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    • #Koweït Une vidéo choquante montre le patron d'un magasin au Koweït rouer de coups un employé égyptien dénudé

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    Un homme nu, insulté et battu pendant plusieurs minutes par son employeur. Diffusée cette semaine sur les réseaux sociaux, cette vidéo montre la manière très brutale et dégradante dont le propriétaire d’un magasin de téléphones koweïtien a sanctionné son employé égyptien pour un supposé vol. Ces images ont suscité une vive émotion en Égypte.

    La vidéo, qui dure près de 2 minutes et 30 secondes, a émergé sur les réseaux sociaux samedi 28 mai. On y voit un homme vêtu de la dishdasha, l’habit traditionnel des pays du Golfe, frapper et insulter son employé complètement nu, acculé dans un coin entre deux murs. Sur ces images, le propriétaire du magasin, qui tient un bâton, tire sa victime par les cheveux et la gifle à plusieurs reprises. L’employé, lui, ne cesse de clamer son innocence et de supplier le propriétaire de le laisser, mais ce dernier le frappe encore et menace de lui uriner dessus.

    On aperçoit également dans cet extrait un autre employé égyptien qui essaye de calmer le patron du magasin. Très relayée sur les réseaux sociaux, la vidéo a suscité une vague d’indignation en Égypte et poussé les autorités du Caire à réagir rapidement. Après avoir reçu une requête officielle du ministère égyptien des Affaires étrangères, les autorités koweïtiennes ont annoncé dès dimanche 29 mai l’arrestation du propriétaire et la mise sous scellé de son local.

    Nous avons choisi de ne diffuser que des capures d'écran de cette vidéo, qui est choquante.

    Capture d'écran de la vidéo montrant le propriétaire du magasin de téléphones en train de menacer sa victime avec un bâton.

    Capture d'écran montrant la victime, nue, collée au mur.

    Si les images n’ont été diffusées que récemment sur Internet, les faits remontent à près d’un an et demi, a néanmoins indiqué le ministère koweïtien de l’Intérieur dans un communiqué. Le propriétaire accusait alors sa victime d’un vol survenu dans son magasin. Les autorités koweïtiennes ont également annoncé l’arrestation de la personne qui filmait la scène, elle aussi de nationalité égyptienne.

    Le Koweït accueille une forte population de travailleurs étrangers, notamment ceux qui travaillent dans le secteur de la construction et les employés de maison. Le pays est régulièrement dénoncé par les ONG de droits de l’Homme pour des cas de maltraitance envers ces immigrés.

    Au Koweït, comme au Qatar et aux Émirats arabes unis, l’embauche des travailleurs immigrés est soumise à un système controversé appelé "kefala". Ce statut rend le travailleur très vulnérable car la possibilité pour lui de résider légalement dans le pays dépend du bon vouloir de son employeur. Il doit donc avoir l’accord de son patron pour quitter son emploi et en prendre un nouveau. Changer d’emploi sans autorisation, même en cas d’abus de l’employeur, peut mener à l’expulsion, voire même à la prison.
     
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    Joris Zylberman Headshot

    Que dit cette publicité raciste pour une lessive sur la Chine d'aujourd'hui?

    Publication: 27/05/2016 17h56 CEST Mis à jour: 27/05/2016 22h07    LIEN
     

     

     
     

    La Chine raciste ? Un peu comme la France des colonies, diront certains. Une brève recherche sur Internet permet de trouver une affiche publicitaire pour un savon datée des années 1950. On y voit un jeune homme noir qui se lave les mains en disant : "Le savon Dirtoff me blanchit." Résultat de ce savon "miraculeux", sa main prend la couleur de celle d'un homme blanc. Conclusion au bas de l'affiche : "Le savon Dirtoff pour mécaniciens, automobilistes et ménagères nettoie tout !"

    Nul besoin de remonter aussi loin pour trouver l'origine de la dernière publicité chinoise incroyablement raciste qui fait scandale sur Internet. Qiaobi, la marque de lessive incriminée, n'a rien inventé : elle est allée chercher son inspiration en Occident. Comme le signale le site anglophone Shanghaiist, elle imite "presque" en tous points une publicité italienne de 2007 : une jeune femme plonge un homme blanc en slip ridicule dans son lave-linge, d'où ressort un homme noir fringuant et musclé. De la grande finesse.

    Alors que la phrase de chute de la pub italienne est : "Colours are better", la pub chinoise, à l'inverse, fait plonger un jeune playboy noir et légèrement recouvert de tâches de peinture dans un lave-linge. La ménagère chinoise, à l'imitation de son modèle italien, a fait mine de vouloir se laisser embrasser pour mieux piéger le jeune homme, en rajoutant un détail d'importance : elle prend soin de lui glisser dans la bouche une capsule de lessive, avant de s'assoir, l'air espiègle, sur la machine alors qu'on entend des cris. En un clin d'œil ressort du lave-linge un apollon chinois, d'une blancheur éblouissante, qui rend la capsule de lessive intacte avec un clin d'œil à la ménagère ébahie. « Miracle » d'efficacité du marketing à la chinoise.

    Que dit exactement cette publicité sur la Chine d'aujourd'hui ? Qu'elle a certainement un problème avec la couleur de la peau. La blancheur est le critère de beauté ultime. Par contraste, une peau foncée est synonyme de saleté et de pauvreté, comme les visages tannés par le soleil des personnes issues des ethnies minoritaires chinoises, souvent déclassées et méprisées. Alors que dire des noirs dans les yeux des Chinois ?! Les clichés y ont la vie dure, comme au bon vieux temps des colonies en France. Avoir la peau noire signifie qu'on ne se lave pas, qu'on sent mauvais et qu'on donne de soi une image satanique. Or, la jeune femme chinoise moderne aspire à un mari modèle, "propre", dans un intérieur aussi neutre que spacieux, comme dans la publicité scandaleuse. Elle habite sans doute dans une mégapole côtière, Shanghai ou Shenzhen. Bref, elle représente l'idéal de chaque famille chinoise, qui "perd la face" si sa fille n'est pas mariée assez tôt avec un mari chinois possédant un appartement, un bon boulot et une grosse voiture.

    La valorisation de la blancheur s'accompagne de la suprématie de l'ethnie Han (92% de la population chinoise) sur les autres dans le reste du pays, en particulier les Tibétains et les Ouïghours musulmans. C'est ce qu'apprennent à l'école tous les Chinois, comme en France avec "nos ancêtres les Gaulois".

    Tous ces clichés combinés expliquent en partie le problème des Chinois avec les Africains. Très mal connus dans le pays, ils sont souvent considérés comme des "populations faibles de pays sous-développés", contrairement aux Occidentaux blancs perçus comme "puissants et avancés". La Chine populaire a déjà connu des crises racistes à la fin des années 1970 et des années 1980, juste avant le mouvement de Tian'anmen. Des milliers d'étudiants chinois avaient alors manifesté au cri de "Va-t-en, fantôme noir !", pour protester contre l'inégalité de traitement avec leurs condisciples africains, autorisés à loger dans des chambres de deux contre des chambres à huit lits pour les Chinois. Plus récemment, les habitants de Canton ont "découvert" après un recensement que 300 000 Congolais, Guinéens, Maliens ou Nigérians formaient une "ville africaine", désormais partie intégrante de la mégapole du sud du pays. En juillet 2012, un mois avant un sommet Chine-Afrique, des Africains ont violemment manifesté à Canton après qu'un Nigérian a été retrouvé mort alors qu'il était aux mains de la police chinoise.

    Un autre exemple plus récent qui montre la "banalité" en Chine de l'image diabolique des noirs : dans la foulée des attentats du 13 novembre à Paris, l'université de Hangzhou au sud de Shanghai a mené un exercice militaire pour répéter une attaque terroriste, en choisissant des étudiants africains pour jouer les terroristes. Sur les photos édifiantes de l'exercice, ces derniers retiennent en otage une jeune Chinoise en menaçant la police armée avec une machette en céramique.

    Comment la Chine espère-t-elle "conquérir les cœurs" hors de chez elle via un soft power mâtiné de culture traditionnelle, si elle autorise des publicités d'un racisme aussi éhonté ? Que les entreprises chinoises ne voient aucun problème à produire une publicité aussi indigne, parce que cela ne choque personne en Chine, est fort déplorable. Mais comment accepter que les autorités de Pékin ne disent rien, alors qu'elles n'hésitent pas à censurer tout objet audiovisuel "politiquement déviant"? Pour l'instant, les médias officiels sont dans le déni.

    Cela rappelle la réponse aux critiques des fans du dernier épisode de Star Wars. Sur la version chinoise de l'affiche du film, la taille de l'acteur noir John Boyega avait été considérablement réduite, sans raison. A l'époque, le quotidien officiel chinois Global Times avait nié tout racisme en citant des experts. "La Chine est un pays multi-ethnique, il n'y a pas de discrimination contre les personnes noires, affirmait Steven Dong, professeur à l'Université de la Communication de Chine. Les Chinois et les Africains ont su maintenir une relation d'amitié." On serait tenté de dire que le racisme en Chine est comme la pollution de l'air à Pékin : longtemps le gouvernement a prétendu qu'elle n'existait pas. Mais au final, il a été forcé de l'admettre pour éviter de se mettre en danger. C'est aussi parce que la société civile a fait pression.

    En France, ce n'est qu'à la fin du XXème siècle que les publicités ouvertement racistes n'ont plus eu droit de cité. Avec l'émergence d'associations comme SOS Racisme, les mœurs et surtout le gouvernement ont évolué vers une éducation populaire antiraciste, avec la publicité comme vecteur de contre-attaque. Sur ce plan, le changement en Chine demande une prise de conscience d'une partie de la société. A moins que le gouvernement souhaite éviter de perdre la face devant les étrangers. Pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, les Chinois avaient été interdits de cracher car cela faisait mauvais genre aux yeux des visiteurs. Le racisme aussi est une perte de face.

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  • Les Kurdes syriens auront pignon

    sur rue à Paris

    LE MONDE | 12.05.2016 à 06h44 • Mis à jour le 12.05.2016 à 12h09 | Par Marc Semo  

    LIEN

     

    Le drapeau du Parti de l’union démocratique (PYD) kurde lors d’une manifestation à Kamechliyé, la « capitale » du Rojava, en Syrie, le 4 février 2016.

    Il aura fallu l’accord au moins implicite des autorités françaises. Une « représentation du Rojava en France » ouvrira ses portes le 23 mai à Paris, dans un local de quelque 300 m2 proche de l’Hôtel de Ville. Les Kurdes syriens, qui ont proclamé leur autonomie en mars comme « entité fédérale démocratique » dans les zones qu’ils contrôlent au nord du pays, auront désormais pignon sur rue à Paris, après Moscou – dès l’automne 2015 – puis, ces dernières semaines, Stockholm et Berlin.

    « C’est une reconnaissance tacite, officieuse, certes, mais qui est un premier pas », se félicite Patrice Franceschi, « écrivain-aventurier », comme il se revendique lui-même, engagé à fond dans la cause des Kurdes syriens. Il a joué, avec d’autres, un rôle-clé dans cette initiative.

     

    Le « gouvernement régional kurde irakien », reconnu par la Constitution irakienne de 2005, a déjà depuis des années des représentations officielles dans nombre de capitales occidentales. Le cas du Rojava dans une Syrie en pleine guerre civile est différent. « Nous avons reconnu la coalition nationale syrienne », rappelle-t-on au Quai d’Orsay.

    Lire aussi :   Les Kurdes de Syrie proclament unilatéralement une entité « fédérale »

    Cette inauguration ne pourra qu’irriter l’opposition syrienne. Aux yeux de celle-ci, le Parti de l’union démocratique (PYD), devenu hégémonique dans les trois cantons kurdes qu’il contrôle, a toujours entretenu des relations plus qu’ambiguës avec le régime de Bachar Al-Assad, qui s’est retiré en 2012 sans combattre dans ces zones en lui laissant le pouvoir. Les autorités turques, elles, considèrent le PYD comme « organiquement » lié au PKK – classé organisation terroriste par l’Union européenne et par Washington –, qui mène depuis 1984 une lutte armée contre Ankara.

    « Cause fédératrice »

    Partenaire indispensable dans la lutte au sol contre l’organisation Etat islamique (EI), le PYD est devenu depuis deux ans un interlocuteur pour les Occidentaux. Son leader historique et coprésident, Salih Muslim, a ses entrées aussi bien à Washington que dans les capitales européennes engagées en Irak et en Syrie. En janvier 2015, François Hollande avait reçu à l’Elysée deux combattantes en uniforme des YPG – les milices du PYD – qui avaient affronté et vaincu l’EI dans la ville de Kobané.

    Diplomatie oblige, Paris devrait faire profil bas pour l’inauguration. Les Kurdes syriens, eux, sont bien décidés à marquer le coup. Le « premier ministre » du Rojava, Hakram Isso, ou au moins son « ministre des affaires étrangères », Abdul Karim Omar, ainsi que Salih Muslim devraient être présents. Plusieurs députés et sénateurs français également, et probablement la maire de Paris, Anne Hidalgo. « C’est une cause fédératrice, car nous avons le même ennemi », souligne Patrice Franceschi, qui s’active pour ouvrir un « centre culturel francophone » à Kamechliyé, la « capitale » du Rojava.

    Lire notre reportage :   A Kamechliyé, capitale fantôme du Kurdistan de Syrie

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  • Syrie : l’ONU réclame une enquête

    après

    le bombardement d’un camp de déplacés

     

    06/05 11:02 CET

      | mis à jour le 06/05 - 12:33    Lien

     

    "Nous sommes des déplacés. Ils ont brûlé des gens ici, ils ont

    incendié des tentes."

    Les condamnations se multiplient après les raids aériens qui ont frappé hier un camp

    de déplacés dans le nord de la Syrie, près de la frontière turque. Le bilan fait état

    d’une trentaine de morts et de dizaines de blessés. On ignore à ce stade, qui est à

    l’origine de ces frappes. Les partisans des rebelles accusent les avions du régime de

    Bachar al-Assad.

    “Nous sommes des déplacés, dit un rescapé. Ils ont brûlé des gens ici, ils ont incendié

    des tentes.

    “Il y a un feu dans le camp, explique ce sauveteur. Quelques tentes ont brûlé. Il y

    avait un corps ici, probablement celui d’une femme. Nous l’avons transporté vers

    l’hôpital de Bab al-Hawa.”

    Ce camp est situé dans un secteur contrôlé par le Front al-Nosra, qui est exclu de

    l’accord de la trêve, à l’instar des djihadistes du groupe Etat islamique. Les Nations

    Unies ont réclamé l’ouverture d’une enquête.

    Par ailleurs, les rebelles islamistes ont repris le contrôle de la localité de Khan

    Thoumane près d’Alep, au terme d’une bataille qui a fait plus de 70 morts.

    Par Julien Pavy | Avec AFP

     

     

     
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  •         Une femme lève le poing face

    aux néonazis : l'histoire

    d'une photo symbole

    Une femme lève le poing face aux néonazis : l'histoire d'une photo symboleLors de la manifestation du Mouvement de résistance nordique à Borlange, en Suède, le 1er mai 2016. (David Lagerlöf / Expo / AFP)

    "Je n'ai pas peur d'eux", raconte Tess Asplund, la femme qui s'est opposée aux manifestants d'extrême droite.

       

      C'est une de ces photos dont on perçoit au premier regard la force symbolique : une femme se tient, poing levé à la manière du Black Power, face à trois hommes qui marchent en ligne face à elle. Ces derniers portent un même uniforme, partagent la même coupe de cheveux à la mode skinhead, arborent une expression peu avenante, bref, ils donnent plus envie de changer de trottoir que de leur barrer la route. Et pourtant, la femme se dresse, donnant lieu à une image devenue instantanément iconique en Suède, et qui vire aujourd'hui au phénomène planétaire. Décryptage. 

      Que montre la photo ? 

      L'image a été prise par le photographe David Lagerlof le 1er mai à Borlange, en Suède, lors d'une manifestation anti-immigration organisée par un groupe de néonazis, le Mouvement de résistance nordique. Ce jour-là, les suprémacistes blancs ont réuni environ 200 partisans dans la rue, mais doivent faire face à la présence de contre-manifestants venus plus nombreux. Parmi ces derniers figure Tess Asplund, une militante antiraciste. En tête de cortège, elle se place devant trois leaders du groupe et brandit pacifiquement et silencieusement le poing en signe d'opposition.

      "Je n'ai pas vraiment réfléchi, j'ai juste bondi", raconte Tess Asplund à la radio locale P4 Dalarna.  "Je me suis juste dit : 'vous n'avez pas à être là'. Alors, l'un d'entre eux m'a fixé du regard, et je l'ai dévisagé en retour.  Il n'a rien dit, je n'ai rien dit non plus."

      Tess Asplund n'a pas eu l'occasion de poursuivre longtemps cette confrontation, les policiers chargés d'encadrer la manifestation l'ayant éloignée au bout de quelques secondes. "Ils m'ont demandé de rester à l'écart, ce qui est leur travail, naturellement." Rapatriée sur le trottoir, elle n'en a pas moins continué à lever le bras, comme le montre la séquence de clichés.


       

      (Ulf Palm/TT/Kod 9110/AFP)

      (Ulf Palm/TT/Kod 9110/AFP)

      Au journaliste qui lui rappelle que plusieurs membres du Mouvement de résistance nordique ont été reconnus coupables de violences, Tess Asplund répond :

      "Je n'ai pas peur d'eux."

      Qui est Tess Aplund ? 

      L'auteure de cette bravade qui fait le tour du monde est âgée de 42 ans, dont 26 marqués par la lutte antiraciste, raconte-t-elle sur les ondes suédoises. Venue de Stockholm, Tess Aplund affirme lever régulièrement le poing au ciel dans les manifestations ("Il n'y a rien de nouveau pour moi") et se dit "stupéfaite" de la résonance médiatique de son geste du 1er mai.  Son vœu est que le cliché participera à sensibiliser les spectateurs à la lutte contre le racisme et la xénophobie. 

      Sur son compte Facebook, une photo montre cette femme engagée lors d'une manifestation, derrière une grande banderole.

      Qu'est-ce que le Mouvement de résistance nordique ? 

      Le "Svenska motstandsrörelsen", ou Mouvement de résistance nordique, est un parti politique qui vise rien de moins que "l'instauration d'un gouvernement national-socialiste au terme d'un combat qui pourrait requérir des effusions de sang", écrit le journal britannique "The Independant", citant l'organisation. Certains de ses membres ont, ces dernières années, défrayé la chronique pour des faits de violence, telle l'attaque en 2013 d'un rassemblement antiraciste. Le parti tire profit de la montée du populisme et des discours contre l'immigration que connaît depuis quelques années la Suède, où l'extrême droite a récolté 13% des voix lors des élections législatives de 2014

      (Ulf Palm/TT/Kod 9110/AFP)

      "[Les membres du Mouvement de résistance nordique] ne devraient même pas avoir le droit de défiler.  Ce sont des nazis", attaque Tess Aplund lors d'une interview accordée au journal britannique  "The Independant". 

      "Ils diffusent la haine. Ils veulent une zone 'blanche'. S'ils prenaient le contrôle du pays, ils m'expulseraient, moi et ma famille." 

      Selon le porte-parole de la police de Borlange, Stefan Dangardt, la manifestation a été autorisée en vertu de la Constitution suédoise qui permet d'exprimer librement des opinions et de se rassembler".

      (Ulf Palm/TT/Kod 9110/AFP

      Pourquoi cette photo fait le tour du monde ?

      Comme de nombreuses images d'actualité qui trouvent un grand écho auprès du public, cette photographie iconique en rappelle d'autres. Aux Suédois, elle évoque d'abord la photo de "la dame au sac", laquelle était devenue il y a 30 ans une célébrité nationale pour ce coup asséné à un néo-nazi

       

      Dagens dokumentärtips.
      Tanten (som bara var 38 år) med väskan.http://t.sr.se/1LPnJba 

       

      Et puis, le poing levé de Tess Asplund fait immanquablement penser à ceux de Tommie Smith et John Carlos lors des Jeux olympiques de Mexico en 1968, dont l'image culte symbolise le Black Power. La transposition de ce geste dans cette rue de Suède, associée à la vista du photographe qui a su saisir l'instant décisif, font de cette image un phénomène viral sur les réseaux sociaux – comme sur le compte Facebook de "l'Obs", où notre premier article à ce sujet a fait réagir 28.000 personnes en seulement quelques heures. 

      Pour David Lagerlof, le photographe, ce succès mondial est une belle récompense. Le reporter a couvert la manifestation pour le compte d'Expo, un groupe contre le racisme fondé en 1995 par Stieg Larsson, l'auteur des livres "Millenium". Il ne sait pas si cette photo est vouée à devenir emblématique, mais il se réjouit : 

      "En tant que photographe, j'essaie de toucher les gens avec mes images. Et manifestement, cette photo a touché beaucoup de personnes."

      Cyril Bonnet

      Cyril Bonnet

      Cyril Bonnet

      Journaliste

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    • Peine de mort en 2015: les exécutions au plus haut depuis 1989, s'alarme Amnesty

      Publié le 06-04-2016 à 07h37Mis à jour à 19h36    Lien
       
      Manifestation à Paris le 28 janvier 2016 contre l'usage de la peine de mort par le président iranien Hassan Rohani, en visite en France (c) Afp 
      Manifestation à Paris le 28 janvier 2016 contre l'usage de la peine de mort par le président iranien
      Hassan Rohani, en visite en France (c) Afp
       

      Londres (AFP) - Les exécutions de condamnés à mort ont bondi de plus de 50% dans le monde l'année dernière, atteignant leur plus haut niveau depuis 1989, s'alarme mercredi l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International.

      Dans son rapport annuel sur la peine de mort, Amnesty chiffre à "au moins 1.634" le nombre d'exécutions dans le monde en 2015, soit une hausse de 54% par rapport à 2014. Ces exécutions, recensées dans 25 pays, sont concentrées à 89% dans trois d'entre eux: l'Iran avec au moins 977 exécutions, le Pakistan avec 326 et l'Arabie saoudite avec au moins 158. Viennent ensuite les États-Unis (28).

      Comme d'habitude, ces chiffres n'englobent pas la Chine où ce type de statistiques est classé secret d'État. Mais selon Amnesty, ce pays, où "des milliers" de personnes seraient exécutées chaque année, "reste le premier bourreau mondial".

      "La hausse des exécutions que nous avons observée l'année dernière est profondément inquiétante. Le nombre des exécutions judiciaires en 2015 a été le plus élevé de ces 25 dernières années", a dénoncé Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International, dans un communiqué.

      "L'Iran, le Pakistan et l'Arabie saoudite ont fait exécuter un nombre impressionnant de condamnés à mort, à l'issue bien souvent de procès d'une iniquité flagrante. Ce massacre doit cesser", a-t-il demandé.

      Depuis l'accord historique sur le nucléaire conclu en juillet, l'Iran est engagé dans "d'intenses efforts diplomatiques" avec les grandes puissances occidentales mais "les droits de l'Homme ont été complétement laissés de côté", a dit à l' AFP James Lynch, directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l' Afrique du nord chez Amnesty.

      Au Pakistan, le moratoire sur la peine capitale en vigueur depuis 2008 a été levé suite à l'attaque perpétrée par des talibans dans une école de Peshawar en décembre 2014.

      Quant à l'Arabie Saoudite, environ la moitié des personnes exécutées depuis le milieu des années 1980 sont des étrangers, a précisé James Lynch. "Ce sont généralement des travailleurs migrants (...) qui ne parlent pas l'arabe et ont encore moins de chance d'avoir un procès équitable."

      - 102 pays abolitionnistes -

      "Heureusement, les États qui procèdent à des exécutions sont minoritaires et de plus en plus isolés. Les autres ont pour la plupart renoncé à la peine capitale et, en 2015, quatre nouveaux pays ont complètement retiré ce châtiment barbare de leur législation", s'est toutefois réjoui Salil Shetty.

      L'année dernière, la République du Congo, les îles Fidji, Madagascar et le Suriname ont aboli la peine capitale, si bien que le monde compte maintenant une majorité d'États abolitionnistes (102), relève Amnesty. L'organisation comptabilise un total de 140 pays dans le monde abolitionnistes dans leur législation ou dans les faits, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas procédé à des exécutions au cours des dix dernières années.

      "Malgré l'augmentation choquante des exécutions en Iran, au Pakistan et en Arabie saoudite, la tendance mondiale sur le long terme est à l'abolition de la peine de mort", souligne Amnesty dans son rapport, rappelant que lorsque l'organisation a commencé à faire campagne contre la peine capitale, en 1977, seuls 16 pays l'avaient abolie.

      Pour ce qui est des condamnations à mort en 2015, Amnesty en a recensé "au moins 1.998 dans 61 pays", soit beaucoup moins qu'en 2014 (au moins 2.466 dans 55 pays). "Mais cette diminution est en partie due aux difficultés rencontrées par Amnesty International pour confirmer les données dans plusieurs pays, dont l'Iran et l'Arabie saoudite", regrette l'organisation.

      Ces condamnations sont par exemple prononcées pour meurtre, affaires de drogue, adultère, viol, apostasie, kidnapping, insultes au prophète de l'Islam ou encore pour des infractions liées au terrorisme, énumère l'organisation.

      Selon Amnesty, au moins 20.292 personnes étaient dans le couloir de la mort à la fin de l'année dernière.

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      Un enfant de 8 ans retenu depuis dix jours en zone d’attente à Roissy

      LE MONDE | 31.03.2016 à 19h52 • Mis à jour le 01.04.2016 à 13h27

      Jeudi 31 mars, cela fait dix jours qu’un enfant de 8 ans est dans la « zone d’attente » de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Envoyé par sa mère, il était arrivé le 21 mars en avion, muni du passeport d’un cousin. Sa tante l’attendait à l’aéroport, mais il n’a pas réussi à passer le poste de contrôle. Le préfet a décidé de le placer en « zone d’attente ». La zone d’attente pour personnes en instance (ZAPI) est un endroit où sont habituellement placées des personnes sans papiers qui ne sont pas admises à entrer en France. L’enfant risque d’être expulsé vers les Comores, d’où il est originaire.

      Le 24 mars, le juge des libertés et de la détention de Bobigny a décidé de prolonger son maintien en zone d’attente « dans l’intérêt même de protection de l’enfant ». Une décision confirmée le lendemain par la cour d’appel de Paris, au grand dam d’associations de défense des enfants.

      « Mesure de dernier ressort »

      Le maintien d’un enfant jeune en ZAPI, isolé de ses parents, est exceptionnel, mais l’an dernier déjà deux fillettes, une Ivoirienne de 3 ans et une Française de 6 ans, avaient notamment été retenues respectivement cinq et quatre jours à ce même endroit, avant d’être relâchées.

      Me Isabelle Thieuleux, avocate de l’association La Voix de l’enfant, interrogée sur TV5, dénonce notamment qu’aucune autre solution que l’enfermement n’ait été recherchée.

      La convention internationale des droits de l’enfant veut qu’aucun enfant « ne doit être privé de liberté de façon illégale ou arbitraire » et que toute détention doit « n’être qu’une mesure de dernier ressort ».

      Vendredi 31 mars, l’enfant doit repasser devant le juge des libertés et de la détention de Bobigny, qui doit soit l’autoriser à entrer sur le territoire français, soit le maintenir en zone d’attente avant de le renvoyer aux Comores.

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    • Crimes

      Radovan Karadzic condamné à

      quarante ans de prison pour génocide

      Par Hélène Despic-Popovic 24 mars 2016 à 15:43  lien
       
       

      Radovan Karadzic à l'écoute du verdict, jeudi après-midi, au Tribunal pénal international de La Haye. Photo Robin Van Lonkhuijsen. AFP

      A 70 ans, l'ancien psychiatre serbe de Sarajevo qui plaidait non coupable des crimes de guerre commis en son nom en Bosnie de 1992 à 1995, vient d'être condamné à quarante ans de prison par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

       

      Vingt-quatre ans après le début de la guerre en Bosnie-Herzégovine, le leader des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic a été condamné à quarante ans de prison jeudi par la justice internationale à La Haye. Le procureur qui le poursuivait pour onze chefs d’accusations, dont deux de génocide, avait dans son réquisitoire réclamé la prison à vie pour l’accusé. C’est la première fois qu’un responsable politique de ce niveau est condamné par le Tribunal, une institution créée par l’Onu en 1993 avec l’idée que la peur du jugement pourrait convaincre les leaders de l’ex-Yougoslavie de faire cesser les violences déchirant la région depuis 1991.

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      Costume foncé, cravate rayée, Karadzic, 70 ans, a écouté dans le calme l’énoncé de ce verdict qui dans l’ensemble a suivi le réquisitoire. A une exception près. Le Tribunal n’a pas retenu la qualification de génocide pour les massacres qui ont eu lieu dans les villes de Bosnie autres que Srebrenica. Mais il a souligné que l’accusé était «pénalement responsable» des souffrances endurées par Sarajevo pendant les années de siège et qu’il avait lui-même ordonné la prise de Srebrenica. Douze mille personnes ont été tuées à Sarajevo par les tirs incessants des forces serbes de Bosnie juchés sur les collines, tandis que 8 000 autres musulmans sont morts à Srebrenica, essentiellement des hommes adultes exécutés sommairement, avec le «consentement» de Karadzic, selon le juge.

      A-t-il seulement jamais compris que ses gesticulations désordonnées et ses rodomontades décousues d’insomniaque discourant jusqu’au petit matin ont été à l’origine des pires crimes commis en Europe à la fin du XXe siècle? A le voir sagement assis au banc des accusés du Tribunal pénal international qui vient de le condamner à quarante années de prison, on pourrait penser que non. Malgré ses huit ans en détention, Radovan Karadzic, qui plaidait non coupable de tout ces crimes de guerre commis en son nom en Bosnie de 1992 à 1995, n’a pas intégré la réalité, celle du siège de Sarajevo sous la mitraille, du génocide de Srebrenica et de ces cohortes de réfugiés bosniaques musulmans arrachés à leurs foyers parce qu’ils n’étaient pas de la bonne ethnie ni de la bonne foi. Et, la veille du verdict, l’homme aujourd’hui âgé de 70 ans, avait affirmé dans une interview, sans la moindre ironie qu’il s’attendait à être acquitté des onze chefs d’accusation -dont deux pour génocide- pour lesquels il comparaissait devant le Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie à La Haye. «Mes attentes sont les mêmes. Je sais ce que je voulais, ce que j’ai fait, et ce dont j’avais rêvé. Il n’existe pas un tribunal raisonnable qui me condamnerait», a déclaré Karadzic, à Birn, un réseau régional d’information sur des sujets de justice, en se présentant comme «un homme de paix».

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      Visage émacié

      Le psychiatre serbe de Sarajevo n’a plus la crinière flamboyante qui, au début des années 90, le rendait reconnaissable de loin, tant sur les fronts que dans les salles feutrées des négociations. Les vingt années passées depuis les faits l’ont passablement vieilli. Son visage est émacié, ses cheveux blancs et plats, et ses yeux n’ont plus le pétillant des années de guerre, celles que son collaborateur Nikola Koljevic, professeur spécialiste de Shakespeare, qui s’est suicidé à la fin du conflit, décrivait comme «la formidable aventure de la création d’un Etat». Karadzic, le leader politique des Serbes de Bosnie, tout comme son chef militaire, le général Ratko Mladic, ont perdu la guerre et sont tous deux emprisonnés à La Haye, mais ils n’ont pas complètement perdu la paix, puisque leur création, la Republika Srpska, a été reconnue comme partie intégrante mais séparée d’une Bosnie-Herzégovine fédéralisée par les accords de Dayton en 1995. Le verdict prononcé le 24 mars contre Karadzic, tout comme celui qui frappera plus tard Mladic dont le procès traîne en longueur, entre autres en raison à cause de sa mauvaise santé, panseront peut-être les plaies d’une partie des victimes et familles de victimes de la guerre en Bosnie, mais ils ne changeront rien aux institutions de la Bosnie, qui restera le pays le plus divisé et le moins fonctionnel d’Europe. Il n’aura aucun impact non plus sur la manière dont les Serbes de Bosnie perçoivent encore aujourd’hui la guerre des années 90. «L’armée de la République serbe de Bosnie a mené une guerre juste et honnête, autant que faire se peut» souligne, dans la dernière livraison de Politique internationale (Hiver 2015-2016), Milorad Dodik, l’actuel président social-démocrate de la Republika Srpska, qui n’a jamais appartenu au parti nationaliste créé par Karadzic dans les années 90. Quant au Tribunal pénal de La Haye, «la partialité de ses décisions a été évidente», fait remarquer le même Dodik, reprochant par là au Tribunal d’avoir essentiellement jugé des Serbes.

      Bosnian Serb wartime leader Radovan Karadzic appears in the courtroom for his appeal judgement at the International Criminal Tribunal for Former Yugoslavia (ICTY) in The Hague, The Netherlands, on July 11 2013. AFP PHOTO/ POOL/MICHAEL KOOREN / AFP / POOL / MICHAEL KOORENRadovan Karadzic au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye, le 11 juillet 2013.

      Photo Michael Kooren. AFP

      «La conscience claire mais le cœur gros»

      A la fin des années 80, il était clair que la Yougoslavie socialiste, orpheline de Tito, n’en avait plus pour longtemps à vivre. Les républiques les plus riches, Slovénie et Croatie en tête, mais aussi les régions pauvres, comme le Kosovo, rêvaient d’indépendance. Disséminées sur plusieurs de ces territoires, avant tout en Croatie et en Bosnie, les populations serbes craignaient de se voir coupées de leurs frères de Serbie. Des rencontres de leurs représentants avec l’homme fort de Serbie, Slobodan Milosevic, un politicien madré qui se voyait déjà en nouveau Tito, naquit le projet de contrer, par la force, ces tendances centrifuges, voire de redessiner les frontières du pays de manière à regrouper les Serbes dans un seul et même pays. Avant cette rencontre funeste, Karadzic n’est qu’un psychiatre provincial qui se pique de poésie. Un montagnard issu d’un village du Monténégro qui se sent mal à l’aise dans ce milieu très urbain et multiculturel qu’est Sarajevo. Même devenu médecin, il reste un fils de Tchetnik, ce mouvement de résistants royalistes qui finirent par collaborer avec les nazis par anticommunisme, une étiquette dure à porter dans une Bosnie qui se pique alors d’être la région restée la plus fidèle à Tito. Emprisonné pendant onze mois pour une histoire peu claire de détournement de fonds (son père fit cinq ans de prison en tant que Tchetnik), Karadzic se croit victime de persécutions politiques. Sa vision du monde est apocalyptique, sa poésie noire, à l’image des vers de son poème consacré à Sarajevo: «Čujem korake razaranja, Grad gori kao tamjan u crkvi, U dimu vidim našu savest» (J’entends les pas de la destruction, La ville brûle comme de l’encens à l’église, Dans la fumée, je vois notre conscience.)

       La faute à la «guerre civile»

      Alors que le pays se défait, Karadzic agite des idées simples: si les peuples de l’ex-Yougoslavie ne peuvent plus vivre ensemble, pourquoi les peuples de Bosnie (Serbes, Croates et Bosniaques musulmans qu’on appelle à l’époque Musulmans -avec un grand M) le pourraient-ils? L’objectif des nationalistes serbes devient alors de les séparer. Peu importe qu’ils vivent souvent, en ville surtout, dans les mêmes maisons, les mêmes immeubles, et que les villages soient eux-mêmes multiethniques. Peu importent les volontés individuelles. Les cartographes se piquent de déterminer qui est majoritaire où et à qui appartiennent les terres. On dessine, on découpe. Les nationalistes serbes réclament 70% du territoire. Sur le terrain, de sinistres milices éjectent les populations non désirables: c’est le nettoyage ethnique qui, de Mostar à Jajce en passant par Sarajevo, Bihac et Banja Luka, outre qu’il fait des dizaines de milliers de morts, déplace des centaines de milliers d’autres personnes. Dans la multitude de rencontres qu’il a, à l’époque, avec la presse, Karadzic qui, un rien cabotin, adore être sous le feu des projecteurs, est bien contraint de reconnaître l’existence de nombreux crimes. «C’était le chaos, se justifiait-il alors, les routes étaient coupées, les ordres ne passaient pas.» La faute à la «guerre civile», dira-t-il dans son adresse finale à la Cour présidée par le juge coréen O-Gon Kwon, le 7 octobre 2014. «J’ai la conscience claire mais le cœur gros», poursuivra-t-il en soulignant qu’il y avait eu des crimes, mais qu’il mettait la Cour au défi de trouver le moindre document prouvant qu’ils avaient été ordonnés par ses soins.

      Le verdict du procès Karadzic (600 témoins, 48000 pages de procès-verbaux, 11500 éléments de preuve) constitue le clou de l’existence du Tribunal pénal international de La Haye, une juridiction ad hoc instituée le 25 mai 1993 par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui a déjà traité 149 affaires et condamné 80 accusés. Il devrait achever ses travaux en 2017 après avoir jugé le général Mladic. La cavale des deux hommes (Karadzic a été arrêté en 2008 sous les traits grimés du bon Dr Dabic, un naturopathe exerçant à Belgrade, et Mladic en 2011 alors qu’il se cachait dans la maison d’un vague cousin en Voïvodine) a certainement rallongé les travaux du Tribunal pénal. Et l’histoire dira si la décision de juger les protagonistes des guerres yougoslaves si loin du théâtre d’opérations et des yeux lassés des opinions publiques aura contribué, comme l’entendaient les hommes qui ont créé ce Tribunal, à réconcilier entre eux les nations de l’ex-Yougoslavie.

      Hélène Despic-Popovic
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    • Turquie: huit avocats défendant la cause kurde arrêtés

      la police à Istanbul

       

      © AP Photo/ Lefteris Pitarakis
      International
      10:46 17.03.2016(mis à jour 10:47 17.03.2016)Lien

      Huit avocats appartenant à une organisation défendant la cause kurde ont été arrêtés lors d'une rafle de la police à Istanbul mercredi, trois jours après un attentat suicide meurtrier à Ankara attribué par les autorités au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

      "Huit de nos collègues ont été interpellés tôt ce matin par la police, qui n'a présenté aucune justification à cette mesure", a annoncé l'Association des avocats libertaires (OHO) sur son compte Twitter.

      Cette association avait déposé une plainte auprès de la Cour constitutionnelle turque pour invalider la légalité des opérations de sécurisation lancées par Ankara contre des bastions kurdes du sud-est anatolien, où les partisans du PKK ont lancé un "soulèvement".

      Ces interpellations interviennent dans la foulée de déclarations du président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan qui, après l'attentat qui a fait 35 tués dimanche à Ankara, a plaidé pour élargissement de la définition des crimes terroristes en Turquie, rapporte l`AFP.

      Recep Tayyip Erdogan
      © REUTERS/ Murat Cetinmuhurdar/Presidential Palace
      "Il n'y a pas de différences entre un terroriste qui tient une arme et quelqu'un qui utilise sa position et un stylo jusqu'au point de soutenir le terrorisme", a déclaré M. Erodgan lundi soir, qu'ils soient universitaires, avocats, écrivains, journalistes ou humanitaires, cela ne change rien au fait qu'ils sont des terroristes", a-t-il ajouté.

      La justice turque a placé en détention mardi trois universitaires accusés de "propagande terroriste" pour avoir signé une pétition dénonçant les violences de l'armée dans ses opérations contre les rebelles kurdes, rapporte l`AFP.

      Le conflit kurde a repris l'été dernier et a fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés par le gouvernement avec le PKK fin 2012.

      Le régime turc, accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire, a depuis multiplié les procédures judiciaires pour "propagande terroriste", contre le principal parti pro-kurde, le Parti démocratique des peuples (HDP), la presse et les intellectuels.

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      Droits humains: Madagascar épinglé

      par

      Amnesty international

      La gouvernance de Hery Rajaonarimampianina et de son administration est épinglée par
      le dernier rapport d'Amnesty international.
      © AFP PHOTO/RIJASOLO
       

      Par RFI Publié le 27-02-2016 Modifié le 27-02-2016 à 11:12

      Amnesty International vient de publier son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde. Pour ce qui est du cas de Madagascar, le bilan est accablant : le pays n'a connu aucune amélioration en matière de droits de l'Homme depuis ces deux dernières années. Selon la société civile, la situation a même empiré.
       

      Sans détour, le rapport annuel d'Amnesty International liste les exactions commises par le régime du président Rajaonarimampianina : « Exécutions extrajudiciaires contre des voleurs présumés de bétail, actes d'intimidation à l'encontre des journalistes, des étudiants et des militants écologistes, recours excessif à la force, ... ». Le tout, sur fond d'impunité quasi-totale.

      Andrianirainy Rasamoely, président des associations pour la défense des droits Humains à Madagascar, confirme la teneur du rapport. « L’Etat malgache, les agents de l’Etat en particulier, sont les premiers à bafouer les droits humains à Madagascar. Ceux qui sont responsables de l’application des lois… Ils pillent, ils volent, ils exécutent, des fois sans raison… des gens, des témoins… Mais on a peur de dénoncer parce que les représailles sont dures ».

      Dans la Grande île, 92% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. Pour le défenseur des droits humains, pauvreté et mauvaise gouvernance ont détérioré la situation. « [C’est] pire qu’avant ! Les élèves préfèrent voler des bœufs ou rester à la maison plutôt que d’aller à l’école parce qu’il n’y a aucun rapport entre l’école et les activités socio-économiques. Ça ne sert à rien d’y aller ! Pour aboutir à quoi ?? C’est un fiasco ! »

      Un fiasco, imputable notamment à l'instabilité politique de l'année 2015. Le rapport ne manque pas de rappeler l'épisode du vote des députés en faveur de la destitution du Président de la République. Ce dernier en avait tout simplement rejeté le résultat.

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