• TTIP : Bruxelles veut mettre les Etats européens face à leurs responsabilités

    LE MONDE | 31.05.2016 à 11h06 • Mis à jour le 31.05.2016 à 11h41 | Par Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et Frédéric Lemaître (Berlin, correspondant)   LIEN

    Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, lors d’un débat sur l’avenir de l’Europe à Berlin, en mai.

    La Commission européenne veut mettre les 28 gouvernements des pays membres de l’Union devant leurs responsabilités. Souhaitent-ils poursuivre les négociations du fameux TTIP (Transatlantic Trade and Investment Part­nership), le traité de libre-échange avec les Etats-Unis, ou pas ? Et si oui, sont-ils prêts à conforter le mandat de négociation qu’ils lui ont confié au printemps 2013 ?

    L’éclairage :   Où en est le projet de libre-échange transatlantique ?

    Mardi 31 mai, Daniel Rosario, un porte-parole de la Commission, a précisé qu’« au sommet européen de juin [prévu les 28 et 29 juin, à Bruxelles] le président, Jean-Claude Juncker, va demander aux dirigeants de l’UE de reconfirmer le mandat de la Commission pour conduire ces négociations ». Et d’ajouter : « Nous devons nous assurer que nous allons tous dans la même direction. »

    L’objectif de cette « question de confiance » est d’en finir avec les voix discordantes qui sapent la crédibilité de l’institution, et partant la position de négociation de l’Union face à une administration américaine peu encline à faire des concessions aux Européens, qui espèrent un accès facilité aux marchés publics américains et une meilleure reconnaissance des appellations d’origine protégées.

    Quatorzième round prévu en juillet

    Certes, à Bruxelles, plus grand monde ne croit à la possibilité d’un accord définitif avec l’administration Obama avant les élections américaines. Mais parvenir, un jour, à un accord de libre-échange inédit par son ampleur avec le premier partenaire commercial de l’Union reste une priorité pour la Commission Juncker et pour la chancelière allemande Merkel. Idem pour les pays traditionnellement libre-échangistes : les Pays-Bas, les pays du nord de l’Europe et le Royaume-Uni.

    Un quatorzième round de négociation est déjà prévu en juillet, et l’Europe doit arriver unie à la table des négociations pour espérer obtenir des Américains des concessions. Et, pourquoi pas, parvenir à un accord politique, dans les grandes lignes, avant la fin 2016. Cecilia Malmström, la commissaire au commerce, devait rencontrer Michael Froman, le négociateur en chef américain, en Suède lundi soir, pour la cinquième ou sixième fois depuis le début de l’année, une preuve de plus de la motivation européenne d’aboutir.

    Début mai, à la suite de la fuite de documents de négociations divulgués par l’ONG Greenpeace, François Hollande a dit « non, à ce stade », au Tafta (l’acronyme du TTIP en français). Mi-avril, il avait déjà abordé ce sujet sur lequel, ces dernières années, il était resté très discret. Mais jamais encore le président français n’avait été aussi clair. Le 27 mai, le chef de l’Etat a de nouveau souligné que Washington devait « aller beaucoup plus loin » pour que le traité puisse être conclu.

    Lire aussi :   La France promeut l’arbitrage privé du Tafta au sein même de l’Europe

    Vif débat en Allemagne

    Le 28 mai, c’est Sigmar Gabriel, président du Parti social-démocrate allemand (SPD), et partenaire de coalition d’Angela Merkel comme ministre de l’économie, qui a donné aussi de la voix. Au lendemain du G7 au Japon, au cours duquel la chancelière a de nouveau défendu la conclusion rapide d’un accord, il a jugé qu’elle « a eu tort de dire, dans l’euphorie de la visite d’Obama en Allemagne, que nous pourrions dans tous les cas clore les négociations cette année, et de le répéter maintenant ». Il a estimé que cela risquait d’aboutir à un mauvais accord et précisé que « le SPD ne veut pas participer à un mauvais accord ». Il s’en est notamment pris aux tribunaux d’arbitrage « non transparents » vers lesquels pourraient se tourner les entreprises pour trancher un litige contre un Etat.

    C’est en Allemagne que le débat est le plus vif. Dans ce pays qui ne sait que faire de ses excédents commerciaux record, le libre-échange a longtemps été perçu comme le meilleur moyen d’assurer le succès du « made in Germany ». Pourtant, à la surprise générale, les Allemands figurent parmi les Européens les plus réservés face au TTIP. Pourquoi faire de nouvelles concessions aux Américains qui pourraient nuire à la santé des Allemands – contraints demain d’importer par exemple du poulet au chlore –, alors que les entreprises allemandes se satisfont très bien de la situation existante ? Le débat enflamme l’opinion et moins de 20 % des Allemands sont favorables au projet de TTIP.

    Lire aussi :   L’émoi allemand après les révélations sur le TTIP

    Cela fait plusieurs mois qu’à Bruxelles des sources européennes déplorent en off l’ambiguïté, ou à tout le moins le manque de soutien politique de certains gouvernements de l’UE. Qui rechignent à trop s’engager en faveur d’un accord dénoncé avec virulence par nombre d’ONG et de partis de gauche (mais aussi par des partis populistes de droite, dont le Front national en France). Les anti-Tafta alertent sur les risques que l’accord ferait courir sur les services publics européens ou la protection des consommateurs.

    Toute la politique de libre-échange de l’Union en danger

    La mise au point du président Juncker, lundi, intervient à un moment où c’est non seulement le Tafta, mais aussi toute la politique de libre-échange de l’Union qui se trouvent en danger, une part de plus en plus importante d’Européens désavouant ce qu’ils considèrent comme le comble de la mondialisation du libéralisme. Parmi les accords en danger, le CETA, signé entre les 28 Etats membres et le Canada en 2014.

    La Commission doit prendre une décision d’ici à début juillet de proposer (ou non) la ratification du CETA aux Parlements des 28 Etats membres. En interne, les fonctionnaires sont très inquiets sur les chances de cet accord d’obtenir l’unanimité nécessaire. Depuis quelques mois, il est attaqué avec virulence par les anti-Tafta, qui ont compris qu’en le torpillant ils coulaient toutes les autres négociations… « Si le CETA tombe, on ne pourra plus engager aucune discussion, plus personne ne prendra l’UE au sérieux », confie une source diplomatique.



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  • Poutine et Tsipras dopent leur coopération économique, un mois avant la décision de l’UE sur les sanctions

    Par AFP 27 mai 2016 à 15:01 (mis à jour à 23:54) LIEN

     

    Athènes, le 27 mai 2016 Photo ORESTIS PANAGIOTOU. AFP

     

     

    Le président russe Vladimir Poutine a conclu des accords de coopération économique avec Athènes vendredi, lors de sa première visite bilatérale en plus d’un an dans un pays de l’UE, laquelle doit décider le mois prochain de proroger ou non ses sanctions imposées à Moscou dans la foulée du conflit ukrainien.

    A l’approche de cette décision de l’UE, la Russie fait pression à son tour en menaçant de prolonger jusqu’en 2017 son embargo alimentaire décrété en rétorsion et responsable d’un important manque à gagner pour les agriculteurs européens.

    Le président russe, qui s’était rendu en février 2015 en Hongrie, est arrivé vendredi en Grèce alors que les relations restent tendues avec l’UE.

    L’Italie et la Hongrie ont émis déjà récemment des réserves, amenant le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, à reconnaître jeudi que la reconduction des sanctions imposées en 2014 serait «plus difficile» cette année.

    Vendredi, M. Steinmeier a envisagé la possibilité de «graduellement» lever ces mesures si des progrès sont réalisés «d’ici fin juin» dans l’application des accords de Minsk sur le conflit ukrainien.

    Un peu plus tôt, le G7 réuni au Japon semblait plus ferme, réitérant que les sanctions pourraient être levées «quand la Russie aurait rempli» les engagements de Minsk, mais qu’elles pourraient être sinon aggravées.

    M. Poutine s’est refusé à réagir à cette prise de position lors d’un point de presse vendredi soir avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

    «La question des sanctions n’est pas notre problème, nous ne les avons pas imposées, nous avons pris des mesures pour y répondre. Dès qu’elles seront levées nous ferons les pas analogues envers nos partenaires», s’est-il limité à déclarer.

    Jeudi dans une interview au quotidien grec Kathimerini, il avait estimé que les relations entre l’UE et la Russie «ne connaissent pas de problème qui ne puisse être résolu».

    La Grèce d’Alexis Tsipras, pour sa part, a certes d’excellentes relations avec Moscou. Mais Athènes, qui continue à jouer une partie serrée avec ses créanciers européens, n’a pas l’intention de se dissocier du vote général sur la prolongation des sanctions.

    Vendredi soir, M. Tsipras a ainsi souligné que «la Grèce appartient à l’UE et respecte absolument ses engagements envers les organismes internationaux auxquels elles appartient».

    - 'Approches phobiques' -

     

    «Il n’en a pas moins dénoncé le «cercle vicieux» actuel «de sanctions, de militarisation et de rhétorique de guerre froide», avant d’indiquer que la Grèce pouvait jouer le rôle de «pont d’amitié et de coopération» entre la Russie et l’UE, et entre la Russie et l’Otan.

    Les relations de Moscou avec l’Alliance se sont encore tendues après le déploiement d’éléments du bouclier antimissile américain en Roumanie.

    Les sanctions, qui portent sur des domaines précis, n’ont pas empêché Russie et Grèce vendredi de signer «un gros paquet d’accords» selon la traduction en grec des propos de M. Poutine, portant notamment sur la coopération énergétique et la promotion du tourisme russe en Grèce.

    M. Poutine a aussi évoqué l’intérêt russe pour la privatisation des chemins de fer grecs et du port de Thessalonique.

    «La Russie a besoin de s’aligner sur la Chine qui est en train de s’acheter un véritable collier de perles de ports» européens, dont celui grec du Pirée, a remarqué Ioannis Mazis, professeur de géopolitique à l’Université nationale d’Athènes.

    En référence implicite aux réticences possibles de l’UE devant de tels investissements russes, M. Tsipras a espéré que les appels d’offres ne se heurteraient pas «à des obstacles artificiels, des approches phobiques et seraient traités équitablement». «La Grèce a besoin d’investissements», a-t-il relevé.

    Sept ministres, et les PDG des deux géants russes du gaz et du pétrole, Gazprom et Rosneft, figurent dans la délégation.

    Au moment où la Grèce, dont les relations avec ses créanciers se sont nettement apaisées ces derniers mois, «tourne la page de l’incertitude et peut voir avec optimisme les perspectives de relance», «le renforcement de nos relations est un choix stratégique», avait déclaré auparavant M. Tsipras à M. Poutine.

    Cette visite de travail s’inscrit dans le cadre de l’année Russie-Grèce organisée par les deux pays et intervient à l’occasion des cérémonies de célébration du millième anniversaire de la présence russe dans la communauté religieuse du mont Athos (nord), haut-lieu de la religion orthodoxe commune aux deux pays. M. Poutine se rendra au mont Athos samedi.

    AFP
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  • A Verdun, Hollande et Merkel,

    de guerre lasse

    Par Laure Bretton 27 mai 2016 à 19:21   LIEN

    Les deux dirigeants célébreront dimanche le centenaire de la bataille meurtrière. Ils tenteront de marcher dans les pas de leurs illustres prédécesseurs, Mitterand et Kohl. Seul problème : ils n’ont pas de projet d’envergure.

     

     

    Un sanglant face-à-face de trois cents jours sur les rives de la Meuse. Près de 60 millions d’obus tirés, 300 000 soldats tués, 450 000 blessés ou disparus. Français et Allemands. Dimanche, François Hollande et Angela Merkel président les cérémonies du centième anniversaire de la bataille de Verdun, qui fut à la fois le théâtre d’une guerre sans merci entre les deux pays puis le berceau de leur réconciliation.

     

    Lire aussi : Ne pas oublier les leçons de Verdun

    «Si Verdun est devenu le lieu emblématique de l’amitié entre la France et l’Allemagne, c’est précisément parce qu’il avait été le haut lieu de la résistance française en même temps que le haut lieu d’une mort de masse allemande»

    mands. Dimanche, François Hollande et Angela Merkel président les cérémonies du centième anniversaire de la bataille de Verdun, qui fut à la fois le théâtre d’une guerre sans merci entre les deux pays puis le berceau de leur réconciliation.

    Lire aussi : Ne pas oublier les leçons de Verdun

    «Si Verdun est devenu le lieu emblématique de l’amitié entre la France et l’Allemagne, c’est précisément parce qu’il avait été le haut lieu de la résistance française en même temps que le haut lieu d’une mort de masse allemande», rappelle l’historien Antoine Prost. Avant une nouvelle semaine à risques sur le front social, le chef de l’Etat entend saisir cette commémoration pour prendre un peu de hauteur, parler «à la France et à tous les Français» d’identité et d’unité. Et pour (tenter de) relancer le projet européen sur fond de montée des populismes.

    Hollande vs Mitterrand

    L’ombre du premier président socialiste planera sur l’ancien champ de bataille toute la journée de dimanche. En 1984, François Mitterrand livre à l’histoire l’image iconique du couple franco-allemand, dix-neuf ans après le traité de l’Elysée signé par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Mitterrand retrouve Helmut Kohl devant l’ossuaire de Douaumont, une première pour un chancelier allemand. Pendant la Marseillaise, le chef de l’Etat français saisit la main de son invité. «Le geste est devenu une évidence… après, se souvient Jean-Louis Bianco, alors secrétaire général de l’Elysée. Les cœurs et les esprits y étaient prêts, mais on ne le savait pas avant. Mitterrand a senti ça tout seul et n’avait parlé de son idée à personne.» Pour ne pas être accusé de singer son prédécesseur, Hollande ne prévoit aucune effusion dimanche à Verdun, mais un fac-similé du livre d’or signé par Mitterrand et Kohl sera remis aux deux dirigeants. Pour cette première commémoration d’ampleur en l’absence des derniers poilus, aujourd’hui tous disparus, il fallait trouver d’autres symboles : Merkel sera la première dirigeante allemande reçue à la mairie de Verdun et une plaque sera inaugurée à Douaumont pour rappeler qu’y reposent les restes mélangés de soldats allemands et français. «C’est la touche finale du travail de mémoire, se réjouit-on à l’Elysée. Cent ans après, on est capables de dire que nos morts reposent ensemble.»

    Europe : mémoire vs projet

    Hollande et Merkel ont rendez-vous au mémorial de la Grande Guerre, dont l’adresse est à elle seule un symbole continental puisqu’il est sis au 1, avenue du corps européen. Avant eux, De Gaulle et Mitterrand ont déjà beaucoup parlé d’Europe à Verdun. «Faites l’Europe, parachevez l’œuvre entreprise», enjoignait le socialiste dès 1986. Sauf que pour l’instant, il est plus question de mémoire que de projets concrets entre Paris et Berlin.

    Depuis près d’un an, l’Elysée vend une hypothétique «initiative franco-allemande» pour relancer l’Europe. Chaque fois remisée derrière une actualité dramatique (migrants, attentats…) et handicapée par un manque d’enthousiasme flagrant côté allemand. Où sont passés les Airbus de l’énergie et autres géants du numérique, le gouvernement et le Parlement de la zone euro ? A l’Elysée, on parle désormais d’un «travail de fond au niveau européen, pas seulement franco-allemand» sans plus de précisions. Mercredi, avant le Conseil des ministres, Hollande a réuni une demi-douzaine de membres du gouvernement afin d’évoquer l’après-référendum britannique sur la sortie de l’UE. Mi-juin, c’est finalement lui qui accueillera à Paris la réunion des sociaux-démocrates européens prévue à Rome la semaine dernière et annulée à cause du crash du vol Paris-Le Caire. Dimanche, entre deux morceaux de cérémonie officielle qui doit s’étaler sur toute la journée, Hollande et Merkel auront un déjeuner de travail. «Nous voulons être dans la relance de l’idéal européen, a expliqué le chef de l’Etat mardi sur France Culture. En 1984, il n’y avait pas eu de discours, leurs mains suffisaient. Là il nous faut agir avec nos paroles et nos actes pour que cette amitié soit utile à l’Europe et au monde.»

    Schlöndorff vs Black M

    A l’Elysée, plus personne ne veut parler de la polémique Black M. Peu importe que le concert du rappeur, membre du groupe Sexion d’assaut, n’ait jamais été destiné aux huiles invitées dimanche mais aux milliers de jeunes figurants franco-allemands qui passent trois jours sur les lieux pour les besoins de la cérémonie. Peu importe que, derrière les appels officiels des ministres au maire PS de Verdun pour qu’il tienne bon face à la censure, l’Etat ait retiré la subvention au cachet de l’artiste. Cette «malheureuse affaire est derrière nous», a insisté Manuel Valls pour éteindre l’incendie allumé par l’extrême droite.

    Au sommet de l’Etat, on s’évertue à souligner «la dignité, la lenteur et l’émotion» du spectacle officiel auquel participeront 4 000 jeunes, mis en scène par le cinéaste allemand Volker Schlöndorff, fils de soldat allemand, et orchestré par les Tambours du Bronx, dont les sons métalliques doivent simuler les combats. Ce qui ne représente pas vraiment une poussée de renouveau artistique : deux ans après sa création, le groupe français de percussionnistes accompagnait le bicentenaire de la Révolution en 1989 à Paris, sous la baguette de Jean-Paul Goude et sur commande de… François Mitterrand.

    Laure Bretton
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  • La crise sociale en France inquiète

    aussi à l'étranger

    Les forces de l'ordre sont intervenues à Doucy-les-Mines pour débloquer la raffinerie, mercredi.

    Les forces de l'ordre sont intervenues à Doucy-les-Mines pour débloquer la raffinerie, mercredi. Crédits photo : FRANCOIS LO PRESTI/AFP

    REVUE DE PRESSE - À deux semaines du début de l'Euro de football, la presse étrangère s'alarme de la révolte sociale en France et du climat de violence, accusant la CGT et François Hollande.

    C'est peut-être outre-Manche que les médias sont les plus alarmistes. Dans The Guardian, journal d'inspiration social-libérale, la liste des menaces qui guettent le pays fait froid dans le dos: grèves et pénurie de carburants, paralysie potentielle des transports, risque terroriste, état d'urgence et climat de tension et de violence entre les manifestants et la police. «François Hollande affronte sa crise la plus dure et explosive. Ce n'est pas seulement la survie de la politique de Hollande qui est en jeu, mais l'image de la France elle-même», écrit le quotidien, qui analyse la fronde sociale à l'aune du contexte politique. «De l'étranger, on pourrait penser que ces scènes de grèves des salariés des raffineries agitant des drapeaux au-dessus de piquets de grève en flamme est une image assez banale, mais en fait non. (...) Hollande est un président de gauche contesté par des syndicats de gauche. La France est désormais bloquée, dans l'impasse», peut-on encore lire. Dans un autre article consacré à la France, publié mercredi, The Guardian relaie l'inquiétude des touristes: certains Britanniques réfléchissent actuellement à annuler leur déplacement en France pour l'Euro de football ou à rechercher d‘autres moyens de se déplacer.

    Toujours en Angleterre, le Daily Mail a lancé un appel à temoins sur les blocages de raffineries et s'inquiète de l'escalade de violence. «Des bagarres éclatent à présent dans les stations-service», relate le quotidien populaire. «‘Un de mes amis qui habite au Mans m'a raconté qu'il y a deux jours, des gens se sont battus avec la personne chargée de réguler le débit à la pompe à 20 litres par personne'», témoigne James, un lecteur. «Si vous devez traverser la France, remplissez votre réservoir avant de quitter le Royaume-Uni!», conseille un voyagiste. Le Telegraph prévient de son côté que les investissements étrangers pourraient également pâtir de la situation explosive.

    En Allemagne, l'attitude des syndicats interpelle. «Ils ne devraient pas avoir le droit de remettre en cause une loi qui est passée au Parlement», écrit Handelsblatt, le journal de Düsseldorf. En Belgique, le conflit entre la CGT et le gouvernement fait aussi la Une du quotidien Le Soir, alors que le rail est également paralysé dans le sud du pays par une grève des cheminots belges. «La CGT souffle sur les braises de la loi Travail», titre le journal. En Suisse, le journal Le Temps consacre un dossier spécial cette semaine à «la France qui craque», lançant un hashtag du même nom sur Twitter. «La fin du quinquennat de François Hollande ressemble à une guerre de tranchées», écrit Richard Werly, le correspondant du journal de Lausanne à Paris. «La France nous inquiète», insiste-t-il. À l'approche de l'Euro de football, «des dérapages et des bavures peuvent toujours survenir», prévient-il encore.

    «Il a suffi que quelques étudiants descendent dans les rues et que les syndicats fassent la grosse voix pour que le gouvernement délégitimé par son impopularité, son manque de courage et ses propres hésitations, engage la marche arrière»

    Il Sole, quotidien italien

    En Italie, le journal financier Il Sole-24 Ore se désole de son côté que la France rechigne à adopter des mesures de flexibilisation que plusieurs autres pays européens ont consenti à mettre en oeuvre. «Hier [24 mai], le contraste était frappant», écrit Il Sole, comme l'a repéré Courrier International. «D'un côté nous parvenaient les nouvelles d'Athènes, où le Parlement a approuvé un nouveau paquet de réformes structurelles indispensables au possible accord d'aujourd'hui à l'Eurogroupe, de l'autre nous parvenaient les images d'une France prise en otage par les revendications outrancières de certaines organisations syndicales qui prétendent au retrait de la loi sur le marché du travail.» Pour le quotidien libéral, qui semble apprécier le ministre de l'Économie français Emmanuel Macron, la loi El Khomri était pourtant «très prometteuse». «Il a suffi que quelques étudiants descendent dans les rues et que les syndicats fassent la grosse voix pour que le gouvernement - délégitimé par son impopularité, son manque de courage et ses propres hésitations, engage la marche arrière. [Et s'oriente vers] une version édulcorée», déplore Il Sole.

    Les manifestations et les grèves en France sont souvent observées aux États-Unis. Le quotidien américain International New York Times a choisi de mettre à sa Une jeudi une photo de CRS confrontés à des manifestants aux abords de la raffinerie de Douchy-les-Mines, où les forces de l'ordre sont intervenues mercredi.

     

     

     

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  • Autriche: un écologiste élu président, l’extrême droite battue de peu

     

    Par AFP 23 mai 2016 à 12:52 (mis à jour à 17:22)   LIEN
     
     Alexander Van der Bellen et Norbert Hofer à l'issue d'un débat télévisé le 22 mai 2016 à Vienne Photo HELMUT FOHRINGER. AFP

     

    L’écologiste Alexander Van der Bellen a remporté l’élection présidentielle autrichienne face au candidat d’extrême droite Norbert Hofer (FPÖ), à l’issue d’un second tour très serré où près d’un électeur sur deux a choisi le FPÖ, un des partis de droite radicale les mieux établis d’Europe.

    Après le décompte lundi des votes par correspondance, M. Van der Bellen, un ancien professeur d’université âgé de 72 ans, remporte 50,3% des suffrages, totalisant 31.026 voix d’avance sur son concurrent Norbert Hofer, qui a rassemblé 49,7% des suffrages et a admis sa défaite peu avant l’annonce officielle.

    «Je vous remercie pour votre soutien. Bien sûr, je suis triste aujourd’hui», a indiqué M. Hofer sur sa page Facebook. «Les efforts déployés pour cette campagne ne sont pas perdus, mais sont un investissement pour l’avenir», a-t-il ajouté.

    Arrivé largement en tête au premier tour, avec 35% des voix, M. Hofer comptait une avance de 144.006 voix dimanche à l’issue du décompte des urnes du second tour.

    Mais le vote par correspondance dépouillé lundi, traditionnellement défavorable au FPÖ, a finalement fait pencher la balance en faveur du candidat écologiste, de sensibilité libérale et centriste, au terme d’un véritable «thriller» électoral.

    Près de 900.000 personnes, soit 14% du corps électoral, avaient demandé à voter par procuration pour ce scrutin suivi de très près en Europe dans un contexte de montée des populismes.

    M. Van der Bellen a annoncé une conférence de presse pour 16H00 GMT.

    D’ores et déjà, le président sortant, le social-démocrate Heinz Fischer, a adressé ses félicitations au vainqueur et a annoncé l’avoir «invité» à lui rendre visite mardi à la Hofburg, le palais présidentiel, pour «préparer la passation des pouvoirs», prévue le 8 juillet.

    M. Van der Bellen est appelé à devenir le premier candidat issu du camp écologiste à être élu à la tête de l’Etat autrichien, et le seul en Europe actuellement.

    Crédité de 21,3% seulement des voix au premier tour, loin derrière M. Hofer, qui en avait obtenu 35%, M. Van der Bellen a bénéficié d’une participation électorale en hausse et d’importants reports de voix notamment des partis traditionnels, qui avaient subi un revers historique. «Ca vaut le coup de ne pas abandonner», a jugé le candidat écologiste dimanche.

    Une victoire de M. Hofer, 45 ans, vice-président du parlement, aurait constitué la première élection à la tête d’un Etat de l’Union européenne d’un représentant d’un parti d’extrême droite.

    Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait à ce sujet exprimé sa crainte de «voir la droite pure et dure et l’extrême droite» l’emporter en Autriche, une perspective applaudie en revanche par le Front national français.

    - Un électeur sur deux -

    Conformément à la tradition en Autriche, aucun parti tiers n’avait donné de consigne de vote, mais de nombreuses personnalités, y compris des ténors des partis social-démocrate et conservateur au pouvoir, avaient indiqué qu’il choisiraient M. Van der Bellen.

    Avec cette courte défaite, le FPÖ réalise toutefois son meilleur score à un scrutin national, surfant sur la vague migratoire qui a vu 90.000 personnes demander l’asile dans le pays en 2015, soit plus de 1% de la population.

    M. Hofer, un député affable et policé qui s’est gardé des dérapages ouvertement xénophobes qui avaient fait la marque de son parti par le passé, axant son discours sur le pouvoir d’achat, a ainsi recueilli les suffrages de quasiment un électeur sur deux et s’est imposé dans la majorité des zones rurales.

    Il a séduit la majorité des électeurs masculins (54%) et sans diplôme du second degré (58%). M. Van der Bellen est pour sa part parvenu à séduire l’électorat jeune (56%) et les plus de 50 ans (51%).

    Le vote ouvrier est aussi très majoritairement allé vers Norbert Hofer (71%).

    Toutefois, pour les autres catégories, «on ne peut pas parler de fossé sociologique, les votes sont nuancés», relève Florian Oberhuber, de l’institut SORA, pour l’AFP.

    «Le principal fossé est d’ordre politique, autour de questions comme l’Union européenne, les réfugiés, la confiance dans le système», estime le politologue Thomas Hofer.

    Dimanche, Norbert Hofer, un ingénieur aéronautique de formation, militant au FPÖ depuis sa jeunesse, avait promis de se «représenter dans six ans» s’il n’était pas élu.

    Quelque 6,4 millions d’électeurs étaient appelés à désigner un successeur à M. Fischer.

    Les partis social-démocrate (SPÖ) et conservateur (ÖVP), au pouvoir depuis la Seconde guerre mondiale, ont subi une déroute historique au premier tour. Le chancelier Werner Faymann (SPÖ) a démissionné entre les deux tours et a été remplacé par le patron de la compagnie nationale des chemins de fer, Christian Kern.

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  • Le Parlement turc approuve la levée de l’immunité des députés

    LE MONDE | 20.05.2016 à 13h26 • Mis à jour le 20.05.2016 à 20h20 | Par Le Monde.fr (avec Marie Jégo)     LIEN

     
    Le Parlement turc a engagé, vendredi, l’examen d’un projet de révision constitutionnelle dont le but est de permettre la levée de l’immunité des députés visés par des procédures judiciaires.

    Le Parlement turc a largement approuvé vendredi 20 mai un projet de réforme controversé dont le but officiellement affiché est de permettre la levée de l’immunité des députés visés par des procédures judiciaires, mais dont l’objectif sous-jacent est de contribuer à installer un régime présidentiel fort, ainsi que le souhaite l’actuel président turc, Recep Tayyip Erdogan.

     

    Le texte a recueilli 376 voix favorables lors d’un vote à bulletin secret, a annoncé le président du Parlement Ismail Kahraman, soit plus que les deux tiers (367) requis pour une adoption directe. Ce vote ouvre la voie à des poursuites contre 138 députés, dont 50 du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde).

     Lire (en édition abonnés) :   Turquie : Recep Tayyip Erdogan accélère sa marche vers l’hyperprésidence

    • Sur quoi porte la réforme constitutionnelle soumise au Parlement ?

    Le projet de révision constitutionnelle, porté par le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), au pouvoir, est destiné à lever plus facilement l’immunité des parlementaires dans le collimateur de la justice : il suspend par une clause provisoire l’article 83 de la Constitution qui garantit cette immunité.

    La mesure vise 138 parlementaires au total, pour la plupart des élus du Parti de la démocratie des peuples (HDP, gauche prokurde), accusés de collusion avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit en Turquie), en guerre contre Ankara depuis juillet 2015.

    Le HDP dénonce une manœuvre de l’AKP qui cherche à l’évincer. L’AKP répond que 27 de ses membres sont concernés par cette mesure.

    Avec cette réforme, 50 députés du HDP (sur 59), dont les deux coprésidents du parti, Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag, risquent des poursuites judiciaires.

    Discutée depuis des mois, cette levée de l’immunité des députés, soupçonnés de propagande en faveur du « terrorisme » (du PKK), a donné lieu à des pugilats lors de son examen en commission.

    • Quel est le lien entre ce texte sur l’immunité et le souhait de M. Erdogan d’une présidence plus forte ?

    Le texte ayant récolté au moins 330 voix en sa faveur, un référendum pourra être convoqué par le président Erdogan. Et ce référendum ne portera pas sur l’immunité seulement. Il pourrait inclure un renforcement des prérogatives présidentielles.

    Car M. Erdogan n’a plus qu’une idée en tête : modifier la Constitution pour se tailler un costume présidentiel à sa mesure. Pour y parvenir, il y a deux manières de le faire : soit par un vote du Parlement à une majorité des deux tiers, soit par référendum.

    Or les islamo-conservateurs contrôlent 317 sièges sur 550 : la barre des deux tiers est à 367 ; en revanche, seules 330 voix sont nécessaires au Parlement pour convoquer un référendum constitutionnel.

    • Comment M. Erdogan renforce-t-il ses pouvoirs ?

    Depuis son élection au suffrage universel direct en août 2014 (avec près de 52 % des voix), une première en Turquie où le président était jusqu’ici élu par le Parlement, l’homme fort du pays brûle de modifier la Constitution issue du coup d’Etat militaire de 1980.

    Il s’agit pour lui de revêtir coûte que coûte l’habit d’un président fort, sans contre-pouvoirs. Et comme la fonction présidentielle telle qu’elle est décrite dans la loi fondamentale en vigueur n’est qu’honorifique, M. Erdogan se sent à l’étroit dans ce rôle.

    Lire aussi :   En Turquie, Erdogan plaide l’« urgence » d’un référendum pour un régime présidentiel à sa mesure

    Rien ne semble pouvoir lui barrer la route. Même la sémantique joue en sa faveur depuis que la presse progouvernementale et les réseaux sociaux le désignent désormais comme « le chef » (reis).

    La démission forcée, le 5 mai, du premier ministre Ahmet Davutoglu, qui était aussi le chef de l’AKP, peut être vue comme l’acte I de la marche de M. Erdogan vers le pouvoir absolu. Il est chef de l’exécutif, chef des armées et chef de facto de l’AKP.

    Dimanche 22 mai, les délégués de l’AKP se réuniront en congrès pour désigner un nouveau dirigeant. Pour éviter les divisions, ils voteront pour un candidat unique : Binali Yildirim, 61 ans, ministre destransports depuis 2002 et membre du cercle rapproché du président.

    Cette candidature unique a été annoncée jeudi 19 mai par un responsable de l’AKP. M. Yildirim devrait se voir confier dans la foulée, par M. Erdogan, la mission de former un nouveau gouvernement, lorsque Ahmet Davutoglu remettra officiellement sa démission.

    Lire aussi :   Le ministre turc des transports, Binali Yildirim, succédera au premier ministre Ahmet Davutoglu


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/05/20/turquie-derriere-un-vote-sur-l-immunite-des-deputes-la-marche-vers-l-hyperpresidence-de-m-erdogan_4923326_3218.html#UhE0lZ2YRM2izkB4.99

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    L'UE et la Turquie s'affrontent au sujet de la loi antiterroriste turque

    Lemonde Il y'a 6 heures  Source
     

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    « Depuis quand dirigez-vous ce pays, qui vous en a donné le droit ? », a-t-il interpellé lors d'un discours à  Ankara, estimant inacceptable un assouplissement de la législation antiterroriste en Turquie, confrontée à  la reprise de la rébellion kurde depuis l'été dernier.

    Lire aussi :   L'accord Union européenne Turquie sur le fil du rasoir

    Au même moment, à  Berlin, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a prévenu la Turquie qu'elle ne pourrait pas obtenir d'exemption de visa si les 72 critères prévus, dont une modification de cette législation controversée, jugée en inadéquation avec les normes de démocratie européennes, n'étaient pas remplis.

    Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, a aussi souligné jeudi à  Berlin que la Turquie n'aura droit à  aucune dérogation sur les conditions fixées par l'Union européenne. « Nous avons une position claire sur la question des visas : la Turquie doit mettre en œuvre les conditions, il ne peut y avoir de “lex Turquie”. Si le président turc ne veut ou ne peut pas les appliquer, on ne pourra pas accorder l'exemption de visa », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

    L'exécutif européen a ouvert la voie le 4 mai à  l'exemption de visas, dont Ankara a fait une condition indispensable pour continuer d'appliquer son accord controversé avec l'UE, visant à  juguler le flux de migrants souhaitant se rendre en Europe. Mais Bruxelles a assorti son avis favorable de réserves, estimant qu'Ankara devait encore remplir cinq critères parmi les 72 fixés pour l'obtenir, dont une redéfinition de la loi antiterroriste, jugée trop vague. Son champ d'application doit être réduit, « des critères de proportionnalité » doivent être introduits.

    L'accord sur les migrants, par lequel la Turquie a notamment accepté le retour sur son sol de tous les migrants entrés illégalement en Grèce depuis le 20 mars, prévoit en outre une aide financière à  Ankara de 6 milliards d'euros et le déblocage des négociations d'adhésion du pays à  l'UE.

    Lire aussi :   L'accord sur les visas turcs repoussé à  l'automne

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  • Sadiq Khan : « Londres a choisi l’espoir plutôt que la peur »

    Le Monde.fr avec AFP | 07.05.2016 à 10h07 • Mis à jour le 08.05.2016 à 22h49    Lien

     

    Sadiq Khan, membre de l’opposition travailliste, au City Hall, l’hôtel de ville de Londres, dans la nuit du 6 au 7 mai. Sadiq Khan, membre de l’opposition travailliste, au City Hall, l’hôtel de ville de Londres, dans la nuit du 6 au 7 mai. Kirsty Wigglesworth / AP

    « Cette élection ne s’est pas passée sans polémique, et je suis fier de voir que Londres a choisi aujourd’hui l’espoir plutôt que la peur, l’unité plutôt que la division », a déclaré dans la nuit de vendredi 6 à samedi 7 mai le nouveau maire de Londres, le travailliste Sadiq Khan. Fils d’un immigré pakistanais conducteur d’autobus, M. Khan, 45 ans, a obtenu 1 310 143 voix, contre 994 614 voix pour son principal adversaire, le conservateur Zac Goldsmith, fils du milliardaire Jimmy Goldsmith.

     
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    Lire aussi :   Sadiq Khan, le « vivre-ensemble » à la mairie de Londres

    En devenant maire de Londres, le député succède au conservateur Boris Johnson et devient le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale. Ancien avocat des droits de l’homme, M. Khan a promis, lors de son discours au City Hall, l’hôtel de ville de la capitale, qui a suivi l’annonce officielle de son élection, d’être « le maire de tous les Londoniens ».

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    Pour le mariage homosexuel

    Pendant la campagne, face aux violentes attaques des conservateurs, qui l’ont accusé d’accointance avec les extrémistes islamistes, il s’est dit « déçu » mais a évité la surenchère. Il s’est contenté de rappeler qu’il a toujours dénoncé le radicalisme, a voté pour le mariage homosexuel – ce qui lui a valu des menaces de mort – et a fait campagne pour sauver le pub de son quartier.

    « La peur ne nous apporte pas plus de sécurité, elle ne nous rend que plus faibles, et la politique de la peur n’est tout simplement pas la bienvenue dans notre ville. »

    M. Khan a promis une politique sociale : il veut construire davantage de logements abordables et geler les tarifs des transports pendant quatre ans. Mais il se dit aussi favorable au monde des affaires, et s’est engagé à défendre les intérêts de la City, en premier lieu en faisant campagne pour rester dans l’Union européenne.

    A ceux qui le voient désormais en position de briguer la tête du Labour et dans la foulée le poste de premier ministre, il affirme ne pas avoir cette ambition. Maire de Londres, « c’est une fin en soi », affirme-t-il.

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  • Le travailliste Sadiq Khan devient le nouveau maire de Londres

     

    Par Sonia Delesalle-Stolper 6 mai 2016 à 20:21      Lien
     

     

    Jusqu’à la veille du scrutin, Sadiq Khan aura joué sans complexe de ses origines modestes, rappelé son ascendance pakistanaise, assumé sa religion, l’islam. Son père était chauffeur de bus rouge à impériale, sa mère couturière, tous deux ont immigré du Pakistan peu de temps avant sa naissance. Lui est né il y a quarante-cinq ans à Tooting, un quartier populaire du sud de Londres, cinquième d’une fratrie de huit enfants. Il y vit toujours, avec sa femme et ses deux filles. Cet avocat de profession, député de Tooting depuis 2005, est le nouveau maire de Londres, la plus grande et plus cosmopolite capitale d’Europe.

    Vendredi, Khan a su dès le milieu de l’après-midi qu’il avait gagné. Largement. Alors que seuls les votes de première préférence avaient été dépouillés (les électeurs pouvaient inscrire deux choix sur leur bulletin), il l’emportait déjà avec 44 % des voix contre 35 % à son plus proche rival, le conservateur Zac Goldsmith. Le millionnaire de 41 ans, fils du défunt financier Jimmy Goldsmith, a passé ces dernières semaines à accuser Khan de collusion, voire de sympathie, avec l’islamisme radical. A mettre en garde contre le «danger» qu’il représentait, à associer son nom aux attentats du 7 juillet 2005 (56 morts et 700 blessés). Les Londoniens n’auront pas mordu à l’hameçon. Et, en dépit du ton nauséabond de la campagne et de candidats dépourvus du charisme de leur prédécesseur, Boris Johnson, ils semblent même s’être déplacés en nombre conséquent. Tous les résidents londoniens, détenteurs d’un passeport britannique ou non, participaient au scrutin. Il y avait douze candidats, mais la course s’est toujours jouée entre le conservateur et le travailliste. Jeremy Corbyn, leader du Labour, s’est félicité de ce retour de Londres dans le giron travailliste après huit ans d’administration conservatrice. «La campagne vile menée par les tories, la manière dont ils ont tenté de salir Sadiq Khan, les méthodes et le langage utilisés ont eu un énorme effet, exactement contraire à ce qu’ils voulaient. Tant de gens ont été révoltés […] qu’ils sont sortis et sont allés voter pour nous.»

    Sonia Delesalle-Stolper
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  • Ecosse: les indépendantistes revendiquent une victoire "historique"

    Londres (AFP) 06.05.2016 - 08:27   Lien
    Nicola Sturgeon, dirigeante du parti national écossais quitte le bureau de vote à Glasgow, le 5 mai 2016 -
    AFP
     
    La dirigeante du Parti national écossais (SNP, indépendantiste) Nicola Sturgeon a revendiqué vendredi une victoire "historique" pour sa formation lors de l'élection du nouveau Parlement écossais.

    Tous les votes ne sont pas encore dépouillés "mais ce qui est clair déjà, c'est que le SNP a remporté une troisième élection consécutive au Parlement (écossais)", a-elle déclaré. "

    C'est historique" pour le SNP, a-t-elle ajouté.

    En début de matinée, son parti pouvait compter sur 58 sièges sur les 93 dépouillés. Au total,

    le Parlement écossais compte 129 sièges.

    Lors du dernier scrutin de 2011, le SNP avait remporté 69 sièges au total.

    Le Parti travailliste risque quant à lui de perdre son statut de deuxième parti de la région après s'y être déjà effondré aux législatives l'an dernier.

    En début de matinée, il se faisait distancer en nombre de sièges par le Parti conservateur (11 contre 16 sur 93 sièges dépouillés).

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