• Pour Merkel, pas question de remettre en cause l’accueil des réfugiés en Allemagne

    Le Monde.fr avec AFP | 28.07.2016 à 14h22 • Mis à jour le 28.07.2016 à 14h57

    La chancelière allemande, Angela Merkel, pendant une conférence de presse à Berlin, le 28 juillet 2016.

    La chancelière allemande Angela Merkel a « fermement » rejeté jeudi 28 juillet les appels à remettre en cause l’accueil des migrants dans son pays après deux attentats perpétrés par des réfugiés ces derniers jours.

    Les djihadistes « veulent remettre en cause notre disposition à accueillir des gens en détresse. Nous nous y opposons fermement », a lancé la dirigeante conservatrice lors d’une conférence de presse à Berlin, après avoir écourté ses vacances en vue de défendre sa politique d’accueil, de plus en plus contestée.

    « Nous allons y arriver »

    La dirigeante conservatrice a réaffirmé son credo, « nous allons y arriver » (« wir schaffen das »), lancé à la fin de l’été 2015 quand l’Allemagne a ouvert ses portes à des centaines de milliers de réfugiés fuyant la guerre ou la misère.

    « Je suis aujourd’hui comme hier convaincue que nous allons arriver à mener à bien cette épreuve historique en ces temps de mondialisation. Nous allons y arriver et nous avons déjà réussi beaucoup, beaucoup de choses ces derniers mois. »

    Si elle a reconnu que les attentats provoquaient « une grande insécurité » dans l’opinion, elle a souligné que « la peur ne peut servir de fondement pour l’action politique », en réponse à ceux qui dans son propre camp l’appellent à donner un net tour de vis à sa politique d’immigration. Selon elle, « un pays comme l’Allemagne ne peut renoncer à sa responsabilité humanitaire, mais au contraire doit l’assumer ».

    Elle a cependant annoncé certaines mesures pour faciliter l’expulsion de réfugiés déboutés ou enfreignant la loi, mieux déceler la radicalisation islamiste chez les demandeurs d’asile et a également évoqué la possibilité pour l’armée allemande d’intervenir pour la sécurité intérieure en cas de gros attentats ; ce qui serait une première.

    Depuis le 18 juillet, une série d’attaques a fait 15 morts, dont quatre assaillants, et des dizaines de blessés. Selon les autorités, deux des assaillants, un demandeur d’asile syrien et un réfugié originaire d’Afghanistan ou du Pakistan, étaient liés au djihadisme.

    Ces attaques ont dissipé les dernières illusions qui pouvaient laisser croire aux Allemands que leur pays était à l’abri de la violence islamiste.

    Lire aussi :   Attaques en série : l’Allemagne sous le choc

    La politique d’accueil fustigée

    De la gauche à la droite, de nombreux responsables politiques fustigent la politique d’accueil d’Angela Merkel, qui a permis à plus d’un million de migrants et réfugiés d’entrer l’année dernière en Allemagne.

    « Le terrorisme islamiste est arrivé en Allemagne », a annoncé Horst Seehofer, ministre-président du Land de Bavière et opposant de longue date à la politique de la chancelière. Ce dernier réclame un durcissement des mesures de sécurité et des politiques d’immigration.

    En vacances dans le nord de l’Allemagne depuis samedi, Angela Merkel avait jusqu’alors délégué à son ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière, le soin de répondre à ces accusations. Contrairement au président François Hollande, qui s’est déplacé mardi en Normandie après le meurtre d’un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray, Angela Merkel ne s’est pas rendue sur les lieux des dernières attaques, ce qui a soulevé des interrogations en Allemagne.

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    Donald Trump appelle la Russie à publier des courriels de Hillary Clinton

    LE MONDE | 27.07.2016 à 19h09 • Mis à jour le 27.07.2016 à 19h41     LIEN

     
    Donald Trump, le 27 juillet.

    « Je n’ai rien à voir avec la Russie. » Le candidat républicain à la présidentielle américaine, Donald Trump, a nié, mercredi 27 juillet, tout lien avec le piratage des e-mails internes du Parti démocrate américain, dérobés par une source inconnue qui les a transmis pour publication au site WikiLeaks.

    Depuis la publication de ces documents, qui montrent notamment que la direction du parti a cherché à nuire à la campagne de Bernie Sanders, l’entourage de Hillary Clinton a accusé Moscou d’être à l’origine du piratage, dans le but de favoriser la candidature de M. Trump.

    Lire aussi :   Wikileaks révèle des milliers de courriels sur la campagne du Parti démocrate américain

    Ces accusations ont été vivement démenties par le Kremlin, mais plusieurs entreprises spécialisées dans la sécurité informatique ont constaté que de précédents piratages du réseau informatique du Parti démocrate étaient vraisemblablement le fait de deux groupes réputés proches des services secrets russes.

    Une « affaire de sécurité nationale » pour le camp Clinton

    Sur un ton faussement badin, Donald Trump a fait référence à d’autres e-mails – ceux qui ont valu une enquête du FBI à sa rivale Hillary Clinton. La candidate démocrate s’est en effet vu reprocher d’avoir utilisé un serveur e-mail personnel pour traiter des courriels professionnels du département d’Etat, au mépris des procédures de sécurité.

    Au terme d’une longue enquête, le FBI a conclu que Mme Clinton n’avait pas commis de délit, mais le camp républicain rappelle qu’elle avait aussi supprimé 33 000 courriels de son serveur avant de le transmettre aux enquêteurs.

    « La Russie, si vous écoutez, j’espère que vous trouverez les 33 000 e-mails qui manquent. Je pense que vous seriez largement récompensés par notre presse ! a dit M. Trump. Ils les ont probablement. J’aimerais bien qu’ils soient rendus publics. »

    calls for foreign espionage: "They probably have her 33,000 emails. I hope they do ... So let's see."

    Cet appel pur et simple à une puissance étrangère, pour qu’elle intervienne dans une campagne électorale, a provoqué de vives protestations chez les électeurs démocrates, dont certains parlent de « haute trahison ».

    « C’est la première fois qu’un candidat majeur à la présidentielle encourage activement une puissance étrangère à espionner son opposant politique », a souligné Jake Sullivan, conseiller de Mme Clinton, évoquant « une affaire de sécurité nationale ».

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  • L’Europe autorise un soja OGM fabriqué

    par Monsanto

    Dans un communiqué du vendredi 22 juillet, Monsanto s’est réjoui d’avoir obtenu l’agrément européen pour la commercialisation de soja génétiquement modifié (OGM).

    LIEN

    L'Europe autorise un soja OGM fabriqué par Monsanto

     

     

    Difficile de ne pas l’identifier du premier coup d’oeil : ce soja s’appelle en effet « Roundup Ready 2Xtend », reprenant ainsi la marque commerciale utilisée par Monsanto pour son désherbant tant décrié à base de glyphosate, le fameux « Roundup ».

    Un soja OGM baptisé « Roundup »

    Ce soja a pour caractéristique de résister aux herbicides, comme le Dicamba, ce qui permet de le planter dans des champs qui ont au préalable été traités contre les mauvaises herbes, sans que le soja n’en souffre, du fait des modifications génétiques dont il a été l’objet. Ce soja est déjà agréé au Canada et plus récemment en Chine, et devrait l’être d’ici la fin de l’année aux États-Unis.

     

    La production mondiale de cultures OGM progresse régulièrement et atteint 175,2 millions d’hectares en 2013 pour un chiffrage d’affaires de plus 13.2 milliards de dollars (2011), soit des ventes d’OGM de 418 dollars par seconde (compteur). Les trois-quart des cultures OGM sont du soja OGM. La surfaces des cultures OGM a atteint 175,2 millions d’hectares notamment aux Etats-Unis et au Brésil.
    Depuis le 1er janvier
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    Cette statistique, et bien d’autres, vous est offerte par le Planetoscope

    Le soja Roundup Ready 2Xtend ne sera pas cultivé en Europe pour l’instant

    En revanche, pour l’Europe, l’agrément donné par les autorités européennes ne concerne que la vente du soja récolté et non sa culture. Il permettra notamment de l’intégrer aux produits agroalimentaires.

    Rappelons que la réglementation exige d’indiquer aux consommateurs que les produits qu’ils achètent (ou consomment dans un restaurant) contiennent, ou non, des OGM.

    Illustration bannière : Graines et champ de soja en arrière-plan – © sima Shutterstock

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  • Exposition aux pesticides : plus d’un million de personnes touchées, réglementation inefficace

    Un rapport de l’Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) révèle qu’un million de professionnels de l’agriculture sont exposés aux pesticides. Ainsi que leurs familles et les riverains des exploitations agricoles…          LIEN

    Exposition aux pesticides : plus d'un million de personnes touchées, réglementation inefficace

    Mais ce que ce rapport souligne surtout, c’est que l’on manque d’informations quant à l’exposition aux pesticides des agriculteurs, de leurs familles, des riverains des champs et de tous ceux qui travaillent dans le secteur agricole. D’autre part, il indique que le processus de mise sur le marché des produits, le plan Ecophyto 2 et la réglementation en général, manquent d’efficacité.

    C’est le résultat de plusieurs années d’enquête qui pousse l’Anses à rappeler que le problème de l’exposition aux pesticides n’est pas réglé en France, loin s’en faut.

    La surexposition aux pesticides est due à un terrible manque d’information

    L’Anses souligne que l’information des professionnels qui utilisent ou côtoient les pesticides est souvent minimaliste, et qui plus est disparate. Quant aux réglementations en vigueur, elles sont soit méconnues, soit mal appliquées parce que difficiles à comprendre ou mettre en oeuvre.

    En dépit du très grand nombre de procédures réglementaires en place, des effets sur la santé des personnes travaillant en agriculture sont aujourd’hui observés. Personne ne semble avoir de vision globale de l’ensemble du dispositif réglementaire qui encadre l’usage des pesticides, leur homologation, les procédures visant à éviter ou reconnaître leurs effets négatifs
    indique l'Anses

    L’agence publie donc une série de recommandations allant de la poursuite des études d’impact des pesticides sur l’environnement et sur l’homme, à l’amélioration des équipements de protection et les règles d’emploi des pesticides (horaires, conditions météorologiques), en passant par l’harmonisation des règles d’autorisation de mise sur le marché des pesticides et de certains composants qu’ils peuvent contenir.

     

    Pas loin de 1000 euros de pesticides sont consommés chaque seconde dans le monde, soit un marché d’environ 30 milliards d’euros, à près près stable depuis 2000.
    Depuis le 1er janvier
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    Un rapport qui dérange

    Quand on voit le résultat de la bataille autour du glyphosate, désherbant le plus utilisé au monde, menacé d’interdiction au niveau européen le 1er juillet dernier, mais qui a finalement réussi à obtenir un sursis de 18 mois, on imagine aisément à quel point le rapport de l’Anses(1) et ses recommandations ont été difficiles à élaborer. D’ailleurs, l’Anses explique que son rapport a pris du retard, car plusieurs experts, co-auteurs, avaient émis un « avis minoritaire », qui a nécessité la saisine du comité de déontologie de l’agence, pour pouvoir aboutir à une version de synthèse acceptable…

    Illustration bannière : exploitant pulvérisant des pesticides dans une rizière près d’Avignon

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    La convention démocrate qui se déroule au Wells Fargo Center de Philadelphie a adoubé, le mardi 27 juillet 2016, Hillary Clinton pour être la candidate démocrate au poste de Président des Etats-Unis d'Amérique. Une femme est pour la première fois en très bonne place pour occuper la Maison Blanche. Maison qu'elle a déjà habitée en tant que Première dame. Les personnalités se sont relayées sur scène pour venir soutenir leur candidate préférée. Réalisation: Charlotte Gonthier

     

     

     

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  • Historique Hillary, soporifique Bill : une nuit à la convention démocrate

    Par Baptiste Bouthier 27 juillet 2016 à 12:29       LIEN
     
    L'ancien président Bill Clinton lors de son discours à la convention démocrate à Philadelphie, le 26 juillet.
     
     

     

     

    L'ancien président Bill Clinton lors de son discours à la convention démocrate à Philadelphie, le 26 juillet. Photo Lucy Nicholson. Reuters

     

     

    Après son équivalent républicain la semaine dernière, la convention démocrate, qui a officiellement intronisé Hillary Clinton comme candidate à la présidentielle, a lieu de lundi à jeudi à Philadelphie. Retour sur la deuxième journée, ce mardi.

    Le moment historique d’Hillary Clinton

    C’est joué, c’est fait : Hillary Clinton sera la candidate du Parti démocrate à l’élection présidentielle américaine, le 8 novembre prochain. Cela ne faisait aucun doute depuis la fin des primaires, où l’ancienne First Lady avait devancé son seul adversaire Bernie Sanders, mais c’est officiel depuis cette nuit et le vote de la convention démocrate, à Philadelphie. Un «state-by-state roll-call» (chaque Etat vote à tour de rôle) interrompu par Sanders himself lorsqu’est venu le tour du Vermont, dont il est sénateur. Il a alors proposé alors de procéder à la nomination de Clinton par simple acclamation de l’ensemble des délégués démocrates.

    Certes, ce vote a été marqué par quelques signes de désunion de la part des délégués adeptes du «Bernie or bust» («Bernie ou rien»), absents de la salle au moment du vote ou l’ayant quittée en criant «Walkout !». Mais son issue est une sortie parfaite pour Bernie Sanders, qui joue sobrement son rôle dans cette convention censée incarner l’unité autour d’Hillary Clinton. Celle-ci entre dans l’histoire en devenant la première femme désignée par l’un des deux grands partis américains comme candidate à la présidentielle. «S’il y a des petites filles qui sont restées debout ce soir pour regarder la convention, a-t-elle déclaré dans une vidéo diffusée à l’issue de sa nomination officielle, je veux leur dire que si je serai peut-être la première femme présidente, l’une d’entre vous sera la prochaine.»

    A lire aussiImpressionnante Michelle Obama, discours d’unité : la journée de lundi

    Bill Clinton, 42 minutes d’intimité

    Outre la nomination officielle de la candidate, la journée de mardi était marquée par un discours très attendu, celui de l’ancien président (1993-2001) et peut-être futur «First Gentleman» Bill Clinton. Pendant près de trois quart d’heure, le mari d’Hillary a raconté une histoire personnelle, celle de sa femme et lui : «Au printemps 1971, j’ai rencontré une fille…» Un discours parfois amusant, parfois tendre, évidemment très pro (c’est quand même Bill Clinton, que diable) mais rempli aussi de digressions – tout n’était clairement pas écrit sur le téléprompteur – et au final beaucoup trop long. Peut-être est-ce aussi le contraste avec le discours si brillant, la veille, de Michelle Obama, qui porte préjudice au «Comeback Kid» …

    A lire aussi Bill Clinton, un hypothétique «Fist Gentleman» encombrant

    Dans les pas de Black Lives Matter

    La semaine dernière, la convention républicaine avait été marquée par plusieurs détournements du slogan Black Lives Matter pas toujours habiles, à base de «All lives matter» par exemple. «Les vies noires comptent», c’est ce cri lancé par la communauté afro-américaine qui n’en peut plus de voir des citoyens noirs tués, notamment par des policiers blancs, et à qui justice n’est pas rendue.

    Ce mouvement citoyen a été mis à l’honneur mardi avec la venue sur la scène de la convention démocrate des Mothers of the Movement, un groupe qui réunit plusieurs mères de jeunes noirs tués par des violences policières, telles celles de Trayvon Martin, Michael Brown, Sandra Bland ou Eric Garner. Dix minutes d’émotion, et de soutien, aussi, à Hillary Clinton, résumé en une phrase par Lucia McBath, la mère de Jordan Davis, tué en Floride en 2012 : «Hillary Clinton n’a pas peur de dire que "les vies noires comptent".»

    Baptiste Bouthier
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  • Polémique sur la sécurité à Nice : le dispositif n'était "pas sous-dimensionné" le soir de l'attentat selon l'IGPN

    Mis à jour : 27-07-2016 17:07
    - Créé : 27-07-2016 16:59          LIEN

    POLICE DES POLICE - La patronne de l'IGPN, Marie-France Moneger-Guyomarc'h, a présenté mardi après-midi à la presse les conclusions du rapport de la "police des polices" sur l'attentat de Nice. Moins de deux semaines après l'attaque au camion, marquée depuis par une vive polémique sur la responsabilité de la sécurité entre la police nationale et la police municipale, l'enquête administrative conclut qu'il y avait bien 64 policiers nationaux présents ce soir-là, et que le service d'ordre n'était "pas sous-dimensionné".

    L'IGPN a rendu public son rapport sur la sécurité le soir de l'attentat de Nice.

    L'IGPN a rendu public son rapport sur la sécurité le soir de l'attentat de Nice.

    AFP

    Photo:

    Chose promise, chose due. Le rapport très attendu de l'inspection générale de la police nationale (IGPN) sur le dispositif de sécurité à Nice le soir de l'attentat au camion, le 14 juillet, a été présenté ce mardi après-midi. Depuis les locaux de la "police des polices", Marie-France Moneger-Guyomarc'h, la patronne de l'IGPN, a rendu public les conclusions de l'enquête administrative. 

    Alors que depuis dix jours, une vive polémique a éclaté entre la police nationale et la police municipale, sur fond de querelles politiques partisanes, qui se renvoient la balle sur la responsabilité de la sécurité le soir du drame, le rapport confirme selon elle qu'il y avait bien 64 policiers nationaux chargés d'assurer la sécurité du feu d'artifice, un chiffre qu'avait contesté l'ex-maire de Nice Christian Estrosi. L'enquête administrative a conclu que "le service d'ordre n'était pas sous-dimensionné" ce soir-là.

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  • Michel Barnier nommé négociateur de la Commission pour le Brexit
     

    par Philip Blenkinsop           LIEN

    BRUXELLES (Reuters) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a désigné mercredi le Français Michel Barnier, ancien ministre et commissaire européen, pour diriger les négociations avec le Royaume-Uni sur le Brexit.

    L'ex-ministre français des Affaires étrangères et de l'Agriculture, classé à droite, prendra ses fonctions le 1er octobre.

    "Très honoré par la confiance de (Jean-Claude) Juncker pour conduire la négociation avec le Royaume-Uni", a-t-il commenté sur son compte Twitter.Dans un communiqué, le président de la Commission salue ses capacités de négociateur, la richesse de son expérience et son réseau étendu de contacts dans les capitales des pays membres.

    "Je souhaitais un homme politique expérimenté pour ce difficile travail", écrit-il. "Je suis certain qu’il se montrera à la hauteur de ce nouveau défi et nous aidera à développer un nouveau partenariat avec le Royaume-Uni quand il aura quitté l’Union européenne", a-t-il ajouté.

    La Commission européenne n'a pas précisé si Jean-Claude Juncker avait consulté le Royaume-Uni ou un autre Etat membre avant de faire son choix.

    "LE FLÉAU DE LA CITY"

    A Londres, le gouvernement britannique a réagi à la nomination de Michel Barnier en se disant prêt à travailler avec les représentants des différentes institutions européennes.

    "Nous avons dit qu'il était important que les deux parties se préparent à ces négociations. Nous avons hâte de travailler avc les représentants des Etats membres, du Conseil et de la Commission pour garantir une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l'UE", a dit un porte-parole du gouvernement en réponse à une sollicitation sur le choix de Michel Barnier.

    Mais il n'a pas cité nommément l'ancien ministre français tandis que des médias britanniques affichaient leur hostilité à son égard.

    "Difficile d'imaginer une personnalité plus anti-Britannique", a réagi sur Twitter le rédacteur en chef du service politique du Sun, le tabloïd le plus vendu en Grande-Bretagne qui a fait campagne pour le Brexit. C'est une "déclaration de guerre", poursuit Tom Newton Dunn.

    L'Evening Standard a présenté pour sa part Michel Barnier comme "le fléau de la City".

    A l'inverse, le travailliste Denis MacShane, ancien ministre des Affaires européennes, a jugé que le Français était à la fois "pro-Brit et pro-UE" et qu'il avait l'expérience requise pour comprendre que les décisions cruciales seraient prises à Berlin, Paris et dans d'autres capitales européennes plutôt qu'au siège bruxellois des institutions communautaires.

    Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a déjà nommé un fonctionnaire belge, Didier Seeuws, pour préparer les discussions sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE. La nature des relations futures entre Didier Seeuws et Michel Barnier reste encore à définir.

    Michel Barnier, 65 ans, a été commissaire européen au Marché intérieur entre 2010 et 2014 et a été impliqué à ce titre dans les réformes du secteur des services financiers et dans la création d'une union bancaire.

    L'ancien ministre, qui avait co-organisé les Jeux olympiques d'Albertville en 1992, a été remplacé au commissariat européen aux services financiers par le Britannique Jonathan Hill. Ce dernier, qui a oeuvré pour une union des marchés de capitaux en Europe, a démissionné après la victoire du Brexit lors du référendum du 23 juin.

    (avec Estelle Shirbon à Londres, Jean-Stéphane Brosse, Laura Martin et Henri-Pierre André pour le service français)

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  • Comment la loi islamique peut

    s’attaquer à Daech

    Abdullahi Ahmed An-Na'im, Emory University

    the conversation.com

    La couverture médiatique des atrocités terroristes qui ont endeuillé la France aura semblé véhiculer une image presque mythique de l’État islamique (EI). Mais ce dont nous avons le plus besoin, c’est bien de démythifier cette organisation criminelle. Et il est urgent que ma communauté – la communauté musulmane – s’y attelle.

    La grande majorité des musulmans (nous ne possédons pas de chiffres exacts) doit très certainement ressentir un profond dégoût à l’égard de toute cette violence perpétrée par l’EI. Un des hauts représentants du clergé sunnite égyptien n’a d’ailleurs pas tardé à dénoncer ces attaques « odieuses et haineuses ».

    Mais en vérité, les responsables et partisans de Daech peuvent s’appuyer, et ne se privent pas de le faire, sur une multitude de sources scripturales et historiques pour justifier leurs actions. Les interprétations traditionnelles de la charia, la loi islamique, approuvent le djihad offensif visant à propager l’islam. Elles autorisent l’exécution des prisonniers et l’esclavage des enfants et des femmes ennemis, comme Daech l’a fait subir aux Yazidies en Syrie.

    Je suis un spécialiste musulman de la charia, et j’affirme que la proclamation de la légitimité islamique que s’arroge Daech ne peut être contrée que grâce à une interprétation alternative de la loi islamique.

    Un consensus qui conduit à l’impasse

    Pour bien comprendre le rôle de l’islam en politique, il faut savoir qu’aucune autorité ne peut – et ce quel que soit le sujet – établir ou modifier la doctrine de la charia pour les autres musulmans. Il n’existe ici rien de semblable au Vatican ni à l’infaillibilité pontificale. La façon dont la charia est interprétée par les différentes communautés musulmanes (des sunnites aux chiites, des soufistes aux salafistes) est, à la base, le produit d’un consensus intergénérationnel conduit par les spécialistes et dirigeants de chaque communauté.

    La foi musulmane et sa pratique sont foncièrement individuelles et volontaires. Aucun musulman ne peut être responsable des opinions et des actions des autres. Une conséquence positive de cette absence d’autorité religieuse réside dans le fait de pouvoir remettre en cause et interpréter différemment les principes de la charia. Mais il y a un revers à cette médaille : n’importe quel musulman peut affirmer quelque chose à propos de la charia s’il obtient le consentement d’une masse critique de fidèles.

    L’ayatollah Khomeiny. www.irdc.ir

    On peut citer à titre d’exemple la façon dont l’ayatollah Khomeiny usa de la doctrine du « wilayat al-faqih », le « gouvernement du docte », pour revendiquer le droit d’instaurer en 1979 la République islamique d’Iran.

    Cette initiative fut très controversée, car en procédant de la sorte, il allait à l’encontre du consensus qui veut que ce soit au douzième et dernier imam chiite « vivant » – celui qui disparut en 874 et doit revenir à la fin des temps en tant que Mahdi – de prendre ce type de décision.

    La création de l’EI par Abu Bakr al-Baghdadi – qui se présente comme le Calife ou l’héritier du prophète Mahomet et dont la mission divine consisterait à faire exister à nouveau un État qui a pris fin il y a 1 400 ans –, constitue un exemple plus récent.

    Le tournant du Xe siècle

    Au cours de ses trois cents premières années d’existence, la pensée musulmane se caractérise par son dynamisme et sa créativité : on discute et on débat des différentes interprétations des textes sacrés au sein des communautés, de génération en génération. L’ijtihâd – qui désigne l’effort de compréhension et d’interprétation du Coran et de la charia pour adapter ses sources, notamment dans le droit, à chaque époque – fut clairement approuvé par le prophète Mahomet.

    Zainah Anwar, des Sisters in Islam. Albert Gea/Reuters

    Certains musulmans modernes, comme les Sisters in Islam de Malaisie, utilisent l’ijtihâd pour défendre les droits des femmes dans le cadre de la religion musulmane. Et pour ceux qui acceptent cette interprétation, les femmes jouissent selon la charia des mêmes droits que les hommes. Mais les Sisters in Islam et d’autres mouvements similaires sont minoritaires.

    Vers le Xe siècle, un corpus hautement sophistiqué composé des principes de la charia, de méthodologies et d’écoles de pensée prit forme et s’enracina dans les communautés musulmanes de l’Ancien Monde, de l’ouest de l’Afrique à l’Asie du Sud-est. Ce processus fut désigné comme « la porte de l’ijtihâd se refermant », indiquant par cette image qu’il n’y avait plus d’espace théologique disponible pour une nouvelle pensée juridique.

    Il n’y avait, bien sûr, aucune « porte de l’ijtihâd » à refermer, et personne n’aurait eu l’autorité pour le faire même si tel avait été cas. La métaphore éclaire cependant bien le contraste entre la promotion de la diversité au cours des trois premiers siècles de la charia et l’enlisement et la rigidité qui caractérisent l’étude de la loi islamique depuis.

    D’une certaine façon, Daech oblige les musulmans à se confronter aux conséquences d’interprétations archaïques d’un djihad agressif.

    De la Mecque à Médine

    Le prophète Mahomet naquit et grandit à la Mecque, une ville de l’ouest de l’actuelle Arabie saoudite, d’où il proclama l’islam en 610 après J.-C. En 622, il avait déménagé avec un petit groupe de fidèles à Médine, située à 450 kilomètres au nord, pour échapper aux persécutions. Ce déplacement n’affecta pas seulement les révélations reçues par le prophète (ce que nous indique le Coran). Cela marqua également un tournant dans le contenu du texte sacré. L’interprétation brutale et rétrograde que fait Daech de la charia repose sur le Coran de Médine, qui insiste sur le fait pour les musulmans de se soutenir mutuellement et de se distinguer des non-musulmans.

    Par exemple, dans le verset 3:28 (et aussi 4:144, 8:72-73, 9:23, 71 et 60:1M), il est dit qu’il est interdit aux musulmans de devenir amis ou de soutenir des non-croyants (qu’ils soient païens ou polythéistes). Le chapitre 9 tout entier – qui figure parmi les dernières révélations – sanctionne catégoriquement les non-musulmans – parmi eux les chrétiens et les juifs – et autorise qu’un djihad offensif soit mené à leur encontre (verset 9:29).

    Il est vrai que le terme de djihad est utilisé dans le Coran pour désigner des efforts non violents pour diffuser l’islam (voir les versets 29:8, 31:15 et 47:31). Mais ceci ne change rien au fait que le même terme a aussi été utilisé pour désigner le recours à la guerre afin de propager la même religion. Cette dernière interprétation fut, en réalité, sanctionnée par les actions et les instructions claires du prophète en personne, ainsi que par ses fidèles les plus respectables, qui devinrent ensuite ses quatre premiers successeurs et maîtres, ou califes, de Médine.

    Légitime ou illégitime ?

    Une difficulté inhérente à toute cette discussion concerne le fait que, selon la charia, le djihad peut seulement être lancé par l’autorité légitime de l’État. L’EI déclare posséder une telle légitimité islamique, mais sur quelle base se fonde cette revendication ? D’où tire-t-il cette position, pourquoi et comment les califes de Daech auraient-ils autorité sur la communauté musulmane tout entière ?

    Puisque ce pouvoir se fonde sur le processus totalement ouvert et libre du choix individuel, cette revendication de Daech pourrait réussir dans la mesure où il bénéficie du soutien d’une masse critique de musulmans. Le danger réside dans le fait que le consentement passif puisse être brandi par l’EI comme la preuve d’un soutien actif. Et après tout, seule une poignée d’États musulmans – et cela uniquement sous la direction de forces occidentales – ont fait preuve de détermination pour stopper l’expansion militaire de Daech.

    Pendant ce temps, nombre de musulmans et leurs leaders ne reviennent pas – efficacement – à la charia pour affermir leur opposition face aux revendications de Daech. Beaucoup ont condamné l’EI pour des motifs moraux ou politiques, mais ceux-ci sont rejetés par les partisans de Daech comme relevant d’une réflexion à l’occidentale.

    Une vision alternative

    Ce qu’il faut, c’est une conception alternative de la charia, selon laquelle les sources scripturales sur lesquelles Daech s’appuie sont replacées dans un contexte historique plus vaste. En d’autres termes, ces principes invoqués par l’EI ont pu être pertinents et applicables il y a 1 400 ans de cela quand la guerre – partout où elle frappait – était bien plus dure qu’aujourd’hui. La solidarité entre musulmans (wala’) s’avérait alors cruciale pour la survie de la communauté musulmane et sa réussite.

    Mais aujourd’hui, c’est l’inverse qui est vrai.

    Le droit international contemporain, tel que présenté dans l’article 2 de la Charte des Nations unies de 1945 (un traité universel), affirme l’égale souveraineté de tous les États indépendamment des croyances religieuses, et interdit l’acquisition de nouveaux territoires au moyen de la guerre. Alors que des puissances de premier plan ont violé ces principes – on peut citer les récents exemples de l’invasion de l’Irak par la Grande-Bretagne et les États-Unis et celle de l’Ukraine par l’armée russe en 2014 – il est impossible pour un État, y compris ceux où vivent une majorité de musulmans, d’accepter la contrainte d’un État islamique autoproclamé.

    Mais pour faire émerger une vision alternative de la charia et l’enraciner via un consensus adapté à l’époque, les musulmans doivent d’abord reconnaître et affronter le fait qu’ils ont accepté une interprétation traditionnelle de la charia et ignoré les alternatives qui pourraient permettre de condamner l’EI comme non-islamique.

    On pourrait s’en référer, pour bien commencer, à la lecture des écrits du penseur religieux soudanais Ustad Mahmoud Mohamed Taha, qui a proposé de renier les principes d’une charia autorisant le djihad agressif, l’esclavage et de la subordination des femmes et des non-musulmans en se fondant sur les révélations antérieures, celles de la Mecque. Citons ici le verset 16:125 : « Appelle à la voie de ton Seigneur au moyen de la sagesse, de la recommandation de bien, et parle-leur de la meilleure des façons » (voir aussi les versets 17:70, 49:13 et 88:21-22).

    Comme Taha l’explique dans son livre The Second Message of Islam, les principes de la charia basés sur les révélations de Médine correspondent aux conditions historiques du VIIe siècle en Arabie Saoudite. Taha a fait valoir qu’aujourd’hui, c’est le message de l’islam tel que conçu sur les révélations de la Mecque qui est applicable parce que l’humanité est en condition de les recevoir. Malgré – ou peut-être à cause de – la nécessité impérieuse d’alternatives aux interprétations traditionnelles de la charia, Taha a été exécuté en 1985 au Soudan pour apostasie, et ses livres continuent d’être interdits dans la plupart des pays arabes.

    L’EI, lui, voit ses rangs gonfler.

    L’État islamique autoproclamé ne peut survivre que par une guerre permanente. Pour moi, il ne pourra qu’imploser ou se consumer dans une guerre civile totale, car il n’a pas de système politique viable pour un transfert vers un pouvoir pacifique. Quand il s’effondrera, quelle qu’en soit la cause, le monde ne peut s’attendre qu’à l’émergence d’une nouvelle formation de ce type, tant que nous, musulmans, n’auront pas débattus ouvertement de l’impasse dans laquelle se trouve la réforme de la charia.

    The Conversation

    Abdullahi Ahmed An-Na'im, Charles Howard Candler Professor of Law, Emory University

    La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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