagner en novembre », a-t-il lancé.

    L’enjeu pour la candidate démocrate pourrait être crucial: le ralliement éventuel d’une partie du clan Sanders à la candidate «verte » Jill Stein peuple ses cauchemars du souvenir de la défaite d’Al Gore face à George W. Bush, en 2000. Un échec attribué par les démocrates aux 2,8 millions de votes recueillis par l’écologiste Ralph Nader.

    Hillary Clinton pourrait par contre bénéficier d’un «soutien négatif », peut-être décisif pour les experts: de grands noms du parti républicain, comme l’ancien candidat à la Maison Blanche Mitt Romney, ont publiquement indiqué qu’ils ne pourraient pas voter pour Trump. D’où la promesse de Hillary d’être «la présidente des démocrates, des républicains, et des indépendants »?

    Chasse aux voix ouverte, de Pennsylvanie au Colorado  

    Hillary Clinton n’a pas perdu de temps, après sa consécration, jeudi soir, par la convention démocrate à Philadelphie: elle s’est embarquée ce vendredi avec son colistier, Tim Kaine, dans une tournée en bus en Pennsylvanie et en Ohio.

    Cette région, épicentre de la désindustrialisation, est cruciale pour l’élection: Donald Trump convoite également l’électorat blanc et ouvrier de cette région.

    Le candidat républicain, lui, va partir à la conquête de l’Ouest, avec un déplacement dans le Colorado, un autre État crucial dans la route vers la Maison Blanche.

    Son projet d’ériger un mur à la frontière avec le Mexique pour endiguer l’immigration illégale devrait y être bien reçu par les électeurs blancs, mais devrait détourner les Hispaniques.

    Lors de la convention républicaine à Cleveland, il a réitéré ses projets très controversés de bloquer l’immigration des musulmans et des Hispaniques aux États-Unis, et d’être extrêmement dur face à la criminalité.

    Les deux candidats s’affronteront pour la première fois le 26 septembre à l’université Hofstra, à Hempstead dans l’État de New York.

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  • Saint-Etienne-du-Rouvray : un homme mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste

    Le Monde.fr avec AFP | 29.07.2016 à 20h00 • Mis à jour le 29.07.2016 à 20h02       LIEN

     

    Un homme de 19 ans chez qui a été retrouvée une vidéo d’un des deux auteurs de l’assassinat d’un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray a été mis en examen et écroué, a-t-on appris vendredi 29 juillet de source judiciaire.

    L’homme a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste. Il a été visé par une perquisition administrative et interpellé le 24 juillet, deux jours avant l’attentat, dans le cadre d’une enquête des services de renseignement.

    Dans son téléphone, les policiers ont retrouvé une vidéo d’Abdel Malik Petitjean dans laquelle celui-ci prête allégeance à l’organisation Etat islamique et menace de commettre une « action violente ».

    Abdel-Malik Nabil Petitjean, 19 ans, originaire d’Aix-les-Bains (Savoie) n’a été formellement identifié comme le second tueur de l’église, par comparaison de son ADN, que jeudi matin, après la diffusion de cette vidéo.

    Cette dernière a été diffusée sur un groupe privé de la messagerie sécurisée Telegram, dont est membre l’homme visé par la perquisition, a expliqué au Monde une source proche de l’enquête.

    Lire aussi :   Saint-Etienne-du-Rouvray : le deuxième tueur identifié

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  • Moyen-Orient

    Coup d'État manqué en Turquie : la grande purge d'Erdogan en chiffres

    © Yasin Bulbul, AFP | Le président turc a annoncé que la purge allait se poursuivre jusqu’à "l’éradication du virus".

    Texte par FRANCE 24

    Dernière modification : 28/07/2016       LIEN

    Depuis la tentative de putsch du 15 juillet, aucun secteur n’échappe à l’épuration ordonnée par le président Erdogan : militaires, policiers, magistrats, journalistes, enseignants et fonctionnaires sont arrêtés, révoqués ou suspendus.

    Les jours se suivent et se ressemblent en Turquie, où depuis la tentative de coup d'État du 15 juillet, une purge continue de viser des dizaines de milliers de personnes, soupçonnées de liens avec le mouvement Gülen auquel est imputé le putsch raté. Aucun secteur n’échappe à l’épuration : militaires, policiers, magistrats, journalistes, enseignants et fonctionnaires sont arrêtés, révoqués ou suspendus.

    Des chiffres qui donnent parfois le vertige à mesure que les annonces officielles turques se multiplient, et sur lesquels France 24 s’est penché en détails, secteur par secteur. 

    • Armée

    D'après des chiffres officiels, 8 651 militaires sont accusés d’être liés aux putschistes. Depuis le 15 juillet, 178 généraux ont été placés en garde à vue, soit la moitié des généraux et amiraux de l'armée, selon des chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur.

    Mercredi, 149 généraux et amiraux ont été renvoyés pour "complicité dans la tentative de coup d'État". Parmi eux, 87 hauts gradés de l'armée de terre, 30 de l'armée de l'air et 32 de la marine. En outre, 1 099 officiers ont également été exclus pour cause "d'indignité", auxquels s’ajoutent 1 684 soldats renvoyés "pour conduite déshonorante".

    Jeudi 28 juillet, le Conseil militaire suprême turc, le YAS, devrait décider de remplacer une large partie de la hiérarchie à l'issue de sa réunion qui durera une journée.

    Par ailleurs, près de 300 militaires de la Garde présidentielle, soit 10 % de ce régiment, ont été mis aux arrêts au lendemain de l'instauration de l'état d'urgence. Le Premier ministre Binali Yidirim a laissé entendre que les autorités comptaient carrément démanteler ce corps d’armée.

    •  Justice

    Immédiatement après le putsch manqué, des demandes de placement en garde à vue ont aussi été émises contre 2 854 juges et procureurs. Le 21 juillet, le ministère de la Défense avait annoncé la suspension de 262 juges et procureurs militaires.

    >> À voir sur France 24 : " 'Les putschistes avouent que les instructions sont venues de Gülen', déclare Erdogan"

    • Éducation

    Un décret signé par le président turc a ordonné la fermeture de 1 043 écoles privées et 15 universités liées à Fethullah Gülen. Le même décret visait 1 229 organisations et fondations caritatives, 19 syndicats, et 35 établissements médicaux.

    Le ministre de l'Éducation, Ismet Yilmaz, a affirmé qu'au moins 20 000 enseignants seraient embauchés pour compenser les limogeages et suspensions de professeurs. Et pour cause, les autorités ont exigé la démission de plus de 1 577 doyens d'université, incluant tous les dirigeants des facultés d'État, et suspendu 21 738 employés de ce ministère l'Éducation. 

    • Fonctionnaires

    Plus de 250 employés des services du Premier ministre ont aussi été mis à pied, de même que 100 responsables des services de renseignement, ainsi que près de 500 personnes travaillant au sein de l'agence des affaires religieuses, la plus haute autorité musulmane du pays. Les fonctionnaires démis ont été interdits de sortie du territoire.

    En outre, alors que certains ambassadeurs turcs sont en passe d’être relevés de leurs fonctions, selon des déclarations du chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, dont le ministère a limogé, jeudi 28 juillet, 88 fonctionnaires.

    • Presse

    Les médias ne sont pas en reste, avec la fermeture de plus de 130 médias dont 16 télévisions, 45 journaux, trois agences de presse et 23 stations de radio, annoncée mercredi 27 juillet. Selon la chaîne de télévision privée CNN-Türk il s'agit essentiellement de médias de province, mais aussi de certains médias à diffusion ou audience nationale. L'agence de presse Cihan fait partie de ceux-ci, aux côtés de la télévision pro-kurde IMC TV et du quotidien d'opposition Taraf.

    En outre, 15 magazines et 29 maisons d'édition ont été fermés, selon une annonce du gouvernement publiée dans le Journal officiel.

    Ankara a lancé également mercredi des mandats d'arrêt à l'encontre de 47 journalistes. Il s’agit d’ex-employés du quotidien Zaman, mis en cause en raison de leurs liens supposés avec le réseau de l'imam Fethullah Gülen. En début de semaine déjà, 42 journalistes ont fait l'objet de mandats d'arrêt, dont un célèbre commentateur, et ancien parlementaire, Nazli Ilicak.

    La justice turque avait déjà émis en début de semaine 42 mandats d'arrêt contre des journalistes, dont certains ont été placés en garde à vue. 

    • Entreprises liées à l’État

    La compagnie aérienne nationale turque Turkish Airlines a renvoyé plus de 100 employés, notamment dans le management et le personnel navigant, en raison de leurs liens supposés avec les putschistes du 15 juillet, tandis que l'opérateur Turk Telekom, détenu à 30 % par l'État, a décidé de renvoyer 198 employés en "coopération avec les forces de sécurité".

    Avec AFP et Reuters
     

    Première publication : 28/07/2016

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