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    Des investisseurs réclament 8 milliards à Volkswagen suite au "Dieselgate"

    Un logo de la marque Volkswagen sur le bâtiment d'un revendeur de la marque allemande à Berlin.
    Un logo de la marque Volkswagen sur le bâtiment d'un revendeur de la marque allemande à Berlin. [Markus Schreiber - Keystone]
     
     
    Des actionnaires de Volkswagen réclament au constructeur automobile un total de 8,2 milliards d'euros (8,85 milliards de francs) pour dommages liés au scandale des émissions polluantes, a annoncé mercredi un tribunal allemand.

    Le tribunal régional de Brunswick, dans le Land de Basse-Saxe, où se trouve le siège de Volkswagen à Wolfsburg, a dit avoir reçu au total 1400 plaintes, dont 750 pour la seule journée de lundi, les investisseurs redoutant que leurs réclamations ne tombent sous le coup d'un éventuel délai de prescription un an tout juste après le début du "Dieselgate".

    Etats allemands et privés

    Sur les 8,2 milliards réclamés, deux concernent des investisseurs institutionnels (les Etats régionaux allemands de Bavière, Bade-Wurtemberg et Hesse notamment), le gros des plaintes venant d'investisseurs privés.

    Les actionnaires s'estiment lésés, car le titre de VW avait dévissé de 40% en deux jours après l'éclatement du scandale du diesel le 18 septembre 2015. Les autorités américaines avaient alors accusé le groupe allemand d'avoir utilisé un logiciel fraudeur pour faire passer ses véhicules pour moins polluantes qu'ils n'étaient vraiment.

    >> Lire aussi: Premières actions en justice civile en Suisse contre AMAG et Volkswagen

    agences/cab

    Publié à 11:18 - Modifié à 14:13

    De nombreux véhicules VW pas encore aux normes

    Volkswagen a déclaré lundi n'avoir pour l'instant mis en conformité que moins de 10% des 8,5 millions de véhicules diesel affectés en Europe par le scandale des tests d'émissions truqués.

    La KBA, l'autorité de régulation du secteur de l'automobile en Allemagne, a donné son feu vert à des modifications concernant 5,1 millions de véhicules. Quelque 11 millions de véhicules sont concernés dans le monde.

    En Suisse, seulement 16'000 voitures ont pu être réadaptées à mi-septembre 2016, selon la Fondation alémanique des consommateurs (SKS). Au total, 175'000 véhicules sont concernés.

    Près de 30 millions de véhicules diesel trop polluants

    Environ 29 millions de véhicules diesel circulant dans l'UE émettent beaucoup plus de gaz polluant NOx (oxydes d'azote) que la limite autorisée, a affirmé l'ONG Transport & Environment lundi, à l'occasion du premier anniversaire du scandale Volkswagen.

    Plus de quatre engins sur cinq aux normes Euro 5, vendus entre 2010 et 2014, et deux tiers des Euro 6, vendus depuis 2015, sont concernés.

    Ces véhicules circulent surtout en France (5,5 millions), en Allemagne (5,3 mio), au Royaume-Uni (4,3 mio) et en Italie (3,1 mio).

    Renault-Dacia (pour Euro 5) et Fiat (pour Euro 6) ont les pires moteurs. Dans les deux cas, VW figure parmi les moins mauvais élèves.
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    Diesel : la France championne d'Europe des véhicules "sales"

    Diesel : la France championne d'Europe des véhicules "sales"Selon l'ONG Transport & Environment, près de 30 millions de véhicules diesel "sales" circulent sur les routes d'Europe, dont 5,5 millions en France. (PATRICK PLEUL / DPA / AFP)

    LIEN

    Selon l'ONG Transport & Environment, près de 30 millions de véhicules diesel "sales" circulent sur les routes d'Europe, dont 5,5 millions en France.

     

    Un an après le "dieselgate" qui avait fortement ébranlé le groupe Volkswagen, les véhicules circulant en France et en Europe sont-ils plus propres ? Pas vraiment ! Environ 29 millions de véhicules équipés de moteurs diesel circulant dans l'UE émettent beaucoup plus de gaz polluants que la limite autorisée, affirme une étude de l'ONG Transport & Environment (T&E), publiée ce lundi 19 septembre. Et encore, il ne s'agit que de la "partie émergée de l'iceberg", selon l’association, qui cherche avec cette étude à "exposer le nombre choquant de voitures diesel sales sur les routes de l'UE et la faible régulation des véhicules par les autorités nationales".

    La France arrive en tête du nombre de véhicules pollueurs : les véhicules les plus polluants, notamment en termes d’émissions de NOx (oxydes d'azote), se retrouvent principalement sur les routes de France (5,5 millions) et d'Allemagne (5,3 millions), au Royaume-Uni (4,3 millions) et en Italie (3,1 millions). Viennent ensuite l’Espagne (1,9 million) et la Belgique (1,4 millions).

    Renault-Nissan, Fiat et Suzuki les plus polluants

    T&E a analysé les données portant sur 230 modèles, issues des enquêtes réalisées par les gouvernements français, britannique et italien dans le sillage du "Dieselgate", ainsi que certaines bases de données publiques. Plus de quatre véhicules sur cinq répondants aux normes Euro 5, vendus entre 2010 et 2014, produisent plus de trois fois la norme fixée pour les émissions de NOx (oxydes d'azote) lors des tests en laboratoire, a calculé l'ONG. Et pour les véhicules Euro 6, vendus depuis 2015, deux tiers d'entre eux émettent jusqu'à plus de trois fois la limite fixée.

    Au palmarès des pires pollueurs, Renault-Dacia se voit décerner le titre des moteurs diesel les plus "sales" pour la norme Euro 5, avec des émissions sur routes près de huit fois supérieures à la limite fixée pour les tests en laboratoire. Suivent Land Rover, Hyundai, Opel-Vauxhall (dont Chevrolet, autre marque du groupe GM) et Nissan.

    Pour les véhicules Euro 6, Fiat (y compris de marques Alfa Romeo, ainsi que Suzuki à qui il fournit des moteurs) ravit la première marche du podium : ses véhicules émettent jusqu'à 15 fois plus de gaz polluants que la limite fixée en laboratoire. Renault-Dacia-Nissan suit (14 fois plus d'émissions), puis Opel-Vauxhall et Hyundai.

    "Connivence" avec les constructeurs

    Greg Archer, en charge des véhicules propres pour T&E, déplore la "connivence" des gouvernements avec les constructeurs. "L'industrie automobile a pris en otage ses régulateurs, et les Etats européens doivent maintenant résister au nom de leurs citoyens et arrêter de scandaleusement étouffer" la situation, déclare-t-il dans un communiqué.

    Dans l'UE, il revient aux Etats membres d'assurer l'homologation des modèles de voiture qui, une fois accordée, est valable dans l'ensemble des 28 pays, mais aussi d'assurer la surveillance du marché et d'infliger des pénalités si nécessaire. Mais après le scandale Volkswagen, la Commission européenne a proposé une réforme de la législation pour se donner plus de pouvoir de contrôle et de sanctions.

    Les plaintes s’accumulent contre Volkswagen
    Le 18 septembre 2015, l'agence environnementale américaine (EPA) avait accusé le constructeur automobile allemand d'avoir enfreint des règlementations anti-pollution à l'aide d'un logiciel truqueur installé sur environ 482.000 véhicules diesel fabriqués à partir de 2009. Le chiffre grimpera à près de 600.000 véhicules.
    La semaine dernière, les Etats régionaux allemands de Hesse (ouest) et du Bade-Wurtenberg (sud-ouest) ont annoncé qu'ils portaient plainte contre Volkswagen, comme l'a déjà fait la Bavière (sud). Ils reprochent au groupe d'avoir manqué à ses obligations de publication d'informations. Pour le même motif, le plus grand gestionnaire d'actifs au monde, l'américain Blackrock, a décidé de se joindre à 160 investisseurs pour poursuivre en justice Volkswagen. Les plaignants réclament 2 milliards d'euros de dédommagement, selon la presse.

    "Le scandale est loin d'être fini pour Volkswagen", observe Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Centre de recherche automobile CAR.

    Australie, Espagne, France, Italie, Corée du Sud... La liste des pays où Volkswagen fait l'objet de procédures est longue. Aux Etats-Unis, le groupe a accepté de verser environ 15 milliards de dollars, notamment pour indemniser généreusement les propriétaires de 480.000 voitures. Mais il fait encore l'objet d'une enquête pénale et n'a pas apporté de solution pour tous les véhicules truqués. En Allemagne, la justice enquête sur les responsabilités de 30 personnes, dont Martin Winterkorn. Déjà près de 400 plaintes d'investisseurs, d'un montant d'environ 4 milliards d'euros, visent Volkswagen dans le pays.

    A l'échelle européenne, la grogne monte contre l'inégalité de traitement entre consommateurs américains et européens. Volkswagen refuse d'indemniser ces derniers, se contentant de procéder au rappel de 8,5 millions de véhicules pour une mise aux normes. La facture totale pour le groupe pourrait être de 25 à 35 milliards d'euros et obliger Volkswagen à remettre au pot.

    V.G. avec AFP

    L'Obs

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  • Bayer rachète Monsanto

    et cela pourrait se voir dans nos assiettes

    dans nos assiettes

      18h59, le 15 septembre 2016, modifié à 19h12, le 15 septembre 2016 LIEN
    Bayer rachète Monsanto et cela pourrait se voir dans nos assiettes
    @ ARMIN WEIGEL / DPA / AFP
     

    Les deux géants de l’agrochimie ont annoncé mercredi leurs futures fiançailles,

    une fusion qui ne serait anodine ni pour les agriculteurs ni pour les consommateurs.

    Le secteur de l’agrochimie est en pleine ébullition depuis que l’Allemand Bayer a annoncé jeudi le rachat de son concurrent américain Monsanto pour 59 milliards d’euros. Les deux entreprises devraient former un mastodonte dans le secteur des semences et des pesticides. A première vue, cette opération peut sembler très éloignée des préoccupations du consommateur moyen. Pourtant, si cette fusion se confirme, elle pourrait avoir des conséquences bien concrètes dans la vie de chacun d’entre nous.

    Un mariage de titans dans l’agrochimie. Un petit rappel sur l’identité des fiancés s’impose. L’Allemand Bayer est connu du grand public pour ses médicaments (il a inventé l’aspirine), son club de football (Leverkusen) et ses erreurs passées (il a mis au point le Zyklon B utilisé par les nazis). Mais il est aussi un géant mondial de la chimie qui produit notamment des pesticides. L’Américain Monsanto est, lui, plus spécialisé sur les semences et les OGM. Il domine par exemple le marché des semences OGM de maïs, blé et soja, et possède également une marque connue de la plupart des jardiniers : le désherbant Roundup. La réunion de ces deux entreprises en ferait le leader mondial de l’agrochimie.

     
    15.09.Bandeau Logo Monsanto Bayer.DR.1280.300

    Moins de choix pour les agriculteurs ? Les premiers à s’inquiéter de ce rapprochement sont les agriculteurs, dont beaucoup ont cessé de planter leurs propres semences pour s’alimenter auprès de l’industrie agrochimique dans l’espoir d’avoir de meilleurs rendements. Or, ce secteur est en pleine recomposition : outre le mariage Bayer-Monsanto, DuPont a fusionné avec Dow Chemical et ChemChina avec Syngenta. A court terme, trois entreprises vont donc contrôler les deux tiers du marché mondial des semences et des pesticides.

    Il y a donc de moins en moins d’entreprises et ces dernières sont de plus en plus grosses, ce qui fait craindre aux agriculteurs un moindre choix et, surtout, des prix en hausse. Ces derniers redoutent des négociations encore plus difficiles avec leurs fournisseurs alors qu’eux-mêmes vendent leur production à des tarifs au plus bas depuis 2010. La Confédération paysanne redoute ainsi un "monopole prédateur" qui aboutirait à ce que les paysans n'aient à terme "plus d'autres choix que d'acheter les produits de ce nouveau monstre". Réunis, Monsanto et Bayer contrôleraient par exemple 24% du marché des pesticides dans le monde et 30% des semences.

    Une recherche scientifique moins prioritaire ? L’autre crainte est technologique : plus puissante, la future entreprise continuera-t-elle à innover autant qu’aujourd’hui ? D’un côté, Bayer et Monsanto assurent qu’ensemble, leurs travaux de recherches seront plus efficaces et mieux financés. De l’autre, on suppose que dans un secteur passé de six à trois poids lourds, la concurrence sera moins féroce et l’innovation moins prioritaire. "Les travaux académiques montre que les fusions réalisées dans le secteur de l’agrochimie au cours de la fin du 20eme siècle ont augmenté le risque d’une moindre innovation", souligne par exemple une note du cabinet américain Stratfor, spécialisé dans l’analyse stratégique et le renseignement.

    Une facture plus lourde et enrichie en OGM pour les consommateurs ? In fine, les agriculteurs pourraient ne pas avoir d’autres choix que de répercuter sur leurs prix la hausse des tarifs des semences, des engrais et des pesticides. Mais le risque n’est pas que financier pour le consommateur.

    Monsanto est en effet le champion des OGM mais il peine à les commercialiser en Europe : l’opinion publique y est opposée et de nombreux pays ont adopté des moratoires pour interdire leur culture et leur consommation humaine. Son alliance avec Bayer pourrait néanmoins changer la donne car l’Allemand, également producteur d’OGM, est bien plus influent sur le Vieux continent : fondé il y a 150 ans et membre indéboulonnable du Dax (l’équivalent allemand du CAC 40), Bayer est incontournable en Allemagne et a l’oreille du gouvernement. Il dispose également de nombreux relais à Bruxelles pour peser sur les projets de réglementations. Devenu numéro des OGM, il pourrait alors lancer un intense lobbying auprès des institutions de l’UE pour changer la donne. "L'acquisition de Monsanto signifie davantage d'OGM et de glyphosate (principal ingrédient du Roundup) dans les campagnes", a ainsi alerté mercredi l'ONG allemande Campact.

    Une opération XXL qui reste à valider. Conscientes de ces risques, les autorités de régulation européenne et américaine vont étudier cette fusion, qui ne pourra se faire que s’ils la valident. La commissaire européenne à la Concurrence a d’ailleurs évoqué le sujet jeudi et déclaré vouloir que "les agriculteurs et les consommateurs aient le choix entre différentes sortes de semences, qu'ils ne soient pas coincés par un seul producteur et un seul genre de pesticides". Les autorités américaines redoutent également la formation d’un oligopole, et il y a de quoi : selon un calcul de Bloomberg, les deux entreprises contrôleraient 70% des semences de coton aux Etats-Unis. Pour que leur mariage soit validée, Bayer et Monsanto pourraient donc être obligés par l’UE et les Etats-Unis de vendre certaines de leurs filiales pour réintroduire un minimum de concurrence. 

    Europe1
    Par Gabriel Vedrenne
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  • La pollution de l’air coûte 225 milliards

    de dollars à l’économie mondiale

    LE MONDE | 08.09.2016 à 16h33 • Mis à jour le 08.09.2016 à 17h14 | Par Laetitia Van Eeckhout

    LIEN

     
    Des enfants et leurs parents portant des masques, dans une rue de Harbin, ville de la province de Heilongjiang en Chine, le 3 novembre 2015, un jour de pollution sévère.

    La pollution atmosphérique est responsable d’un décès sur dix dans le monde, six fois plus que le paludisme. Un fléau sanitaire qui entraîne un colossal manque à gagner pour l’économie mondiale : 225 milliards de dollars (199 milliards d’euros) de pertes de revenus par an. En publiant, jeudi 8 septembre, une évaluation du fardeau financier que fait peser la mauvaise qualité de l’air, la Banque mondiale cherche à susciter un sursaut.

    La pollution de l’air extérieur, notamment due aux particules fines, a tué 2,9 millions de personnes en 2013, selon les derniers chiffres publiés, jeudi, par l’institution internationale, en collaboration avec l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME). Si l’on y ajoute les effets de la pollution dans les foyers – notamment ceux de l’utilisation de combustibles solides pour se chauffer et cuisiner –, le nombre de morts s’élève à 5,5 millions. Au final, la pollution est le quatrième facteur de décès prématuré dans le monde, et 87 % de la population sur la planète est plus ou moins exposée aux pathologies qu’elle entraîne (maladies cardiovasculaires, cancers des poumons, maladies pulmonaires chroniques, infections respiratoires).

    Lire aussi :   La pollution de l’air touche huit citadins sur dix dans le monde

    « Le coût économique de la mortalité prématurée lié à ce fléau appelle à agir vite », martèle la Banque mondiale dans son rapport. D’autant que depuis 1990, ce coût n’a cessé de croître, en dépit du développement économique des pays et des progrès réalisés en matière de santé. Si les jeunes enfants et les personnes âgées en sont les premières victimes, les effets délétères de la pollution n’épargnent aujourd’hui pas la population en âge de travailler et ont dès lors aussi de lourdes retombées en termes de pertes de revenus du travail, qui se sont accrues de 40 % entre 1990 et 2013.

    Lire aussi :   En 2060, la pollution de l’air pourrait tuer 6 à 9 millions de personnes dans le monde

    Un coût plus lourd pour les pays jeunes

    Ce coût est d’ailleurs plus élevé dans les pays ayant une population jeune, les conséquences de la pollution venant diminuer la capacité de gains de celle-ci. Ainsi en Afrique subsaharienne, les pertes de revenus du travail représentent chaque année l’équivalent de 0,61 % du produit intérieur brut (PIB), et en Asie du Sud-Est, 0,83 %. Tandis qu’en Europe ou en Amérique du Nord, régions confrontées au vieillissement de leur population, ces pertes représentent respectivement 0,13 % et 0,11 % du PIB.

    Pour marquer encore davantage les esprits, la Banque mondiale a aussi cherché à mesurer le coût des impacts de la pollution en termes de bien-être. Elle a pour cela évalué le coût des compromis que les individus sont prêts à réaliser pour réduire le risque de mourir prématurément. Comme, par exemple, la réduction des activités sportives ou de la consommation, qui se traduit par autant de recettes en moins pour l’économie des pays. Au final, ce coût de la pollution de l’air s’élèverait à 5 110 milliards de dollars (4 543 milliards d’euros) par an.

    Efforts insuffisants

    En Asie orientale-Pacifique et en Asie du Sud, ces pertes en termes de bien-être se sont fortement accrues (de près de 80 %) depuis 1990 et atteignent aujourd’hui respectivement l’équivalent de 7,5 % et 7,4 % du PIB. En Europe-Asie centrale et en Amérique du Nord, bien que légèrement en recul, elles représentent encore l’équivalent de 5 % et 3 % du PIB. C’est en Amérique latine et en Afrique du Nord qu’elles se révèlent en fait les moins lourdes, s’élevant respectivement à 2,4 % et 2,5 % du PIB.

    « Il est difficile de dire précisément pourquoi ces coûts sont plus bas dans telle ou telle région. Mais une chose est sûre, relève Urvashi Narain, économiste de l’environnement au sein de la Banque qui a coordonné l’étude. En Amérique latine comme dans la région Afrique du Nord - Moyen-Orient, on a constaté de grands progrès dans la lutte contre la pollution intérieure, avec notamment des efforts pour favoriser l’accès à des combustibles plus propres pour cuisiner. »

    A ce coût, déjà colossal, s’ajoutent encore les coûts de la maladie (1 400 milliards d’euros en Europe chaque année), les pertes de compétitivité, la baisse de la productivité agricole… « Ces coûts additionnels, non pris en compte dans cette étude, rendent d’autant plus urgente la nécessité d’agir pour réduire la pollution », relève la Banque mondiale. Et d’insister : « La persistance des effets délétères de la pollution montre que les efforts pour améliorer la qualité de l’air n’ont pas été suffisants et que réduire les coûts de ce fléau exige une action plus ambitieuse. »

    Lire aussi :   L’impact sanitaire de la pollution de l’air coûte chaque année 1 400 milliards d’euros à l’Europe

    Laetitia Van Eeckhout

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      Faits divers - Justice
     Martigues : l'enfer aux portes de la ville
    Jeudi 11/08/2016 à 08H50   Martigues
      LIEN 

    Deux feux ont aussi fait rage dans le vallon du Pauvre Homme à Martigues, et à l'Aupierre sur les hauteurs d'Istres

    Faits divers - Justice - Martigues : l'enfer aux portes de la ville
    Plusieurs voitures, ainsi qu'un deux-roues et un engin agricole, ont été détruits par les flammes dans le jardin de cette maison, investi rapidement par les pompiers qui ont enfoncé les portails pour sauver les habitations menacées. Photos F.B.
     

    La coïncidence est pour le moins troublante. Hier matin, peu après 11h, un incendie s'est à nouveau déclaré dans le quartier du Vallon du Pauvre Homme, entre Martigues et Port-de-Bouc.

    Un départ de feu situé quasiment au même endroit, à quelques mètres près, de l'incendie qui s'était déclaré lundi après-midi, parcourant 8000 m² de broussailles et de canniers.

    La voie rapide coupée

    Mais cette fois, les conditions n'étaient plus les mêmes. Pas de légère brise du sud, mais un mistral à décorner les boeufs qui a poussé les flammes en direction de la N568.

    En quelques minutes, la voie rapide a été envahie par une épaisse fumée, et comme on pouvait s'y attendre, le feu a "sauté", suivant le chemin du Vallon du Pauvre Homme, en menaçant maintenant les habitations.

    Plus de cinquante sapeurs-pompiers ont été déployés pour lutter contre ce qui est vite devenu un feu urbain. Tandis que la voie rapide était coupée et la circulation déviée par Istres, les secours, sans l'aide des moyens aériens ont dû lutter contre les flammes maison par maison.

    Plusieurs engins ont été positionnés sur la route de Port-de-Bouc, mais devant eux, en contrebas de la voie rapide, le feu a tout de même fait des dégâts.

    Plusieurs véhicules détruits par les flammes

    Les sapeurs-pompiers ont dû enfoncer un portail pour accéder à un jardin dans lequel plusieurs véhicules étaient en train de brûler.

    Une caravane a également été détruite ainsi qu'un petit engin agricole, mais la maison a toutefois pu être sauvée et la progression du feu stoppée avant qu'il ne dégénère.

    À peine plus d'une demi-heure après l'arrivée des secours, le feu était maîtrisé après avoir parcouru deux hectares.

    Restait à noyer le site pour éviter les reprises, attisées par le fort mistral. Mais à peine les pompiers avaient-ils terminé qu'un autre départ était signalé à Fos-sur-Mer.

    Feux dans les Bouches-du-Rhône : 3300 hectares brûlés, retrouvez toutes les informations en direct.

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    Dérèglement climatique : Anne Hidalgo élue à la tête du réseau de villes mondiales C40

    Le Monde.fr avec AFP | 08.08.2016 à 18h50       LIEN

    Anne Hidalgo à Rio de Janeiro le 5 août.

    La maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, a été élue lundi 8 août à Rio présidente du Cities 40 (C40), le plus grand réseau de villes mondiales, dont l’objectif est de lutter contre le dérèglement climatique.

    En succédant à Eduardo Paes, maire de Rio de Janeiro, elle devient la première femme « leader mondiale des maires les plus influents, représentant ensemble 650 millions de citoyens et dont les territoires génèrent 25 % du PIB mondial », souligne un communiqué de la Ville de Paris.

    Appel à projets d’urbanisme innovants C40

    Le Cities Climate Leadership Group est un réseau de villes créé en 2005, qui rassemble 85 métropoles mondiales (New York, San Francisco, Vancouver, Londres, Moscou, Rome, Milan, Athènes, Séoul, Bombay, Djakarta, Melbourne, Hongkong, Pékin, Sao Paulo, Buenos Aires, Le Cap, Le Caire, etc.). Son siège est à Londres.

    Mme Hidalgo, citée dans le communiqué de la Ville de Paris, explique qu’elle lancera notamment « un appel à projets d’urbanisme innovants à l’échelle des villes du C40 », qu’elle travaillera « avec les meilleures start-up des villes du C40 pour généraliser les solutions les plus pertinentes en matière de qualité de vie en ville » et qu’elle favorisera « de nouveaux investissements pour financer l’action des villes durables et résilientes ».

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  • L’Europe autorise un soja OGM fabriqué

    par Monsanto

    Dans un communiqué du vendredi 22 juillet, Monsanto s’est réjoui d’avoir obtenu l’agrément européen pour la commercialisation de soja génétiquement modifié (OGM).

    LIEN

    L'Europe autorise un soja OGM fabriqué par Monsanto

     

     

    Difficile de ne pas l’identifier du premier coup d’oeil : ce soja s’appelle en effet « Roundup Ready 2Xtend », reprenant ainsi la marque commerciale utilisée par Monsanto pour son désherbant tant décrié à base de glyphosate, le fameux « Roundup ».

    Un soja OGM baptisé « Roundup »

    Ce soja a pour caractéristique de résister aux herbicides, comme le Dicamba, ce qui permet de le planter dans des champs qui ont au préalable été traités contre les mauvaises herbes, sans que le soja n’en souffre, du fait des modifications génétiques dont il a été l’objet. Ce soja est déjà agréé au Canada et plus récemment en Chine, et devrait l’être d’ici la fin de l’année aux États-Unis.

     

    La production mondiale de cultures OGM progresse régulièrement et atteint 175,2 millions d’hectares en 2013 pour un chiffrage d’affaires de plus 13.2 milliards de dollars (2011), soit des ventes d’OGM de 418 dollars par seconde (compteur). Les trois-quart des cultures OGM sont du soja OGM. La surfaces des cultures OGM a atteint 175,2 millions d’hectares notamment aux Etats-Unis et au Brésil.
    Depuis le 1er janvier
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    Depuis que vous êtes connecté
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    Cette statistique, et bien d’autres, vous est offerte par le Planetoscope

    Le soja Roundup Ready 2Xtend ne sera pas cultivé en Europe pour l’instant

    En revanche, pour l’Europe, l’agrément donné par les autorités européennes ne concerne que la vente du soja récolté et non sa culture. Il permettra notamment de l’intégrer aux produits agroalimentaires.

    Rappelons que la réglementation exige d’indiquer aux consommateurs que les produits qu’ils achètent (ou consomment dans un restaurant) contiennent, ou non, des OGM.

    Illustration bannière : Graines et champ de soja en arrière-plan – © sima Shutterstock

    En savoir plus sur http://www.consoglobe.com/soja-ogm-monsanto-autorisation-europe-cg#P2PjvhmfYEWA2qHQ.99
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  • Exposition aux pesticides : plus d’un million de personnes touchées, réglementation inefficace

    Un rapport de l’Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) révèle qu’un million de professionnels de l’agriculture sont exposés aux pesticides. Ainsi que leurs familles et les riverains des exploitations agricoles…          LIEN

    Exposition aux pesticides : plus d'un million de personnes touchées, réglementation inefficace

    Mais ce que ce rapport souligne surtout, c’est que l’on manque d’informations quant à l’exposition aux pesticides des agriculteurs, de leurs familles, des riverains des champs et de tous ceux qui travaillent dans le secteur agricole. D’autre part, il indique que le processus de mise sur le marché des produits, le plan Ecophyto 2 et la réglementation en général, manquent d’efficacité.

    C’est le résultat de plusieurs années d’enquête qui pousse l’Anses à rappeler que le problème de l’exposition aux pesticides n’est pas réglé en France, loin s’en faut.

    La surexposition aux pesticides est due à un terrible manque d’information

    L’Anses souligne que l’information des professionnels qui utilisent ou côtoient les pesticides est souvent minimaliste, et qui plus est disparate. Quant aux réglementations en vigueur, elles sont soit méconnues, soit mal appliquées parce que difficiles à comprendre ou mettre en oeuvre.

    En dépit du très grand nombre de procédures réglementaires en place, des effets sur la santé des personnes travaillant en agriculture sont aujourd’hui observés. Personne ne semble avoir de vision globale de l’ensemble du dispositif réglementaire qui encadre l’usage des pesticides, leur homologation, les procédures visant à éviter ou reconnaître leurs effets négatifs
    indique l'Anses

    L’agence publie donc une série de recommandations allant de la poursuite des études d’impact des pesticides sur l’environnement et sur l’homme, à l’amélioration des équipements de protection et les règles d’emploi des pesticides (horaires, conditions météorologiques), en passant par l’harmonisation des règles d’autorisation de mise sur le marché des pesticides et de certains composants qu’ils peuvent contenir.

     

    Pas loin de 1000 euros de pesticides sont consommés chaque seconde dans le monde, soit un marché d’environ 30 milliards d’euros, à près près stable depuis 2000.
    Depuis le 1er janvier
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    Cette statistique, et bien d’autres, vous est offerte par le Planetoscope

    Un rapport qui dérange

    Quand on voit le résultat de la bataille autour du glyphosate, désherbant le plus utilisé au monde, menacé d’interdiction au niveau européen le 1er juillet dernier, mais qui a finalement réussi à obtenir un sursis de 18 mois, on imagine aisément à quel point le rapport de l’Anses(1) et ses recommandations ont été difficiles à élaborer. D’ailleurs, l’Anses explique que son rapport a pris du retard, car plusieurs experts, co-auteurs, avaient émis un « avis minoritaire », qui a nécessité la saisine du comité de déontologie de l’agence, pour pouvoir aboutir à une version de synthèse acceptable…

    Illustration bannière : exploitant pulvérisant des pesticides dans une rizière près d’Avignon

    En savoir plus sur http://www.consoglobe.com/exposition-aux-pesticides-rapport-anses-2016-cg#32qYxfBTKTotRhos.99
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  • En images : l'incendie "Sand Fire" crée un ciel apocalyptique au-dessus de Los Angeles

     
     
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    Le soleil au-dessus de Pasadena (Californie), réduit à un disque orange par la fumée de l'incendie "Sand Fire", samedi 23 juillet au matin.
    AP PHOTO/JOHN ANTCZAK
    Keith Wagstaff
    par Keith Wagstaff
    Il y a 6 heures

    Un incendie, surnommé "Sand Fire", ravage actuellement les forêts au nord-est de Los Angeles. Le vent a soulevé ce week-end un nuage de cendres, offrant aux habitants de la ville une vision apocalyptique et impressionnante.

    Un disque rouge sang en guise de soleil, un gigantesque nuage de fumée de bien mauvais augure : voilà à quel paysage les habitants de Los Angeles ont eu droit samedi 23 juillet, tandis qu’une pluie de cendres s’abattait sur la ville.

    VOIR AUSSI : Le cadavre de Wally la baleine revient sans cesse sur les plages de Californie

    Il ne s'agissait pas d'une apocalypse, mais ça y ressemblement fortement.

    C'était le résultat de l’incendie "Sand Fire", qui a commencé vendredi matin et a déjà consumé près de 90 kilomètres carrés de forêt près de Santa Clarita, au nord-est de Los Angeles. D'après le service des forêts américain, les autorités n'ont pu contenir que 10 % du feu dimanche matin. Jusqu'ici, 17 habitations ont été détruites, et un millier d'autres est menacé.

    Partout à Los Angeles, les habitants ont immortalisé cet étrange – et presque terrifiant – phénomène.

    View of the from my backyard

     

    The Sun is officially red, because of smoke from the .

     

    Smoke from the in Santa Clarita making hazy this morning...

     

     

     

     

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  • Loi sur la biodiversité : la France bannit les pesticides tueurs d’abeilles

    LE MONDE | 20.07.2016 à 19h48 • Mis à jour le 20.07.2016 à 20h55 | Par Audrey Garric et Pierre Le Hir

    LIEN

    Le Parlement a interdit les insecticides néonicotinoïdes, nocifs pour les abeilles, à partir du 1er septembre 2018, avec des dérogations jusqu’en 2020.

    Entre état d’urgence et loi travail, la biodiversité a finalement réussi à se frayer un chemin au Parlement. Quarante ans après la loi de 1976 sur la protection de la nature, l’Assemblée nationale a définitivement adopté, mercredi 20 juillet dans la soirée, le projet de loi « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ». Avec un signal fort : l’interdiction des insecticides « tueurs d’abeilles ». Toute la gauche a voté pour, alors que Les Républicains et l’UDI ont voté contre.

    La gestation de la loi aura été laborieuse : le texte, annoncé par François Hollande voilà presque quatre ans, a connu pas moins de quatre lectures et de multiples tribulations au cours des deux années de navette entre députés et sénateurs, sur le mode trois pas en avant, deux pas en arrière, un pas de côté. Avec cette loi, « la France se dote de principes renforcés, d’outils nouveaux, de mesures fortes pour favoriser une nouvelle harmonie entre l’homme et la nature », se félicite la secrétaire d’Etat à la biodiversité, Barbara Pompili. L’enjeu était d’autant plus crucial que la France, grâce à ses territoires d’outre-mer et l’importance de son espace maritime, abrite des écosystèmes tout aussi riches que menacés.

    Le résultat est pourtant en demi-teinte. Tout au long de son examen, ce projet de loi a en effet été soumis aux lobbys des chasseurs, des agriculteurs et des industriels de l’agrochimie, de l’huile de palme ou de la pêche en eaux profondes. Les débats ont aussi été brouillés par les dissensions gouvernementales qui ont notamment opposé les ministres de l’environnement et de l’agriculture. Au final, cet arsenal de mesures destinées à lutter contre le déclin de la biodiversité et la destruction des milieux naturels se trouve quelque peu émoussé.

    Lire aussi :   Barbara Pompili : « Sur la biodiversité, les lobbys sont très présents »

    Dérogations à l’interdiction des néonicotinoïdes

    Certes, la loi marque d’incontestables avancées. Sur le dossier brûlant des néonicotinoïdes, une famille d’insecticides néfastes pour les pollinisateurs mais aussi, plus largement, pour l’environnement et la santé, les députés ont obtenu une victoire emblématique : l’interdiction de ces molécules à partir du 1er septembre 2018 pour l’ensemble des cultures agricoles, quels que soient les usages (pulvérisations, traitement des sols ou enrobage de semences).

    L’article 51 accorde toutefois des dérogations jusqu’au 1er juillet 2020 lorsqu’il n’existe pas d’alternative. Ces exceptions seront décidées par un arrêté conjoint des ministres de l’agriculture, de l’environnement et de la santé, sur la base d’un rapport sur les molécules de substitution que l’Agence de sécurité sanitaire devra rendre à la fin de l’année. A ce titre, le texte de loi définitif marque un recul par rapport à des versions précédentes qui prévoyaient une interdiction sans dérogation en 2018, ou même dès 2017. Mais l’accord, obtenu à l’arraché, est parvenu à faire primer l’inquiétude de l’opinion publique – une pétition a recueilli près de 700 000 signatures – et des ONG, très mobilisées, sur les pressions de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et des lobbies agrochimiques.

    Lire aussi :   Le jeu trouble de Stéphane Le Foll sur les pesticides

    « Il faut accompagner les agriculteurs dans cette transition, qui peut être plus ou moins simple, reconnaît Barbara Pompili. Mais l’interdiction est un signal fort et clair : on laisse jusqu’à quatre ans au monde agricole pour changer de pratique. »

    Reconnaissance du préjudice écologique

    Au titre des apports, la loi sur la biodiversité entérine également le triptyque « éviter, réduire, compenser », qui s’applique à tout aménageur dont le projet entraîne des dégradations écologiques. Ainsi que le principe fondamental de non-régression du droit de l’environnement, selon lequel la protection des écosystèmes ne peut faire l’objet que d’une « amélioration constante ».

    Elle introduit aussi dans le code civil la reconnaissance du préjudice écologique qui, en vertu de la règle du pollueur-payeur, oblige le responsable d’un dommage à l’environnement à le réparer ou, à défaut, à acquitter des dommages et intérêts. Cela, conformément à la jurisprudence créée après la marée noire provoquée par le naufrage de l’Erika en décembre 1999.

    Elle va également permettre la ratification par la France du protocole de Nagoya, qui encadre l’accès aux ressources génétiques et aux connaissances traditionnelles et impose le partage des avantages qui en découlent avec les communautés locales.

    Abandon de la taxe sur l’huile de palme

    A côté de ces acquis, le gouvernement et la majorité ont reculé sur plusieurs dossiers sensibles. Les députés ont ainsi renoncé à la taxe sur l’huile de palme, dite « taxe Nutella ». Celle-ci était destinée à mettre fin à la niche fiscale dont bénéficie aujourd’hui cette huile, dont la production provoque une déforestation à grande échelle. A la place, l’Assemblée a décidé de revoir « le dispositif actuel de taxation des huiles alimentaires » d’ici à six mois. En cause : la protestation des deux principaux producteurs mondiaux, l’Indonésie et la Malaisie, qui a failli tourner à « l’incident diplomatique », comme le reconnaît Barbara Pompili.

    Parmi les autres mesures abandonnées : l’interdiction du chalutage profond – qui a finalement été adoptée par l’Union européenne fin juin –, la reconnaissance du statut d’être sensible des animaux sauvages ou encore le bannissement de la chasse à la glu.

    Agence française pour la biodiversité

    Une Agence française pour la biodiversité (AFB) doit voir le jour le 1er janvier 2017, pour coordonner les politiques en faveur des milieux naturels, conseiller les élus et les aménageurs et exercer une police de l’environnement. Elle regroupera les 1 200 agents de quatre structures déjà existantes : l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, l’Atelier technique des espaces naturels, l’Agence des aires marines protégées et les Parcs nationaux de France. Mais son poids et sa force de frappe seront amoindris par l’absence de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage qui, avant même l’examen de la loi, avait obtenu de François Hollande l’assurance qu’il garderait son indépendance, et celle de l’Office national des forêts.

    L’AFB sera dotée d’une enveloppe de 226 millions d’euros, soit le budget annuel de fonctionnement des quatre entités, ainsi que de 60 millions supplémentaires la première année, au titre des investissements d’avenir. Des moyens humains et financiers insuffisants, pour les associations.

    « Cette loi était d’autant plus indispensable que l’érosion de la biodiversité est aujourd’hui bien documentée, commente Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement. Elle n’est toutefois pas aussi ambitieuse qu’elle aurait pu l’être, car le gouvernement a du mal à résister aux lobbys. En outre, nous craignons que l’Agence pour la biodiversité n’ait pas les moyens humains et financiers de mener à bien ses missions. »

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