• Crise politique en pleine cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de Bruxelles

    Crise politique en pleine cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de Bruxelles

    Le Monde.fr | 24.03.2016 à 19h00 • Mis à jour le 24.03.2016 à 19h32 | Par Marie-Béatrice Baudet

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    Le premier ministre belge Charles Michel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker le 24 mars à Bruxelles.

    Le roi Philippe et la reine Mathilde ne sont pas encore arrivés, jeudi 24 mars, à la cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de Bruxelles, que déjà la rumeur commence à circuler au sein des journalistes rassemblés devant le Parlement fédéral, où le dépôt de gerbes et la minute de silence vont avoir lieu : la Belgique connaîtrait une nouvelle crise politique… Sur les pavés de la place de la Nation, face au parc Royal, l’information est vite confirmée : le ministre de l’intérieur Jan Jambon et le ministre de la justice Koen Geens viennent de remettre leur démission au premier ministre Charles Michel, qui les a refusées.

    A en croire le président turc, Recep Tayyip Erdogan, les services de sûreté belge auraient commis une faute impardonnable. M. Erdogan affirme qu’Ibrahim El-Bakraoui, l’un des kamikazes qui s’est fait exploser mardi 22 mars, à l’aéroport de Zaventem, avait été arrêté en juin 2015 dans le sud de la Turquie, puis expulsé vers la Belgique où il aurait été remis en liberté.

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    « Il ne pourra y avoir d’impunités »

    La nouvelle relègue la cérémonie au second plan. Voilà la cohésion nationale ébranlée au moment où l’ensemble de la classe politique belge – fédérale, régionale, flamande et wallonne – se réunit afin de témoigner de son unité dans un pays en deuil. Plus de 250 responsables ont ainsi été invités pour se recueillir face au drame.

    Devant les caméras, avant le début de l’hommage prévu à 14 heures, plusieurs élus, y compris de la majorité gouvernementale, viennent expliquer pourquoi il faut lancer une commission d’enquête parlementaire. Les commentateurs qui avaient appris par cœur le déroulement de la cérémonie – combien de discours, combien de gerbes, l’emplacement du roi et de la reine dans la cour – en font de moins en moins état au fil des minutes. On guette plutôt l’arrivée de Charles Michel, puis celles de Jan Jambon et de Koen Geens, qui ne se mettent pas au premier rang des officiels, là où se trouvent le roi et la reine, tout de noir vêtus, et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne qui s’est déplacé. Les mines sont graves, les visages fermés.

    « Le temps de l’action »

    Charles Michel prend la parole le premier, s’exprimant dans les deux langues, français et néerlandais. La fin de son discours résonne bizarrement dans la cour du Parlement :

    « Il ne pourra y avoir d’impunités. Nous ferons la lumière sur ces attaques et sur les événements qui y sont liés. Il ne restera aucune zone d’ombre. »

    Les paroles prononcées par le président de la chambre des représentants, Siegfried Bracke et par la présidente du Sénat Christine Defraigne, font elles aussi écho : « Après le deuil, viendra le temps de l’action », énonce le premier, tandis que la seconde termine par cette phrase : « La tolérance ne permet pas de tolérer l’intolérable. »

    Après la minute de silence, l’hymne européen est entonné par la fanfare de la marine royale belge qui enchaîne par la Brabançonne, l’hymne national belge. Mais personne ne l’entonnera en chœur.

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