• Attentats de Bruxelles : Mohamed Abrini a reconnu être l’« homme au chapeau »

    LE MONDE | 09.04.2016 à 17h04 • Mis à jour le 09.04.2016 à 19h43   Lien

     

    Le parquet belge a arrêté et identifié le deuxième homme qui était dans le métro au moment des attentats.

    Au lendemain de l’arrestation de Mohamed Abrini et de cinq autres personnes à Bruxelles, les autorités belges ont procédé à l’inculpation de quatre d’entre elles pour « participation à des activités d’un groupe terroriste » et « assassinats terroristes ». Mohamed Abrini est passé aux aveux et a reconnu être l’« homme au chapeau » de l’attentat de l’aéroport de Bruxelles.

    Des perquisitions, menées samedi 9 avril dans le quartier d’Etterbeek à Bruxelles, se sont révélées « négatives » mais le pays reste en état d’alerte, comme l’a rappelé le gouvernement.

    • Mohamed Abrini, qui était l’homme le plus recherché d’Europe depuis l’arrestation, le 18 mars, de son complice présumé Salah Abdeslam, a été placé sous mandat d’arrêt samedi. Le lendemain de son arrestation, il a reconnu qu’il était le troisième homme présent lors de l’attentat à l’aéroport de Bruxelles, a annoncé le parquet fédéral belge. Il a aussi expliqué avoir jeté sa veste dans une poubelle et revendu son chapeau ensuite. Ce Belgo-Marocain de 31 ans est considéré comme le « onzième homme » des attentats de Paris. Il est soupçonné d’avoir effectué deux trajets entre Bruxelles et Paris avec les frères Abdeslam dans les jours précédant les attaques, et les enquêteurs pensent surtout l’avoir reconnu à Bruxelles lors du dernier convoi, celui qui conduira les kamikazes jusqu’à Paris.

    Lire le portrait:   Mohamed Abrini, voyou presque ordinaire de la petite pègre de Molenbeek

    • Un homme identifié comme Osama K., également inculpé, a été identifié comme étant « le deuxième homme qui était présent lors de l’attentat commis dans la station de métro Maelbeek », le 22 mars. Il a été filmé en train de discuter avec le kamikaze peu avant que ce dernier se fasse exploser. Il a aussi été filmé dans le complexe commercial bruxellois City 2 achetant les sacs qui seront utilisés par les kamikazes de l’aéroport. Jusqu’ici recherché sous l’identité d’emprunt – Naim Al-Hamed – figurant sur son faux passeport syrien, Osama K. est arrivé en Europe avec le flux de migrants par l’île grecque de Leros, le 20 septembre 2015.

    Lire l’analyse :   La cellule terroriste de Paris et Bruxelles a-t-elle été « anéantie » ?

    • Hervé B.M, un homme de nationalité rwandaise interpellé en même temps que Osama K., est également accusé de participation aux activités d’un groupe terroriste et de complicité d’assassinats terroristes.
    • Un dénommé Bilal E. M« a également été privé de liberté », ajoute le parquet, soupçonné d’avoir aidé Mohamed Abrini et Osama K. Il pourrait s’agir, selon la presse belge, d’un homme condamné en 2015 dans le procès de Sharia4Belgium, organisation chargée de recruter et d’envoyer des combattants en Syrie et en Irak. Il aurait lui-même perdu une jambe lors de combats en Syrie, avant de revenir en Belgique où il a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis. Il avait ensuite été autorisé à purger le reste de sa peine sous surveillance électronique.

    Lire la synthèse:   L’arrestation d’Abrini, avancée spectaculaire de l’enquête

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  • Attentats à Paris et à Bruxelles : le suspect-clé Mohamed Abrini arrêté

    Le Monde.fr avec AFP | 08.04.2016 à 17h20 • Mis à jour le 08.04.2016 à 23h40

    Mohamed Abrini faisait l'objet d'un mandat d'arrêt depuis le 24 novembre.

    Mohamed Abrini, suspect-clé dans les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis et du 22 mars à Bruxelles, a été arrêté vendredi 8 avril ainsi que deux autres personnes dans la commune bruxelloise d’Anderlecht, a confirmé le parquet fédéral belge lors d’une conférence de presse. L’enquête se poursuit pour déterminer s’il est bien le troisième homme filmé à l’aéroport de Bruxelles et surnommé « l’homme au chapeau ».

    Oussama K., alias Naïm Al-Hamed, a également été interpellé à Bruxelles vendredi matin, « de même que Hervé B. M. », a dit le porte-parole du parquet, Thierry Wert. « L’enquête se poursuit activement afin de vérifier si Oussama K. est, ou non, la seconde personne qui était présente lors de l’attentat de la station de métro Maelbeek » le 22 mars, a-t-il ajouté.

    Après plus de deux semaines de traque sans résultats, ces arrestations marquent donc une étape importante. Mohamed Abrini est l’un des personnages les plus énigmatiques des enquêtes sur les attentats. Ce Belgo-Marocain de 31 ans, sous le coup d’un mandat d’arrêt français depuis le 24 novembre, figurait sur la liste des fugitifs les plus recherchés d’Europe.

    Lire aussi :   La cellule terroriste de Paris et Bruxelles a-t-elle été « anéantie » ?

    Sa trace s’évapore la veille des attentats de Paris

    « Il ressort de l’instruction sur les attentats de Paris que Mohamed Abrini et Salah Abdeslam ont loué l’appart-hôtel à Alfortville juste avant les attentats, a dit Thierry Wert vendredi. C’est dans cet appartement que plusieurs des terroristes kamikazes ont séjourné peu avant les attentats de Paris. »

    Mohamed Abrini est suspecté d’avoir accompagné en région parisienne les équipes qui ont commis les attentats à Paris et Saint-Denis. Le 11 novembre, il est filmé dans une station-service de Ressons, dans l’Oise, en compagnie de Salah Abdeslam. Mohamed Abrini est alors au volant de la Clio noire qui servira deux jours plus tard aux tueries.

    Lire aussi :   Attentats de Bruxelles : un avis de recherche diffusé par la police belge

    Le lendemain, il est de nouveau repéré en Belgique dans une station-service près de la frontière française, toujours dans une des voitures du convoi qui conduisait les terroristes à Paris. A-t-il participé aux attentats, fourni une assistance logistique ou seulement fait office de chauffeur ? Sa famille assure qu’il était à Bruxelles le soir du 13 novembre. Son arrestation devrait permettre d’éclairer les enquêteurs sur ce point.

    Abdeslam le défausse de toute implication

    Concernant son éventuelle implication dans les attentats de Bruxelles, l’enquête semble avoir marqué une avancée importante vendredi. Selon une source proche de l’enquête contactée par Le Monde, les principaux assaillants des attentats de Paris et Saint-Denis, et de ceux de Bruxelles semblent avoir été interpellés.

    Jusqu’ici, les investigations avaient permis de mettre en lumière une seule et même cellule ayant commandité les attentats dans les deux capitales européennes. Salah Abdeslam, proche de Mohamed Abrini, est d’ailleurs suspecté d’avoir eu connaissance des attaques de Bruxelles.

    « Les empreintes digitales et l’ADN de Mohamed Abrini ont été identifiés dans les planques rue Max Roos et rue Henri Bergé à Schaerbeek, a fait savoir le parquet. »

    Lire aussi :   Salah Abdeslam, pierre angulaire de l’enquête sur les attentats du 13 novembre

    Lors de ses deux heures de garde à vue devant les enquêteurs belges, le 19 mars, dont Le Monde a pu consulter le contenu, Salah Abdeslam s’était vu présenter une photographie de Mohamed Abrini. L’ennemi public numéro un avait alors donné son nom sans hésiter, mais l’avait, malgré les lourds soupçons qui pèsent contre lui, dédouané de toute responsabilité dans les attentats du 13 novembre :

    « C’est Mohamed Abrini. C’est mon voisin. Il n’a rien à voir avec les attentats de Paris. Il n’a rien fait. Il a été à Paris pour m’accompagner avant les faits, lorsque je m’y suis rendu pour louer l’hôtel. »

    Les policiers l’avaient relancé, lui demandant s’il savait où il se trouve : « Je l’ignore », avait-il répondu, ajoutant : « Je ne l’ai jamais vu dans mes différentes planques. »

    Lire aussi :   Ce que Salah Abdeslam a dit lors de son audition, ce que montrent les éléments de l’enquête

    Une enfance aux côtés de la famille Abdeslam

    Né le 27 décembre 1984, Abrini, alias « Brioche », a grandi avec ses trois frères et ses deux sœurs dans la commune bruxelloise de Molenbeek à côté de la famille Abdeslam. « Salah et Mohamed sont copains depuis l’adolescence », selon des proches.

    A 18 ans, il abandonne ses études de soudeur et commence à graviter dans la mouvance islamiste de la commune. Mohamed Abrini est également bien connu des services de police, notamment pour de multiples vols, détention de drogue, port d’arme et évasion de détenus. Associé dans un snack, il quitte l’établissement il y a quelques mois, avant qu’il ne fasse faillite.

    Lire aussi :   Salah Abdeslam, le caïd insaisissable

    Des voyages suspects en 2015

    Durant l’été 2015, Mohamed Abrini multiplie les voyages. En juin, il atterrit à Istanbul et les enquêteurs le soupçonnent d’avoir effectué « un bref passage » en Syrie. Son jeune frère, Souleymane, 20 ans, y est mort en 2014 après avoir combattu dans la katiba (brigade islamiste) Al-Muhajireen, d’Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats parisiens.

    Mi-juillet, Mohamed Abrini est repéré en Grande-Bretagne, notamment à Birmingham, fief des islamistes britanniques. En août, il part depuis l’Allemagne au Maroc. Puis, sa trace disparaît jusqu’aux jours précédant les attentats en région parisienne.

    Lire aussi :   Attentats de Bruxelles : l’enquête marque le pas

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  • « Panama papers » : Cameron admet avoir eu des parts dans un fonds offshore de son père

    Le Monde.fr avec AFP | 07.04.2016 à 20h41 • Mis à jour le 07.04.2016 à 23h43 | Par Philippe Bernard (Londres, correspondant) Lien

    David Cameron, en octobre 2014. David Cameron, en octobre 2014. OLI SCARFF / AFP

    Après trois jours de semi-déni et quatre communiqués gênés face aux accusations contenues dans les « Panama papers », le premier ministre britannique David Cameron a dû changer de braquet. Il a admis, dans la soirée du jeudi 7 avril, qu’il avait tiré profit du fonds fiduciaire (« trust ») que son père Ian, décédé en 2010, avait géré via le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca sans payer le moindre impôt pendant trente ans.

    Lors d’une interview télévisée organisée spécialement sur la chaîne ITV, M. Cameron a reconnu que son épouse Samantha et lui-même avaient détenu entre 1997 et 2010 des parts de Blairmore Holding Inc, le fonds géré par son père. Cette période inclut l’époque où il était le leader de l’opposition conservatrice. Le premier ministre a affirmé avoir réalisé un profit de 19 000 livres (23 500 euros) en les vendant en 2010 juste avant de devenir premier ministre. « Je ne voulais pas que quelqu’un puisse dire que j’avais d’autres agendas ou des intérêts privés », a-t-il justifié, affirmant avoir, sur cette somme, payé l’impôt sur le revenu mais non celui sur les gains en capital.

    Le premier ministre a aussi affirmé qu’il ignorait si les 300 000 livres dont il avait hérité de son père avaient bénéficié d’une exemption fiscale liée à la domiciliation à Jersey de la société qui les gérait. « Je ne peux à l’évidence pas remonter à la source de chaque somme d’argent, a-t-il expliqué, et Papa n’est plus là à présent pour que je lui pose ces questions. » Alors que les « Panama papers » remettent en lumière ses origines favorisées, M. Cameron, ancien de l’école ultra-chic d’Eaton, a assuré qu’il n’avait « jamais caché le fait qu’il avait eu beaucoup de chance d’avoir des parents fortunés qui [lui avaient] donné une éducation formidable et ont financé pour moi une école extraordinaire ». « Je n’ai jamais prétendu être quelqu’un que je ne suis pas », s’est-il défendu.

    Lire aussi :   « Panama papers » : le père de David Cameron avait créé une société offshore

    Communication douteuse

    Ces explications interviennent après trois jours d’une communication erratique passant du « No comment » absolu au semi-aveu. Ces errements pourraient contribuer à affaiblir dangereusement un premier ministre déjà aux prises avec une difficile campagne pour le référendum du 23 juin sur le maintien ou la rupture avec l’Union européenne.

    Lundi, après les premières révélations des « Panama papers » dans les médias britanniques partenaires – la BBC et The Guardian - Downing Street avait affirmé que le patrimoine du premier ministre relevait d’une « affaire privée ». Mardi, M. Cameron lui-même avait cru mettre un terme à la polémique en déclarant qu’il ne possédait personnellement « aucune part » de société. Mais la presse avait insisté sur le fait que cette déclaration ne couvrait ni sa famille au sens large, ni le passé.

    Quelques heures plus tard, les services du premier ministre avaient cru bon de diffuser un communiqué commençant par une formule qui apparaît aujourd’hui malheureuse : « Pour être clair… ». Le texte affirmait que ni le premier ministre, ni sa femme, ni leurs enfants ne bénéficiaient de revenus off shore. Mais il reconnaissait que M. Cameron « possède un petit nombre de parts lié à des terrains de son père, et dont il déclare les revenus. » Mercredi, devant les protestations de l’opposition et l’incrédulité de la presse, la communication gouvernementale s’était faite encore plus énigmatique pour masquer un nouveau recul : « A l’avenir, le premier ministre ou ses enfants ne tireront des bénéfices d’aucun fonds off shore ou société fiduciaire. »

    Lire aussi :   David Cameron éclaboussé par le scandale des « Panama papers »

    « Crise morale »

    L’opposition travailliste a estimé jeudi soir que le sommet du parti conservateur était secoué par « une crise morale ». « Après avoir refusé pendant quatre jours de répondre à cette question, David Cameron a finalement été forcé d’admettre qu’il avait directement touché des profits de Blairmore, une société qui n’a payé aucun impôt pendant trente ans », a fustigé Richard Burgon, le ministre des finances du cabinet fantôme Labour en exigeant que le premier ministre s’explique devant le Parlement dès lundi.

    La position de M. Cameron apparaît d’autant plus difficile que depuis son arrivée au pouvoir, il se pose en champion de la transparence financière. Il promet de rendre obligatoire, en juin, l’inscription sur un registre central des propriétaires réels des entreprises britanniques et doit présider en mai à Londres un sommet anti-corruption. Mais jeudi, le Financial Times a révélé qu’en 2013, il était intervenu auprès de Bruxelles pour que les mesures de transparence préparées par l’Union européenne n’incluent pas les fonds fiduciaires analogues à celui que son père avait géré et dont on sait à présent que M. Cameron junior a personnellement bénéficié.

    Lire aussi :   « Panama papers » : le régulateur financier britannique demande des explications aux banques

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      4 paquebots, 4 milliards d'euros & 3500 emplois directs : le contrat entre STX France et est signé 
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    2. "Panama papers" : les 979 sociétés offshore créées par la Société générale via Mossack Fonseca

      LE MONDE | 05.04.2016 à 11h31 • Mis à jour le 05.04.2016 à 11h36 | Par Anne Michel

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      Les sociétés enregistrées par la Société générale chez Mossack Fonseca.

      La Société générale, l’une des grandes banques françaises, est l’un des principaux clients de Mossack Fonseca, comme le révèlent les « Panama papers » et l’enquête du Monde. L’analyse des données de la firme panaméenne place la Société générale dans le « top 5 » des banques qui ont créé le plus grand nombre de sociétés offshore par son entremise, depuis la création de Mossack Fonseca en 1977 jusqu’en 2015.

      Les « Panama papers » en trois points

      • Le Monde et 108 autres rédactions dans 76 pays, coordonnées par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), ont eu accès à une masse d’informations inédites qui jettent une lumière crue sur le monde opaque de la finance offshore et des paradis fiscaux.
      • Les 11,5 millions de fichiers proviennent des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore, entre 1977 et 2015. Il s’agit de la plus grosse fuite d’informations jamais exploitée par des médias.
      • Les « Panama papers » révèlent qu’outre des milliers d’anonymes de nombreux chefs d’Etat, des milliardaires, des grands noms du sport, des célébrités ou des personnalités sous le coup de sanctions internationales ont recouru à des montages offshore pour dissimuler leurs actifs.

      Ce n’est pas au siège parisien de la banque que s’organise ce business offshore, mais dans ses filiales en Suisse, au Luxembourg et aux Bahamas, loin des projecteurs et à distance du superviseur bancaire français. Des territoires où jusqu’à présent, le secret bancaire a prévalu. Au total, la Société générale compte à son actif 979 sociétés offshore, immatriculées par Mossack Fonseca, derrière la britannique HSBC (2 300 sociétés), les suisses UBS (1 100 sociétés) et Crédit Suisse (1 105 sociétés), toutes trois poursuivies dans des scandales de fraude fiscale.

      L’intégralité de l’enquête en édition abonnés :   La Société générale, une banque au cœur de l’évasion fiscale

      Pourtant, depuis la crise financière de 2008, les banques défendent leur recentrage sur le financement de l’économie réelle et la fin des activités opaques et risquées. Elles sont censées avoir quitté les paradis fiscaux opaques et non coopératifs dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et n’y mener aucune activité commerciale. En outre, l’état-major de la banque avait pourtant affirmé vouloir cesser toutes ses activités avec le Panama dès 2010, en annonçant la fermeture de sa filiale locale.

      Pour le compte de clients fortunés

       

      Malgré ses engagements à ne plus travailler avec les paradis fiscaux opaques, le groupe français est dans le « top 5 » des banques utilisant les services de la firme panaméenne.

      Dans le cas de la Société générale, deux tiers de ces entités offshore ont été créées par sa filiale SG Bank & Trust Luxembourg, qui a choisi d’en domicilier une bonne partie dans les paradis fiscaux des Seychelles et des îles Vierges britanniques. Le tiers restant a été commandé par la SG Private Banking de Genève, qui les a enregistrées au Panama, et par sa filiale des Bahamas, la SG Hambros Bank & Trust. Ces sociétés offshore ont été créées pour le compte des clients fortunés de la banque.

      Si la création de sociétés semble s’être fortement ralentie depuis 2012, si des structures ont été fermées, près d’une centaine des entités ouvertes par la Société générale chez Mossack restent actives. D’autres, transférées à d’autres gestionnaires, poursuivent leurs activités ailleurs.

      Chez Mossack Fonseca, la banque française est un client choyé. En témoigne cet e-mail de Mossack Fonseca, adressé le 19 mars 2010 à la filiale luxembourgeoise de la banque, la Société générale Bank & Trust Luxembourg : « 660 dollars seulement pour une société au Panama, frais de mise à disposition de directeurs (prête-noms) inclus ! 10 % de réduction spéciale sur toutes les autres juridictions  », vante t-il. « Offre garantie quatre ans ».

      Toutes bâties sur le même modèle, les entités créées font appel à des prête-noms (dirigeants et actionnaires fictifs), allant parfois jusqu’à les empiler à tous les étages de responsabilité. La volonté d’opacifier au maximum les montages, afin qu’il soit compliqué voire impossible de remonter à l’identité des vrais propriétaires, y est manifeste.

      En 2009, alors que les Iles vierges s’apprêtent à lever l’anonymat des sociétés offshore dans le cadre d’un changement législatif, SG Bank & Trust Luxembourg s’organise pour maintenir le secret. Elle commande deux fondations, avec prête-noms, à Mossack Fonseca (Rousseau et Valvert). Puis les enregistre comme actionnaires des 200 sociétés ouvertes pour ses clients aux Caraïbes. Un pied-de-nez aux autorités locales, que la firme panaméenne facture au prix fort : « C’est une situation très spéciale et plus risquée pour nous », justifie-t-elle dans un mail du 23 avril 2009.

      « Respect des standards antiblanchiment »

      « Nous avons fermé notre implantation au Panama il y a plusieurs années, déclare au Monde la Société générale. Mais cela n’impose pas une absence de relations commerciales ou d’affaires avec des clients ou des distributeurs dans ces pays, dans le respect des standards antiblanchiment ». La banque, précise qu’elle restera « attentive aux évolutions concernant la société Mossack Fonseca ».

      Sur le fond, la Société générale ne voit aucun problème à faire de l’offshore, une activité qui « représente des revenus marginaux ». La banque affirme procéder à toutes les vérifications d’identité, dans le cadre d’une politique antiblanchiment active : « Nous maîtrisons systématiquement l’identité de nos clients et des bénéficiaires économiques (…) et le fonctionnement des comptes bancaires de ces sociétés » . La banque dit tenir ces renseignements « à la disposition des régulateurs et des autorités judiciaires et fiscales compétentes ».

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    3. « Panama Papers » : condamnation unanime de la presse

      cBanque avec AFP - Publié aujourd'hui à 04h52, mis à jour à 09h01 - lien

      FiscalitéPanama Papers

      La presse mardi n'a pas de mots assez durs pour stigmatiser : « le nouveau scandale de Panama », révélé par la publication dans la presse internationale de la liste de milliers de sociétés-écran offshore au Panama permettant l'évasion fiscale et le blanchiment d'argent, grâce à « la fuite de données la plus massive de l'histoire du journalisme », selon le Monde.

      Un « Who's who planétaire de l'évasion fiscale », ironise Hervé Favre (La Voix du Nord), un « Big bang planétaire », selon Jean-Michel Servant du Midi Libre et qui « donne le vertige », pour Pascal Coquis des Dernières Nouvelles d'Alsace. « Une bombe à retardement », pour Le Journal de la Haute-Marne (Christophe de Bonnefoy).

      Philippe Marcacci (L'Est Républicain) souligne que les chiffres révélés par ce « nouveau scandale de Panama... rien que dans l'Hexagone, donnent le tournis ». « Ressortent de tout cela une impression de nausée et un sentiment de révolte », constate Bruno Dive dans Sud-Ouest alors que Raymond Couraud (L'Alsace) parle « de tsunami de boue ». Maud Vergno écrit dans L'Humanité que « le scandale est historique. Le choc, violent ».

      Le Monde, qui publie en France ces révélations de l'opération « Panama papers », estime qu'elles « dressent ainsi une vue en coupe inédite de la mondialisation, un relevé très précis des failles souterraines qui la vouent, tôt ou tard, si rien n'est fait, à l'effondrement » car aucune lutte « ne sera crédible tant que persistera cette intuition qu'une infime part de l'humanité s'exonère, en cachette, des devoirs communs et de l'intérêt général ».

      Pour Paris-Normandie (Stéphane Siret), « Panama Papers est la preuve tangible qu'il existe un monde opaque et parallèle dans lequel les puissants, qu'ils s'appellent Poutine ou Platini, naviguent en toute impunité. »

      « Sale temps »

      La Presse de la Manche, sous la plume de Jean Levallois, prévoit un « sale temps pour les petits malins qui se croyaient à l'abri, à l'autre bout du monde, de tromper le fisc, de blanchir l'argent de la drogue et du crime organisé ». « Ces tricheurs-là, écrit-il, il faut les frapper au portefeuille. Lourdement. Et les priver de leurs droits civiques ».

      Jean-Louis Hervois de La Charente Libre, souligne que « sans surprise, les premiers noms sur la liste président quelques-uns des régimes les plus corrompus de la planète, au Maroc, en Syrie, dans les Émirats ou en Arabie Saoudite ... On ne s'étonnera pas davantage d'y croiser le nom de Balkany ». Or, nous dit Olivier Pirot dans La Nouvelle République du Centre-ouest : « si ces tricheurs avaient consenti à prendre part à l'effort national, de nombreux déficits publics seraient comblés, de nombreux programmes sociaux seraient plus aboutis... et l'imposition serait peut-être aussi moins forte. »

      Même son de cloche dans La Montagne Centre-France, où Bernard Stéphan remarque que « la révélation de ce nouveau scandale de dissimulation de capitaux renvoie à l'inégalité des contribuables devant l'impôt ». En revanche, il pourrait s'agir, pour Pierre Cavret (Ouest-France) d'une « bonne nouvelle pour Bercy. Un millier de Français seraient touchés par ces révélations, dont un parti politique dont le nom devrait être révélé aujourd'hui ...une occasion inespérée de remplir, les caisses, vides, de l'État. »

      Par la rédaction avec AFP  

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    4. Paradis fiscaux: "au moins 28 banques allemandes" citées dans les "Panama Papers"

      Berlin (AFP)

      Une trentaine de banques allemandes, parmi lesquelles Deutsche Bank et Commerzbank, ont eu recours aux services du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, au coeur d'un vaste scandale d'évasion fiscale, rapporte lundi soir le journal allemand Süddeutsche Zeitung.

      "Au moins 28 banques allemandes ont eu recours ces dernières années aux services du cabinet Mossack Fonseca", écrit le quotidien de Munich (sud), membre du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) qui a exploité les 11,5 millions de documents provenant de ce cabinet panaméen et mis au jour le recours aux paradis fiscaux de nombreuses personnalités.

      Les documents, d'abord obtenus par la Süddeutsche Zeitung début 2015, ont ensuite été partagés par l'ICIJ entre 370 journalistes de plus de 70 pays.

      Selon la Süddeutsche, les banques allemandes ont "créé ou administré chez (Mossack Fonseca) plus 1.200 sociétés écran pour leurs clients".

      A elle seule, la Deutsche Bank, première banque allemande, a utilisé "jusqu'en 2007 plus de 400 sociétés offshore", écrit le quotidien, selon lequel "plusieurs milliers d'Allemands ont utilisé les sociétés écran de Mossack Fonseca".

      "Augmenter la pression"

      Parmi les principales autres banques allemandes ayant utilisé les services de Mossack Fonseca figurent Commerzbank, Dresdner Bank ou encore BayernLB.

      Des banques régionales ont également fait appel au cabinet panaméen, poursuit la Süddeutsche, sans donner leurs noms.

      Les banques incriminées ont toutefois déclaré avoir "changé ces dernières années leur politique", précise le quotidien. Commerzbank a ainsi déclaré ainsi avoir "changé de cap de façon conséquente" depuis 2008.

      Chez Deutsche Bank "nous reconnaissons complètement l'importance de ce problème" et "nous avons amélioré nos procédures d'accueil des clients et de vérification sur les personnes avec qui nous faisons des affaires", avait réagi plus tôt dans la journée la première banque allemande.

      L'industriel Siemens, au coeur d'un immense scandale de pots de vin dans les années 2000, est aussi évoqué dans les "Panama Papers".

      Selon Süddeutsche Zeitung, l'argent perçu par des cadres du groupe et placés dans des caisses noires en Amérique du Sud n'aurait pas été restitué au groupe. Au lieu de cela, "presque 3 millions d'euros" ont été virés sur des comptes privés en Suisse et aux Bahamas, affirme le journal.

      Lundi matin, le groupe avait indiqué ne pas avoir encore pris connaissance des documents, mais partait du principe qu'il s'agissait "d'anciens cas connus", avait déclaré à l'AFP un porte-parole.

      Berlin espère que les révélations des "Panama Papers" vont donner un coup de collier à la lutte contre le blanchiment et la fraude fiscale.

      "Nous espérons que le débat actuel va contribuer à augmenter la pression", a déclaré lundi Martin Jäger, porte-parole du ministre des Finances Wolfgang Schäuble, dont ces sujets sont un cheval de bataille depuis plusieurs années.

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    5.   04.04.2016, 14:31   Actualisé il y a 3 heures   lien

      Panama Papers: les comptes secrets des dirigeants politiques révélés

       
      Des membres de la famille de David Cameron seraient liés à des sociétés offshore. (Archive) Keystone 

      Évasion fiscale - Les présidents russe, chinois, argentin, ukrainien et azerbaïdjanais; les premiers ministres islandais, britannique ou pakistanais; le roi d'Arabie Saoudite. Tous ont été impliqués de près ou de loin dans des sociétés-écrans, affirme l'enquête planétaire "Panama Papers".

      Des dirigeants politiques, des célébrités et des dizaines de milliardaires figurent parmi les personnalités mentionnées dans ce qui semble être la plus grande fuite de documents de l'histoire. Une enquête planétaire a été effectuée par une centaine de journaux.

      Cette enquête porte sur une période de quelque 40 années révèle comment certaines des personnalités les plus puissantes du monde ont pu dissimuler leur argent dans des paradis fiscaux.

      Voici la liste des principales révélations faites dimanche sur la base des documents provenant du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, classées par catégories de personnes concernées.

      Les dirigeants politiques

      -Des proches du président russe Vladimir Poutine, aidés par des banques et d'autres entreprises, seraient impliqués dans un détournement de quelque 2 milliards de dollars en utilisant des sociétés écran, obtenant ainsi de l'influence auprès des médias et de l'industrie automobile. Le Kremlin a accusé le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) d'avoir lancé une "campagne d'informations" mensongère.

      - Le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson et sa femme ont également utilisé une société offshore, Wintris Inc, pour occulter des millions de dollars d'investissements dans les trois principales banques du pays lors de la crise financière. Il a nié toute malversation mais fait face à un vote de confiance cette semaine.

      -Deux responsables politiques, qui ont construit leur réputation en prônant une plus grande transparence - le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre britannique David Cameron - ont des membres de leurs familles liés à des sociétés offshore.

      - Le roi Salmane d'Arabie Saoudite, tout comme les enfants du président azerbaïdjanais Ilham Aliev et du Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, contrôlent également des sociétés offshore.

      - Le président argentin Mauricio Macri a été membre du directoire d'une société offshore enregistrée au Bahamas, mais il n'a "jamais eu de participation au capital de cette société", a assuré son gouvernement.

      - Des personnes mandatées par le président ukrainien Petro Porochenko ont eu recours aux services de Mossack Fonseca pour créer une société dans les Iles vierges britanniques.

      Les milieux économiques

      Par ailleurs, plus de 500 banques, filiales et succursales ont travaillé avec Mossack Fonseca depuis les années 1970 pour aider leurs clients à gérer des sociétés offshore. Plus de 1100 sociétés ont ainsi été mises en place par l'intermédiaire d'UBS et plus de 2300 par l'intermédiaire de HSBC et ses filiales.

      Vingt-neuf milliardaires figurant sur la liste de Forbes des personnes les plus riches au monde sont mentionnés.

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    6.   04.04.2016, 15:16   Actualisé il y a 3 heures   lien

      Panama Papers: les grandes banques suisses soulignent la légalité de leurs affaires

      La filiale de Credit Suisse aurait fondé 918 sociétés établies dans le pays d'Amérique centrale, UBS et HSBC Suisse en ayant pour leur part créé 579 et 733 respectivement.
      Keystone 
       
       

      Fuite de documents - Credit Suisse et UBS, qui ont figuré au rang des plus actifs en matière de création de sociétés offshore, soulignent la légalité de cette activité. Au total, plus de 500 banques dans le monde apparaissent dans les documents du consortium de journaux.

      Plusieurs banques suisses apparaissent dans les documents provenant des archives du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca. Parmi ces établissements, Credit Suisse et UBS ont figuré au rang des plus actifs en matière de création de sociétés offshore. Les deux grands instituts soulignent cependant la légalité de cette activité.

      Appelées "Panama papers", les archives de Mossack Fonseca parvenues aux rédactions des journaux membre du consortium, mentionnent pas moins de 15'600 sociétés boîtes aux lettres créées par le cabinet d'avocats de Panama à la demande de banques pour le compte de leurs clients. Les établissements helvétiques Credit Suisse Channel Islands Limited, HSBC Private Bank Suisse et une antenne genevoise d'UBS ont ainsi eu recours aux services de la société panaméenne.

      Selon les documents dévoilés par le consortium de journaux, la filiale de Credit Suisse aurait fondé 918 sociétés établies dans le pays d'Amérique centrale, UBS et HSBC Suisse en ayant pour leur part créé 579 et 733 respectivement. Contactés lundi par l'ats, tant Credit Suisse qu'UBS n'ont pas souhaité s'exprimer directement sur leurs relations d'affaires avec Mossack Fonseca.

      UBS écrit ainsi exploiter ses affaires en conformité avec les lois et réglementations en vigueur. "Nous n'avons aucun intérêt pour des fonds non déclarés et à la provenance illégale", ajoute le numéro un bancaire helvétique. Credit Suisse précise aussi s'en tenir aux règles, prescriptions et législations en vigueur dans le cadre de ses affaires transfrontalières.

      Plus de 500 banques citées

      "Pour Credit Suisse, il est d'une importance primordiale que ses clients disposent de structures visant une activité légale, par exemple en vue d'organiser le patrimoine d'une famille lequel comporte un large spectre d'actifs dans divers pays". Depuis 2013, l'établissement a conclu et introduit des programmes de conformité fiscale dans de nombreux pays, dans le cadre desquels la clientèle privée doit démontrer que les avoirs sont déclarés.

      Au total, plus de 500 banques apparaissent dans les documents du consortium de journaux. Deutsche Bank, entre autres, a aussi confirmé avoir aidé des clients à monter de sociétés boîtes aux lettres dans des pays étrangers. Tout en soulignant la légalité de ces affaires.

      Porte-parole de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), Tobias Lux, rappelle pour sa part que la réglementation suisse se caractérise par une définition large de la notion d’intermédiaire financier soumis à la loi sur le blanchiment (LBA). Sera considéré comme tel toute personne qui, à titre professionnel, a un quelconque pouvoir de disposition sur les valeurs patrimoniales d’un tiers.

      Ceci peut prendre différentes formes, comme une procuration sur un compte bancaire, un pouvoir de gestion sur un dépôt de titres, mais aussi la qualité d’organe d’une société de domicile. Le simple conseil sans aucun pouvoir de disposition sur les avoirs de tiers n’est par contre pas assujetti à la LBA. Ces principes s’appliquent de la même manière aux avocats.

      Avocats concernés par la LBA

      Si, outre leurs activités typiques d’avocats, ils agissent en tant qu’intermédiaires financiers - par exemple s’ils sont organes d’une société de domicile - ils seront soumis à la LBA et aux devoirs qui en découlent, note M. Lux. Ils se doivent donc d’identifier, de clarifier et de communiquer à ce sujet.

      Le droit suisse prévoit un devoir d’identifier tous les ayants droit économiques des sociétés de domicile, qu’elles soient incorporées en Suisse ou à l’étranger. Selon M. Lux, environ 1000 avocats/notaires sont soumis à la LBA en tant qu’intermédiaires financiers.

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    7.   04.04.2016, 16:04   Actualisé il y a 2 heures   lien

      Panama Papers: le Premier ministre islandais exclut de démissionner

       
      Sigmundur David Gunnlaugsson avait créé en 2007 une société avec son épouse dans les îles Vierges britanniques pour gérer leur fortune...KEYSTONE

      Fuite de documents - Après la révélation sur ses avoirs dissimulés dans un paradis fiscal, le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson a exclu lundi de démissionner, comme le réclame l'opposition de gauche. Pétition et manifestations au programme.

      Le Premier ministre islandais Sigmundur David Gunnlaugsson a exclu lundi de démissionner après la révélation sur ses avoirs dissimulés dans un paradis fiscal. Ces faits interviennent dans le cadre de la publication des "Panama papers".

      "Je n'ai pas envisagé de démissionner à cause de cela et je ne démissionnerai pas à cause de cela", a déclaré le chef de gouvernement à la chaîne Stöd 2.

      L'opposition de gauche a réclamé son départ juste après la divulgation de documents montrant qu'il avait créé en 2007 une société avec son épouse dans les îles Vierges britanniques pour gérer leur fortune.

      L'épouse, Anna Sigurlaug Palsdottir, avait elle-même rendu publique mi-mars l'existence de la société, appelée Wintris, qui gère la fortune dont elle a hérité d'un père homme d'affaires. Elle nie toute évasion fiscale.

      Pétition

      L'affaire s'annonce extrêmement sensible dans un pays marqué par les excès des années 2000, où un secteur financier euphorique usait et abusait des sociétés écrans.

      Selon des documents publiés par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), M. Gunnlaugsson, 41 ans, détenait 50% de la société impliquée jusque fin 2009. Or quand il a été élu député pour la première fois en avril 2009, il a omis cette participation dans sa déclaration de patrimoine.

      Des manifestations sont prévues dans la semaine, la première dès lundi en fin de journée. Plus de 24'000 personnes, dans un pays de 320'000 habitants, avaient signé lundi après-midi une pétition en ligne appelant à la démission du Premier ministre.

      L'opposition s'apprêtait lundi à déposer une motion de censure qui devrait être soumise au vote probablement dans la semaine.

      Porochenko également menacé

      Des députés ukrainiens par ailleurs ont annoncé lundi vouloir lancer une procédure de destitution à l'encontre du président Petro Porochenko, également incriminé.

      "Nous exigeons la création au Parlement d'une commission ad hoc chargée d'enquêter sur l'existence de sociétés et de comptes offshore secrets du président Petro Porochenko", a écrit sur sa page Facebook Oleg Liachko, chef du Parti radical, une petite formation populiste disposant de 21 députés.

      La création d'une telle commission est une des étapes nécessaires pour lancer une procédure de destitution à l'encontre du président.

      Une telle initiative reste néanmoins très difficile à mettre en oeuvre. Selon la Constitution, une procédure de destitution doit en effet être initiée par une majorité au Parlement (au moins 226 voix) et à terme, l'affaire doit être examinée par la Cour constitutionnelle et la Cour suprême. Ensuite au moins trois quarts des députés (338 voix) doivent voter en faveur de la destitution.

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