• Le Kenya appelle à une interdiction «totale» du commerce de l’ivoire

     

    Par AFP 29 avril 2016 à 12:03 (mis à jour à 13:47)    Lien

     Des éléphants le 28 avril 2016 à Laikipia Photo SIMON

     

    Le président kényan Uhuru Kenyatta a appelé vendredi lors d’un sommet africain à interdire complètement le commerce de l’ivoire, afin d’empêcher l’extinction des éléphants à l’état sauvage, décimés par des braconniers pour leurs défenses.

    «Perdre nos éléphants, ce serait perdre une partie essentielle de l’héritage qui nous a été confié. Tout simplement, nous ne permettrons pas que ça arrive», a déclaré le président Kenyatta à l’ouverture de la rencontre à Nanyuki (centre).

    Ce sommet réunit les présidents du Kenya, de l’Ouganda, du Gabon, ainsi que de nombreuses ONG, et précède l’incinération samedi à Nairobi du plus gros stock d’ivoire jamais brûlé en une seule fois. Cent cinq tonnes de défenses d’éléphants partiront en fumée, soit environ 5% du stock d’ivoire mondial.

    «Nous ne serons pas les Africains qui sont restés sans rien faire devant la disparition des éléphants», a martelé M. Kenyatta.

    Il a assuré qu’il demanderait «une interdiction totale du commerce de l’ivoire» à la prochaine réunion de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), en septembre à Johannesburg.

    Le célèbre paléoanthropologue Richard Leakey, qui dirige le Service kényan de la faune (KWS), en a profité pour lancer un appel aux pays d’Afrique australe, leur demandant d’emboîter le pas au Kenya et de se débarrasser de leurs stocks d’ivoire.

    «Tant que vous gardez ces stocks, vous suggérez qu’il y aura de nouveau un marché à l’avenir», a-t-il lancé.

    Environ 30.000 éléphants sont abattus chaque année pour leurs défenses par des braconniers de mieux en mieux équipés. La conséquence est dramatique: additionnées, les morts naturelles et celles imputées aux braconniers surpassent le taux de reproduction de l’espèce.

    Et c’est la survie à l’état sauvage des 450.000 à 500.000 éléphants d’Afrique qui est en jeu, d’ici une à deux générations à peine.

    Mais la partie n’est pas perdue, loin s’en faut, selon les associations de protection des animaux.

    Au Kenya, les efforts conjugués du gouvernement et des réserves animalières privées ont permis d’enregistrer une diminution substantielle du nombre d’éléphants abattus par les braconniers (93 en 2015 contre 164 en 2014).

    - Croisade antibraconnage -

    En attendant une éventuelle interdiction complète du marché de l’ivoire, le Kenya tente de gagner sa croisade antibraconnage.

    Dans la réserve privée d’Ol Pejeta, non loin de Nanyuki, une équipe d’intervention rapide de rangers, qui se déplace en hélicoptère, est ainsi à pied d’oeuvre depuis 2011.

    Équipement de visée nocturne, communications radio cryptées, armement sophistiqué et entraînement dispensé par d’anciens membres des forces spéciales britanniques, rien n’a été laissé au hasard.

    Depuis, le nombre d’incidents liés au braconnage a drastiquement chuté dans la zone. Cette approche militaire sur le terrain se révèle efficace mais coûteuse: de 1,5 à 2 millions de dollars par an pour la réserve.

    Elle n’a surtout d’intérêt que si les braconniers arrêtés sont ensuite effectivement jugés et condamnés. Dans un pays miné par la corruption, les condamnations de braconniers et des têtes de ces réseaux criminels sont encore rares. Bien souvent les dossiers ou les preuves disparaissent des tribunaux, à la faveur de procédures sans cesse ajournées.

    Mais selon Shamini Janyanathan, conseillère juridique de l’ONG de protection des éléphants Space for Giants («De l’espace pour les géants»), les choses sont en train de changer.

    Cinq importants dossiers de braconnage sont actuellement instruits par la justice à Mombasa (est), principal port kényan et lieu de transit de l’ivoire illégal vers l’Asie du Sud-Est. Il y a encore deux ans, il n’y en avait aucun.

    Le but du «Sommet des géants» de vendredi, c’est de voir «comment on peut étendre ces efforts à travers le continent», explique Max Graham, directeur de Space for Giants.

    Toutefois, ajoute-t-il, «la lutte antibraconnage ne résoudra pas tout car, en fin de compte, le problème provient de la demande en Asie».

    La Chine, qui a récemment durci sa législation sur les importations d’ivoire, permet cependant la revente de «l’or blanc» acheté avant l’interdiction internationale du commerce d’ivoire en 1989.

    «Nous voyons que les dirigeants chinois s’engagent sur ce sujet, évoquent la suppression progressive de ce produit (l’ivoire), ce qui est vraiment fantastique. A présent, nous avons besoin d’assister à l’interdiction complète du marché intérieur. Si cela arrivait, le problème du braconnage disparaîtrait du jour au lendemain», a affirmé M. Graham.

    AFP

    Le Kenya appelle à une interdiction «totale» du commerce de l’ivoire

    Par AFP 29 avril 2016 à 12:03 (mis à jour à 13:47)
     
    Des éléphants le 28 avril 2016 à Laikipia Photo SIMON MAINA. AFP

    Le président kényan Uhuru Kenyatta a appelé vendredi lors d’un sommet africain à interdire complètement le commerce de l’ivoire, afin d’empêcher l’extinction des éléphants à l’état sauvage, décimés par des braconniers pour leurs défenses.

    «Perdre nos éléphants, ce serait perdre une partie essentielle de l’héritage qui nous a été confié. Tout simplement, nous ne permettrons pas que ça arrive», a déclaré le président Kenyatta à l’ouverture de la rencontre à Nanyuki (centre).

    Ce sommet réunit les présidents du Kenya, de l’Ouganda, du Gabon, ainsi que de nombreuses ONG, et précède l’incinération samedi à Nairobi du plus gros stock d’ivoire jamais brûlé en une seule fois. Cent cinq tonnes de défenses d’éléphants partiront en fumée, soit environ 5% du stock d’ivoire mondial.

    «Nous ne serons pas les Africains qui sont restés sans rien faire devant la disparition des éléphants», a martelé M. Kenyatta.

    Il a assuré qu’il demanderait «une interdiction totale du commerce de l’ivoire» à la prochaine réunion de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), en septembre à Johannesburg.

    Le célèbre paléoanthropologue Richard Leakey, qui dirige le Service kényan de la faune (KWS), en a profité pour lancer un appel aux pays d’Afrique australe, leur demandant d’emboîter le pas au Kenya et de se débarrasser de leurs stocks d’ivoire.

    «Tant que vous gardez ces stocks, vous suggérez qu’il y aura de nouveau un marché à l’avenir», a-t-il lancé.

    Environ 30.000 éléphants sont abattus chaque année pour leurs défenses par des braconniers de mieux en mieux équipés. La conséquence est dramatique: additionnées, les morts naturelles et celles imputées aux braconniers surpassent le taux de reproduction de l’espèce.

    Et c’est la survie à l’état sauvage des 450.000 à 500.000 éléphants d’Afrique qui est en jeu, d’ici une à deux générations à peine.

    Mais la partie n’est pas perdue, loin s’en faut, selon les associations de protection des animaux.

    Au Kenya, les efforts conjugués du gouvernement et des réserves animalières privées ont permis d’enregistrer une diminution substantielle du nombre d’éléphants abattus par les braconniers (93 en 2015 contre 164 en 2014).

    - Croisade antibraconnage -

    En attendant une éventuelle interdiction complète du marché de l’ivoire, le Kenya tente de gagner sa croisade antibraconnage.

    Dans la réserve privée d’Ol Pejeta, non loin de Nanyuki, une équipe d’intervention rapide de rangers, qui se déplace en hélicoptère, est ainsi à pied d’oeuvre depuis 2011.

    Équipement de visée nocturne, communications radio cryptées, armement sophistiqué et entraînement dispensé par d’anciens membres des forces spéciales britanniques, rien n’a été laissé au hasard.

    Depuis, le nombre d’incidents liés au braconnage a drastiquement chuté dans la zone. Cette approche militaire sur le terrain se révèle efficace mais coûteuse: de 1,5 à 2 millions de dollars par an pour la réserve.

    Elle n’a surtout d’intérêt que si les braconniers arrêtés sont ensuite effectivement jugés et condamnés. Dans un pays miné par la corruption, les condamnations de braconniers et des têtes de ces réseaux criminels sont encore rares. Bien souvent les dossiers ou les preuves disparaissent des tribunaux, à la faveur de procédures sans cesse ajournées.

    Mais selon Shamini Janyanathan, conseillère juridique de l’ONG de protection des éléphants Space for Giants («De l’espace pour les géants»), les choses sont en train de changer.

    Cinq importants dossiers de braconnage sont actuellement instruits par la justice à Mombasa (est), principal port kényan et lieu de transit de l’ivoire illégal vers l’Asie du Sud-Est. Il y a encore deux ans, il n’y en avait aucun.

    Le but du «Sommet des géants» de vendredi, c’est de voir «comment on peut étendre ces efforts à travers le continent», explique Max Graham, directeur de Space for Giants.

    Toutefois, ajoute-t-il, «la lutte antibraconnage ne résoudra pas tout car, en fin de compte, le problème provient de la demande en Asie».

    La Chine, qui a récemment durci sa législation sur les importations d’ivoire, permet cependant la revente de «l’or blanc» acheté avant l’interdiction internationale du commerce d’ivoire en 1989.

    «Nous voyons que les dirigeants chinois s’engagent sur ce sujet, évoquent la suppression progressive de ce produit (l’ivoire), ce qui est vraiment fantastique. A présent, nous avons besoin d’assister à l’interdiction complète du marché intérieur. Si cela arrivait, le problème du braconnage disparaîtrait du jour au lendemain», a affirmé M. Graham.

    AFP
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  • Ismaël Omar Guelleh réélu pour un quatrième mandat à la présidence

    de Djibouti

    Le 27 mars à Djibouti, un poster du président Ismaël Omar Guelleh. Le 8 avril, il a été réélu, dès le premier tour, pour un nouveau mandat de cinq ans.

    Au pouvoir depuis 1999, Ismaël Omar Guelleh va ajouté un nouveau mandat de cinq ans à la tête de Djibouti . Le premier ministre du pays a annoncé, vendredi 8 avril, que l’homme fort de cet Etat de la Corne de l’ Afrique avait été réélu dès le premier tour d’un scrutin boycotté par une partie de l’opposition.

    Lire aussi : Election sans suspense et à huis clos à Djibouti

    « D’après nos projections, nous pouvons dire que le candidat de l’UMP [Union pour la majorité présidentielle, coalition électorale] a été élu » , a déclaré en direct à la télévision nationale Abdoulkader Kamil Mohamed. Comme ce fut le cas lors de la précédente présidentielle en 2011, les résultats annoncés ne portent pas sur 100 % des bulletins de vote, mais montrent que M. Guelleh a largement franchi le cap des 50 %.

    Le président-candidat « recueille entre 74 et 75 % des voix à Djibouti [la capitale] et Balbala », un immense quartier populaire, qui comptent à eux seuls pour environ 60 % de la population. M. Guelleh est par ailleurs crédité de 94 % des voix à Ali Sabieh, deuxième ville du pays, ainsi qu’à Obock, la quatrième, toujours selon les résultats annoncés par le premier ministre.

    Deux présidents depuis 1977

    M. Guelleh, 68 ans, est donc réélu pour un quatrième mandat consécutif de cinq ans, après avoir fait modifier la Constitution en 2010 pour en supprimer toute limitation. Il était opposé à cinq candidats, dont trois indépendants. L’opposition, qui avait réussi à se rassembler pour les élections législatives de 2013 sous la bannière de l’Union pour le salut national (USN), se présentait divisée à la présidentielle et une partie d’entre elle, dénonçant « une mascarade électorale », avait appelé au boycott.

    Lire aussi : Quand l’observation des élections en Afrique vire au mercenariat

    Djibouti, ancienne colonie française où plusieurs grandes puissances (Etats-Unis, France, Japon et bientôt la Chine) disposent de bases militaires pour profiter de son positionnement stratégique entre l’océan Indien et le canal de Suez, n’a connu que deux présidents depuis son indépendance en 1977. Ismaël Omar Guelleh, dit « IOG », a succédé en 1999 à Hassan Gouled Aptidon, père de l’indépendance de Djibouti, après avoir été pendant 22 ans son chef de cabinet.

    Le président Guelleh entend incarner la stabilité et fait valoir la nécessité pour le pays de poursuivre sa politique de grands travaux (ports, chemins de fer, oléoducs, gazoducs...), largement financés par la Chine. Ces projets favorisent la croissance économique (6 % en 2014, selon la Banque mondiale) mais la population n’en profite pas. Le taux de chômage avoisine les 60 %, et 79,4 % des Djiboutiens vivent en dessous du seuil de pauvreté relative.

    Lire aussi : Djibouti, capitale de la Chinafrique

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