• Congo : vote dans le calme et sans suspense à Brazzaville

    Congo : vote dans le calme et sans suspense à Brazzaville

    Le président, Denis Sassou-Nguesso, sort du bureau de vote, dimanche 20 mars, à Brazzaville.

    Dimanche 20 mars au soir, à l’heure du dépouillement, il n’y aura probablement aucun suspense à l’école primaire Pierre Ntsieye dans le quartier de Ouenze de Brazzaville quant au résultat du premier tour de la présidentielle en République du Congo. «  Ici, c’est le quartier du chef, il est ici chez lui  », explique Jacques Landry Mboshis, qui vit non loin de la maison du chef de l’Etat, Denis Sassou-Nguesso, candidat dimanche pour prolonger un pouvoir, long déjà de 32 années à la tête de ce pays pétrolier d’Afrique centrale. «  Ici, il y aura 100 % », ajoute-t-il.

    Un rapide coup d’œil à l’urne en plastique transparente semble confirmer ce pronostic. Petite précision de technique électorale. Le vote se fait à l’aide d’un bulletin unique sur lequel figure le nom des neuf candidats, un par colonne, au bas de laquelle chaque votant met une croix, ou bien son empreinte. Et si l’on plie le bulletin en laissant la face imprimée visible, le choix de l’électeur l’ est tout autant. C’est le cas à l’école primaire Pierre Ntsieye où l’un des assesseurs explique que sinon « l’encre » peut déborder, par contact ; en pliant le bulletin, sur une autre case et donc invalider le vote. Soit.

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    Ici, la question ne se pose pas vraiment. « Les opposants sont faibles, ce sont des comédiens. Il faut laisser le président finir le travail qu’il a commencé » , explique Fridolin. Derrière lui, la file d’électeurs opine. « Il va être élu à 65 %, finir son mandat et partir », ajoute -t-il. Ce diplômé en sciences économiques ne semble pas tenir rigueur à son président de son statut de chômeur. « On est du Nord, comme lui », ajoute-t-il tout en accusant l’opposition d’entretenir les tensions ethniques et « vous, les Européens, les déchirements en Afrique ». « C’est maintenant qu’il va s’atteler au social » , explique Thérèse une enseignante de 55 ans dont le fils aîné est lui aussi sans emploi, comme 60 % des jeunes âgés de 15 à 31 ans selon des chiffres de 2013. « L’administration est le principal débouché mais ils sont dix par bureau et ne font rien », ajoute-t-elle. « Il fera ça petit à petit maintenant qu’il a fait les infrastructures », espère-t-elle.

    Vote dans le calme, sans internet ni téléphone

    Si le quartier est acquis, à midi, la participation n’atteignait toutefois pas encore les 15 %. « C’est le dimanche des Rameaux, les gens viendront voter après la messe. Et les femmes s’occupent le matin des affaires ménagères, les gens viendront voter dans l’après-midi », observe Thérèse.

    A l’école primaire Pierre Ntsieye, comme dans les autres bureaux visités, dans le centre de Brazzaville, le scrutin semblait se dérouler normalement. Mais il est absolument impossible d’en tirer une conclusion globale, au-delà des choses vues. Les rues de Brazzaville sont vides, la circulation des automobiles étant soumise à des autorisations spéciales délivrées au compte-gouttes. Et les communications sont coupées. Une note signée par le ministre de l’intérieur, Raymond Mboulou, a en effet ordonné, vendredi, aux compagnies de téléphones « de bloquer toutes les communications, SMS y compris, pour les journées du 20 et 21 mars (…) pour des questions de sécurité et de sûreté nationales ». « Sauf exception », précise la note qui évoque une liste de numéros autorisés.

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    Visiblement, les opposants n’appartiennent pas au groupe des heureux élus. « Sans téléphone ni internet nous sommes déconnectés de la campagne », s’est plaint le général Jean-Marie Michel Mokoko, l’un des candidats de l’opposition. « Cette élection, c’est du grand n’importe quoi ! », a-t-il lâché dans la cour de son bureau de vote dans le quartier Poto-Poto. Les cinq candidats de l’opposition liés par un accord électoral prévoyant le report des voix sur le candidat le mieux placé pour le second tour dénoncent depuis le début un scrutin inéquitable. Défiants, comme l’Union européenne, d’ailleurs, vis-à-vis de la Commission nationale électorale indépendante, ils avaient prévu de mettre en place une commission parallèle de comptage des voix qui ne « peut évidemment pas travailler sans télécommunications », a regretté le général Mokoko.

    Et en fait de second tour le président a déjà annoncé qu’il comptait bien l’emporter dès le premier tour.



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