• Diesel : la France championne d'Europe des véhicules "sales"

     

     

    Diesel : la France championne d'Europe des véhicules "sales"

    Diesel : la France championne d'Europe des véhicules "sales"Selon l'ONG Transport & Environment, près de 30 millions de véhicules diesel "sales" circulent sur les routes d'Europe, dont 5,5 millions en France. (PATRICK PLEUL / DPA / AFP)

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    Selon l'ONG Transport & Environment, près de 30 millions de véhicules diesel "sales" circulent sur les routes d'Europe, dont 5,5 millions en France.

     

    Un an après le "dieselgate" qui avait fortement ébranlé le groupe Volkswagen, les véhicules circulant en France et en Europe sont-ils plus propres ? Pas vraiment ! Environ 29 millions de véhicules équipés de moteurs diesel circulant dans l'UE émettent beaucoup plus de gaz polluants que la limite autorisée, affirme une étude de l'ONG Transport & Environment (T&E), publiée ce lundi 19 septembre. Et encore, il ne s'agit que de la "partie émergée de l'iceberg", selon l’association, qui cherche avec cette étude à "exposer le nombre choquant de voitures diesel sales sur les routes de l'UE et la faible régulation des véhicules par les autorités nationales".

    La France arrive en tête du nombre de véhicules pollueurs : les véhicules les plus polluants, notamment en termes d’émissions de NOx (oxydes d'azote), se retrouvent principalement sur les routes de France (5,5 millions) et d'Allemagne (5,3 millions), au Royaume-Uni (4,3 millions) et en Italie (3,1 millions). Viennent ensuite l’Espagne (1,9 million) et la Belgique (1,4 millions).

    Renault-Nissan, Fiat et Suzuki les plus polluants

    T&E a analysé les données portant sur 230 modèles, issues des enquêtes réalisées par les gouvernements français, britannique et italien dans le sillage du "Dieselgate", ainsi que certaines bases de données publiques. Plus de quatre véhicules sur cinq répondants aux normes Euro 5, vendus entre 2010 et 2014, produisent plus de trois fois la norme fixée pour les émissions de NOx (oxydes d'azote) lors des tests en laboratoire, a calculé l'ONG. Et pour les véhicules Euro 6, vendus depuis 2015, deux tiers d'entre eux émettent jusqu'à plus de trois fois la limite fixée.

    Au palmarès des pires pollueurs, Renault-Dacia se voit décerner le titre des moteurs diesel les plus "sales" pour la norme Euro 5, avec des émissions sur routes près de huit fois supérieures à la limite fixée pour les tests en laboratoire. Suivent Land Rover, Hyundai, Opel-Vauxhall (dont Chevrolet, autre marque du groupe GM) et Nissan.

    Pour les véhicules Euro 6, Fiat (y compris de marques Alfa Romeo, ainsi que Suzuki à qui il fournit des moteurs) ravit la première marche du podium : ses véhicules émettent jusqu'à 15 fois plus de gaz polluants que la limite fixée en laboratoire. Renault-Dacia-Nissan suit (14 fois plus d'émissions), puis Opel-Vauxhall et Hyundai.

    "Connivence" avec les constructeurs

    Greg Archer, en charge des véhicules propres pour T&E, déplore la "connivence" des gouvernements avec les constructeurs. "L'industrie automobile a pris en otage ses régulateurs, et les Etats européens doivent maintenant résister au nom de leurs citoyens et arrêter de scandaleusement étouffer" la situation, déclare-t-il dans un communiqué.

    Dans l'UE, il revient aux Etats membres d'assurer l'homologation des modèles de voiture qui, une fois accordée, est valable dans l'ensemble des 28 pays, mais aussi d'assurer la surveillance du marché et d'infliger des pénalités si nécessaire. Mais après le scandale Volkswagen, la Commission européenne a proposé une réforme de la législation pour se donner plus de pouvoir de contrôle et de sanctions.

    Les plaintes s’accumulent contre Volkswagen
    Le 18 septembre 2015, l'agence environnementale américaine (EPA) avait accusé le constructeur automobile allemand d'avoir enfreint des règlementations anti-pollution à l'aide d'un logiciel truqueur installé sur environ 482.000 véhicules diesel fabriqués à partir de 2009. Le chiffre grimpera à près de 600.000 véhicules.
    La semaine dernière, les Etats régionaux allemands de Hesse (ouest) et du Bade-Wurtenberg (sud-ouest) ont annoncé qu'ils portaient plainte contre Volkswagen, comme l'a déjà fait la Bavière (sud). Ils reprochent au groupe d'avoir manqué à ses obligations de publication d'informations. Pour le même motif, le plus grand gestionnaire d'actifs au monde, l'américain Blackrock, a décidé de se joindre à 160 investisseurs pour poursuivre en justice Volkswagen. Les plaignants réclament 2 milliards d'euros de dédommagement, selon la presse.

    "Le scandale est loin d'être fini pour Volkswagen", observe Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Centre de recherche automobile CAR.

    Australie, Espagne, France, Italie, Corée du Sud... La liste des pays où Volkswagen fait l'objet de procédures est longue. Aux Etats-Unis, le groupe a accepté de verser environ 15 milliards de dollars, notamment pour indemniser généreusement les propriétaires de 480.000 voitures. Mais il fait encore l'objet d'une enquête pénale et n'a pas apporté de solution pour tous les véhicules truqués. En Allemagne, la justice enquête sur les responsabilités de 30 personnes, dont Martin Winterkorn. Déjà près de 400 plaintes d'investisseurs, d'un montant d'environ 4 milliards d'euros, visent Volkswagen dans le pays.

    A l'échelle européenne, la grogne monte contre l'inégalité de traitement entre consommateurs américains et européens. Volkswagen refuse d'indemniser ces derniers, se contentant de procéder au rappel de 8,5 millions de véhicules pour une mise aux normes. La facture totale pour le groupe pourrait être de 25 à 35 milliards d'euros et obliger Volkswagen à remettre au pot.

    V.G. avec AFP

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