• Affaire Baupin : les curieuses justifications de Michel Sapin sur le "Culottegate"

    Affaire Baupin : les curieuses justifications de Michel Sapin sur le "Culottegate"
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    Le ministre des Finances à l'Assemblée, le 4 mai 2016. (BERTRAND GUAY / AFP)

    En plein scandale sur le harcèlement sexuel dans le milieu politique, le ministre des Finances s’excuse pour un geste "inapproprié" envers une journaliste.

     

    Le ministre des Finances Michel Sapin a eu beau trouver "épouvantables" les faits décrits par plusieurs femmes dans l'affaire Denis Baupin, il n'a pu faire oublier mardi, lors d'un point presse, qu'il était lui-même mis en cause... pour un geste déplacé envers une journaliste.

    Sapin accusé d'avoir "claqué l'élastique de la culotte" d'une journaliste

    Dans un livre sur les coulisses de l'Elysée paru en avril, le ministre des Finances était accusé d'avoir fait "claquer l'élastique de la culotte" d'une journaliste. Une anecdote déjà évoquée en mai 2015 dans une tribune de "Libération" où plusieurs femmes journalistes avaient dénoncé le sexisme de certains élus et responsables politiques. Le ministre niait alors les faits en bloc :

    "J'apporte un démenti catégorique aux allégations inexactes et calomnieuses [...] Je réserve le droit d'engager toute action nécessaire pour faire respecter la réalité des faits", déclarait-il au "Parisien".


     

    Mardi soir, il gardait la même ligne : "On est dans un domaine total de calomnie", a-t-il martelé, appelant à ne pas "faire la confusion entre des noms qui n'ont rien à voir".

    "Il s'agit d'allégations qui sont totalement fausses, qui sont d'ailleurs déclarées comme telles par des personnes qui pouvaient être directement ou indirectement concernées".

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    Un curieux communiqué d'excuses

    Mais le ministre a ensuite transmis à l'AFP un communiqué dans lequel il souligne que "les circonstances actuelles" de l'affaire Baupin l'"obligent à apporter, en toute transparence, les précisions nécessaires" sur l'affaire.

    "Lors d'un déplacement en janvier 2015 à Davos, au milieu d'une vingtaine de personnes, j'ai fait à une journaliste une remarque sur sa tenue vestimentaire en posant ma main sur son dos. Il n'y avait dans mon attitude aucune volonté agressive ou sexiste, mais le seul fait d'avoir choqué la personne en question démontre que ces paroles et ce geste étaient inappropriés, et j'en ai été et en suis encore désolé", affirme le ministre.

    "Dans les minutes qui ont suivi, la journaliste a demandé à me voir en tête à tête pour me faire part de son indignation. Je lui ai évidemment présenté mes très sincères excuses", ajoute-t-il.

    L'histoire, assure Michel Sapin, était alors "réglée" :

    "Dans un message qu'elle m'a adressé à la veille de la parution du livre, la journaliste me disait qu'elle déplorait la manière dont l'épisode de Davos était raconté et ajoutait, je cite 'Je considère cette histoire réglée, entre vous et moi, depuis le jour même'."

    Versions divergentes

    Dans leur livre intitulé "L'Elysée Off", les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri accusaient Michel Sapin d'avoir "fait claquer l'élastique de la culotte" de cette journaliste. Un épisode relaté de façon un peu différente en mai 2015 dans la tribune "Bas les pattes", signée par 40 femmes journalistes dans "Libération". Les auteures évoquaient un "ministre qui, nous voyant penchée pour ramasser un stylo, ne peut retenir sa main en murmurant :

    'Ah, mais qu'est-ce que vous me montrez là ?'".

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    Selon une membre du collectif Bas les pattes, Michel Sapin aurait en réalité "touché le bas du dos" de la journaliste en question. "Il ne s'agit ni d'une culotte qu'on fait claquer ni d'une main aux fesses", déclare la jeune femme, interrogée par Metronews.

    "Il y a un ministre qui doit s'expliquer, présenter des excuses pour le moins", a déclaré mardi l'ex-ministre Delphine Batho à propos de Michel Sapin. "Il est dans le déni. Dans cette affaire, il y a une vérité qui n’est pas respectée. Quand on commet une faute, il faut la reconnaître, car vis-à-vis des citoyens, un responsable politique a un devoir d’exemplarité. Et si on veut faire le ménage, il faut aller jusqu’au bout et répéter que dans ce système de maltraitance, aucun geste n’est anodin".

     

    T.V.

    L'Obs

    L'Obs

    Journaliste

     

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