• Le feu entre le Boulou et le Perthus est circonscrit: l'autoroute A9 demeure fermée dans les deux sens

    Le 18 juillet à 13h50 par lindep.fr | Mis à jour il y a 3 minutes    LIEN

    • Vue aérienne de l'incendie.

      Vue aérienne de l'incendie.(Photo par Préfecture 66)
    • L'autoroute a été fermée dans les deux sens.

      L'autoroute a été fermée dans les deux sens.(Photo par @infoautopista/twitter.com)
    • Un incendie s'est déclaré ce lundi entre Le Boulou, Les Cluses et Saint-Jean Pla de Corts.

      Un incendie s'est déclaré ce lundi entre Le Boulou, Les Cluses et Saint-Jean Pla de Corts.(Photo par Cyril R. via Facebook)
    • Derrière le lotissement Sant-Marti au Boulou, ça brûlait bien.

      Derrière le lotissement Sant-Marti au Boulou, ça brûlait bien.(Photo par Marion R.)
    • Le ballet des canadairs en action au-dessus du bas-Vallespir.

      Le ballet des canadairs en action au-dessus du bas-Vallespir.(Photo par Anthony B.)
    • Vue aérienne de l'incendie.

      Vue aérienne de l'incendie.(Photo par Préfecture 66)

    MISE A JOUR 16H37.

    Un incendie est en cours entre le Boulou et Maureillas, dans les Pyrénées-Orientales, ce lundi en tout début d'après-midi. L'autoroute A9 est fermée à partir du péage sud de Perpignan dans le sens France-Espagne ainsi que du coté Espagnol.

    L’autoroute A9 est fermée à la circulation entre Perpignan Sud et la Jonquera dans le sens France-Espagne et entre la Jonquera et Le Boulou dans le sens Espagne-France. L’incendie est fixé a annoncé ce lundi vers 15h35, la préfecture des Pyrénées-Orientales. La maîtrise est prévue, sauf impondérable, vers 17h.

    25 hectares ont été parcourus dont 15 brûlés.

    Environ 130 pompiers sont engagés soutenus par le Dragon 66 et deux Trackers.

    Les poids lourds sont stockés sur l'autoroute et sortie obligatoire pour les véhicules légers à Perpignan sud.

    Pour celles et ceux qui prennent la direction de l'Espagne, il est conseillé de retarder le départ au moins jusqu'à 17 heures. 

    Quant aux automobilistes arrivant de Narbonne, il est impératif de prendre la sortie Perpignan nord. 

    La préfecture a fait un point de la situation à 16h35 : selon elle, à 16 heures le feu a été circonscrit et les 2 trackers ont été désengagés, mais un stockage de bois maintient une fumée empêchant, à ce stade, la réouverture de l'autoroute. Les sapeurs-pompiers travaillent activement à réduire ce dernier foyer d'incendie.

    cortada -> por incendio en Autopista Francesa. Por seguridad desvío obligatorio en Salida 4 – Figueres S

    Continua -> cortada por incendio en Autopista Francesa. Retención 5 km en Salida obligatoria 2 – La Jonquera

     

     

     

    Voir l'image sur Twitter

    cortada por un incendio en Autopista Francesa. Salida obligatoria 2 – La Jonquera.

    L'autoroute vidée de ses traditionnelles autos. (Jean-Luc via Facebook)

     

    Incendie: coupée dans les deux sens à la frontière espagnole. Sortie conseillée Perpignan Sud (n°42). @Radio1077

     

    Le 11e incendie en moins d'un mois!

    L'incendie du Boulou, dont on ne connaît pas encore l'importance est le 11e incendie depuis le 19 juin et celui de Cerbère qui avait brûlé 120 hectares.

    Au total, plus de 250 hectares sont déjà partis en fumée dans les Pyrénées-Orientales depuis le début de la saison.

     

     

     

     

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  • Soutenu par Macron, Attali et Juppé, un minier russe s’apprête à saccager la forêt guyanaise

    7 juillet 2016 / Fabrice Nicolino
    LIEN

     

     

     

    La Guyane est « menacée par un tsunami affairiste » : le gouvernement entend confier la gestion d’une mine d’or à une transnationale russe, explique Fabrice Nicolino dans cette tribune. Il en appelle à Nicolas Hulot, Allain Bougrain-Dubourg, Pierre Rabhi, et aux lecteurs de Reporterre pour que débute la « grande bagarre de Guyane ».

     

    Journaliste engagé pour l’écologie, Fabrice Nicolino est chroniqueur à La Croix et à Charlie Hebdo, où il a été blessé dans l’attentat du 7 janvier 2015. Il s’exprime aussi sur son blog, Planète sans visa, et a publié Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture.

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    Fabrice Nicolino.

    APPEL À NICOLAS HULOT, ALLAIN BOUGRAIN-DUBOURG, PIERRE RABHI ET A TOUS LES AUTRES

    Je souhaite être solennel. Vous lirez ci-dessous un article que j’ai publié dans Charlie-Hebdo voici quelques semaines. Il n’a rien de banal, car il touche aux profondeurs de notre destin commun. Même s’il s’agit de criminels ordinaires, ordinaires dans notre monde criminel. Un groupe minier russe, qui travaille en Afrique dans des conditions scandaleuses, veut s’en prendre au joyau écologique qu’est la forêt tropicale de la Guyane dite française.

    On ne peut laisser faire. À aucun prix. Nous sommes en face d’une modeste mais réelle responsabilité historique. Car la France détient sur le continent américain une fraction de la richesse biologique mondiale. Une mine d’or industrielle là-bas serait le signal que tout, désormais, est possible. Si un pays comme le nôtre accepte de sacrifier cette merveille, quel autre se sentirait tenu de s’arrêter pour réfléchir ? La Chine ? L’Indonésie ? Le Brésil ? Le Rwanda ? La Russie de Poutine ? Voyons, un peu de dignité.

    Reculer serait avouer que nous ne sommes pas de taille


    Nous crevons sous le poids de discours illusoires et de déclarations qui n’engagent à rien. Du haut des tribunes frelatées, comme il est aisé de crier : « Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs ! » Elle brûle, en effet, et en enfer. Elle se tord, elle hurle sa douleur chaque seconde de chaque minute, et nous faisons comme si tout devait se passer entre gens de bonne compagnie. Cela ne peut plus durer. Qu’on le veuille ou qu’on le cache, une frontière sépare ceux qui accélèrent dans la dernière ligne droite discernable, et ceux qui se jettent de désespoir sur le frein.

    Le noble combat de Notre-Dame-des-Landes est essentiel pour la France, car il affirme dans la clarté qu’on ne peut plus faire comme avant. Ici, dans ce pays-ci. La grande bagarre de Guyane que j’appelle de mes vœux est d’emblée internationale, mondiale, planétaire. Elle signifie que la défense de la biodiversité — nom savant de la vie — oblige à sortir du bois et à compter ses forces. Reculer, ce serait avouer que nous ne sommes pas de taille. Reculer, ce serait accepter tout, étape après étape. Je vous suggère, amis de l’homme, des bêtes et des plantes, d’organiser un voyage de protestation en Guyane même, dès qu’il sera possible. Le crime qui se prépare, car c’en est un, mérite que nous bandions toutes nos forces, et elles sont grandes, malgré tout.

    Levons-nous ensemble, car sinon, autant se taire pour l’éternité.

    Ci-dessous, l’article paru dans Charlie :


    LA MINE D’OR GUYANAISE D’ATTALI, JUPPÉ ET MACRON

    Attention les yeux, on va voir apparaître comme par magie un Attali, un Juppé, un Macron pour le prix de presque rien. Mais dès l’avance, il faut dire deux mots de la Guyane audacieusement appelée française. Il y a là-bas des Noirs marrons, descendants d’esclaves échappés des plantations philanthropiques. Des Indiens installés au profond de la forêt tropicale, le long des rivières et des fleuves. Et puis des Blancs, car il y a partout des Blancs. Autrement, qui tiendrait le nerf à bœuf, dites-moi ?

    La forêt tropicale, qui couvre 95 % du pays, est à peu près intacte, ce qui se fait rarissime dans un monde qui crame tout. Et en théorie, les envolées permanentes des nobles politiques sur la biodiversité devraient pouvoir protéger les singes hurleurs, les aras et les jaguars pour l’éternité.

    La puissance de feu des transnationales


    Mais il y a l’or. Des milliers d’orpailleurs clandestins pourrissent les eaux de Guyane depuis des décennies en balançant à tout va de charmants produits comme le mercure — idéal pour extraire l’or de son substrat rocheux — dans les rivières. C’est pas bon, c’est pas beau, et c’est artisanal. Tout autre est la puissance de feu des transnationales, qui peuvent mobiliser des concasseurs de la taille d’un avion et pulvériser des millions de tonnes de roches sans coup férir.

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    Une barge d’orpaillage artisanal sur la rive surinamaise du fleuve Maroni.

    Jusqu’ici, les projets les plus crapoteux ont échoué, mais celui dont on va parler a plus que ses chances. En 2011, la Columbus Gold, boîte canadienne junior — on va expliquer, c’est très malin —, achète huit concessions minières en Guyane. L’une des huit se trouve à 80 km au sud de Saint-Laurent-du-Maroni, au-dedans d’un lieu appelé la Montagne d’Or. Il y aurait 155 tonnes d’or planquées, peut-être le double. Miam.

    Pour récupérer la mornifle, il faudra creuser une fosse d’au moins 2,5 km de long, de 600 à 800 mètres de largeur, de 200 à 250 mètres de profondeur. Compter 460 millions de tonnes de roches à broyer, au bas mot, car on récupère au mieux qu’1,5 gramme d’or par tonne. Prévoir également de gros besoins d’énergie et d’électricité. Disons l’équivalent de ce que consomme la capitale, Cayenne, en un an.

    « On ne veut pas que des lobbies écologistes viennent contrecarrer un projet qui serait créateur d’emplois »


    Mais une telle apothéose, ami technophile, ne peut être déployée par une petite junior, qui apparaît en la circonstance comme le paravent d’une grosse mère, que les spécialistes nomment une major. La Columbus Gold ne fait qu’explorer, avant de refiler le bébé au vrai bénéficiaire, la Nordgold, sise à Moscou. Nordgold est seule capable d’exploiter et d’ouvrir les entrailles de Guyane. Et elle est, en plus, entre des mains charmantes. Une ONG suisse et catho, Action de carême, a publié en février 2016 un rapport sur les mines d’or au Burkina Faso, où l’on peut lire : « Dans beaucoup d’endroits, l’exploitation aurifère détruit les bases de l’existence de populations, porte atteinte aux droits humains. » Avant de préciser : « Les sociétés minières présentes au Burkina Faso, en l’occurrence Iamgold, Nordgold et Amara Mining, ont une grande responsabilité dans les violations des droits humains exposés. »

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    Depuis l’avion reliant Cayenne à Maripasoula.

    Si cette mine ouvre, et tous les feux sont au vert, adieu à la forêt tropicale que l’on connaît. En toute certitude, ce sera la ruée vers l’Eldorado, car on trouve de l’or un peu partout. Il y aura des routes, des autoroutes, des barrages, des pylônes à haute tension. Et si tout est désormais sur les rails, c’est que la mine est soutenue par des autorités morales considérables. Jacques Attali, le preux lobbyiste international, siège au comité consultatif de la Columbus Gold. Alain Juppé, fervent écologiste, en meeting à Cayenne ces dernières semaines : « On ne veut pas que des lobbies écologistes viennent contrecarrer un projet qui serait créateur d’emplois. » Quant à l’immense Emmanuel Macron, il s’est carrément rendu sur le futur chantier, vantant l’excellence du projet, précisant : « Cet industriel [la Columbus Gold] est l’un des fers de lance de la mine responsable. »

    C’est maintenant que tout se joue, nazes que nous sommes. Ou la mine ou la forêt. Si les écolos de France et de Navarre arrêtent de se branlotter une seconde, il y a peut-être une chance.


    AMIS LECTEURS, NE REMETTEZ PAS À DEMAIN 

    Amis lecteurs de Reporterre, je vous demande de faire un effort personnel. Si vous êtes d’accord avec ce qui précède, diffusez, aussi massivement qu’il vous sera possible. Auprès de vos proches et de vos amis, auprès de vos élus — qui ne risque rien n’a rien —, auprès de tous les groupes possibles, auprès des personnes auxquelles s’adresse cette lettre ouverte, qui est évidemment destinée à tous. Je vous en prie : une heure de votre temps doit être consacrée à cette nouvelle bagarre, que j’espère nationale, internationale, planétaire. Ne remettez pas à demain. S’il vous plaît, commencez aujourd’hui même. Et merci.

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  • Barrage de Sivens : la justice annule la déclaration d’utilité publique

    Le Monde.fr avec AFP | 01.07.2016 à 15h59 • Mis à jour le 01.07.2016 à 16h38   LIEN

     

           

    C’est un revers pour les partisans du projet de barrage de Sivens. Le tribunal administratif de Toulouse a annulé, vendredi 1er juillet, la déclaration d’utilité publique du barrage de Sivens (Tarn), selon la décision que Le Monde a pu consulter. Le projet de barrage avait été abandonné en 2015 à la suite de la mort de Rémi Fraisse.

    Le tribunal a annulé trois arrêtés préfectoraux : la déclaration d’utilité publique (DUP), l’autorisation de défrichement et la dérogation à la loi sur les espèces protégées (la zone humide de Sivens en comportait une centaine). L’État est, de plus, condamné à verser à plusieurs organisations d’opposants requérantes la somme globale de 3 750 euros.

    La justice ne se prononce pas sur la déclaration d’intérêt général car elle avait déjà été abrogée par l’État, à la suite de l’abandon en 2015 du projet vivement contesté.

    Lire aussi :   Le projet initial du barrage de Sivens définitivement abandonné

    Il « aura fallu un mort pour que tout s’arrête »

    « C’est la confirmation par la justice que ce projet était bien illégal et que, donc, les opposants, y compris les zadistes, avaient raison », a réagi Ben Lefetey, porte-parole du Collectif Testet, qui réunit de nombreux opposants. Le porte-parole a également fait part de sa « colère », soulignant qu’il « aura fallu un mort pour que tout s’arrête », dans une référence au jeune écologiste Rémi Fraisse, décédé le 26 octobre 2014 dans l’explosion d’une grenade lors d’affrontements avec les forces de l’ordre sur le chantier du barrage.

    L’ancienne secrétaire nationale des Verts et d’EELV Cécile Duflot a déjà réagi sur Twitter :

    Sollicité, le conseil départemental du Tarn, maître d’ouvrage, n’avait pas encore réagi en milieu de journée.

    Nouveau projet combattu

    L’annulation des arrêtés par le tribunal devrait compliquer la mise en place du nouveau projet de barrage, allégé mais situé quasiment au même endroit. Ce projet avait été adopté en mars 2015 par le département du Tarn en même temps qu’il entérinait l’abandon du projet initial décrété par la ministre de l’écologie Ségolène Royal.

    Les autorités locales avaient en effet émis le souhait de se baser sur la DUP de l’ancien barrage pour ériger le nouveau. Son annulation obligera à « repartir de zéro », a souligné M. Lefetey.

    Lire aussi :   Manifestation : après Sivens, les grenades encore en accusation

    Le nouveau projet est, lui aussi, combattu par les opposants au barrage initial, qui estiment que des moyens alternatifs existent pour alimenter en eaux les terres agricoles alentour. « S’ils passent à nouveau en force, on sera là pour s’opposer. Il y aura à nouveau des zadistes », a averti M. Lefetey.

    Le site de Sivens avait été occupé pendant plus d’un an par de nombreux zadistes opposés à la construction, avant d’être évacué par les forces de l’ordre en mars 2015.

    Lire aussi :   De Notre-Dame-des-Landes à Sivens, la carte de France des projets contestés



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  • Victoire

    Le chalutage en eau profonde enfin interdit par l'UE

    Par LIBERATION 30 juin 2016 à 18:25      LIEN
     
     

     

     

    Des ONG militent pour une interdiction de la pêche au delà de 600 mètres de profondeur Photo Boris Horvat. AFP

     

    Après des années de négociations, l'Union européenne a annoncé jeudi l’interdiction de la pêche en eaux profondes à plus de 800 mètres de profondeur.

     

    C’est une victoire pour les écologistes : le chalutage en eau profonde, une méthode de pêche minuscule pour l’économie mais désastreuse pour l’écologie, est désormais interdit dans l’Union Européenne. Les Etats membres, la Commission et Parlement européen ont enfin trouvé un accord ce jeudi après des années de négociations.

    L’accord bannit le chalutage de fond à plus de 800 mètres dans les eaux européennes. Cette profondeur est ramenée à 400 mètres dans les zones dites «d’environnement marin vulnérable». Dans les eaux autorisées, la pêche en profondeur ne pourra être pratiquée que si la zone a déjà été exploitée par le passé entre 2009 et 2011. Les contrôles seront renforcés, tout comme les sanctions en cas d’infraction.

    La pêche en eaux profondes ne représente qu’environ 1% des débarquements de l’Atlantique Nord, mais elle constitue «le plus grand risque de destruction des écosystèmes marins vulnérables et irremplaçables», soulignait la Commission européenne en juillet 2012, lorsqu’elle a mis sur la table ses propositions. En raclant les fonds marins où vivent coraux et éponges, les filets géants remontent tout ce qu’ils croisent et le tri se fait ensuite à bord des navires. Les espèces qui n’ont pas d’intérêt commercial (20% à 40% des captures) sont ainsi rejetées mortes à la mer, comme les requins menacés d’extinction. Et les poissons profonds sont en plus très vulnérables car leur croissance est lente.

    L’idée d’interdire les chaluts de fond a été fermement combattue par la France et l&rhttp://www.liberation.fr/france/2016/06/30/le-chalutage-en-eau-profonde-enfin-interdit-par-l-ue_1463184squo;Espagne, dont les grands chalutiers nomades sont les plus ciblés : avec le Portugal, les trois pays remontent 90% des prises en eaux profondes. En France, les quatre ports les plus concernés par ce type de pêche se trouvent en Bretagne et dans le Nord.

    A lire aussi :La pêche profonde prend l’eau

    Mais les citoyens se sont mobilisés pour interdire cette méthode de pêche. En 2013, l’association française de protection des océans Bloom avait lancé une pétition et récolté plus d’un million de signatures.

     

    Notamment grâce à la dessinatrice Pénélope Bagieu, qui avait très bien expliqué en dessins le principe de cette pêche et ses conséquences désastreuses.

    Extrait d'une BD de Pénélope Bagieu qui a popularisé une pétition contre la pêche profonde

    Jeudi, Bloom s’est félicitée de cette décision :

    «C’est un succès franc aux conséquences nettes : cela signifie que la déforestation sous-marine qui a lieu aujourd’hui sans aucune contrainte légale jusqu’à 2000 mètres de profondeur cessera à jamais», a déclaré Claire Nouvian, la fondatrice de Bloom, tout en ajoutant que cette interdiction aurait pu aller encore plus loin. Selon l’ONG, le texte se limite en effet seulement aux eaux européennes et aux eaux internationales de l’Atlantique Centre-Est, alors que la proposition de départ englobait l’ensemble des eaux internationales de l’Atlantique Nord-Est. Bloom accuse ainsi l’Espagne d’avoir fait pression pour que la majeure partie des eaux internationales où elle pêche ne soit pas concernée par l’interdiction...

    LIBERATION
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    Changements climatiques, une menace pour la paix doc complet

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  • Les pesticides affaiblissent

    définitivement les abeilles

    Posté le 2 décembre 2015 par pierre Thouverez       LIEN

    Le 30 novembre dernier, l'Anses tenait son colloque annuel sur la santé des abeilles. Avec pour thème « impact de la co-exposition aux facteurs de stress», suite à la parution de son avis « relatif aux co-expositions des abeilles aux facteurs de stress », il a pointé le rôle déterminant des pesticides dans le syndrôme d'effondrement des abeilles.

    « Les experts soulignent le caractère souvent multifactoriel des causes de mortalités des colonies d’abeilles mais insistent tout particulièrement sur l’importance de leur co-exposition aux pesticides et aux agents biologiques dans le déterminisme de leur effondrement », conclue l’Anses dans son avis. « La présence de nombreux agents infectieux (parasites dont Varroa en tout premier lieu, bactéries, champignons, virus) au sein des colonies, souvent asymptomatiques au départ, et leur exposition aux pesticides de diverses origines et mécanismes d’action (insecticides, fongicides et acaricides en particulier) entraînent selon toute vraisemblance le passage d’un état de santé normal à l’expression de pathologies conduisant à l’effondrement de la colonie.» prévient l’agence.

    Vraisemblablement, les colonies d’abeilles sont désormais très largement porteuses de différents agents infectieux, même lorsqu’elles ne présentent aucun symptôme. Les pesticides apporteront le dernier élément de stress nécessaire pour les destabiliser, faisant apparaître des troubles, en abaissant l’immunité individuelle ou sociale de la colonnie, ou en diminuant les mécanismes de détoxication des abeilles. « Certaines substances, comme des néonicotinoïdes ou des acaricides, peuvent avoir un effet sur la cohésion de la colonie et le comportement hygiénique des ouvrières, et donc sur les risques infectieux et parasitaires », résument les experts.

    Vers la mise en place d’un rucher de référence ?

    Le groupe de travail souligne qu’il est extrêmement difficile de définir un « état de santé normal » pour les abeilles ou leurs colonies. De nombreux facteurs entrent en jeu, notamment la région géographique et son climat, l’environnement agricole et floristique. Les facteurs de stress sont eux aussi multiples et peuvent interagir entre eux. « Facteurs biologiques, chimiques, alimentation, pratiques apicoles, conditions métérologiques, facteurs physiques », pour citer les principaux. L’abondance et la diversité de l’alimentation et des ressources environnementales jouent un rôle important sur la santé et la tolérance des abeilles à d’autres facteurs de stress, notamment chimiques et biologiques.

    L’Anses recommande donc la mise au point d’études épidémiologiques sur les interactions entre les différents facteurs de stress en situation naturelle, notamment la création d’un réseau de ruchers de référence, qui maillerait au mieux le territoire. « Ces ruchers permettraient sur la base d’une collecte standardisée de données de population et de production, de définir des référentiels régionaux pour les différents acteurs », notent les experts. Dans chaque région, ces ruchers de référence permettraient de définir un état de santé moyen « normal » des colonies d’abeilles en fonction du temps et de l’environnement, afin de définir des facteurs de risques propres à chaque région. Ces ruchers de référence permettraient de mieux documenter et comprendre le « portage asymptomatique des colonies », ces colonies qui semblent saines malgré les nombreux facteurs de stress qu’elles subissent. Il sera ainsi possible de comparer les niveaux d’agents infectieux présents dans les ruchers asymptomatiques avec les niveaux observés dans les colonies affaiblies, pour mieux comprendre le rôle de chaque agent infectieux dans l’apparation de troubles. Dans ce cadre, l’agence souligne également l’intérêt d’utiliser et de maintenir des populations d’abeilles adaptées aux conditions locales. Cette proposition est saluée par l’ensemble des acteurs.

    Une évolution des AMM des pesticides?

    Les experts recommandent de revoir les procédures d’évaluations pré et post autorisation de mise sur le marché (AMM) des pesticides. Ils proposent notamment l’intégration systématique de tests pour évaluer les effets de co-exposition possibles du pesticide testé avec une molécule acaricide anti-Varroa et un fongicide connu pour inhiber les mécanismes de détoxication des abeilles. Si le pesticide est un insecticide, ils recommandent en plus de tester la co-exposition avec un autre insecticide ayant un même mode d’action. L’anses recommande aussi un suivi pesticides – pesticides après mise sur le marché. « Ces propositions devraient être discutées au niveau européen, leur mise en oeuvre effective nécessitant leur intégration au cadre réglementaire européen », soulève l’Anses.

    Mais ce n’est pas tout. Dans le cadre de la phytopharmacovigilance post-AMM, l’Anses propose d’utiliser les données issue du rucher de référence pour identifier les pesticides favorisant le développement de certains agents infectieux et parasitaires ou modifiant le caractère des abeilles. Dans le cadre de chaque procédure de rééxamen des conditions d’autorisation, il conviendra alors de tester le pesticides en question en co-exposant les abeilles à ce pesticide et à des agents infectieux et parasitaires répandus pour identifier les effets potentiels.

    Lors du colloque de l’Anses, Ronan Vigouroux, Responsable environnement de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) s’est opposé à ces propositions. « Nous ne sommes pas d’accord avec cette co-évaluation […] parce qu’elle va entraîner un nombre très très important de combinaisons possibles». « Nous nous opposons à une surenchère réglementaire européenne et française qui va bloquer le système d’innovation», affirme-t-il. De leur côté, les apiculteurs et les associations environnementales la plébiscitent.

    Par ailleurs, pour préserver la santé des abeilles, l’Anses recommande de maintenir la biodiversité, respecter les bonnes pratiques apicoles, minimiser les traitements chimiques grâce à l’agro-écologie et la zootechnie.

    Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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  • Un observatoire mondial pour scruter

    l’air des villes

     

    27 juin 2016 à 20:21    LIEN

    C’était une première. Une grosse vingtaine de villes, dont Tokyo et Pékin, réunies à Paris dans une conférence consacrée à la qualité de l’air et à la lutte contre les pollutions. C’était aussi l’occasion pour Anne Hidalgo, maire de Paris, d’annoncer la création prochaine d’un Observatoire mondial des villes sur la qualité de l’air. Les grandes métropoles sont invitées à y adhérer et Anne Hidalgo compte déjà sur les 83 membres du réseau C40, sur ceux qui font partie du réseau des «villes résilientes» ou d’autres regroupements de ce type. L’Observatoire, dont l’acronyme anglais est Guapo («beau» en espagnol), s’appuiera sur les données de l’Organisation mondiale de la santé et sur des expériences diverses.

    Prévue de longue date par Paris et placée récemment sous la houlette de la Métropole du Grand Paris, la conférence a permis à des maires de villes très variées de témoigner de leur expérience. Daniel Guiraud, vice-président de la MGP, a beau affirmer que «nous sommes tous confrontés aux mêmes problèmes», on ne peut que constater que ce n’est pas dans les mêmes proportions. Bruxelles ou Montréal mettent en avant des plans climat proches de ceux de Paris. Mais Pékin en est encore à lutter contre la pollution du charbon, tandis qu’Athènes affiche des taux effrayants d’émissions de toutes les particules. Les adhésions des villes à l’Observatoire se dérouleront jusqu’à la fin de l’été et un comité de pilotage sera mis en place. Ce genre d’organisme doit servir à améliorer les connaissances et l’échange des bonnes pratiques, mais pas seulement. Hidalgo n’a pas manqué de rappeler l’action civile introduite par la Ville de Paris, et soutenue par une action de classe, contre la Commission européenne et sa «décision d’émettre des permis à polluer» en abaissant les normes du diesel. Et de soupirer : «Même le président de Volkswagen a dit qu’il fallait sortir du diesel…»

    S.V.
     

     

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  • Un piano pour sauver l’océan Arctique

    Le Monde.fr avec Reuters | 21.06.2016 à 15h22

     

    Le Monde.fr avec Reuters | 21.06.2016 à 15h22

     
    Durée : 01:05  |  LIEN 
     
     

    En images

    Le pianiste et compositeur italien Ludovico Einaudi a joué une de ses compositions, « Elégie pour l’Arctique ». Il a été inspiré par huit millions de voix du monde entier appelant à la protection de l’Arctique. Le bateau de Greenpeace, l’Arctic Sunrise, a emmené le pianiste et son piano devant le glacier de Wahlenbergbreen, en Norvège. L’association écologiste prépare la Convention pour la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est (OSPAR), qui se réunit du 20 au 24 juin à Tenerife.

    Le Monde.fr avec Reuters


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  • 2015, année meurtrière pour

    les défenseurs de l’environnement

    LE MONDE | 20.06.2016 à 03h10 • Mis à jour le 20.06.2016 à 12h55 | Par Pierre Le Hir

    LIEN

    Marina Alves de Araujo, la veuve de Raimundo Chagas, assassiné en 2010 en raison d’un conflit forestier dans l’Amazonie brésilienne.

    Pour les militants écologistes et les peuples indigènes en lutte contre l’accaparement et la destruction de leurs terres, de leurs forêts ou de leurs cours d’eau, 2015 a été une année noire. C’est ce que fait apparaître le rapport « On Dangerous Ground » (en terrain dangereux) publié, lundi 20 juin, par l’ONG Global Witness. Celle-ci est spécialisée dans la dénonciation des conflits, de la corruption et des violations des droits de l’homme associés à l’exploitation des ressources naturelles.

    A l’échelle de la planète, le rapport ne recense pas moins de 185 assassinats liés à des enjeux environnementaux – soit un mort tous les deux jours –, perpétrés dans 16 pays. Un chiffre en hausse de 59 % par rapport à 2014, et encore jamais atteint depuis que l’ONG effectue cette recension macabre, débutée en 2002. Le bilan réel est « sans aucun doute plus élevé », souligne Global Witness, la collecte des informations étant très difficile.

    « Pour chaque assassinat que nous avons été en mesure de documenter, d’autres n’ont pu être vérifiés, ou n’ont pas été signalés, écrit-elle. Et pour chaque vie perdue, bien d’autres sont brisées par l’omniprésence de la violence, des menaces et de la discrimination. »

     

    Evolution des assassinats liés à des enjeux environnementaux, entre 2010 et 2015.

    L’an passé, les défenseurs de l’environnement ont payé le tribut le plus lourd au Brésil (50 morts), aux Philippines (33) et en Colombie (26). Ils ont été tués dans des conflits associés majoritairement à l’extraction minière, mais aussi à des activités agro-industrielles, forestières, hydroélectriques ou de braconnage. Quant aux auteurs de ces assassinats, le rapport indique que des groupes paramilitaires sont « soupçonnés » d’implication dans 16 cas, l’armée dans 13, la police dans 11, et des services de sécurité privés dans 11 autres.

     

    Nombre d’assassinats liés à des enjeux environnementaux, par pays entre 2010 et 2015.

    « Alors que la demande de produits comme les minerais, le bois et l’huile de palme se poursuit, des gouvernements, des entreprises et des bandes criminelles s’emparent des terres au mépris des populations qui y vivent », dénonce Billy Kyte, chargé de campagne à Global Witness. Or, note le rapport, « peu d’éléments indiquent que les autorités ont pleinement enquêté sur les crimes, ou pris des mesures pour que leurs responsables rendent des comptes ».

     

    Le Brésil, les Philippines et la Colombie particulièrement frappés

    Terres ancestrales

    Face à cette criminalité quasi organisée, les populations indigènes sont les plus vulnérables. « Du fait de l’insuffisance de leurs droits fonciers et de leur isolement géographique, elles sont particulièrement exposées à l’accaparement de leurs terres pour l’exploitation des ressources naturelles », pointe l’ONG. Près de 40 % des victimes dénombrées en 2015 appartenaient ainsi à des communautés indigènes. « Celles-ci sont de plus en plus menacées par l’expansion territoriale des entreprises minières ou forestières », constate Billy Kyte.

    Les Etats amazoniens du Brésil, en particulier, ont connu « des niveaux de violence sans précédent ».

    « Des fermes, des plantations agricoles ou des gangs d’exploitants forestiers illégaux empiètent sur les terres des communautés, décrit le rapport. La forêt tropicale a fait place à des milliers de campements illégaux, tandis que la frontière agricole est repoussée jusque dans des réserves indigènes auparavant intactes. »

    La pression est très forte : 80 % du bois en provenance du Brésil serait exploité illégalement, et ces grumes représenteraient le quart des coupes illégales alimentant les marchés mondiaux, à destination notamment des Etats-Unis, de l’Europe et de la Chine.

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    La fin brutale de certains défenseurs de l’environnement a été rapportée dans les médias. Ainsi, en septembre 2015, sur l’île de Mindanao (sud des Philippines), la jeune militante Michelle Campos a assisté à l’assassinat par un groupe paramilitaire, sous les yeux de l’armée régulière, de son père et de son grand-père – des chefs de la communauté autochtone –, ainsi que d’un directeur d’école. Ils refusaient leur expropriation par des compagnies minières convoitant le charbon, le nickel et l’or du sous-sol. Quelque 3 000 indigènes ont dû fuir leurs villages, où 25 meurtres ont été signalés sur la seule année écoulée. Mais beaucoup de personnes mortes pour leur terre restent anonymes.

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    Militants criminalisés

    Selon les données recueillies par Global Witness, l’Afrique demeure relativement épargnée par ces exactions, à l’exception de la République démocratique du Congo, où onze rangers de parcs nationaux ont été tués. Un constat « d’autant plus surprenant que beaucoup de pays africains sont en proie à de fortes violences, et que les conflits paraissent souvent liés à la terre et aux ressources naturelles », observe l’ONG. L’explication pourrait être un déficit de remontée d’informations en provenance de zones rurales isolées, où les organisations humanitaires sont peu représentées.

    Pour autant, le rapport souligne une « hausse du nombre de cas de criminalisation de militants à travers l’Afrique » : arrestation au Cameroun du directeur d’une ONG luttant contre des plantations d’huile de palme ; menaces en République démocratique du Congo contre le coordinateur d’une ONG agissant pour la protection des forêts communautaires ; emprisonnement à Madagascar d’un militant écologiste qui dénonçait un trafic de bois de rose ; condamnation en Sierra Leone du porte-parole d’une association de propriétaires terriens affectés par l’emprise des palmiers à huile…

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    La situation sur le continent africain n’est pas la seule à être mal documentée. « Les informations font défaut pour des pays comme la Chine ou la Russie, où ONG et médias sont entravés », explique Billy Kyte.

    A ses yeux, « les agressions dont sont victimes les défenseurs de l’environnement sont le symptôme d’une répression plus large qui frappe les acteurs de la société civile, dans des pays où les intérêts des gouvernements et des compagnies privées entrent en collusion ».

    Comment protéger les militants de la cause environnementale ? « Les gouvernements et les entreprises doivent mettre fin aux projets qui bafouent les droits des communautés à jouir de leurs terres, afin d’enrayer la spirale de la violence », plaide Global Witness. Ajoutant : « Les assassinats toujours impunis dans les villages miniers reculés, ou en plein cœur des forêts tropicales, sont alimentés par les choix que font les consommateurs à l’autre bout de la planète. »

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  • L’Allemagne inverse ses

    priorités énergétiques

     

    Après avoir mené une politique très ambitieuse, l’Allemagne envisage maintenant de réduire le rythme de croissance du solaire et de l’éolien. Des associations craignent que le pays ne passe à côté de ses engagements pris lors de la COP 21.

     

    L’Allemagne pourrait plafonner sa production d’énergie verte, tout en continuant de subventionner le secteur du charbon. 

    L’Allemagne pourrait plafonner sa production d’énergie verte, tout en continuant de subventionner le secteur du charbon. / plainpicture/U. Mertens 
    ZOOM

     

    C’est un changement important que le gouvernement allemand est en train d’opérer. Alors que le pays est devenu le premier producteur d’énergies renouvelables de l’Union européenne, grâce à une politique particulièrement volontariste, il envisage maintenant de freiner la croissance de ces énergies, pour limiter les coûts de la transition énergétique. Un projet de loi en ce sens, a été présenté mercredi 8 juin par le gouvernement.

    Depuis le lancement de son plan de transition énergétique, en 2000, l’Allemagne s’est montrée particulièrement ambitieuse. Elle s’est fixé l’objectif de s’approvisionner à 80 % en électricité d’origine verte à l’horizon 2050. Après l’accident de Fukushima, en 2011, elle a aussi décidé d’abandonner totalement le nucléaire d’ici à 2022.

    > Lire aussi : L’Allemagne organise la fermeture de ses centrales nucléaires

    Un prix fixe garanti pendant vingt ans

    Pour y parvenir, le gouvernement a massivement soutenu le développement des énergies renouvelables, en garantissant aux producteurs un prix fixe durant vingt ans. Ce mécanisme a donné un élan sans précédent au secteur, en permettant de multiplier les installations d’éoliennes et de panneaux solaires dans tout le pays. Mais il a coûté cher aux consommateurs (au total, 21 milliards en 2013, et 28 milliards estimés pour 2015) et Berlin veut désormais le revoir de fond en comble.

    À partir de 2017, toute nouvelle infrastructure devra se soumettre à un appel d’offres, comme le demande la Commission européenne. Les projets les plus rentables – c’est-à-dire ceux qui auront le moins besoin de subventions – remporteront les contrats. Au global, le gouvernement maintient tout de même son objectif de porter à 45 % la part de son électricité issue des renouvelables d’ici à 2025, mais il ne souhaite pas le dépasser à cette date. Cette part s’élève actuellement à 33 %.

    Un plafonnement de la production à partir de 2017

    En pratique, ce nouveau système engendrera un plafonnement de la production : l’éolien terrestre ne pourra fournir que 2 800 mégawatts (MW) supplémentaires de 2017 à 2019, puis 2 900 MW les années suivantes (4 750 MW ont été installés en 2014). Soit moins d’un millier de nouvelles éoliennes par an, dans un pays qui en compte 27 000.

    Dans le solaire, les appels d’offres seront limités à 600 MW par an. La biomasse voit en revanche ses subventions progresser sous la pression du gouvernement régional de Bavière et de ses agriculteurs locaux.

    Sigmar Gabriel, ministre de l’économie, estime que « les énergies renouvelables sont devenues des technologies établies et développées » qui n’ont plus besoin de soutiens étatiques comme à l’origine. « Cette réforme permettra de stabiliser les coûts et de renforcer l’acceptation de la transition énergétique par la population », explique-t-il.

    Synchroniser le développement de la production avec celui du réseau

    Un rééquilibrage géographique est également prévu avec moins d’appels d’offres dans les régions du nord de l’Allemagne, grosses productrices d’électricité solaire et éolienne. Le but est de synchroniser le développement de la production d’électricité avec celui du réseau.

    Le pays souffre en effet d’un retard important dans la construction de lignes à hautes tensions entre les régions productrices du Nord et les zones industrialisées du Sud. Ces retards s’expliquent par de fortes résistances locales et par le choix, financièrement coûteux, d’enfouir ces nouvelles lignes. Sur le terrain, cela implique la mise à l’arrêt régulière d’éoliennes en raison des insuffisances des réseaux.

    Âprement négociée avec les 16 Länder, la réforme présentée mercredi 8 juin et qui devra être approuvée par les députés, suscite des critiques. Le secteur de l’éolien, qui embauche 138 000 personnes, regrette ce « coup de frein » et craint que le système d’appels d’offres ne renforce les grands énergéticiens au détriment des projets citoyens, très nombreux.

    Le secteur du charbon toujours subventionné

    L’ONG Greenpeace estime de son côté que Berlin va passer à côté de ses engagements pris à Paris en décembre pour réduire ses émissions de CO2. Si le gouvernement plafonne sa production de renouvelables, il continue de subventionner le secteur du charbon.

    40 % de la production d’électricité allemande est issue de la houille et du lignite dont la production joue un rôle économique important dans les régions de la Ruhr à l’ouest et de Lusace, à la frontière polonaise.

    > Relire : La transition énergétique reste chaotique en Europe

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    En France, le grisou entre en Bourse

    La Française de l’énergie, qui prévoit d’exploiter le gaz de houille – ou grisou – encore présent dans les mines de charbon de Lorraine, du Nord et du Pas-de-Calais, va faire son entrée à la Bourse de Paris aujourd’hui.

    Ses dirigeants ont levé 37,5 millions d’euros. La quantité de grisou disponible serait aussi importante que le gisement de Lacq, aujourd’hui épuisé. L’objectif de la Française de l’énergie est « de fournir 5 % de la consommation nationale en 2025 », affirme son PDG Julien Moulin.

    La société affirme qu’elle n’aura pas besoin de produits chimiques, ni d’avoir recours à la fracturation hydraulique – interdite en France – « car le gaz n’est pas emprisonné dans la roche, mais dans des veines de charbon entre 700 et 1 500 mètres de profondeur ».

     

    Delphine Nerbollier (à Berlin)
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