• « Affaire Tapie » : le ministère public requiert un rejet du pourvoi

    en cassation de Christine Lagarde

    Le Monde.fr avec AFP | 30.06.2016 à 08h31 • Mis à jour le 01.07.2016 à 15h41   LIEN

    Le ministère public a requis, vendredi 1er juillet, le rejet du pourvoi en cassation de Christine Lagarde contre son renvoi devant la Cour de justice de la République (CJR) pour négligence dans l’affaire de l’arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie, en 2008. La Cour de cassation rendra sa décision le 22 juillet.

    Si la Cour de cassation confirme ce rejet, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) et ministre de l’économie (2007-2011) de Nicolas Sarkozy devra comparaître, dans des délais pour l’instant inconnus, devant la CJR, l’instance qui juge les délits commis par les membres d’un gouvernement en exercice.

    En décembre 2015, les magistrats de la CJR l’ont renvoyée en procès, ce qui n’a pas empêché le conseil d’administration du FMI de la reconduire, avec le soutien de la France, pour un deuxième mandat, qui démarre officiellement la semaine prochaine.

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    « Simulacre »

    La CJR lui reproche le délit de « négligence » dont a résulté un détournement de fonds publics, soit les 404 millions d’euros accordés en 2008 à Bernard Tapie par un arbitrage pour régler son vieux contentieux avec l’ancienne banque publique du Crédit lyonnais. Ce délit peut être puni d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

    L’arbitrage est au cœur de lourds soupçons. D’un côté, les juges d’instruction, qui soupçonnent un « simulacre » organisé pour favoriser l’homme d’affaires, ont récemment achevé leur enquête. Six protagonistes sont mis en examen pour escroquerie en bande organisée et détournement de fonds ou complicité, dont Bernard Tapie, son avocat Maurice Lantourne, l’un des trois juges, Pierre Estoup, ou le directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, Stéphane Richard.

    Au civil, l’arbitrage a été annulé pour fraude par la cour d’appel de Paris, une décision sur laquelle la Cour de cassation doit se prononcer jeudi. Bernard Tapie a été ultérieurement condamné à rembourser les sommes perçues.

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    Dans leur arrêt de renvoi, les magistrats de la CJR donnent acte à Christine Lagarde d’être devenue ministre en juin 2007 alors que l’arbitrage se préparait déjà, qu’elle n’avait pas de relation personnelle avec les protagonistes et qu’elle n’était pas intervenue dans le choix des trois arbitres, dont celui de Pierre Estoup, le plus controversé.

    Explications « affligeantes »

    Mais ils estiment que sa décision de tourner le dos à la justice ordinaire et d’entrer en arbitrage, en dépit de « l’avis contraire et répété de l’Agence des participations de l’Etat », était « malvenue », et avait été « mal préparée » et « mal encadrée ».

    Placée sous son autorité, l’APE s’était montrée claire dès le 1er août 2007. Dans une note adressée Mme Lagarde, elle disait « déconseiller à la ministre la voie d’un arbitrage qui n’est justifiée ni du point de vue de l’Etat, ni du point de vue du CDR [la structure chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais] ».

    Les magistrats relèvent notamment que les explications « peu convaincantes, sinon affligeantes » de Christine Lagarde et son attitude face au dossier, témoignent « d’une précipitation et d’une légèreté constitutives de graves négligences de la part d’un ministre chargé de la conduite des affaires de l’Etat ».

    « Intérêt de l’Etat »

    Autre grief, le fait de n’avoir pas ordonné de recours contre la sentence, « alors qu’elle avait été informée de l’existence d’un moyen sérieux d’annulation ». Sur ce point, elle avait rétorqué aux magistrats : « Les consultations qui m’ont été fournies ne me donnaient aucune raison décisive de croire que le recours en annulation aurait des chances de prospérer. J’ajoute que je n’ai jamais eu le sentiment d’être mêlée à un arbitrage “truqué” ou d’avoir été instrumentalisée à cet effet. »

    Au contraire, le parquet général près la Cour de cassation a requis un non-lieu, considérant que la ministre avait « pu raisonnablement croire » qu’un arbitrage serait la solution la plus efficace.

    Christine Lagarde a pour sa part toujours affirmé avoir agi dans « l’intérêt de l’Etat » et « le respect de la loi ». En cas de procès à la CJR, Christine Lagarde comparaîtrait devant six députés, six sénateurs et trois magistrats.

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  • Ça va mieux"... enfin ça aurait surtout pu aller nettement mieux : les performances économiques de François Hollande passées au crible de la comparaison internationale

    Après huit années de crise extrêmement dures, François Hollande a déclaré ce jeudi dans les Echos qu'il y avait une reprise en France et que la croissance serait supérieure à 1,6% en 2016. Si la conjoncture française connait une amélioration indéniable, la reprise reste poussive au regard des chutes d'activité passées.

    Clap, clap, clap       LIEN

    Publié le 1 Juillet 2016
    "Ça va mieux"... enfin ça aurait surtout pu aller nettement mieux : les performances économiques de François Hollande passées au crible de la comparaison internationale
     

    Atlantico : Dans une interview accordée aux Echos ce jeudi, François Hollande a déclaré : "Il y a bien une reprise en France et un début d'inversion de la courbe du chômage (...). Notre croissance sera supérieure à 1,6% cette année, ce qui nous permettra de créer au moins 200.000 emplois."  Malgré cette amélioration indéniable, que représente la croissance française par rapport aux performances du reste du monde, à commencer par les Etats-Unis et les autres pays de la zone euro notamment ? Que penser réellement du "ca va mieux" défendu par François Hollande ?

    Mathieu Plane : Il y a une amélioration indéniable de la conjoncture française, le secteur privé crée à nouveau des emplois, l'investissement repart, mais tout cela se produit après huit années de crise extrêmement dures. 1,6% de croissance, c'est certes une reprise, mais c'est une reprise poussive au regard des chutes d'activité passées. Même si 200 000 emplois étaient créés, la diminution du chômage en 2016 serait d'un demi-point (de 10% à 9,5%), dont 1/3 serait dû aux plans de formation des chômeurs de longue durée. Au regard de la crise et notamment du fait que le taux de chômage a augmenté de plus de trois points depuis début 2008, l'amélioration reste modeste. On peut dire que ça va mieux en termes de dynamique mais on ne peut pas dire que ça va bien : le niveau du chômage reste extrêmement élevé avec un chômage de longue durée très fort, l'investissement repart mais on avait beaucoup désinvesti. Par ailleurs, si l'investissement privé est reparti, ce n'est pas le cas de l'investissement public ni de l'investissement dans la construction. Enfin, la crise a entraîné une hausse de la dette publique de 35 points de PIB sans contrepartie à cette dette puisque la France ne s'est pas endettée pour investir ou augmenter les actifs : les actifs n'ont pas augmenté, la dette oui.

    Globalement, la croissance s'accélère dans la zone euro. Les Etats-Unis sont plutôt en haut de cycle (ils commencent à observer le ralentissement) tandis que la France est plutôt en bas de cycle et commence à en sortir. Si on se réfère à début 2011 (début de la mise en place des politiques d'austérité en Europe), 5 ans après, aux Etats-Unis, le PIB a augmenté de 11% alors qu'en zone euro il a augmenté de 2%. En France, il a augmenté de 4%, en Allemagne de 6%, au Royaume Uni de 11%. En Italie, il a baissé de 4%, en Grèce de 13%. Si on se réfère à début 2008, c'est pire.

    Nicolas Goetzmann : François Hollande est en campagne électorale. Dès lors, et afin de "mettre en valeur" ses résultats économiques, il s’agit de trouver le point de comparaison qui lui est pour le plus favorable. Se comparer avec la zone euro n’aurait pas de sens puisque selon les chiffres INSEE, la croissance nominale (c’est-à-dire la "demande", qui est la somme de la croissance et de l’inflation) française a été de 3.82% entre le 2e trimestre 2012 et le 1er trimestre 2016, alors qu’elle a été de 7.85% dans la zone euro selon les données de la BCE, soit un rapport de 1 à 2. Concernant le taux de chômage, l’écart en faveur de la France atteignait 1.7 point, il n’est plus que de 0.3 point aujourd’hui. Depuis que François Hollande est Président, le chômage de la zone euro a baissé alors qu’il a augmenté en France. Il n’est donc pas utile, pour le chef de l’Etat, de trop s’aventurer sur une comparaison avec ses pairs européens, pourtant soumis au même contexte, aux mêmes règles, et à la même politique économique. Une comparaison avec les Etats-Unis ou le Royaume-Uni serait encore pire, puisque ces deux pays sont aujourd’hui proches du plein emploi. 

    En bout de ligne, ce qu’il reste à François Hollande, c’est de se comparer ses résultats précédents, c’est-à-dire les années 2013 et 2014 qui ont été catastrophiques sur le plan de la croissance et du chômage. Et là, miraculeusement, il est vrai que "ça va mieux". Cela reste totalement insuffisant, mais le chômage a au moins arrêté de progresser, et amorce même un repli. Avec pas mal de retard par rapport aux autres pays.

    Quel est le potentiel de croissance de la France ? A quoi l'écart entre croissance potentielle et croissance réelle est-il dû ? Peut-on estimer la "croissance perdue" de la France depuis la survenue de la crise ?

    Mathieu Plane : Le potentiel est une référence très importante pour les économistes, il permet de mesurer la capacité de production d'une économie à long terme et son régime de croissance. Si on regarde le PIB/tête début 2016, on constate que l'on vient juste de retrouver le niveau d'avant crise. Cela signifie qu'il nous a fallu huit ans pour retrouver un niveau de PIB/tête équivalent.

    Si on regarde la tendance avant la crise, elle était à peu près de 1,1%/an en PIB/tête (ce qui équivaut à 1,8% en PIB). Le manque à gagner, c'est l'équivalent de la différence entre la réalité et la tendance que l'on doit projeter, c’est-à-dire 7% de retard. Une hypothèse extrême consiste à penser que la crise n'aurait pas eu d'effets sur le potentiel de croissance. Une autre hypothèse extrême consiste à penser que toute la crise aurait affecté le potentiel de croissance. La vérité est surement entre les deux. Aujourd'hui, ce qu'on appelle l'écart de production (output gap), c’est-à-dire le manque à gagner par rapport à notre potentiel (le PIB actuel par rapport à ce qu'il pourrait être), est de l'ordre de 3-3,5 points de PIB.

    La crise a aussi eu un effet sur le potentiel de croissance que l'OFCE estime à 1,3% en PIB. La crise n'est pas complètement structurelle (ça n'a pas été intégralement répercuté sur le potentiel) mais elle a eu un effet sur le taux de croissance du potentiel du fait d'un phénomène de désinvestissement qui a joué sur les capacités de production et donc sur le potentiel futur (la baisse de l'investissement a détruit du capital), du phénomène de chômage, et notamment du chômage de longue durée avec l'effet d'hystérèse qui entraîne une déqualification du capital humain. Tout cela a un impact sur la qualification, à la fois sur le capital physique et sur le capital humain. Et donc sur le potentiel de long terme.

    Les politiques budgétaires qui visaient à rétablir rapidement les comptes publics au travers de l'austérité n'ont pas que des conséquences de court terme (au travers de la récession) mais aussi des conséquences de long terme au travers de la destruction du capital physique (via le désinvestissement) et au travers d'un chômage de longue durée et de son effet sur la destruction du capital humain.

     

    Nicolas Goetzmann : Si l’on veut véritablement regarder les choses en face, il s’agit de faire abstraction de la crise de 2008. Entre 1997 et 2008, la croissance nominale française progressait avec une précision de métronome autour de 4% par an. Puis, avec la crise, ce rythme a chuté de 70% pour atteindre une moyenne de 1.29% entre 2009 et 2015. Ce qui signifie que le pays était capable d’absorber une telle croissance de 4%, sans pour autant connaître de situation de surchauffe. En faisant une projection du rythme pré-crise sur les années 2008-2016, on observe que le "manque à gagner", en termes de demande, atteint 452 milliards d’euros, soit 21% de notre PIB actuel. 

    De la même façon, et en suivant la même logique avec les chiffres de la croissance réelle, l’écart est de 16.50%. Entre 1997 et 2007, cette croissance réelle a atteint la moyenne de 2.4%, pour finir avec une moyenne de 0.54% entre 2009 et 2015, soit une chute de plus de 75%. 

    Le drame ici est que le temps passé dans une situation de "sous-croissance" a tendance à détruire le potentiel du pays. Plus le pays reste à un niveau sous optimal, plus le potentiel se réduit. Les politiques menées ne sont donc pas simplement mauvaises pour une année déterminée, elles vont également peser sur l’avenir du pays, c’est une double peine qui explique en partie la difficulté actuelle du pays à rebondir. 

    Mathieu Plane : Il y a eu des politiques de relance post-crise en 2008-2009 : les Etats-Unis et la zone euro ont connu une crise à peu près similaire à ce moment-là et leurs économies s'étaient redressées sous l'impulsion de politiques monétaires et budgétaires. Ce n'est qu'à partir de début 2011 que la zone euro et les Etats-Unis prennent des trajectoires différentes. C'est à moment-là que l'Europe fait le choix de politiques budgétaires d'austérité extrêmement violentes alors que les Etat-Unis ont eu dès le début des politiques monétaires extrêmement souples et des politiques budgétaires qui étaient beaucoup moins restrictives au départ.

     

    Début 2011, alors que la croissance repartait, l'investissement repartait, l'emploi repartait, le chômage baissait, la zone euro connait un double deep et c'est à ce moment-là que l'écart avec les Etats-Unis (ou le Royaume-Uni) se creuse. Les choix de politique économique ont été désastreux : je ne crois pas qu'il fallait entretenir une relance permanente, mais il fallait mettre en place des politiques monétaires plus souples dès le début (la zone euro a fait ce qu'ont fait les Etats-Unis mais avec beaucoup de retard), et sur la politique budgétaire, il aurait fallu faire une consolidation budgétaire raisonnable. A l'inverse, l'Europe est rentrée dans une spirale d'austérité par les règles budgétaires : il y a eu un sur-calibrage des politiques d'austérité qui ont entraîné des récessions importantes dans beaucoup de pays avec pour conséquence une réduction des déficits beaucoup moins rapide que prévue (puisqu'il y avait moins de recettes fiscales et sociales et plus de chômage). Face à cela, il a été choisi de faire plus d'austérité (au lieu d'en faire moins) pour atteindre les objectifs de déficit.

    L'énorme gâchis a été le fait qu'au début de son quinquennat, François Hollande n'a pas réussi à réformer les traités. Il y avait pourtant un moment décisif pour dire que certes il fallait redresser les comptes publics mais pas au détriment de la croissance, de l'investissement et que donc il fallait manœuvrer sur des règles budgétaires plus intelligentes. Il y avait d'autres moyens d'arriver aux mêmes résultats en termes de déficit et de dette mais sans avoir un tel gâchis social.

    Il est impossible d'estimer le taux de chômage que connaîtrait France si de telles réformes et politiques avaient été menées. On peut en revanche estimer la perte de croissance depuis 2011. Elle est d'une part liée aux chocs budgétaires en France (notre propre politique budgétaire de consolidation). D'autre part, elle est liée au fait que les partenaires commerciaux de la France -étant essentiellement dans la zone euro- ont pratiqué la même politique, il y a donc eu un effet de retour des politiques d'austérité de nos voisins chez nous par le canal du commerce extérieur. Si on prend ces deux éléments, on voit que cela a amputé la croissance de 5 points de PIB depuis 2011, ce qui est conséquent. Autrement dit, si on avait fait des politiques budgétaires neutres, on aurait 5 points de PIB supplémentaires aujourd'hui. Par ailleurs, pour avoir une consolidation budgétaire plus light, il aurait fallu des institutions qui protègent et que la banque centrale protège et garantisse les dettes, c’est-à-dire qu'elle fasse rempart contre le risque de dégradation des notes de qualité des dettes et contre les risques d'attaques des marchés financiers sur certains pays. La surenchère d'austérité était liée au fait qu'on était exposé aux marchés financiers. Cette exposition a créé une peur de perte de souveraineté et la solution trouvée a été de faire de la consolidation extrêmement violente. La réforme des traités devait prendre en compte ces deux dimensions : d'une part, instaurer des règles budgétaires qui permettaient une consolidation budgétaire plus "soft", d'autre part, permettre que les institutions, notamment au travers de la politique monétaire, garantissent la possibilité de le faire.

    Nicolas Goetzmann : Les Etats Unis, le Japon, le Royaume Uni sont tous parvenus à retrouver un niveau de plein emploi, il n’est donc pas question de parler de fatalité, mais bien d’erreurs de politique économique. En 2008, la France affichait son plus bas taux de chômage depuis 1983, soit 6.8% en France métropolitaine selon les chiffres de l’INSEE. Entre 2006 et 2008, ce taux avait baissé de 2 points, signe que faire baisser le chômage est une possibilité. Le problème, en 2016, est que le nombre de chômeurs de longue durée a explosé, et que ces personnes perdent de leur "employabilité" au fil du temps. Un chômage conjoncturel mute peu à peu en chômage structurel, ce qui correspond, en partie, à la perte de potentiel économique du pays. Voilà pourquoi subir une crise est une chose, cela peut arriver, l’inconnu existe, mais l’absence de réaction des autorités en est une autre. Les Etats-Unis en ont été capables, la Chine, le Japon, le Royaume-Uni, tous sont parvenus, avec un temps plus ou moins décalé, à agir comme il se devait, c’est-à-dire en appuyant largement sur l’arme monétaire. L’Europe est restée en retrait, sûre d’elle-même. Elle doit aujourd’hui faire face à ses résultats. François Hollande ne semble jamais l’avoir compris, aucun mot, aucun discours, ne laisse penser que cette situation ait pu être prise en compte. François Hollande a  été contre-productif dans sa politique nationale en menant une politique d’austérité par la voie de la hausse d’impôts, puis une politique de compétitivité totalement décalée par rapport aux enjeux. Et en ce qui concerne le volet européen, c’est plutôt l’absence de François Hollande qui peut être soulignée. 

     

    Mathieu Plane : Le problème est avant tout un problème de gouvernance européenne. L'Europe n'a pas vraiment tiré les leçons de la crise. Pourtant, nous sommes nombreux à avoir tiré un enseignement de ce qui s'est produit en Europe. FMI, OCDE, OFCE, tous nous montrons l'importance de la question des multiplicateurs budgétaires, c’est-à-dire que l'austérité ne produit pas les mêmes effets selon les situations des économies : quand le chômage est élevé, que l'économie est en crise, que l'on a peu de possibilités de dévaluer les monnaies, quand les  partenaires commerciaux ne sont pas des soupapes de croissance parce qu'ils sont eux aussi en récession, alors l'austérité a un impact très négatif.

    Autant l'enclenchement de la crise des subprimes est très complexe (ce qui explique qu'elle a été difficile à anticiper), autant la crise de l'Europe à partir de 2011 (le double deep et tout ce qui s'est produit) était en termes de croissance beaucoup plus anticipable.

    Il commence à y avoir un consensus très partagé dans le monde académique sur la question de la régulation macroéconomique qui reste pour le moment un échec puisque cela n'a pas donné lieu à des traductions politiques. La faute continue d'être renvoyée au niveau individuel, aux pays (problèmes infra-structurels, problèmes du marché du travail) sans aucune vision macroéconomique. Le micro est toujours séparé du macro et on ne voit pas que les crises sont très imbriquées. Tant qu'on n'aura pas une politique de la zone euro tournée sur la régulation macroéconomique -comme ce que font les autres zones du monde-, on aura ce problème-là et on renverra la balle sur les pays et sur les problèmes de réforme structurelle. Toutes ces réformes structurelles sont faisables s'il y a une régulation macroéconomique. Les pays anglo-saxons, notamment les Etats-Unis, ont un marché du travail très flexible mais avec beaucoup de régulation macroéconomique, dans la zone euro et en France, on se dirige vers plus de flexibilité sans régulation macroéconomique, ce qui est un véritable problème. 

    Nicolas Goetzmann : Pour que la zone euro et la France repartent sur un rythme acceptable, il sera nécessaire de donner un mandat bien plus agressif à la Banque centrale européenne, en y incluant la recherche du plein emploi, comme cela est fait aux Etats Unis. Déjà, avec une telle mesure, 75% du chemin sera fait. Si une telle solution paraît simple dans l’idée, sa mise en place politique est une autre histoire. Car il s’agit de convaincre l’Allemagne, et l’ensemble des pays du nord des bienfaits d’une telle refonte. Or, pour l’Allemagne notamment, qui est actuellement en situation de plein emploi, toute hausse importante du niveau d’activité aurait pour conséquence une accélération de la progression des salaires, ce qui provoquerait une perte de compétitivité du pays. De la même façon, si l’économie européenne allait mieux, l’Allemagne deviendrait moins attrayante pour les jeunes européens. Or, le pays recherche désespérément de jeunes éduqués pour pallier son déclin démographique. Mais la raison la plus claire d’une opposition allemande à une telle réforme repose sur la peur panique que représente un léger surcroît d’inflation dans un pays ayant une structure d’âge très avancée.

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  • Vendredi 1 juillet 2016    LIEN

     

    DRÔME Tain-l'Hermitage : un go-fast intercepté avec plus de 300 kilos de cannabis et des armes

     

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    Ce jeudi vers 18 heures, les douanes ont stoppé une voiture à la sortie de l’autoroute A7, à hauteur de Tain-l’Hermitage (Drôme). Ils ont percuté la Peugeot qu’ils avaient repérée, puis ont crevé ses pneus afin d’en stopper la course folle. A bord, ils ont interpellé un individu et découvert dans le coffre de sa voiture plus de 300 kilos de cannabis et des armes. La voiture a ensuite été transportée vers Saint-Etienne.

    Publié le 01/07/2016 à 15:36 

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  • FOOTBALl- LIGUE 1-

    PSG : Hatem Ben Arfa s'engage

    pour deux ans

     

    Hatem Ben Arfa. Photo AFP Hatem Ben Arfa. Photo AFP            LIEN

     

    Le milieu offensif international français Hatem Ben Arfa, qui évoluait à l’OGC Nice la saison dernière, s’est engagé pour deux saisons avec le Paris SG, a annoncé le club parisien vendredi.

     

    "Le Paris SG est heureux d’annoncer la signature du contrat d’Hatem Ben Arfa jusqu’au 30 juin 2018", indique le club sur son compte Twitter.

    Ben Arfa, 29 ans, est la première recrue du Paris SG depuis que l’entraîneur espagnol Unai Emery est arrivé sur son banc. Il portera le numéro 21. "Le Paris Saint-Germain a toujours occupé une place très particulière dans mon cœur et porter ce maillot au Parc des Princes est un rêve que je poursuis depuis l’enfance", explique sur le site du PSG le natif de Clamart, dans les Hauts-de-Seine, qui a éclos à Lyon (2004-08) puis à Marseille (2008-11).

    "Je souhaiterais remercier l’OGC Nice, qui m’a permis de retrouver le plaisir de jouer au football et de montrer à nouveau au public français tout ce que j’étais en mesure d’apporter sur un terrain", a encore déclaré Ben Arfa sur le site du PSG. Il a inscrit 17 buts et 6 passes décisives lors de la saison précédente avec l’OGC Nice, que l’entraîneur Claude Puel avait façonné pour permettre au flamboyant ailier de s’exprimer au mieux.

    Ben Arfa a longtemps dû se débattre pour se défaire d’une image d’"enfant terrible» du football français, forgée au gré de relations parfois houleuses avec ses entraîneurs et à la suite d’un passage très mitigé en Angleterre, à Newcastle puis à Hull City.

     

     

    Le @psg_inside est heureux d’annoncer la signature du contrat d’Hatem Ben Arfa jusqu’au 30 juin 2018

     

     

    Par AFP | Publié le 01/07/2016 à 14:19 |Mis à jour il y a environ 1 heures Vu 4058 fois

     

    Vidéo (Sélection partenaire)
    L'avis des supporters parisiens sur la probable arrivée de Ben Arfa au PSGL'avis des supporters parisiens sur...
    • 01/07/16 L\'avis des supporters parisiens sur la probable arrivée de Ben Arfa au PSG
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  • Trois abattoirs mis à l'arrêt

    sur 259 inspectés en France

    Par LEXPRESS.fr , publié le 01/07/2016 à 12:29 , mis à jour à 12:49 LIEN
     
     

    Tous les abattoirs de France ont été inspectés par les services sanitaires en avril, 31% d'entre eux présentent un niveau de maîtrise des risques insuffisant.

    Tous les abattoirs de France ont été inspectés par les services sanitaires en avril, 31% d'entre eux présentent un niveau de maîtrise des risques insuffisant.

    Youtube/L214

    En avril, 259 établissements et 460 chaînes d'abattage ont été inspectés par les services sanitaires et vétérinaires. Trois d'entre eux ont été fermés temporairement ou définitivement.

    Le ministère de l'Agriculture a rendu publiques ce vendredi ses conclusions, après la vague d'inspections menées en avril dans tous les abattoirs de l'Hexagone et de l'Outre-Mer. Ces inspections programmées et contrôles inopinés avaient été réclamés aux préfets par Stéphane Le Foll, le 30 mars dernier, qui avait également créé un délit de maltraitance animale

    Il réagissait à l'indignation suscitée par les vidéos successives de l'association de protection animale L214, tournées en caméra cachée dans des abattoirs français. Le ministre a demandé aux inspecteurs de se faire confirmer par les exploitants de ces 259 établissements et 460 chaînes d'abattage de "la maîtrise de la protection des animaux, tout au long du processus d'abattage" et de s'assurer "que toute douleur, détresse ou souffrance évitable pendant la mise à mort était bien épargnée aux animaux". 

    LIRE AUSSI >> Vidéos-choc dans les abattoirs: qui se cache derrière l'association L214? 

    107 avertissements, huit PV, trois fermetures

    Résultat: dans 31% des inspections, " le niveau de maîtrise des risques a été jugé insuffisant", note le ministère. Pour les autres, ce niveau de maîtrise était "satisfaisant" (20% des contrôles) et acceptable (49% des contrôles). 19 chaînes d'abattage sont concernées par des manquements graves, certaines ont été fermées et trois établissements ont perdu durablement ou temporairement leur agrément. Leur activité est donc à l'arrêt. Les inspecteurs ont également dressé 107 avertissements, qui font office de rappels à la réglementation et des procès-verbaux ont été dressés à huit établissements.  

    Le plus souvent, les manquements correspondent juste à un manque de preuves documentaires. Le ministère observe que 39 chaînes d'abattoirs ont montré des défauts dans l'étourdissement des animaux, d'autres ont présenté des chaînes "obsolètes ou inadaptées à l'espèce abattue".  

    "Ils ne veulent plus qu'on mange de viande"

    Le rapport note également que "la réglementation européenne confie aux exploitants la responsabilité de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'assurer la protection des animaux lors de leur mise à mort, en prenant en compte notamment les meilleures pratiques en la matière". 

    Ce vendredi matin sur RTL, le ministre de l'Agriculture, a dénoncé les méthodes de l'association L214 engagée dans la lutte pour la fermeture des abattoirs et qui a publié une nouvelle vidéo-choc cette semaine. Ses membres "veulent faire disparaître ce qui a été l'agriculture, ils ne veulent plus d'élevages, ils ne veulent plus qu'on mange de viande, mais on ne peut pas accepter cette pression", a-t-il dit. 

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  • Montreuil: le directeur des Restos du cœur poignardé par un couple armé

    01/07/2016 à 09h58 Mis à jour le 01/07/2016 à 11h54

     

    Le directeur de l'antenne de Montreuil des Restos du coeur dit avoir été attaqué par un couple.
     
    Le directeur de l'antenne de Montreuil des Restos du coeur dit avoir été attaqué par un couple. - Patrick Kovarik - AFP
     
     

    Selon nos informations, la victime avait déjà reçu des menaces de mort.

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  •  

    Grande Guerre : les poilus français

    se sont aussi battus

    lors de la bataille de la Somme

    LIEN

     

    © Ministère de la culture, Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, diffusion RMN | Les restes de l'église de Fay dans la Somme avec au premier plan un canon de 90 mm en batterie et des soldats français, en août 1916.

    Texte par Stéphanie TROUILLARD

    Dernière modification : 29/06/2016

     

    Il y a cent ans, une offensive alliée était lancée dans la Somme. Pour les Britanniques, cette date est restée dans les mémoires. La participation des poilus a été conséquente, mais elle est pourtant oubliée.

     

    Le 1er juillet 1916, une grande offensive était déclenchée dans la Somme par les Français et les Britanniques pour tenter de percer le front allemand. Jusqu'en novembre, cette bataille, qui s'est révélée être un échec, fit, toutes nationalités confondues, plus d’un million de morts, de blessés et de disparus. Cent ans après, cet épisode de la Première Guerre mondiale est toujours très présent dans la mémoire des sujets de sa gracieuse majesté. En revanche, de l'autre côté de la Manche, beaucoup ignorent  l’engagement de l’armée française dans cette bataille gigantesque, méthodique et meurtrière. Le commandant Michaël Bourlet, docteur en histoire et chef du département histoire et géographie des écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan, explique à France 24 quel a été son rôle pendant les cinq mois de combats.

     

    France 24 : Comment les Français et les Britanniques ont-ils décidé de lancer une offensive conjointe dans la Somme en juillet 1916 ?
    Michaël Bourlet : Il faut revenir à la fin 1915. La situation était alors compliquée pour tous les belligérants mais plus encore pour les Alliés qui ont beaucoup attaqué sur le front de l’Ouest au cours de cette année, plus que les Allemands. Les Français ont ainsi perdu 350 000 hommes et les Britanniques environ 100 000. Mais ils décident de passer une nouvelle fois à l’offensive. Lors de la conférence interalliée réunie au QG français à Chantilly le 6 décembre 1915, le général Joffre fait part de sa volonté d’obtenir une coordination des efforts alliés pour abattre les puissances centrales. Bien entendu, le front de l’ouest reste prioritaire. Cependant, les Français et les Britanniques ne s’entendent pas sur le lieu. Les Britanniques privilégient une offensive dans le nord en direction des ports belges, alors que Joffre préfère une action au centre du front allemand, à la jonction des armées françaises et britanniques dans la Somme. La proposition du général français est finalement retenue le 14 février 1916.

     

    C’est donc une offensive qui est initialement pensée et planifiée par les Français. L’attaque doit se développer sur un front de 70 km entre Hébuterne et Lassigny, dont 40 à 50 km sont à la charge de l’armée française. Mais la bataille de Verdun, déclenchée fin février par les Allemands, contrarie ces projets en aspirant des réserves et des moyens français considérables dans la Meuse. Joffre maintient toutefois l’offensive dans la Somme car il veut tenir ses engagements envers les alliés et également soulager Verdun. Le projet, ainsi que l'effectif français, sont revus à la baisse : le front d’attaque est réduit de 70 à 40 km.

     

    France 24 : Le 1er juillet, lors du début de l’offensive, quel est donc l’engagement français dans la Somme ?
    Michaël Bourlet : Le général Foch, commandant du Groupe d'Armées Nord et responsable de l'opération, ne dispose plus que de 22 divisions et de 555 pièces d’artillerie, au lieu de 39 divisions et 1700 pièces d’artillerie lourde du projet initial. En tout, deux armées sont déployées pour cette offensive. La 6e armée du général Fayolle, à cheval sur les deux rives de la Somme et au sud, la 10e armée du général Micheler. À l’inverse, le général britannique Haig dispose d’effectifs nombreux rassemblés dans une trentaine de divisions. Il peut aussi compter sur des contingents canadiens, néo-zélandais, australiens, sud-africains. Au total, les forces françaises et britanniques sont soutenues par plus de 330 aéronefs et près de 3 000 canons. Avant le déclenchement de l’offensive, la victoire ne fait aucun doute d’autant que les Allemands, déjà engagés à Verdun, sont en infériorité numérique.

     

     

    France 24 : Mais l’offensive ne se déroule pas comme prévu et ce 1er juillet est une journée sanglante pour l’armée britannique qui perd 20 000 hommes en quelques heures. En revanche, est-il vrai que les Français ont connu quelques succès ?
    Michaël Bourlet :
    Effectivement, du côté français il y a de meilleurs résultats le 1er juillet. Il y a des pertes aussi, mais qui ne sont pas aussi importantes. Sur le plan tactique, les soldats français opèrent une percée de plusieurs kilomètres et s’emparent même des deuxièmes et troisièmes lignes allemandes. Le commandement français a tiré les enseignements de 1915 et de Verdun. Il maîtrise mieux le combat interarmes (liaisons infanterie, artillerie, aviation) par exemple, possède de meilleurs canons tandis que les soldats sont beaucoup plus expérimentés que leurs camarades britanniques.

     

    Ensuite, pendant le mois d’août, les Français travaillent à la préparation d’une nouvelle offensive, malgré l’échec et le traumatisme de juillet. Le 3 septembre, l’offensive française est relancée. La progression est lente et les combats autour de Combles et de Bouchavesnes sont très durs. À partir du 20 septembre, on entre dans la phase la plus terrible de la bataille pour les Français. La bataille s’enlise alors que les conditions météorologiques exécrables et la résistance allemande use les assaillants. Le 18 novembre, l’offensive cesse dans la Somme. Le haut commandement ne renonce pas et projette d’attaquer une dernière fois, misant sur l’usure de l’armée allemande. Les mauvaises conditions météorologiques et la démission de Joffre mettent un terme au projet.

     

    Cet échec s’explique notamment par le manque de collaboration entre les alliés. Il n’y a pas encore de commandement unique, il faudra attendre 1918. En outre, ce secteur n'a pas facilité la tâche des assaillants : les actions ont été divergentes ; la Somme qui partage le secteur d’attaque, complique les liaisons, etc. En outre, les Alliés ne parviennent pas à tirer le meilleur rendement de l’artillerie. Je serais tenté de dire qu’il y a trop de méthode dans cette offensive ce qui provoque une lenteur des opérations, un caractère processionnel de l’action et un refus de l'improvisation. Plusieurs occasions de percées ne sont pas exploitées. Bien qu’épuisés, les Allemands tiennent en adoptant une série de mesures qui visent à limiter l’usure de leurs forces. L’historien allemand Gerd Krumeich a bien montré qu’ils se sont battus avec le sentiment de défendre leur pays. Comme pour les Français à Verdun, c’est une victoire de la défensive.

     

    France 24 : On parle beaucoup justement de l’enfer de Verdun pour les soldats français, mais qu’ont vécu les poilus dans la Somme ?
    Michaël Bourlet :
    On peut aussi évoquer l’enfer de la Somme car ce sont les mêmes conditions. La météo, épouvantable, a contribué fortement à l’échec des franco-britanniques. Les pluies ont transformé le champ de bataille en un immense bourbier dans lequel plus d’un million de soldats français sont passés du 1er juillet au 20 novembre. Plus de 200 000 soldats français ont été tués, blessés ou ont été portés disparus dans la Somme. Ce sont des pertes importantes bien qu'inférieures aux pertes britanniques (420 000 hommes) et allemandes (650 000 hommes).

     

    France 24 : Alors que les pertes mensuelles ont finalement été plus importantes dans la Somme qu’à Verdun, comment expliquez que cette bataille n'est pas restée dans les mémoires?
    Michaël Bourlet :
    Je dirai que la bataille n’a pas été immédiatement oubliée. Après la guerre, les associations d’anciens combattants ont commémoré la bataille. La nécropole de Rancourt ou les monuments français qui couvrent le champ de bataille français sont là pour le rappeler. La nécropole franco-britannique de Thiepval montre qu’il y a eu également la volonté de commémorer la bataille de la part des deux alliés. Mais la bataille est aussi un échec alors qu’au même moment les Français résistent et repoussent les Allemands à Verdun. Par conséquent Verdun est devenu la bataille emblématique et la Somme est tombée dans l’oubli. Parallèlement, les Britanniques se sont accaparés la commémoration de la bataille étant donné le traumatisme qu’elle représente pour l’armée britannique. Mais cette bataille est aussi un temps fort pour les Sud-Africains, les Australiens, les Néo-Zélandais ou encore les Canadiens.

     

     

    Le front de la Somme du 1er juillet à fin novembre 1916

    À consulter : Michaël Bourlet est l’auteur du blog Sourcesdelagrandeguerre.

    Première publication : 29/06/2016

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  • Euro 2016 : le Portugal en demi-finale

    sans convaincre

      >Sports>Euro 2016|Marseille (Bouches-du-Rhîone), de notre envoyée spéciale, Sylvie de Macedo|01 juillet 2016, 0h10 | MAJ : 01 juillet 2016, 1h17| LIEN    

    Stade Vélodrome (Marseille), jeudi. Cristiano Ronaldo et Ricardo Quaresma, qui a marqué le tir au but envoyant les Portugais en demi-finale.

    AFP/Valery HACHE
     
    Marseille (Bouches-du-Rhîone), de notre envoyée spéciale, Sylvie de Macedo
    Euro 2016PolognePortugalCristiano RonaldoRobert Lewandowski

    Le Portugal ne serait pas le Portugal s’il ne jouait pas à se faire peur. A l’image de son parcours dans cet Euro, il a peiné pour arracher sa qualification face à des Polonais solides en défense. Il a certes livré une prestation un brin meilleure que celle contre les Croates (0-1) en 8es. Mais pas beaucoup plus. Sans doute à cause de l’intense chaleur qui a étouffé le Vélodrome. Il faudra donc patienter pour enfin voir du beau jeu et du spectacle du côté de la Selecçao. Les (télé) spectateurs auront peut-être plus de chance lors de la demi-finale qui verra Cristiano Ronaldo se mesurer aux Belges d’Eden Hazard ou à son coéquipier du Real Madrid, le Gallois Gareth Bale, mercredi prochain.


    Mais pour aller plus loin et voir le stade de France le 10 juillet, il faudra faire bien mieux qu’hier soir, et plus globalement que lors de cet Euro. Les trois premiers matchs du Portugal, et autant de nuls concédés, n’avaient guère convaincu. La rencontre un peu folle contre la Hongrie (3-3) où il a passé les 90 minutes à courir après le score, avait certes offert du spectacle. Mais aussi bien des frayeurs. Son 8e contre la Croatie, avec ce but de Quaresma en toute fin de prolongation (119e) avait aussi laissé perplexe. Et surtout, plongé dans l’ennui bien des spectateurs. Hier soir, c’est surtout offensivement que les Portugais ont pêché. A croire qu’ils adorent maintenir le suspense jusqu’au bout de la nuit. Ils n’auront donc gagné aucun match dans le temps réglementaire.

     

     

    EN IMAGES. Euro 2016 : le Portugal qualifié malgré un Ronaldo encore décevant

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    Des Polonais pas plus brillants


    Cristiano Ronaldo a tardé à s’offrir sa première frappe cadrée (29e). Et même s’il aurait dû bénéficier d’un pénalty pour une intervention très limite de Pazdan sur sa personne (31e), il a aussi fait bien des mauvais choix, comme dans ce face à face avec Fabianski à la fin du temps réglementaire (85e). Une réplique parfaite de sa balle de match raté contre l’Autriche d’ailleurs (0-0) en phase de groupe. Ses coéquipiers ne l’ont pas beaucoup aidé, ni Nani, ni même le sauveur contre la Croatie, Quaresma.
     

    Défensivement, le Portugal aussi a montré quelques lacunes. Dès l’entame de match, l’erreur de Cédric Soares a permis à Lewandowski d’inscrire son premier but dans cette édition. Il aurait pu doubler la mise un quart d’heure plus tard (17e). Les Polonais ont su se créer d’autres occasions intéressantes. Mais ne se sont guère montrés plus brillants. Au rayon des satisfactions -il y en a quelques unes-, Renato Sanchez bien sûr. La pépite portugaise de 18 ans, auteur de l’égalisation (33e) a montré tout l’étendue de son talent. Mais à Lyon, pour sa troisième demi-finale sur les quatre dernières éditions, la Selecçao devra enfin sortir un match référence s’il veut s’offrir cette finale tant désirée par les 1,2 million de Portugais que compte la France.

      leparisien.fr

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