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    Maltraitance animale : L214 publie

    une nouvelle vidéo choc

    d'un élevage de poules

    LIEN

    L’association L214, qui dévoile régulièrement des situations de maltraitance animale, révèle le cas d’un élevage industriel de poules en cage, qui fournit la marque Matines.

     

    Encore un cas de maltraitance animale à grande échelle. L’association L214 révèle, ce mercredi 25 mai, des images choquantes tournées dans un élevage industriel de poules en cage, au Gaec du Perrat, dans l’Ain. 200.000 poules y produisent des œufs pour le compte de la marque Matines, ensuite distribués par les enseignes Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché et Super U.

    Il s'agit du plus gros élevage de poules dans un département essentiellement producteur de volailles haut-de-gamme, les poulets de Bresse.

    "Cette exploitation désastreuse est toujours en activité"

    Les images sont choquantes : prolifération d’asticots, poux grouillant sur les oeufs, cadavres de poules dans les cages.

    "Des conditions de vie intolérables pour les animaux et inadmissibles du point de vue sanitaire", dénonce L214, qui met régulièrement en lumière les mauvaises pratiques, notamment des abattoirs.

    En 2013, l'association s’était déjà élevée contre les conditions d’élevage pratiquées dans ce même élevage de l'Ain. "Trois ans plus tard, malgré plusieurs arrêtés préfectoraux prescrivant des mesures correctives, cette exploitation désastreuse est toujours en activité", regrette L214, qui annonce déposer une plainte et réclame sa fermeture immédiate.

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    "Si la situation du GAEC du Perrat est très préoccupante, ne nous leurrons pas sur celle des autres élevages de batterie où les poules vivent dans des conditions misérables, enfermées dans des cages et privées du moindre rayon de soleil. Une attitude responsable de la part des enseignes de grande distribution serait de cesser la vente des œufs de batterie, comme l'a fait Monoprix au début du mois d'avril", déclare Brigitte Gothière, porte-parole de l'association.

    Un Gaec déjà épinglé

    Proche de Villefranche-sur-Saône, le Gaec du Perrat fait de l'élevage industriel de porcs et de volailles. Sur son site internet, il indique "accueillir 200.000 poules pondeuses" et disposer de "150.000 places" pour les poulettes. Il assure que l'élevage industriel en cage (code 3 sur les oeufs), "dénigré à l'heure actuelle", est "pourtant l'un des seuls pouvant vous garantir une réelle fraîcheur des oeufs" et que la poule en cage "bénéficie d'une sécurité bactériologique parfaite".

    La direction départementale de la protection des populations de l'Ain a assuré suivre la situation de prés et multiplier les inspections. L'élevage a notamment été mis en demeure sur l'aspect sanitaire et son activité a été brièvement suspendue fin mars. 

    Dans l'un d'eux, datant du 6 janvier 2016, elle confirme que lors d'une inspection en août 2015 a été constatée "la présence importante de mouches dans le hangar 'poulettes' et de larves dans le hangar 'pondeuses'" et relève des "accumulations de fientes". Le texte évoquait aussi plusieurs courriers d'une mairie proche se plaignant de la prolifération de mouches dans le voisinage.

    La dernière inspection, en date du 18 mai, va entraîner de nouvelles demandes de mise en conformité, sans pour autant entraîner de nouvelle fermeture, assure Laurent Bazin, directeur de la DDPP.

    L'Obs

    L'Obs

    Journaliste

    Une vidéo dénonce les conditions d'élevage de poules pondeuses

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    Loups tués  en France au cours

    de la période 2015- 2016

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    loup cible MB noir et blanc

    Photo © Morgane Bricard

    Voici le décompte funeste des loups tués en France pour la période 2015-2016, qui court depuis la publication des arrêtés ministériels en juillet 2015. Ces arrêtés autorisent le tir de 36 loups au total. A ce jour, 35 loups ont déjà été tués. Une manifestation s’est tenue à Lyon le 16 janvier dernier pour protester contre cette chasse aux loups généralisée (infos –> ICI). Vous pouvez également signer –> LA PÉTITION.

    - 31 mars 2016 (13) : une louve braconnée sur la commune de Peyrolles (source). 35

    - 23 décembre (04) : Un loup a été abbatu sur la commune de Tartonne, près de Digne-les-Bains (source). 34

    - 20 décembre (06) : une louve de 20 kg a été tuée par un chasseur sur la commune d’Utelle (source). 33

    - 16 décembre (06) : un loup blessé mortellement par la « Brigade Loup » de l’ONCFS. C’est le 4e loup abattu sur le plateau de Caussols, dans les Alpes-Maritimes. 32

    - 13 décembre (06) : un jeune loup a été abattu dans le cadre d’un tir de défense à Bézaudun-les-Alpes, au nord ouest de Nice (source). 31

    - 12 décembre (26 / Drôme) : une femelle de 3,5 ans a été tuée par des chasseurs au cours d’une battue sur la commune de Lus-la-Croix-Haute (source). 30 

    - 5 décembre (73 / Maurienne) : un jeune loup mâle de 25 kg a été abattu lors d’une battue au grand gibier (source). 29

    - 29 novembre (06 / Mercantour) : un loup mâle adulte a été tué sur le territoire de la commune de Saint-Etienne-de-Tinée, dans le vallon de Demandols (source). 28

    - 29 novembre (04 / Haut Var) : un loup a été abattu sur la commune de Fugeret lors d’une partie de chasse (source). 27

    - 22 novembre (06 / Mercantour) : un loup mâle de 28 kg a été tué par un chasseur sur la commune de Péone, située au nord-ouest du département (source). 26

    - 15 novembre (04/Jausiers) : le cadavre d’un jeune loup mâle est retrouvé sur la commune de Jausiers. Dans un premier temps, la préfecture a annoncé que la mort était due à un acte de braconnage par arme à feu. Après autopsie, cette hypothèse s’est avérée inexacte, la mort ayant été entraînée par des « chocs violents ayant entraîné des perforations des organes vitaux ». L’animal a tout de même était décompté du plafond. 25

    - 12 novembre (04 / Monges) : deux loups abattus lors de battues au grand gibier sur les communes de Barles et Castellard-Mélan (source). 23, 24

    - 11 novembre (05 / Dévoluy) : Une louve adulte a été abattue par des chasseurs au dessus de la commune de La Cluse. La préfecture assure qu’il ne s’agissait pas d’une femelle Alpha (source). 22

    - 7 novembre (06) : un loup mâle a été abattu par un chasseur sur la commune de Caussols, située dans l’arrière-pays grassois, dans le cadre d’un tir de prélèvement renforcé (source). 21

    - 31 octobre (04) : un loup abattu par un chasseur sur la commune de Hautes-Duyes dans le cadre d’un tir de défense renforcée (source). 20

    - 28 octobre (05/Queyras) : un loup tué par un chasseur sur la commune de Château-Ville-Vieille lors d’une partie de chasse au sanglier (source). 19

    - 27 octobre (06, Mercantour) : 2 loups abattus par la brigade loup, un troisième blessé non retrouvé, tous les 3 de la même meute : 2 jeunes et 1 adulte (source). 16, 17, 18

    - 27 octobre (05/ Clarée) : un loup tué sur la commune de Val des Prés par un chasseur (source). 15

    - 24 octobre (06) : un loup a été abattu à Gréolières (source). 14

    - 21 octobre (05) : un loup mâle a été tué par un lieutenant de louveterie sur le territoire de la commune du Monêtier-les-Bains (source). 13

    - 18 octobre (06) : un jeune adulte mâle de 2 à 3 ans d’environ 35 kg a été abattu par un chasseur de la commune de Beuil (source). 12

    - 18 octobre (06) : un loup a été blessé par un chasseur la commune de Bezaudun (source). Il n’a pas été retrouvé mais sera décompté du plafond. 11

    - 17 octobre (73 /Maurienne ) : un loup tué à Saint-André (source). 10

    - 16 octobre (73 / Maurienne) : un loup mâle adulte tué par un chasseur à Saint-Colomban-des-Villards (source). Ce loup faisait sûrement partie de la meute des Arves (2 adultes + louveteaux). 9

    - 15 octobre 2015 (04 / Monges) : un louveteau tué à Bayons (source). 8

    - 7 octobre (05 / Dévoluy) : un tir effectué par un chasseur au cours d’une battue au cerf a blessé au ventre un loup sur la commune de La Cluse, la recherche au sang n’a pas pas permis de retrouver l’animal (source). Ce loup a été décompté du plafond. 7

    - 27 septembre (06) : un loup mâle de 38 kg a été abattu dans des gorges de la commune de Saint-Vallier-de-Thiey, près de Grasse (source). 6

    - 22 septembre (04/Monges) : un loup a été tué par un membre de la brigade loup à Auzet (source). 5

    - 13 septembre (06) : un loup a été abattu par un chasseur sur la commune de Séranon, au nord-ouest de Grasse (source). 4

    - 20 août (05/ Dévoluy) : une louve abattue dans le secteur de la Rama (source). 3

    - 7 août (04) : un loup abattu à Villars-Colmars dans le cadre d’un tir de défense (source). 2

    - 13 juillet (73 / Maurienne) : un loup a été abattu sur la commune de Villarodin-le-Bourget dans le cadre d’un tir de prélèvement (source). 1

    Par département :

    • Alpes de Haute-Provence (04) : 8 + 1
    • Hautes-Alpes (05) : 6
    • Alpes-Maritimes (06) : 14
    • Bouches du Rhône : 1
    • Drôme (26) : 1
    • Savoie (73) : 4

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    Abattoirs : « La protection animale doit devenir aussi importante que l’hygiène »

    LE MONDE | 31.03.2016 à 14h57 • Mis à jour le 31.03.2016 à 15h57 | Propos recueillis par Perrine Mouterde   lien

    Après la révélation de nouveaux cas de maltraitance animale, le doute, sinon l’opprobre, est jeté sur les 263 abattoirs que compte la France. D’autant que le cas de l’abattoir intercommunal de Soule à Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), théâtre de scènes filmées par l’association L214, intervient après ceux d’Alès et du Vigan (Gard).

    Pour faire la lumière sur ces pratiques, le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a ordonné des inspections spécifiques sur la protection animale dans l’ensemble des abattoirs de boucherie. En France, un peu plus d’un millier d’agents travaillent à l’inspection de ces établissements. Laurent Lasne, président du Syndicat national des inspecteurs en santé publique vétérinaire (SNISPV), reconnaît une « faille » des services.

    Lire :   Nouveau scandale dans un abattoir : l’industrie de la cruauté envers les animaux

    Comment sont inspectés les abattoirs français ?

    Laurent Lasne : Le service d’inspection des abattoirs a trois objectifs. D’abord, repérer les maladies contagieuses qui n’ont pas été détectées en élevage avant la mise à mort ; ensuite, assurer la sécurité du consommateur en contrôlant la qualité de la viande qui est mise sur le marché ; enfin, s’assurer du respect des bonnes pratiques en matière de protection animale.

    Au quotidien, les équipes techniques, sous l’autorité d’un vétérinaire inspecteur, ont donc plusieurs missions. La première consiste à voir tous les animaux vivants avant leur abattage. Cela ne prend pas forcément beaucoup de temps : les animaux sont regroupés, l’agent les voit tous en même temps et repère si certains sont souffrants. C’est l’inspection ante mortem. L’inspection post mortem est, elle, très consommatrice en effectifs : les techniciens examinent chaque carcasse et chaque organe pour repérer tout signe anormal.

    « La sensibilité des ouvriers d’abattoirs à la protection animale n’est pas le premier critère de recrutement »

    Ces deux missions sont obligatoires. Le reste du travail consiste, de façon aléatoire, à inspecter l’hygiène générale de l’établissement, la façon dont sont triés les déchets, et à aller voir ce qui se passe au niveau de l’étourdissement et de la saignée.

    Le contrôle relatif à la protection animale n’est donc pas systématique ?

    Il n’y a pas de fréquence déterminée. En moyenne, les inspecteurs contrôlent entre une fois par semaine et une fois par mois la façon dont l’abattage se déroule. Il y a une concurrence entre les missions : les inspecteurs n’ont pas de marge de manœuvre sur les deux premières, donc le temps restant est utilisé pour les autres. La mission de contrôle du respect de la protection animale peut être une variable d’ajustement.

    Les cas de cruauté envers les animaux comme à Soule sont-ils rares ?

    Ils sont difficiles à quantifier mais oui, ils restent exceptionnels. Les images diffusées par l’association L214 sont réelles mais pas représentatives de ce qui se passe tous les jours dans les abattoirs. Elle ne garde que le pire de ce qu’elle filme pour servir son propos, qui est de décourager les gens de manger de la viande.

    Lire le reportage :   L214, la méthode choc pour dénoncer les abattoirs

    Comment expliquer cette défaillance des services d’inspection ?

    Il y a eu une faille des services d’inspection, mais le problème se trouve d’abord du côté de l’ entreprise d’abattage, qui n’a pas appliqué les bonnes pratiques [selon la réglementation, l’animal ne doit être mis à mort qu’après étourdissement]. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ? Sans doute en raison d’impératifs de rentabilité économique. Quand on augmente la cadence, on travaille moins bien. Cet établissement a probablement été débordé par un afflux de commandes conjoncturel avant Pâques.

    Il y a aussi un aspect sociologique, lié à la formation des ouvriers d’abattoirs. Ils ont longtemps été recrutés sur leurs capacités physiques à porter des charges lourdes, à supporter le froid, des conditions difficiles… Leur sensibilité à la protection animale n’est pas le premier critère de recrutement. L’été, avec le pic de commandes lié aux barbecues, les entreprises recrutent des intérimaires, dont des étrangers qui parfois ne maîtrisent pas très bien le français. La première préoccupation de l’employeur, c’est de les former pour qu’ils soient productifs, pas de les former à la protection animale.

    Est-ce que cette situation évolue ?

    Oui, mais lentement. En vingt ou trente ans, on a constaté une véritable révolution culturelle au niveau de l’hygiène. Les abattoirs en ont fait une priorité, ils ont compris que c’était un impératif pour vendre leurs produits. Cette révolution n’est pas totalement accomplie concernant le bien-être animal, même si la médiatisation de cette question, grâce au travail des associations, peut permettre une prise de conscience des acteurs du secteur.

    Aujourd’hui, il faut que la protection animale devienne pour les abattoirs un enjeu aussi important que les conditions sanitaires, mais aussi que les conditions de travail de l’ouvrier. On ne peut pas demander à un ouvrier de dépasser la durée légale du travail, de travailler douze heures d’affilée pour faire face à un afflux de commandes, et exiger qu’il respecte les règles de protection animale.

    L’abattoir de Soule a des certifications « Bio » et « Label rouge ». Ce ne sont pas des garanties supplémentaires ?

    En théorie, si. La protection animale est inscrite dans leur cahier des charges. Mais les entreprises qui délivrent ces certifications sont encore moins présentes que les services vétérinaires dans les abattoirs.

    Lire :   Création d’une commission d’enquête parlementaire sur les abattoirs français

    Quelles sont les pistes pour améliorer l’inspection ?

    La première, c’est la mise en place de caméras au niveau des postes de saignée dans tous les abattoirs. Les images pourraient être visionnées en différé par les services vétérinaires et permettraient de mettre le doigt sur certaines pratiques. C’est une hypothèse qui a été formulée par la direction générale de l’alimentation. Mais cette solution nécessiterait des effectifs pour analyser les images et soulèverait sans doute des questions concernant le droit du travail.

    La seconde, que nous défendons, est la mise en œuvre de comités d’éthique dans les abattoirs. Jusqu’à présent, ces entreprises étaient un peu des boîtes noires. Elles ne sont pas glamour, se trouvent en province, dans les périphéries des sous-préfectures… Les seuls qui y vont, ce sont les services vétérinaires. On pourrait imaginer des comités incluant des représentants des éleveurs, des bouchers, d’associations de défense des animaux, des mairies, de la société civile… Cela permettrait aux abattoirs d’avoir un œil extérieur, de se rendre compte des questions et des attentes de l’opinion. Ce type de comités d’éthique existe déjà dans les laboratoires qui pratiquent des expériences sur les animaux, dans le secteur de la recherche biomédicale humaine, etc.

    Le ministre de l’agriculture a annoncé des inspections spécifiques dans tous les abattoirs. Est-ce que cela sera efficace ?

    Une vingtaine d’agents vont passer chacun un ou deux jours dans une dizaine d’abattoirs. C’est bien, mais ils n’y seront pas avant les fêtes de Pâques ou lorsqu’il y a des bataillons d’intérimaires. L’inspection est un travail du quotidien, qui nécessite des moyens. Or les effectifs des services vétérinaires ont diminué de 20 % en dix ans.

    Lire la tribune du juriste David Chauvet :   « Les abattoirs, territoires perdus de la République »

    • Perrine Mouterde
      Journaliste au Monde
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  • L’abattoir du Pays basque fermé après la découverte d’actes de cruauté

    Le Monde.fr | 29.03.2016 à 11h02 • Mis à jour le 29.03.2016 à 17h50 | Par Audrey Garric

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    C’est un scandale qui jette un peu plus l’opprobre sur le milieu des abattoirs. Un mois après les actes de cruauté filmés dans l’établissement du Vigan (Gard), et cinq mois après ceux perpétrés à Alès, qui avaient suscité l’indignation, l’association L214 dévoile de nouveaux cas de maltraitance animale. Cette fois, les faits se déroulent au sein d’une entreprise de découpe de viande mettant en avant le bio et le Label rouge : l’abattoir intercommunal de Soule, situé dans la petite ville de Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), au cœur du Pays basque.

    Lire l’intégralité de l’enquête :   Nouveau scandale dans un abattoir : l’industrie de la cruauté envers les animaux

    Filmée en caméra cachée en mars, la vidéo, à laquelle Le Monde a eu accès en exclusivité, témoigne de pratiques d’abattage choquantes et manifestement illégales de bovins, de veaux et surtout d’agneaux de lait – des animaux de moins de 45 jours, pas encore sevrés –, au lendemain de la fête de Pâques. L214, qui lutte contre toute exploitation animale, a déposé une plainte, mardi 29 mars, devant le procureur de Pau pour faits de maltraitance, de sévices graves et d’actes de cruauté, et a lancé une nouvelle pétition pour demander une « transparence effective des abattoirs ».

    A la suite à ces révélations, le maire de Mauléon, Michel Etchebest, a fermé l’établissement « pour une durée indéterminée, à titre conservatoire » afin qu’une enquête puisse faire la lumière sur ces pratiques. Il demande en outre à la direction, dans un communiqué, « de prendre sur-le-champ toutes les mesures et sanctions adéquates envers les auteurs de ces actes, sans préjuger des sanctions ou mesures plus importantes à venir, suite aux résultats qui résulteront de l’enquête réalisée ». Le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Pierre-André Durand, a également suspendu l’agrément du site pour les activités d’abattage.

    Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture a, pour sa part, ordonné aux préfet de procéder d’ici un mois à des « inspections spécifiques sur la protection animale dans l’ensemble des abattoirs » du pays. « En cas de défaut avéré constaté à l’occasion de ces inspections », M. Le Foll demande « la suspension sans délai de l’agrément de ces établissements », précise le ministère dans un communiqué.

    « Effondré, catastrophé »

    Comme dans les abattoirs du Vigan ou d’Alès, la nouvelle vidéo de L214 montre des animaux qui reprennent conscience et se débattent violemment alors qu’ils sont suspendus pour la saignée ; des employés qui commencent les opérations de découpe des pattes et de la tête sur des bêtes encore vivantes ; des salariés qui frappent ou assomment à l’aide de crochets des ovins pas complètement étourdis ; d’autres qui poussent des bovins en leur assénant des coups d’aiguillon électrique sur la tête ; ou encore un agneau écartelé vivant, pris entre deux crochets en l’absence de l’opérateur.

    Pourtant, cette fois encore, ces sévices sont perpétrés dans un établissement à taille humaine et en apparence irréprochable : l’abattoir de Mauléon-Licharre emploie trente-trois salariés et se décrit comme « résolument tourné vers l’abattage de qualité ». Il traite chaque année, selon la direction, 3 000 tonnes de viande, dont 40 % proviennent de bêtes élevées dans la vallée de Soule.

    Les viandes qui y sont débitées sont pour partie certifiées Label rouge et classées sous le régime européen des Indications géographiques protégées (IGP). L’établissement possède également la certification Ecocert pour l’agriculture biologique. Parmi ses 460 clients, on trouve des particuliers en vente directe, des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) et quelques grandes tables parisiennes et chefs étoilés, comme le boucher-star Yves-Marie Le Bourdonnec ou le chef Alain Ducasse.

    « Je suis effondré, catastrophé, réagit, après le visionnage des vidéos , Gérard Clémente, directeur de l’abattoir depuis quarante ans, à deux mois de la retraite. Je suis très souvent dans mon abattoir, j’ai essayé d’améliorer les conditions d’abattage depuis des années, et là, on tourne le dos, et des employés frappent les bêtes. On est cuits. » L’homme assure qu’il va congédier les salariés, tout en incriminant les cadences de travail : « Il faut tuer 15 000 agneaux en quinze jours pour Pâques. Si on travaillait plus sereinement, ils ne commettraient pas ce type d’action. »

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  • Réouverture partielle de l’abattoir

    du Vigan

    Par Marie Corbel  |  21/03/2016, 17:14  | Lien
     
    (Crédits : Communauté de communes du Pays vignanais)
     
    L’abattoir intercommunal du Vigan a rouvert partiellement le 21 mars. Il avait été fermé le 23 février, à titre conservatoire, suite à la diffusion d’une vidéo montrant des mauvais traitements infligés aux animaux. En moins de six mois, c’est le 2e abattoir gardois à faire l’objet d’une dénonciation par l’association L214.

    « Nous avons décidé la réouverture partielle de l'abattoir », déclare le 21 mars, Roland Canayer, le président de la Communauté de communes du Pays viganais (30). La collectivité a en charge la gestion de l'établissement certifié bio.

    Cette reprise d'activités ne concerne que les ovins et les caprins avec « une quarantaine d'animaux qui seront abattus aujourd'hui ». L'abattage des bovins et des porcs sera repris « progressivement et surtout une fois que nous aurons pris toutes les mesures nécessaires », précise l'élu.

    Pratiques maltraitantes

    L'abattoir du Vigan avait été fermé le 23 février à titre conservatoire suite à la diffusion d'une vidéo de l'association L214 montrant les mauvais traitements infligés à des animaux. Ces images-chocs avaient ont été filmées entre juin 2015 et février 2016 de façon clandestine. L'association avait déjà employé ces méthodes pour dénoncer les pratiques d'un autre abattoir gardois, celui d'Alès, en octobre 2015.

    « Matériel d'immobilisation mal conçu », « étourdissements inefficaces », « manipulation et actes de violence », « absence d'étourdissement de secours » ou encore « contention mécanique inadaptée ou mal ajustée » : telles sont les observations réalisées par Gilbert Mouthon, docteur vétérinaire et expert auprès des tribunaux, après le visionnage de la vidéo film.

    Suite à ces révélations, une  enquête administrative a été ouverte par le parquet et la gendarmerie d'Alès.

    « L'enquête administrative m'a été remise vendredi dernier (le 18 mars 2016, NDLR), explique Roland Canayer. Afin de pouvoir assurer cette réouverture dans de bonnes conditions, nous avons pris les mesures techniques et humaines nécessaires. »

    La question des responsabilités

    Parmi ces mesures figurent « une vérification du matériel en intégralité avec une anticipation de la norme 2017 pour le matériel d'anesthésie électrique » ainsi qu'« une réintégration partielle du personnel sur qui il ne pèse aucune faute grave ».

    Cette « réintégration partielle » se traduit par la présence effective, Lundi 21 mars, du directeur, d'un salarié de l'équipe et d'un intervenant extérieur.

    Quoiqu'il en soit, l'ensemble du personnel (trois salariés et un poste de directeur à mi-temps) fait l'objet d'une procédure disciplinaire. « Tout le monde est sanctionné », indique Roland Canayer. La nature de ces sanctions sera connue dans les prochains jours et les employés recevront l'information par lettre recommandée. Elle ira du simple « avertissement » au « licenciement » en passant par le « blâme ».

    Les conclusions d'une autre procédure toujours en cours, l'enquête judiciaire, pourraient étendre les responsabilités. Dans son rapport, Gilbert Mouthon avait notamment écrit que cet évènement « pose la question de la surveillance du fonctionnement de l'abattoir par les services vétérinaires qui tolèrent de telles pratiques».

    Un nécessaire accompagnement

    « L'insuffisance des compétences du personnel » avait également été mentionnée par le vétérinaire. Pour y remédier, Roland Canayer annonce « une mission d'accompagnement par un bureau d'études spécialisé en éthologie pour une expertise sur le bien-être animal ».

    « Une ingénieur agronome issue d'un bureau d'étude va accompagner le personnel pour  faire en sorte que plus jamais ces pratiques scandaleuses ne se répètent, indique Roland Canayer. Nous avons signé un premier contrat de six mois et elle a réalisé une première intervention vendredi dernier. »

    À plus long terme, d'autres mesures sont programmées dont « l'adaptation du piège pour les bovins à grandes cornes » et « l'installation d'un système de surveillance anti-intrusion couplé à l'installation de caméras permettant de filmer l'activité quotidienne ».

    L'abattoir du Vigan traite annuellement entre 300 et 350 tonnes de viande, soit environ 250 bovins, 200 porcs et 6 000 ovins. Positionné sur de la vente directe, l'établissement est certifié bio par l'organisme Ecocert.

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  • Onze ONG de défense des animaux       demandent au gouvernement

    une enquête sur les abattoirs

    Le Monde.fr avec AFP | 27.02.2016 à 03h08 • Mis à jour le 27.02.2016 à 10h51   lien

     

    Quelques jours après la révélation de mauvais traitements dans un abattoir du Var, onze organisations de défense des animaux ont adressé une lettre au premier ministre Manuel Valls. Parmi les associations signataires figurent la SPA, les fondations 30 Millions d’amis, Brigitte Bardot, Assistance aux animaux et l’association L214. Elles réclament au chef du gouvernement « la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les conditions » dans lesquelles sont exécutées les bêtes.

    Les ONG demandent aussi « un contrôle régulier du poste d’abattage par des vétérinaires inspecteurs » afin de vérifier que la mise à mort des animaux respecte les « réglementations nationales et européennes » . Ce contrôle nécessite, à leurs yeux, « un renforcement immédiat des effectifs » et « la mise en place de caméras pour une surveillance continue ». Ces dernières estiment, enfin, que les sanctions administratives et pénales doivent être alourdies et réellement appliquées, notamment dans l’optique de les rendre « dissuasives ».

    « Mépris des animaux et du consommateur »

    « La crise de l’élevage se double désormais d’une crise de l’abattage », avancent les onze signataires. Dans un communiqué diffusé parallèlement au courrier adressé à M. Valls, les ONG annoncent qu’elles porteront le dossier devant l’Union européenne « si le gouvernement persiste à fermer les yeux sur ces infractions sources de terribles souffrances, au mépris des animaux, mais aussi du consommateur ».

    Une vidéo diffusée le 23 février par L214 et tournée, selon l’association, dans un abattoir du Vigan certifié bio, montre des animaux mal étourdis, des moutons projetés violemment contre des barrières, des coups répétés assenés à des animaux à la matraque électrique… L’abattoir a été fermé à titre conservatoire.



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  • L’abattoir du Vigan fermé provisoirement

    après une nouvelle vidéo choc

    Par objectif-languedoc-roussillon.fr  |  23/02/2016, 16:57  |  539  mots

    La vidéo a été diffusée par l'association L214

    La vidéo a été diffusée par l'association L214(Crédits : L214) Après la diffusion par l’association L214, le 23 février, d’une vidéo montrant des actes de cruauté sur des animaux, l’abattoir bio du Vigan (30) vient d’être fermé à titre provisoire. C’est le 2e établissement gardois frappé par un scandale de ce type, après celui d’Alès en 2015.

    La Communauté de communes du Pays viganais, gestionnaire du site, vient de fermer à titre conservatoire et de suspendre

    le personnel de l'abattoir intercommunal du Vigan (30) après la publication, le 23 février, d'une vidéo montrant plusieurs actes de cruauté envers des animaux. Cette séquence, d'une durée de 4'30, a été tournée et diffusée par l'association de défense de la cause animale L214, qui avait déjà relayé une vidéo montrant des faits similaires à l'abattoir d'Alès (30), en octobre 2015.

    La vidéo, tournée entre juin 2015 et février 2016, montre plusieurs images choquantes, notamment des scènes d'abattage alors que des animaux ne semblent pas (ou mal) étourdis. L'abattoir du Vigan, qui produit 240 tonnes de viandes par an, a pourtant été certifié « bio » par le label européen Ecocert.

    L214, dénonçant des pratiques « d'une extrême violence », a aussitôt déposé plainte contre l'abattoir pour « sévices graves ». Le procureur de la République d'Alès, pour sa part, vient d'ouvrir une enquête préliminaire. « L'enquête sera

    menée par la brigade nationale d'enquêtes vétérinaires et phytosanitaires, en co-saisine avec la brigade des recherches de

    la gendarmerie du Vigan », écrit-il dans un communiqué.

    « La coupe est pleine pour nous autres, les 20 000 artisans Bouchers-Charcutiers du pays et c'est pourquoi à travers la voix de notre Confédération Nationale, nous exigeons, à l'instar de L214, une commission d'enquête parlementaire sur les abattoirs, réagit la Confédération française de la Boucherie. Une transparence totale doit être établie sur ce qui s'y passe afin que cessent ces actes ignobles. »

    Le précédent alésien

    La Chambre d'agriculture du Gard, de son côté, déclare : « Les responsables de l'abattoir doivent sanctionner ces fautes humaines que nous condamnons avec la plus grande fermeté ». Tout en rajoutant :

    « La Chambre d'agriculture déplore que les agriculteurs exercent de plus en plus leurs activités sous la menace permanente de crises médiatiques sur des pratiques qui ne sont pas de leur ressort. Elle demande au préfet du Gard de convoquer d'urgence une cellule de crise pour assurer durablement la sauvegarde de filières patiemment construites au profit du consommateur ; notamment en facilitant une reprise d'activité saine et optimale des abattoirs gardois. »

    C'est le 2e abattoir gardois dont L214 révèle les pratiques, après celui d'Alès, avec la diffusion d'une vidéo du même type, conduisant à sa fermeture provisoire et à l'ouverture d'une enquête pour « actes de cruauté et mauvais traitements », le

    15 octobre 2015, toujours en cours. Le maire d'Alès (LR), Max Roustan, après avoir diligenté sa propre enquête, s'était prononcé, en novembre, en faveur de sa réouverture tout en fixant des conditions minimum : « Une validation des procédures d'abattage mises en œuvre ces dernières années à Alès de la part des services de l'État, qui surveillent quotidiennement l'abattoir, ainsi que la mise en place d'un comité d'éthique ».

    « Dès novembre 2015, Stéphane Le Foll (ministre de l'Agriculture, NDLR) a donné instruction aux préfets de s'assurer de la prévention de tout acte de maltraitance lors de l'abattage », rappelle le ministère, dans un communiqué.

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