Le président de l’Association des maires de France estime que la seule reconduction par l’Etat en 2017 du fonds d’investissement de 1 milliard d’euros en faveur des communes ne serait « pas à la hauteur des attentes ». Il demande une aide de 640 millions d’euros sur les rythmes scolaires.

La baisse des dotations financières de l'Etat, jugée insupportable par les élus, sera au centre du 99e congrès des maires de France, qui s'ouvre ce mardi à Paris. Le président de l'AMF, François Baroin, a estimé que la seule reconduction par l'Etat en 2017 du fonds d'investissement de 1 milliard d'euros en faveur des communes ne serait « pas à la hauteur des attentes ». « Je préviens tout de suite, il ne s'agit pas de mettre en parallèle 1 milliard d'euros en regard des 28 milliards supprimés sur les trois ans » (2015-2017), a-t-il déclaré à l'AFP.

« Tous les fonds ou les prêts à taux zéro du monde ne changeront rien. Ce que nous constatons, notamment pour l'année prochaine c'est une dégradation de l'autofinancement qui donne le déclenchement de l'investissement pour une collectivité locale. Donc ce serait très très loin du compte et pas à la hauteur des attentes importantes des maires au cours de ce 99e congrès », a poursuivi Le sénateur-maire (Les Républicains) de Troyes. « Notre revendication est simple, c'est l'arrêt de la suppression de la tranche 2017 », d'un montant de 3,7 milliards d'euros, en ce qui concerne la baisse des dotations de l'Etat aux collectivités, a-t-il ajouté.

Plus tôt, dans un entretien au « Parisien-Aujourd'hui en France », François Baroin a mis l'accent sur le coût de la réforme des rythmes scolaires.« La revendication des maires ne porte pas sur la remise en cause de la réforme, mais sur son financement. On ne peut pas demander à des petites communes rurales de porter à bout de bras un aménagement de cette nature, sans accepter son prix réel », explique-t-il.

« L'Etat nous a vivement encouragés à embaucher des contrats aidés, et il a fallu gérer des contraintes réglementaires, les questions de sécurité, l'aménagement général, l'organisation des transports scolaires... Tout cela a un coût. Pour nous, c'est une négociation à 640 millions d'euros », plaide-t-il. « L'Etat a décrété un aménagement des rythmes scolaires. Il ne serait pas choquant qu'il paye à 100% une réforme qu'il a imposée », selon François Baroin.

« Tous les ans, nous versons de l'argent aux communes », lui a répondu Najat Vallaud-Belkacem sur BFMTV et RMC. « L'Etat n'a jamais dit que c'était gratuit pour les communes, que de mettre en place les rythmes scolaires, c'est précisément pour cette raison que nous avons mis en place un fonds de soutien pour les y accompagner et que j'ai pris la décision de le pérenniser ». La ministre de l'Education a également indiqué qu'elle ferait « un point d'étape » dans quelques jours « sur les premiers résultats » d'une étude sur l'effet de la réforme des rythmes scolaires « en termes d'apprentissage des enfants ». « Vous serez agréablement surpris », a-t-elle promis.

Hollande promet « un discours de vérité »

Alors que le congrès des maires doit s'achever jeudi avec une intervention très attendue de François Hollande, le chef de l'Etat a déclaré ce mardi matin, dans un entretien à « Sud-Ouest », qu'il tiendra « un discours de vérité ». « J'ai déjà fait en sorte de dégager 1 milliard d'euros cette année pour soutenir l'investissement des communes et des intercommunalités », rappelle-t-il, se disant « attentif à la situation des collectivités », mais aussi garant des engagements pris au plan européen.

Avec AFP