• Etats-Unis : la police a publié les vidéos de la mort de Keith Lamont Scott

    Ce Noir de 43 ans a été abattu par la police mardi à Charlotte, en Caroline du Nord, plongeant la ville dans une vive agitation. Les images dévoilées ne permettent pas de voir s’il était armé.

    Le Monde.fr avec AP et Reuters | 24.09.2016 à 23h00 • Mis à jour le 25.09.2016 à 07h11     LIEN

     

    La police de Charlotte a rendu publiques, samedi 24 septembre, deux vidéos montrant la mort de Keith Lamont Scott, un Noir de 43 ans tué mardi par un policier dans cette ville de Caroline du Nord. Elles montrent l’homme sortant d’un véhicule et marchant à reculons, puis la police tirant quatre coups dans sa direction. On le voit ensuite couché à terre après avoir été abattu, entouré d’officiers.

    Ces enregistrements ne permettent pas de voir si la victime tenait une arme, comme l’affirmaient les forces de l’ordre. Mais, en parallèle, la police a aussi publié des photos montrant une arme de poing que l’homme aurait eu sur lui, ainsi qu’un holster et de la marijuana, corroborant, cette fois, les déclarations des officiers.

    Lire aussi :   Le « safety check » de Facebook activé pour la première fois après des manifestations aux Etats-Unis

    Pour la famille de ce père de sept enfants, les vidéos montrent qu’il ne se comportait pas de manière agressive au moment du drame, mais elles ne suffisent pas pour se former une opinion quant à l’opportunité d’engager des poursuites à l’encontre du policier qui a tiré. Ce dernier, Brentley Vinson, également noir, a été suspendu.

    Police contre famille

    « Malheureusement, nous avons beaucoup plus de questions que de réponses, a déclaré l’avocat des proches, Justin Bamberg, lors d’une conférence de presse. Il nous paraît insensé que cet incident ait abouti à la perte d’une vie. »

    Lire aussi :   Etats-Unis : la ville de Charlotte toujours à vif après la mort d’un Noir tué par la police

    La police locale a toujours assuré que M. Scott était armé au moment où les officiers sont intervenus, une affirmation contestée par la famille de la victime. Une vidéo enregistrée par son épouse, rendue publique vendredi, n’avait pas fourni de réponse à cette question.

    D’après les explications données par Kerr Putney, le chef de la police de Charlotte, les agents se trouvaient dans le quartier pour interpeller un autre individu. Ils ont commencé à tirer sur M. Scott en tentant de l’arrêter, après avoir découvert que ce dernier était armé.

    Cinquième jour de manifestations

    Plus tôt dans la journée de samedi, des centaines de personnes ont encore manifesté dans la ville, pour la cinquième journée consécutive, pressant les forces de l’ordre de publier ces images et réclamant des poursuites contre le ou les agents impliqués dans le drame.

    Ces rassemblements font écho à ceux organisés à la suite de la mort de Michael Brown. Il y a deux ans, la mort de ce jeune Noir de 18 ans, à Ferguson, dans la banlieue de Saint-Louis (Missouri), avait déclenché des émeutes et marqué le début d’un vif débat aux Etats-Unis sur les violences policières à l’encontre des minorités et, au-delà, relancé la question raciale.

    D’autres bavures, notamment à New York et à Baltimore (Maryland), avaient produit les mêmes scènes de colère et de protestation, conduit des organisations à dénoncer un « racisme institutionnalisé » et donné naissance à un nouveau mouvement de défense des droits civiques baptisé « Black Lives Matter » (« Les vies noires comptent »).

    Lire aussi :   Qui sont les 700 personnes tuées par la police américaine en 2016 ?

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  • Les nouveaux droits des personnes

    en fin de vie entrent en vigueur


    Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 05/08/2016 à 08:51 , mis à jour à 11:47          LIEN

     

    Six mois après son vote, la loi sur la fin de vie entre en application avec la publication de ces trois textes.

    Six mois après son vote, la loi sur la fin de vie entre en application avec la publication de ces trois textes.

    FRED DUFOUR / AFP

    La loi sur la fin de vie est entrée en vigueur ce vendredi avec la publication des décrets précisant les modalités d'application des directives anticipées préalablement décidées par les patients.

    Pour la ministre de la Santé Marisol Touraine, ces mesures sur la fin de vie constituent "le point d'équilibre qui rassemble le plus largement dans la société française". 

    Définitivement adoptée en février dernier après plusieurs années de polémique, la loi sur la fin de vie entre en vigueur ce vendredi avec la publication de trois textes, qui prévoient notamment le droit à une sédation profonde et continue jusqu'au décès et les modalités d'application des directives anticipées.  

     

    "Souhaitées par le président de la République, longuement et largement concertées, [ces] mesures représentent une avancée fondamentale pour les droits du malade et de l'individu," a déclaré la ministre de la Santé. 

    Le premier de ces décrets précise les conditions dans lesquelles pourront être décidés l'arrêt des traitements et la mise en oeuvre de la sédation profonde et continue jusqu'au décès de la personne. Il s'agit de l'un des principaux droits ouverts par la loi du 2 février 2016 sur la fin de vie. 

    Limiter ou arrêter les traitements

    Un second décret fixe les critères de validité des directives anticipées, qui permettent à chacun d'indiquer à l'avance s'il souhaite limiter ou arrêter les traitements qu'il pourrait recevoir en fin de vie, au cas où il deviendrait alors incapable d'exprimer sa volonté. 

    LIRE AUSSI >> Les directives anticipées: comment ça marche? 

    L'un de ces textes prévoit également qu'un médecin peut ne pas tenir compte des directives anticipées s'il les juge "manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale". Dans ce cas, il doit motiver sa décision après avoir recueilli l'avis de l'équipe de soins, d'un autre médecin "avec lequel il n'existe aucun lien de nature hiérarchique" et de la personne de confiance (à défaut, de la famille) et des proches. Ce n'est qu'après que le médecin peut inscrire les motifs de sa décision dans le dossier du patient. 

    Pour faire connaître les directives anticipées, la ministre a annoncé le lancement à la fin de l'année d'une campagne d'information auprès des professionnels de santé, puis du grand public, sous l'égide du Centre national des soins palliatifs. 

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  • Alors qu'Erdogan se défend sur les purges, dix-sept journalistes ont été placés en détention préventive en Turquie

     

    © Kayhan Ozer, Turkish presidential Press Office | Le 29 Juillet 2016, le président turc Recep Tayyip Erdogan, parlant au siège du Département des opérations spéciales de la police à Ankara.

     

    Texte par FRANCE 24

     

    Dernière modification : 30/07/2016      LIEN

     

    Alors que le président turc se défend des critiques occidentales sur les purges, 17 journalistes ont été placés en détention provisoire. Par ailleurs, Washington craint des relations diplomatiques plus difficiles avec Ankara.

     

    Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a rejeté avec véhémence vendredi les critiques occidentales contre les purges en cours au sein de l'armée et d'autres institutions après le putsch manqué du 15 juillet, laissant entendre que certains, aux États-Unis, se rangeaient du côté des comploteurs. Les purges visent les partisans de Fethullah Gülen, en exil aux États-Unis et accusé par le pouvoir turc d'être l'instigateur des événements du 15 juillet. Les pays occidentaux ont condamné le coup de force, dans lequel 246 personnes ont perdu la vie et plus de 2 000 autres ont été blessées, mais ils ont été surpris par l'ampleur des purges.

     

    Les purges sse poursuivent puisque dans le secteur de la presse,17 journalistes journalistes ont été placés en détention préventive pour leurs liens supposés avec Gülen et avec les auteurs de la tentative de coup d'État. Quatre d'entre eux ont été libérés. Le parquet d'Izmir, sur la mer Égée, a de son côté ordonné l'arrestation de 200 policiers.

     

    La purge a écarté de nombreux officiers avec lesquels Washington était en contact

     

    Selon le directeur américain du Renseignement James Clapper, la purge effectuée en Turquie a écarté de nombreux officiers avec lesquels Washington était en contact. "Cela a un impact, parce que (la purge) a affecté tous les segments de l'appareil de sécurité nationale en Turquie", a dit James Clapper jeudi soir. "Beaucoup de nos interlocuteurs ont été arrêtés. Il ne fait pas de doute que cela va rendre la coopération plus difficile avec les Turcs."

     

    S'exprimant au QG des forces spéciales à Ankara, qui a été fortement endommagé par les combats le soir du putsch, Recep Tayyip Erdogan a condamné vendredi les propos des Américains. Erdogan déplore que les États-Unis prennent "le parti des comploteurs. Le putschiste est déjà dans votre pays", a dit le chef de l'État en faisant allusion à Gülen, qui nie toute implication dans le coup de force et vit en exil en Pennsylvanie. "Ils (les détracteurs) disent 'Nous sommes inquiets pour l'avenir (de la Turquie). Mais de quoi ces personnes sont-elles inquiètes ? De savoir si le nombre d'arrestations va augmenter? S'il y a des coupables, ce nombre augmentera", a dit Erdogan, qui a échappé de peu aux putschistes alors qu'il se trouvait en vacances à Marmaris, sur la côte Méditerranéenne de la Turquie.  "L'attitude de beaucoup de pays et de leurs représentants sur la tentative de coup d'État en Turquie est une honte", a déclaré le président turc devant des centaines de partisans réunis à Ankara."Tout pays et tout dirigeant qui ne se préoccupe pas autant de la vie du peuple turc et de notre démocratie que de la vie des putschistes n'est pas notre ami", poursuivait Recep Tayyip Erdogan.

     

    La Turquie réorganise son armée

     

    La Turquie a entrepris de réorganiser son armée après le putsch manqué. Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a annoncé lors d'un discours vendredi que les casernes d'où étaient partis des putschistes allaient être fermées, y compris une base aérienne proche d'Ankara qui avait servi aux comploteurs. Réuni jeudi pendant cinq heures, le Conseil militaire suprême (YAS), organe de supervision des forces armées en Turquie, a promu 99 colonels au rang de général ou d'amiral et placé 48 généraux à la retraite.

     

    Près de deux semaines après l'échec d'un coup d'État d'un groupe au sein de l'armée, qui a valu à près de 1 700 militaires, dont 40 % de généraux et amiraux, d'être congédiés pour conduite déshonorants, les principaux responsables de l'état-major sont maintenus à leur poste. A l'issue de la réunion du YAS, Recep Tayyip Erdogan, a fait savoir qu'il souhaitait que l'armée et les services secrets (MIT) soient placés sous le contrôle de la présidence et non plus du Premier ministre.

     

    Le nombre d'employés du secteur public limogés depuis le putsch avorté dépasse désormais les 66 000, dont 43 000 dans l'enseignement, rapporte l'agence de presse officielle Anatolie.

     

    >> À lire sur France 24 : "La Turquie ferme les casernes et la base aérienne des putschistes"

     

    Plus de 18 000 personnes ont été placées en détention depuis l'échec du putsch, et, 9.677 attendent de passer en jugement. En outre, 50 000 passeports ont été confisqués. Le ministère du Travail dit quant à lui enquêter sur les agissements de 1 300 de ses agents, possiblement impliqués.

     

    Recep Tayyip Erdogan assure que les partisans de Fethullah Gülen ont infiltré entre autres le réseau d'établissements scolaires, les organismes de charité et les entreprises, afin de créer un "Etat parallèle" visant à prendre le contrôle du pays.

     

    Nettoyer l'armée des éléments gülénistes

     

    Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a cherché à balayer les inquiétudes des États-Unis et de l’UE face à l'ampleur des purges, vendredi, en estimant que l'armée turque sortirait renforcée une fois "nettoyée" de ses éléments gülénistes.

     

    La Turquie autorise les États-Unis à utiliser sa base aérienne d'Incirlik pour mener des raids contre l'EI en Irak et en Syrie. Ces opérations ont été temporairement interrompues à la suite de la tentative de coup d'Etat.

     

    Autre critique émanant de Washington, le département d'État s'est dit "profondément préoccupé" par les arrestations de journalistes lancées depuis le début de la semaine en Turquie. Cavusoglu a répondu que les personnes interpellées dans les médias n'étaient pas "de vrais journalistes".

     

    Vendredi, la police a également appréhendé le président du conglomérat Boydak Holding et deux cadres du groupe. Six membres de la famille Boydak font au total l'objet d'un mandat d'arrêt. Ils sont accusés de financer le mouvement de Fethullah Gülen, qui chapeaute de nombreuses écoles et organisations caritatives.

     

    >> À lire sur Fran,ce 24 : "Erdogan : 'Les putschistes avouent que les instructions sont venues de Gülen' "

     

    Avec Reuters

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  • A Auschwitz, le pape François rencontre

    des rescapés des camps

    Le Monde.fr avec AFP | 29.07.2016 à 12h59        LIEN

     

    Le pape François lors de son arrivée au camp d’exterminatioin d’Auschwitz, le 29 juillet.

    C’est seul et en silence que le pape François a traversé à pied le célèbre portail orné des mots « Arbeit macht frei » (Le travail rend libre), arrivant vendredi 29 juillet au matin au camp d’extermination d’Auschwitz, près de Cracovie, en Pologne.

    Ayant à peine franchi l’entrée, il s’est assis sur un banc et s’est plongé dans une prière silencieuse, la tête penchée, les yeux parfois fermés, pendant plus de dix minutes. Il s’est ensuite rendu à proximité du « Mur de la mort », où les nazis avaient exécuté des milliers de prisonniers d’une balle dans la tête. Il y était accueilli par la première ministre polonaise, Beata Szydlo.

    Lire aussi :   L’Eglise polonaise et François, une histoire de désaccords

    Le pape y a rencontré un groupe de douze rescapés du camp de la mort, polonais, juifs et roms, dont la violoniste Helena Dunicz-Niwinska, 101 ans. Il a échangé quelques mots avec chacun d’entre eux, avant d’allumer un cierge devant le Mur de la mort. Le pape est allé ensuite prier dans la cellule de la mort du saint polonais Maximilian Kolbe, un prêtre qui a offert sa vie pour sauver celle d’un père de famille avant d’être exécuté il y a soixante-quinze ans.

    Il s’est ensuite rendu dans le camp de d’Auschwitz II-Birkenau. Après avoir passé la porte du camp, il s’est déplacé à bord d’une voiture électrique le long des rails posés par les nazis pour permettre aux trains dans lesquels avaient été entassés les déportés d’aller directement vers les chambres à gaz et les crématoriums, l’extermination étant organisée comme une industrie.

    Troisième pape à visiter Auschwitz

     

    François s’est ensuite rendu dans le camp de d’Auschwitz II-Birkenau.

    Quelque 25 catholiques polonais qui avaient risqué leur vie pour aider des Juifs sous l’occupation ont pu saluer le pape et recevoir de ses mains des médailles de son pontificat. Certains aspects de la Shoah demeurent un sujet difficile en Pologne, où des cas d’assassinat ou de dénonciation de Juifs par des Polonais ont été révélés relativement récemment.

    Au mémorial de Birkenau, devant lequel le pape est passé lentement en silence, le psaume 130 a été chanté par le grand rabbin de Pologne, Michael Schudrich, en hébreu, puis lu en polonais par un prêtre venant d’une ville où une famille catholique entière avait été exterminée pour avoir accueilli et caché des Juifs.

    Environ 1,1 million de personnes ont été tuées à Auschwitz-Birkenau, dont un million de juifs européens. Plus de cent mille prisonniers non juifs, polonais, roms et prisonniers de guerre soviétiques y ont également péri avant que l’Armée rouge libère le camp, en 1945.

    Deux papes, l’un polonais et l’autre allemand, avaient visité Auschwitz avant François : Jean Paul II, en 1979, et Benoît XVI, en 2006. Dans l’après-midi, il devait retrouver des milliers de jeunes pèlerins des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) et conduire un chemin de croix à Cracovie.

    Lire aussi :   JMJ : la visite symbolique et délicate du pape François



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  • Le piège turc se referme sur l’Europe

     
       
       
       
       
       
     
     
     
     

    Le président Erdogan purge la Turquie? Les leaders européens, eux, ne font que manifester leur «inquiétude», poliment. Difficile en effet de condamner un chef d’Etat élu qui vient d’essuyer une tentative de putsch. Mais surtout, comment condamner sa dérive autoritaire sans pour autant mettre en péril le deal conclu en mars avec Ankara concernant les réfugiés? Cet accord force en effet les migrants qui sont en route pour le Vieux-Continent à déposer leur demande d’asile sur sol anatolien.

    A l’évidence, l’Europe a lié son destin à celui du président Erdogan. En cherchant à se débarrasser de la crise migratoire, les Vingt-Huit n’ont pas hésité à offrir à la Turquie un levier important. Ainsi, pour n’avoir pas à assumer pleinement le droit d’asile, le continent se voit obligé à présent de se montrer peu regardant sur les droits de l’homme. Du moins, tant que la peine de mort n’est pas réintroduite par Ankara…

    Quant aux Etats-Unis, ils ne sont pas en meilleure posture, puisqu’ils veulent pouvoir continuer à utiliser une base militaire turque pour mener leur guerre contre le groupe Etat islamique (Daech) en Syrie. Ainsi l’Occident est-il poussé à tolérer un régime de plus en plus autoritaire, qui prend clairement des libertés avec la démocratie.

    Après tout, on soutient bien le président Sissi malgré la répression autrement plus violente qui s’est abattue en Egypte sur les Frères musulmans, mais aussi sur les jeunes révolutionnaires laïques du Printemps arabe. Et puisqu’on y est, que sont devenues les grandes déclarations occidentales en faveur d’une Syrie démocratique délivrée de Bachar el-Assad? Le maître de Damas est devenu de facto un allié dans la lutte contre les djihadistes de Daech.

    Cinq ans après la vague des révolutions arabes, l’Occident pactise à nouveau avec des régimes autoritaires autour de la Méditerranée.

    (TDG)

    (Créé: 21.07.2016, 22h47)
     

    Andrés Allemand,
    Rubrique Monde

     

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  • Droits de l'homme

    La prison secrète de l'Ukraine

    Par Sébastien Gobert, Correspondant à Kiev 21 juillet 2016 à 13:58     LIEN
     
     

     

     

    Denis Krivosheev (à g.) et Krasimir Yankov, à Kiev en mai 2015. Ces deux responsables d'Amnesty International ont présenté jeudi le rapport révélant l'existence d'une prison secrète en Ukraine. Photo Genya Savilov. AFP

     

    Selon un rapport réalisé par Amnesty International et l'ONG Human Rights Watch, présenté jeudi, plusieurs dizaines de personnes ont été ou sont toujours arbitrairement détenues dans un centre situé dans le nord-est du pays.

     

     

    Régulièrement, les gardiens de prison venaient répéter à Kostantin Beskorovaynyi : «Tu n’existes pas. Nous n’avons même pas de budget pour te nourrir. Tu n’existes pas.» Sans avocat, sans possibilité de communiquer avec le monde extérieur, entassé dans une petite cellule avec de nombreux autres détenus, sans possibilité de promenade, Kostantin Beskorovaynyi a passé 15 mois dans une prison secrète. Une histoire digne d’un film d’espions, mais bien réelle, à quelques centaines de kilomètres des frontières de l’Union européenne.

    «C’est un centre de détention arbitraire et clandestin, vraisemblablement situé dans les locaux des Services de sécurité d’Ukraine (SBU) à Kharkiv, dans le nord-est du pays», explique Denis Krivosheev, directeur adjoint d’Amnesty International pour l’Europe et l’Asie Centrale. Ce jeudi, il présentait à Kiev un rapport réalisé conjointement avec l’ONG Human Rights Watch (HRW) sur les arrestations et détentions arbitraires et les cas de tortures des deux côtés de la ligne de front du conflit dans le Donbass.

    Tortures et disparitions

    «Les autorités auto-proclamées de Donetsk et Louhansk ont recours aux mêmes abus», confirme Tanya Lokshyna d’HRW, citant des passages à tabac à répétition, des actes de torture divers, ou encore des disparitions prolongées et non-justifiées. «Il ne s’agit pas de jeter la pierre à un camp ou un autre, complète Krasimir Yankov d’Amnesty. Mais La différence notable, c’est que les territoires séparatistes sont par définition des zones grises. A la différence de l’Ukraine, qui est un Etat de droit. L’existence de cette prison secrète est une violation flagrante de nombreuses conventions internationales, mais avant tout de la loi ukrainienne».

    D’après les entretiens et les recherches menés par les ONG internationales, jusqu’à 70 personnes ont été entassées dans cette prison secrète, au plus fort du conflit du Donbass. «La majorité d’entre elles ont déjà fait l’objet d’échanges de prisonniers. Mais à la fin février, il y avait au moins 16 personnes toujours incarcérées», poursuit Krasimir Yankov. Des personnes coupées de leurs familles, arrêtées sur la base d’accusations douteuses, dans le cadre de la guerre hybride du Donbass.

     

    Aveux extorqués

    Kostantin Beskorovaynyi était un conseiller municipal communiste à Kostyantynivka, un temps bastion des forces pro-russes et russes, au nord de Donetsk. Arrêté lors d’une intervention musclée en novembre 2014, il fut d’abord torturé. Avant de signer des aveux le reconnaissant coupable d’avoir voulu empoisonner le réseau de distribution d’eau de sa ville, reprise par les forces ukrainiennes. Sa confession signée et enregistrée, il a disparu jusqu’à sa libération en février 2016. Celle-ci n’était pas plus justifiée que son arrestation.

    «La justice n’est efficace que si elle est rendue d’abord chez soi», lance Rachel Denber d’HRW. «Le procureur général ukrainien nous a assuré qu’une enquête était en cours concernant ces allégations de prisons secrètes. Il est important de suivre le déroulement de ces enquêtes, afin de s’assurer qu’elles ne sont pas superficielles, et que ce genre de pratique cesse, des deux côtés de la ligne de front».

    Sébastien Gobert Correspondant à Kiev
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  • Arabie Saoudite. La culture des Lumières, seule arme face au terrorisme

    Publié le 08/07/2016 - 12:21                       LIEN
    Dessin de Vlahovic.

    Après les attentats qui ont frappé le royaume à la fin du mois de ramadan, le débat est relancé sur les causes idéologiques du terrorisme. Un universitaire, s’exprimant dans l’un des principaux quotidiens du pays, met en cause la “culture passéiste”. Extraits.

    Soit les Lumières, soit l’arriération, l’extrémisme et le terrorisme. Il n’y a pas d’autre choix. Cela peut paraître trop binaire, et nombreux sont ceux qui y verront une forme d’intolérance, en contradiction avec les valeurs mêmes des Lumières.

    C’est pourtant ainsi que les choses se présentent. Dans les grandes lignes, le monde d’aujourd’hui correspond aux écrits des philosophes des Lumières du XVIIIe siècle. Les religieux, y compris les plus conservateurs, vivent dans ce monde régi par les principes des Lumières et jouissent de ce que ceux-ci ont apporté en termes matériels. Et pourtant, ils croient encore qu’ils vivent dans un monde à part où ils auraient le choix d’accepter ou de refuser cet héritage.

    Rupture avec le passé

    Les Lumières ont aussi produit la Déclaration des droits de l’homme adoptée lors de la Révolution française de 1789. Cette déclaration a consacré un certain nombre de principes, en premier lieu celui de la liberté. Elle a également investi chaque individu des mêmes droits que les autres. Cette approche dépasse toutes les expériences précédentes en ce domaine. Par conséquent, c’est une rupture avec ces expériences, avec un passé qui pouvait comporter des contradictions avec les droits fondamentaux de l’homme.


    Certaines pratiques étaient considérées comme licites dans le passé, en vertu des textes anciens. Aujourd’hui, plus personne n’oserait dire qu’il faudrait renouer avec ces pratiques. Il n’y a que [les groupes terroristes] Daech, le Front Al-Nosra, Boko Haram – pour ne citer que ces exemples-là – qui osent le faire.

    Le principe de l’égalité

    Ainsi, nous sommes tous, sans le savoir, plus ou moins le produit des Lumières. Aujourd’hui, du point de vue littéralement physique, nous vivons tous dans un monde façonné par l’époque des Lumières. Aussi, rêver ouvertement ou secrètement de rompre avec ces principes, c’est prendre le risque de devenir schizophrène. On a alors le choix entre rejoindre Daech en laissant derrière nous notre vie actuelle ou abandonner notre rêve, lié à un passé révolu, et le laisser se dissoudre dans l’oubli.  


    Prenons l’exemple des femmes. Pendant des siècles, elles étaient marginalisées et opprimées à travers le monde. Elles ne se sont libérées qu’à la faveur du principe de l’égalité entre les êtres humains, quel que soit leur sexe, leur religion, leur appartenance ethnique et leur position sociale. Ces droits de l’homme hérités des Lumières et au nom desquels il y a eu une révolution il y a plus de deux siècles protègent les êtres humains de toutes les violences, qu’elles soient verbales ou qu’elles produisent le pire, à savoir les exécutions et les tortures, pratiquées par des organisations terroristes ou par des Etats.

    L’ignorance et l’abêtissement

    La culture des Lumières doit être partagée à une grande échelle pour atteindre les masses populaires. Quand ces masses populaires ont une culture passéiste, ancrée dans les malheurs de l’Histoire, on peut s’attendre à ce qu’elles reproduisent ces mêmes malheurs. Autrement dit, si nous voulons produire une réalité sociologique réconciliée avec elle-même et avec le monde contemporain, il faut arracher les masses populaires à ce vieux marécage dans lequel elles baignent et qui érige en vertu la haine, la négation des droits d’autrui et le conflit avec le reste du monde, si ce n’est la soif de conquête.


    A défaut de changer de boussole au profit d’une culture des Lumières, nous laissons la voie libre aux représentants de l’ignorance et de l’abêtissement. Et qui, en outre, sont convaincus de prêcher la bonne parole.
     
    Mohamed Ali Al-Mahmoud
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  • Mort d’Elie Wiesel : Obama salue la mémoire de « l’une des grandes voix morales de notre temps »

     

    Le Monde.fr avec AFP | 03.07.2016 à 10h54 • Mis à jour le 03.07.2016 à 16h45    LIEN

     

    Angela Merkel, barack Obama et Elie Wiesel en 2009.

     

    Les hommages se multiplient après la mort, samedi 2 juillet, de l’écrivain américain et survivant de la Shoah Elie Wiesel, à 87 ans.

     

    Lire la nécrologie :   Elie Wiesel, voix majeure de la mémoire de la Shoah

     

    Le président américain Barack Obama a salué la mémoire d’un « ami », « de l’une des grandes voix morales de notre temps, et à bien des égards, la conscience du monde ». M. Wiesel ne se battait pas uniquement contre l’antisémitisme, a rappelé le locataire de la Maison blanche, soulignant son engagement contre la haine, la bigoterie et l’intolérance sous toutes ses formes.

     

    Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a également salué sa mémoire, faisant valoir qu’il était un « rayon de lumière et un exemple d’humanité croyant en la bonté de l’homme ». « L’Etat d’Israël et le peuple juif pleurent avec amertume la mort d’Elie Wiesel », a dit M. Nétanyahou.

     

    « Elie, maître des mots, a exprimé par sa personnalité unique et ses livres fascinants la victoire de l’humanité sur la cruauté et le mal. »

     

    « Une grande perte pour l’humanité »

     

    Les juifs de Roumanie, d’où Elie Wiesel était originaire, pleuraient dimanche le prix Nobel de la paix. « Nous regrettons beaucoup le décès d’Elie Wiesel, un homme qui nous a légué le devoir de préserver la mémoire de l’Holocauste et de veiller à ce que cette tragédie ne se répète pas », a déclaré à l’Agence France presse (AFP) le président de la Fédération des communautés juives de Roumanie, Aurel Vainer.

     

    « C’est grâce à son travail que la Roumanie a proclamé en 2004 une Journée nationale de commémoration de l’Holocauste tous les ans le 9 octobre », date marquant le début des déportations des juifs en Transdniestrie par le maréchal pro-nazi roumain Ion Antonescu, en 1941.

     

    En 2003, après un tollé international provoqué par des propos de l’ancien président Ion Iliescu relativisant l’Holocauste, Bucarest décida de mettre en place une commission internationale d’experts pour faire la lumière sur le rôle de la Roumanie – nié jusque-là – dans l’extermination des Juifs. Elie Wiesel fut nommé président de cette commission.

     

    « C’est une grande perte non seulement pour la communauté juive, mais pour l’humanité dans son ensemble », confie à l’AFP Liviu Beris, un survivant de l’Holocauste qui avait travaillé aux côtés d’Elie Wiesel au sein de la commission d’experts. Il évoque sa capacité d’« empathie avec la souffrance humaine » et sa révolte « contre toute forme d’injustice ».

     

    La chancelière allemande Angela Merkel a elle déclaré qu’avec la mort « de l’une des personnalités les plus marquantes du siècle passé », « une voix de la morale et de l’humanité s’était tue ».

     

    « Elie Wiesel nous a tendu la main à nous, les Allemands et a travaillé avec nous inlassablement pour rendre possible un monde meilleur. »

     

    « Inlassable défenseur de la paix »

     

    En France, le président François Hollande a lui aussi rendu hommage à un « grand humaniste, inlassable défenseur de la paix » :

     

    « De cette expérience au bout de l’horreur qui l’a laissé orphelin, il a aidé à ouvrir les yeux du monde sur l’indicible blessure de l’extermination des juifs d’Europe. »

     

    Il « était l’élégance même, la grandeur, la générosité », a estimé de son côté Jack Lang, ancien ministre de la culture, dans un communiqué :

     

    « Les horribles souffrances que la vie lui a infligées ont fait grandir en lui sa profonde humanité. Immense écrivain, il a su admirablement exprimer la densité de l’âme humaine. Son amour de la France le portait à écrire dans la langue française, qu’il savourait avec passion. »
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  • Anonymous annonce le lancement de son mouvement politique mondial

     

     

     

    Par Direct Matin Publié le 21 Juin 2016 à 17:39    LIEN

     

    Portant le masque de Guy Fawkes comme tout les membres d'Anonymous, le narrateur de la vidéo expose les raisons
    qui ont poussé le collectif à lancer ce parti.[Capture d’écran Youtube]

     


    Le collectif Anonymous a annoncé sa volonté de lancer un mouvement politique mondial, une première en son genre, nommé «The Humanity Party».

    «The Humanity Party», qu’on peut visiblement aussi désigner sous l’acronyme «Thump», a publié une vidéo sur Youtube pour signaler son lancement. La vidéo s’ouvre en respectant les codes du collectif, de nombreux masques de Guy Fawkes (le symbole des Anonymous) sont présents. Après une minute d’introduction, un membre d’Anonymous prend la parole pour y exposer les raisons de la création de ce parti et en présenter les orientations et les aspirations. Le documentaire dure 30 minutes en tout et est intitulé «The Way to World Peace ‘Imagine’» (qu’on peut traduire par «imaginer le chemin vers la paix mondiale»).

    Un but établi

    C’est une mutation importante pour Anonymous. Le collectif avait déjà fait passer des messages politiques, déclarant notamment la guerre à Donald Trump ou appelant les électeurs américains à voter pour eux lors de la présidentielle à venir, mais n’avait pas de but établi. 

    Aujourd’hui, il semblerait que la fondation de ce parti politique dument enregistré aux Etats-Unis poursuive un but précis puisqu’il vise à «unifier tous les Anonymous sincères qui cherchent la justice et l’égalité à travers le monde».

    A lire aussi : Daesh tente d'attaquer Google, mais ses hackers se trompent de site

    Trois concepts clés

    Ce «Parti de l’Humanité» se fonde sur trois concepts clés à en croire la vidéo de présentation diffusée : 

    Établir et promouvoir l’idée d’un gouvernement mondial et d’une constitution qui garantirait dans le monde entier les droits fondamentaux de l’homme. Ces droits comprennent les cinq besoins fondamentaux de la vie («FBNL» selon la terminologie développée par les Anonymous) : nourriture saine et eau, logements sûrs et sécurisés, accès aux vêtements, santé physique et mentale, et éducation. 

    Mettre en place un plan visant à concilier les idéologies capitalistes et communistes de manière à garantir un accès gratuit aux «FBNL». 

    Promouvoir la paix et l’unité à travers l’éducation et le bon sens commun, notamment en fournissant les preuves évidentes du fait que les grandes religions du monde étaient, sont et seront toujours la cause des problèmes sociaux partout dans le monde. 

    Diffuser le message et soutenir financièrement le parti

    Se présentant comme «unique et sans précédent», le «Parti de l’Humanité» certifie que l’intégrité du mouvement repose sur les Anonymous du monde entier, et les appelle donc à diffuser ce message par les réseaux sociaux, mais aussi bien sur à soutenir financièrement le mouvement.

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