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    Le Parlement Européen en faveur

    de la directive PNR

    Parlement Européen - 15/04/2016 08:50:00   Lien


    La nouvelle directive réglementant l'utilisation dans l'UE des données des dossiers passagers (PNR) pour la prévention et la détection d'infractions terroristes et de formes graves de criminalité, ainsi que pour les enquêtes et les poursuites en la matière, a été adoptée par le Parlement ce jeudi. Elle contraindra les compagnies aériennes à fournir aux autorités nationales les données des passagers pour tous les vols à partir d'un pays tiers vers l'UE et inversement.

    "Nous avons adopté un outil important pour lutter contre les terroristes et les trafiquants. En collectant, partageant et analysant les données PNR, nos agences de renseignements pourront déceler des types de comportements suspects à surveiller. Les PNR ne représentent pas un remède miracle, mais les pays qui disposent de systèmes PNR ont montré qu'ils étaient très efficaces", a déclaré le rapporteur Timothy Kirkhope (ECR, UK).

    "Les doutes sur la collecte et la conservation des données étaient compréhensibles, mais j'estime que la directive met en place des garanties pour les données et que la législation est proportionnée face aux risques auxquels nous sommes confrontés. Les gouvernements de l'UE doivent désormais avancer dans la mise en oeuvre de cet accord. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre davantage de temps pour répondre de manière efficace à la menace terroriste", a-t-il ajouté.

    Le texte a été adopté par 461 voix pour, 179 voix contre et 9 abstentions.

    Les États membres devront créer des "unités de renseignements sur les passagers" pour gérer les données PNR collectées par les transporteurs aériens. Ces informations seront conservées pendant une période de cinq ans, mais après un délai de six mois, les données seront "masquées", c'est-à-dire que des éléments qui peuvent mener à l'identification de la personne, tels que le nom, l'adresse et les coordonnées, seront supprimés.

    L'unité de renseignements sur les passagers sera responsable de la collecte des données PNR, de leur stockage, de leur traitement, de leur transfert aux autorités compétentes, et de leur échange avec les unités de renseignements sur les passagers des autres États membres et avec Europol. La directive stipule que de tels transferts devraient seulement être effectués au cas par cas et "uniquement à des fins de prévention ou de détection d'infractions terroristes ou d'infractions graves, ainsi que d'enquêtes ou de poursuites en la matière".

    La directive s'appliquera aux "vols extra-UE", mais les États membres pourront étendre cette application aux "vols intra-UE" (c'est-à-dire d'un État membre à l'autre), à condition d'en informer la Commission européenne. Les pays de l'UE pourraient également choisir de collecter et traiter les données PNR des agences de voyage et des tour-opérateurs (opérateurs économiques autres que les transporteurs aériens) étant donné qu'ils gèrent aussi la réservation de vols.

    Garanties sur la protection des données

    . Les unités nationales de renseignements sur les passagers devront nommer un délégué à la protection des données chargé de contrôler le traitement des données PNR et de mettre en oeuvre les garanties correspondantes.

    . L'accès à l'ensemble des données PNR - qui permet aux utilisateurs d'identifier immédiatement le sujet des données - devrait uniquement être octroyé dans des conditions très strictes et limitées après la période de conservation initiale.

    . Tout traitement des données PNR devrait être journalisé ou faire l'objet d'une trace documentaire.

    . Il sera explicitement interdit de traiter des données à caractère personnel révélant l'origine raciale ou ethnique de l'individu, ses opinions politiques, sa religion ou ses convictions philosophiques, son appartenance syndicale, ainsi que les données concernant sa santé, sa vie sexuelle ou son orientation sexuelle.

    Clause de révision
    La Commission européenne devra mener une révision de la directive sur les PNR de l'UE deux ans après sa transposition en droit national. Elle devra accorder une attention particulière au respect des normes de protection des données à caractère personnel, à la nécessité et la proportionnalité de la collecte et du traitement des données pour chacun des objectifs énoncés, à la durée de conservation des données, ainsi qu'à "l'efficacité du partage des données entre les États membres".

    Prochaines étapes
    Suite à l'approbation du Parlement, la proposition devra désormais être approuvée formellement par le Conseil. Une fois publiée au Journal officiel de l'UE, les États membres disposeront d'un délai de deux ans pour la transposer en droit national.

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  • Brexit : à 10 semaines du référendum, la campagne démarre officiellement

    Le Monde.fr avec AFP | 15.04.2016 à 04h54 • Mis à jour le 15.04.2016 à 05h02

    Le coup d’envoi de la campagne du référendum sur maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne (UE) démarre vendredi 15 avril. A dix semaines de cette première consultation des Britanniques sur l’Europe depuis 1975, les sondages prédisent un scrutin serré.

    Lire aussi :   Le « Brexit » serait-il une catastrophe pour le Royaume-Uni ?

    La commission électorale a désigné mercredi les noms deux camps qui vont s’opposer jusqu’au 23 juin : « Vote Leave » en faveur du Brexit face à « The In Campaign » pro-UE. Cette désignation officielle leurs donne le droit de dépenser chacun un maximum de 7 millions de livres (8,7 millions d’euros), tandis que les autres groupes n’auront le droit de dépenser qu’un maximum de 700 000 livres chacun.

     
    • Le « The In Campaign »

    Le premier ministre David Cameron mène le camp du maintien dans le bloc des 28 en défendant le « statut spécial » du Royaume-Uni dans l’UE qu’il a négocié en février avec ses partenaires européens. Il répète depuis que le pays sera plus riche et plus fort en restant au sein de l’Union. Le Fonds monétaire international (FMI) a d’ailleurs fait valoir qu’un « Brexit » « pourrait causer de graves dégâts régionaux et mondiaux en perturbant des relations commerciales bien établies ».

    Lire aussi :   David Cameron pris au piège du « Brexit »

    Le locataire du 10 Downing Street se veut confiant en la victoire du « The In Campaign », même si la question divise son parti conservateur. Les principales formations politiques et plusieurs des plus importants employeurs britanniques lui ont affiché leur soutien dans ce dossier. Jeudi, le leader du parti travailliste Jeremy Corbyn a tenu son premier grand discours pro-UE. Il pourrait jouer un rôle-clé pour convaincre les électeurs, notamment les jeunes, de voter en faveur du maintien.

    • Le « Vote Leave »

    Dans le camp favorable à une sortie du pays de l’Union, emmené par le très populaire maire conservateur de Londres Boris Johnson, on compte persuader les Britanniques qu’ils pourraient avoir un avenir radieux en s’épargnant les formalités administratives européennes. M. Johnson a ainsi comparé le Brexit à l’évasion d’un pénitencier, affirmant qu’avec le référendum, c’était « comme si le geôlier avait accidentellement laissé la porte de la prison ouverte et que les gens pouvaient apercevoir les terres ensoleillées au loin ».

    Lire aussi :   Boris Johnson défie David Cameron sur le « Brexit »

    La campagne « Vote Leave » est une initiative pluripartite appuyée notamment par 128 députés conservateurs, qui s’est imposé devant le mouvement soutenu par le chef du parti europhobe et anti-immigration UKIP, Nigel Farage. Elle organise vendredi et samedi des séries d’événements à travers le pays pour faire les louanges du Brexit.

    Lire aussi :   Qui sont les partisans du « Brexit » ?

    • Les deux camps à 50 %

    Pour l’heure, les sondages annoncent un vote serré alors que les discussions ont surtout porté sur l’économie et l’immigration et que peu de Britanniques, en dehors de la sphère politique, se sont ouvertement positionnés sur la question. Selon une étude réalisée sur plusieurs enquêtes d’opinion par des universitaires au sein du projet « What UK Thinks », les deux camps sont crédités d’un soutien de 50 % chacun.

    Le taux de participation sera un élément clé du résultat, jugent les experts. Or, selon John Curtice de la Strathclyde University, des éléments montrent de façon récurrente que les électeurs favorables au Brexit « sont présentés comme plus enclin à aller voter ».

    Lire aussi :   En Angleterre, les militants pro-« Brexit » veulent « quitter le train fou de l’UE »

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  • Ukraine: très critiqué, le Premier ministre démissionne

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    Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk à Kiev, le 16 mars 2016. REUTERS/Valentyn Ogirenko

    Arseni Iatseniouk était vivement critiqué notamment pour le retard pris dans la mise en œuvre de réformes et parce qu'il défendrait les intérêts d'oligarques. L’annonce de sa démission ce dimanche intervient moins de deux mois après qu'il eut échappé à une motion de censure du Parlement.

    Avec notre correspondant à Kiev,  Sébastien Gobert

    Arséni Iatseniouk se revendique comme un « vrai leader national » qui a à cœur les intérêts de l'Ukraine. Et à l’en croire, c’est pour cela qu’il démissionne. Le Premier ministre part la tête haute, en dénonçant une crise politique artificielle et stérile et en promettant de rester actif pour le bien de l’Ukraine.

    Les deux cabinets qu’Arséni Iatseniouk a présidés au cours des deux dernières années ont maintenu le pays à flot, tant sur le plan financier que militaire. Mais le Premier ministre n’a pas réussi à mettre en œuvre le vaste plan de réformes pro-européennes attendues après la « Révolution de la dignité ».

    Au contraire, Arséni Iatseniouk est soupçonné de protéger les principaux oligarques du pays et de profiter d’un système de corruption endémique. Sa démission, qui devrait être actée le 12 avril, laisse le champ libre à Volodomyr Groysman, actuel président du Parlement et favori du président Petro Porochenko. Ce dernier est néanmoins très affaibli depuis plusieurs semaines, car il est accusé de recourir à une justice sélective et entaché par des révélations sur ses sociétés offshore dans les « Panama Papers ».

    Il n’est donc pas dit que le remaniement ministériel conduise à un apaisement de la crise politique, ni même à une nouvelle dynamique de réformes. Et rien n’indique qu’Arséni Iatseniouk est disposé à faciliter la tâche à son successeur.


    Une carrière éclair

    Arseni Iatseniouk a connu une carrière éclair : ministre de l'Economie de la République autonome de Crimée en 2001, vice-président de la Banque nationale d'Ukraine en 2003, ministre des Affaires économiques en 2005, ministre des Affaires étrangères en 2007. 

    Arseni Iatseniouk a mené la contestation en 2013 contre le président Viktor Ianoukovitch en dénonçant la corruption et il a été nommé Premier ministre cinq jours après sa destitution. Il s'est alors engagé « à défendre l'indépendance du pays face à l'invasion militaire russe ».

    Mais les réformes stagnent, les ministres réformateurs démissionnent et le président Porochenko lui-même réclame la démission d'Arseni Iatseniouk car il est devenu aux yeux de l'opinion publique, qui attendait beaucoup de lui, le responsable de la stagnation des réformes contre la corruption. La coalition gouvernementale qui le soutenait ne le soutient plus, les créanciers occidentaux se plaignent de la lenteur de son gouvernement à mener les réformes.

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  • Vu de Madrid

    Podemos accusé de financement illégal

    Par François Musseau, (à Madrid) 7 avril 2016 à 17:38    Lien

     

     

    Pablo Iglesias, le leader de Podemos (à droite), en compagnie d'Inigo Errejon, le numéro 2 du parti, à l'Assemblée nationale de Madrid mercredi. Photo Pierre-Philippe Marcou.AFP

     

    Des millions d'euros provenant du Venezuela et d'Iran auraient arrosé le parti de la gauche radicale espagnole. Son leader, Pablo Iglesias, dément.

     

     

    «C’est un délit grave. J’espère que les dirigeants de Podemos, qui se targuent d’être exemplaires, sauront être à la hauteur de leurs responsabilités» , enrage le porte-parole du parti centriste Ciudadanos. Comme lui, la plupart des formations espagnoles tirent à boulets rouges sur Podemos, cette gauche radicale entrée en force à la Chambre des députés après les législatives de décembre avec 69 sièges. Motif : à en croire divers médias, dont elconfidencial.com (qui s’est spécialisé dans la révélation de scandales), ses dirigeants auraient reçu au moins 6 millions d’euros de la part du gouvernement vénézuélien de Hugo Chávez, «afin de faire avancer la cause bolivarienne» en Europe.

    A lire aussiPodemos, courant sous tensions

    Ces versements se seraient produits entre 2003 et 2011 et auraient notamment bénéficié à Pablo Iglesias, l’actuel secrétaire général et leader de Podemos ; ils auraient alimenté les caisses du Centre d’études politiques et sociales (CEPS), une fondation qui, à partir de janvier 2014, allait donner naissance au parti Podemos («Nous pouvons») proprement dit, fruit de la colère citoyenne depuis la crise économique et les politiques d’austérité imposées dans la foulée.

    «Tissu de mensonges»

    «Tout ceci n’est qu’un tissu de mensonges, s’est défendu avec véhémence Pablo Iglesias. Que ceux qui ont des preuves se rendent devant les tribunaux et vérifient ainsi qu’ils se trompent.» A trois reprises depuis 2015, le Tribunal suprême a classé sans suite des plaintes pour «financement illégal» contre Podemos. Mais l’affaire risque de ne pas en rester là. L’Udef, l’unité policière spécialisée dans la lutte conte la délinquance économique, aurait – d’après le ministère de l’Intérieur – épluché les comptes de la jeune formation et découvert «plusieurs irrégularités». Parmi celles-ci, des apports d’argent en provenance du Venezuela et d’Iran.

    Les deux émissions télévisées qui ont propulsé Podemos, Fort Apache et La Tuerka, sont diffusées par une chaîne de la République islamique, et les rumeurs d’un financement chaviste n’ont jamais cessé. Ce qui, depuis des années, alimente l’ire de la droite espagnole, laquelle – surtout le Parti populaire, au pouvoir depuis 2011 – estime que «les Indignés de Podemos sont à la solde de régimes totalitaires». Cette polémique se déroule dans un contexte incandescent dans lequel la droite tente à tout prix de discréditer ce jeune parti, afin d’éviter la formation d’une coalition de gauche.

    François Musseau (à Madrid)
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  • Grèce: à Chios et Lesbos, la peur du renvoi en Turquie hante les migrants

     

    media Des migrants détenus dans le centre fermé de Vial sur l'île de Chios, le 4 avril 2016. LOUISA GOULIAMAKI / AFP

     

    Une délégation de ministres des Affaires étrangères et européenne de six Etats membres de l’Union européenne s’est rendue le vendredi 8 avril à Athènes. Le Français Harlem Désir a annoncé que l’UE versera 100 millions d’euros le 13 avril 2016 à la Grèce, frappée de plein fouet par la crise migratoire. Un rapport d’Amnesty international rapporte des conditions de vie indignes, l'incertitude et la peur d’un renvoi en Turquie qui tiraillent les réfugiés parqués dans les centres fermés des îles grecques de Chios et Lesbos.

     

    Le 13 avril prochain, indique notre correspondante en Grèce, Charlotte Stiévenard, l'Union européenne (UE) versera 100 million d'euros à la Grèce, pour l'aider à gérer la crise migratoire. C'est ce qu'a annoncé le vendredi 8 avril le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Harlem Désir, lors de son déplacement à Athènes. C'est une première car cet argent, qui provient du Service d'aide humanitaire et de protection civile, n'est habituellement utilisé que pour gérer des crises en dehors de l'Union européenne.

    En Grèce, il doit permettre d'aider à la gestion de l'accueil des populations fuyant la guerre et la misère, notamment dans les hotspots, ces centres fermés dans lesquels les migrants vivent provisoirement dans des conditions difficiles. Pas de douche chaude, une file d'attente de plusieurs heures pour manger, c'est ainsi que les réfugiés qui ont pu s'échapper du centre de Vial, situé sur l'île de Chios, décrivent leurs conditions d'accueil.

    Tensions entre réfugiés

    C'est aussi ce que confirme un rapport d'Amnesty international. L'ONG a pu avoir accès aux camps de Lesbos et Chios. Elle note également un accès inadéquat aux services médicaux : trois docteurs pour plus de 3 000 personnes à Lesbos et une équipe de médecins qui n'est là que quelques heures par jour à Chios.

    Le nombre d'arrivées sur les îles a certes diminué, mais ces deux camps se remplissent. Cela conduit à des tensions comme ça a été le cas à Chios entre Syriens et Afghans. Sept cents demandeurs d’asile ont ensuite forcé la porte du camp pour échapper à ces conditions. La même scène s'est répétée sur l'île de Samos cette semaine.

    Mais ce que le rapport d'Amnesty international met surtout en cause par la voix de sa directrice adjointe en Europe, Gauri van Gulik, c'est que les personnes détenues à Lesbos et à Chios n'ont presque aucune information sur leur statut actuel et leur destin possible. Avec la peur d'un renvoi en Turquie.

    124 migrants renvoyés en Turquie

    Une deuxième vague de réadmissions a eu lieu vendredi de la Grèce vers la Turquie, en application de l’accord conclu entre Ankara et l’Union européenne. Cette fois ce sont 124 migrants illégaux, essentiellement pakistanais, qui sont arrivés sur le port de Dikili, sur les côtes turques face à l'île de Lesbos. Ils seront envoyés dans le camp de détention de Kirklareli, à l'ouest d'Istanbul, puis seront très certainement expulsés vers le Pakistan, peut-être très rapidement : le Parlement turc a déjà approuvé dans la nuit le décret gouvernemental autorisant ces renvois, précise notre correspondant à Istanbul Alexandre Billette.

    En revanche, aucun réfugié syrien n’a fait partie de ces deux premières vagues. Ainsi, la partie de l'accord qui prévoit d'accueillir en Europe un réfugié syrien pour chaque Syrien renvoyé en Turquie n'a pas réellement commencé.

    Pas d'avancées non plus concernant les contreparties offertes à la Turquie, notamment sur les trois milliards d'euros promis, ainsi que sur la levée des visas Schengen pour les Turcs d'ici la fin du mois de juin. Le président Recep Tayyip Erdogan a tapé du poing sur la table, vendredi, et menacé de ne pas appliquer l'accord si l'Europe ne remplissait pas toutes ses promesses.

     

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    Filer à l’anglaise, la tentation des Pays-Bas

    Par Jean Quatremer 7 avril 2016 à 20:01    Lien
     
     
    Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, mercredi soir dans son bureau à La Haye. Photo Bart Maat.ANP.AFP

    Les Néerlandais ont voté, mercredi, contre l’accord d’association entre l’Europe et l’Ukraine. Une nouvelle crise, à moins de trois mois du référendum britannique sur la sortie de l’UE.

    L’Union européenne ou la crise sans fin… Les Néerlandais, en rejetant par référendum, mercredi, l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine, ont accru la gîte d’un bateau européen secoué par les crises à répétitions. Et ce, juste avant une autre consultation autrement plus périlleuse qui décidera, le 23 juin, du maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union. Certes, les Néerlandais ne se sont pas prononcés sur leur appartenance à l’UE, ce sujet ne pouvant pas être soumis à référendum. Mais le scrutin était un test de popularité de la construction communautaire dans ce pays qui fait partie des six premiers signataires du traité de Rome en 1957. Le verdict est a priori sans appel, puisque 61,1 % des Néerlandais ont voté non. Mais on est loin d’un raz-de-marée : ce premier référendum d’initiative populaire n’a mobilisé que 32 % du corps électoral. Néanmoins, il sera difficile au gouvernement libéral social-démocrate du Premier ministre Mark Rutte de ne pas tenir compte du résultat, même s’il est juridiquement consultatif. Un scrutin qui pose aussi de redoutables défis à l’Union. Passage en revue de cinq des conséquences de ce vote.

    L’Ukraine fragilisée

    Le référendum néerlandais n’a pas d’impact immédiat. De fait, l’UE a décidé d’appliquer provisoirement l’accord d’association avec l’Ukraine dès le 1er janvier 2015 afin de soutenir économiquement un pays étranglé par la guerre larvée que lui mène la Russie. «La période provisoire, qui porte sur l’essentiel, c’est-à-dire l’aspect commercial, n’a pas de durée limitée, ce qui nous donne le temps de trouver une solution, explique un diplomate européen. Il faut surtout éviter que ce référendum soit instrumentalisé par Vladimir Poutine qui ne peut que se réjouir du coup que viennent de porter les Néerlandais au régime ukrainien.» C’est loupé, le Kremlin s’étant immédiatement réjoui de la «défiance» qui a été manifestée par les Pays-Bas, tout comme les partis d’extrême droite qu’il soutient en Europe (le Front national en tête). De là à ce que Moscou se sente conforté dans ses revendications concernant l’Ukraine, il n’y a qu’un pas qui donne des sueurs froides aux chancelleries occidentales.

    Une politique extérieure paralysée

    Le non néerlandais est un coup dur pour la politique étrangère des Vingt-Huit. Les principaux instruments de l’influence de la première puissance économique du monde sont les accords commerciaux, les accords d’association et bien sûr les traités d’élargissement. C’est par ces moyens que Bruxelles parvient à exporter ses valeurs et ses normes, comme l’a montré sa gestion réussie de la transition démocratique des anciennes Républiques populaires d’Europe centrale et orientale, aujourd’hui membres à part entière de l’Union. «Ce sont aussi ces accords qui nous permettent de maintenir la stabilité dans les Balkans», souligne un diplomate bruxellois.

    Négociés par la Commission, ces traités doivent être approuvés par l’ensemble des Etats membres et ratifiés par le Parlement européen et les Parlements nationaux. Or, l’irruption du référendum d’initiative populaire dans le champ diplomatique complique singulièrement la donne, fragilisant un processus déjà complexe.

    En théorie, lorsqu’un accord est purement commercial, compétence exclusive de l’Union, l’approbation des Parlements nationaux n’est pas requise, et la majorité qualifiée d’Etats membres et du Parlement européen suffit. Mais la plupart des traités comprennent des aspects politiques et abordent des sujets qui relèvent de l’unanimité (exception culturelle, visas, etc.), ce qui rend les ratifications nationales nécessaires. «L’idée était d’inclure le commerce dans une démarche politique afin d’en faire un instrument diplomatique. Ne plus faire que du commercial pour éviter un référendum serait une sacrée régression», met en garde un diplomate européen.

    L’élargissement rejeté

    On a conscience, à Bruxelles, qu’il y a une «fatigue de l’élargissement». Aux Pays-Bas, les tenants du non ne s’y sont pas trompés, puisqu’ils ont expliqué que l’accord d’association avec l’Ukraine était un premier pas vers l’adhésion. Difficile de leur donner totalement tort puisque c’est ainsi que le présente Kiev, mais aussi les pays d’Europe de l’Est désireux d’arracher l’Ukraine à l’influence de Moscou, ainsi que la Russie elle-même, inquiète de cet expansionnisme de l’UE (et de l’Otan). «Il y a une hypocrisie à affirmer la perspective européenne des Balkans, de l’Ukraine ou de la Turquie», tranche un diplomate français. De fait, depuis les référendums français et néerlandais (déjà) de 2005 sur le traité constitutionnel européen, les gouvernements et la Commission savent que la majorité des opinions publiques d’Europe de l’Ouest est vent debout contre tout nouvel élargissement. Mais avouer officiellement que la porte de l’UE est fermée pour longtemps risque de déstabiliser durablement ses marchés.

    Le projet européen contesté

    «Il est horriblement difficile de gagner un référendum sur la question européenne», euphémise-t-on à Bruxelles. Depuis le traité de Maastricht de février 1992, on ne compte plus les référendums négatifs : Danemark, Suède, Irlande, France, Pays-Bas, Grèce et, sans doute, Royaume-Uni.

    L’addition des mécontentements, tant vis-à-vis de l’Europe que du gouvernement en place, constitue presque toujours une majorité qu’il est difficile de renverser, «la conjuration des forces rationnelles ne faisant que renforcer les tenant du non, comme le note un diplomate bruxellois. Il y a aussi une incapacité à démontrer la valeur ajoutée de l’Union en période de crise».

    Deux mécanismes incompatibles

    Le référendum étant national, il donne un pouvoir de blocage à une infime minorité d’Européens. Un vote paneuropéen sur les questions qui relèvent des compétences de l’Union, comme pour l’accord d’association avec la Turquie, permettrait de lever l’objection.

    Mais il n’existe aucun consensus entre les Etats pour instaurer une telle procédure : pour eux, la démocratie s’exerce pour l’essentiel dans un cadre national. Le référendum peut donc remettre en cause un consensus difficilement obtenu entre les Etats et le Parlement européen, y compris pour des textes adoptés à la majorité qualifiée des Vingt-Huit. «Il peut vite devenir un instrument de chantage pour certains Etats, comme on le voit en Grande-Bretagne, en Hongrie, en Pologne, ou pour les europhobes, ce qui paralysera durablement l’Union», prévient un haut fonctionnaire. Difficile aux proeuropéens de dénoncer ces référendums nationaux, sauf à être accusés de tenir à l’écart les peuples, ce qui renforcera mécaniquement le camp europhobe. Le piège est parfait.

    Jean Quatremer
     

     

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  • Islande: Sigurdur Ingi Johannsson, propulsé Premier ministre

    dans la tempête

     

    Par AFP 7 avril 2016 à 12:53 (mis à jour à 15:49) Lien
     

     

     

    Le nouveau Premier ministre islandais Sigurdur Ingi Johannsson (g) du Parti du progrès et le ministre des Finances et président du Parti de l' indépendance , Bjarni Benediktsson à Reykjavik le 7 avril 2016 Photo HALLDOR KOLBEINS. AFP

     

     

    Le nouveau Premier ministre islandais Sigurdur Ingi Johannsson, 53 ans, vétérinaire de formation , se retrouve chef de gouvernement en pleine tempête des «Panama Papers» et bat déjà des records d’impopularité.

    C’est le scandale des avoirs dans un paradis fiscal de son prédécesseur Sigmundur David Gunnlaugsson qui a propulsé au pouvoir jeudi cet homme mafflu assumant l’embonpoint de son âge comme une marque de son attachement au monde rural.

    Sa défense des campagnes islandaises, prépondérantes au sein du Parti du progrès dont l’électorat se concentre traditionnellement en dehors de la capitale Reykjavik, lui avait permis de décrocher le poste de ministre de l’ Agriculture et de la Pêche en 2013.

    Sur son CV, il mentionne comme première expérience professionnelle son travail à la ferme de son père dans le sud-ouest du pays dès huit ans jusqu’à ses vingt- deux ans . Dans ce pays d’élevage , principalement d’ovins, il choisit le métier de vétérinaire, obtenant son diplôme à l’ université de Copenhague . Ses parents sont tués dans un accident de voiture lorsqu’il a 25 ans.

    Pendant un temps il a sa propre exploitation agricole et étudie en parallèle la médecine animale, avant de préférer diverses fonctions qui le font entrer de plein pied dans l’ engagement politique.

    De 2001 à 2008, il est secrétaire de la section régionale du Parti du progrès, formation au pouvoir pendant les années du «boom» financier qui se termineront brutalement par l’ effondrement de tout le système bancaire en 2008.

    Conservateur dans l’âme, il assiste début 2009 à la disgrâce des partis traditionnels et envisage de quitter la politique à cette époque. Il trouve «absurde» l’idée de tenter une carrière nationale , confiera-t-il à la presse après coup. Pourtant cette année -là, il est élu député d’ opposition pour la première fois , puis réélu quand son parti remporte les législatives de 2013.

    Au sein d’un gouvernement de droite peu doué pour promouvoir son action, et soupçonné en permanence de défendre les intérêts des plus riches, son profil «rétro» séduit une frange minime d’Islandais. Ses partisans le décrivent comme fiable. Mais il est très discret sur le plan médiatique, les journalistes de la capitale semblant ne s’être jamais intéressés à lui avant cette semaine.

    Lui oeuvre au sein de sa formation pour se placer comme recours au Premier ministre, dont la popularité faiblit constamment dès 2014. Et la fin abrupte de M. Gunnlaugsson, inattendue, lui donne ce rôle ingrat de diriger un exécutif détesté, pendant les quelque six à huit mois qui doivent mener à la prochaine législative.

    Il a eu trois enfants avec une première épouse, puis un quatrième avec une femme déjà mère d’un enfant.

    AFP
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  • Référendum sur l’UE: les Pays-Bas

    disent «non» à 61%

     

    Afp
    Mis en ligne il y a 25 minutes    Lien

     

    Il s’agit d’un nouveau camouflet infligé à la construction européenne.

     

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© Reporters / Abaca
    • © Reporters / Abaca

     

     

    L e référendum néerlandais sur l’ accord d’ association entre l’Ukraine et l’ Union européenne est valide, a affirmé mercredi soir l’ agence de presse néerlandaise ANP, dans une projection basée sur près de 40% des votes.

    Se fondant sur les résultats de 191 municipalités, l’ANP prévoit une victoire du non avec 61% des voix , contre presque 38% pour les partisans de cet accord, avec une participation dépassant le minimum de 30% nécessaire pour la validation du scrutin.

    « Crise européenne »

    Le référendum — dont les organisateurs admettent qu’il ne concerne pas l’Ukraine mais répond à une animosité plus large envers l’UE — était suivi de près par les Européens, Kiev et Moscou . Les résultats seront également examinés à la loupe en Grande-Bretagne , quelques mois avant le vote de juin sur une sortie de l’Union européenne, surnommée «Brexit».

    Le Premier ministre libéral Mark Rutte, qui a voté dans une école primaire de La Haye, avait appelé dans la journée ses concitoyens à approuver l’accord, qui vise à renforcer le dialogue politique ainsi que les échanges économiques et commerciaux entre l’UE et l’Ukraine.

    « Nous devons aider l’Ukraine à bâtir un Etat de droit, à construire sa démocratie, à soutenir ses minorités, notamment les juifs, et la communauté homosexuelle », a-t-il lancé. « L’Europe a besoin de stabilité à ses frontières extérieures ».

    Les Pays -Bas sont le dernier pays de l’UE à ne pas avoir ratifié l’accord, qui a cependant reçu le feu vert du Parlement. Le vote de mercredi n’est pas contraignant mais un non « pourrait ouvrir la voie à une crise européenne », avait prévenu le président de la Commission européenne, Jean- Claude Juncker.

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  • Des hooligans ont perturbé un rassemblement pacifique place de la Bourse à Bruxelles

    Le Monde.fr avec AFP | 27.03.2016 à 15h30 • Mis à jour le 27.03.2016 à 16h42  Lien

     

    Des hooligans ont perturbé un rassemblement pacifique place de la Bourse, le 27 mars 2016.

    Au moins deux cents hooligans, vraisemblablement proches de l’extrême droite, ont perturbé, dimanche 27 mars, un rassemblement pacifique place de la Bourse à Bruxelles, cinq jours après les attentats qui ont tué vingt-huit personnes et fait près de trois cent cinquante blessés.

    Lire aussi :   Attentats de Bruxelles : un suspect, Fayçal Cheffou, inculpé d’assassinats terroristes

    Vêtus de noir, certains portant des cagoules, ils sont arrivés de la gare de Bruxelles-Nord, en provenance de Vilevorde, vers 14 h 45 et se sont d’abord installés sur les marches de la Bourse. « On est des holligans, on est chez nous ! », ont-ils scandé. Les forces de l’ordre ont évacué ces supporteurs de divers clubs de football du pays à l’aide de canons à eau.

    Au pied des marches, des centaines de personnes étaient venues se recueillir dès le début d’après-midi en mémoire des victimes des attentats, autour d’un parterre de fleurs. « Bruxelles multiculturelle, Bruxelles antifasciste ! », ont-elles crié. La foule brandissait aussi des drapeaux de différents pays.

    Une « marche contre la peur » prévue dimanche avait été annulée samedi par ses organisateurs après que les autorités avaient invité la population à ne pas y participer pour des raisons de sécurité.

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  • Turquie: Erdogan presse l’Europe de renoncer à sa complaisance envers la rébellion kurde

    Par AFP 18 mars 2016 à 10:37 (mis à jour à 14:26) Lien

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours à Ankara, le 16 mars 2016 Photo ADEM ALTAN. AFP

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a choisi vendredi le moment délicat où son pays négocie à Bruxelles un accord sur les migrants pour lancer une nouvelle attaque contre l’Europe, l’accusant cette fois de complaisance pour la rébellion kurde.

    Cinq jours après l’attentat meurtrier d’Ankara, M. Erdogan a saisi l’occasion d’un discours commémorant la bataille de Gallipoli (1915) pour accuser sans détour les pays de l’Union européenne (UE) de ne pas le soutenir dans sa lutte contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), pourtant considéré par eux comme un groupe «terroriste».

    «Il n’y a pas de raison que la bombe qui a explosé à Ankara (...) n’explose par un jour dans une autre ville en Europe», a-t-il dit, «malgré cette réalité, les pays européens ne font pas attention, comme s’ils dansaient dans un champ de mines».

    A titre d’exemple, l’homme fort de Turquie a affirmé que des partisans du PKK avaient été autorisés à arborer ses drapeaux près du bâtiment de la Commission européenne.

    «Ce n’est pas honnête (...) ils ont capitulé face à la terreur», a-t-il fulminé. «Une nouvelle fois, j’en appelle aux pays qui soutiennent directement ou indirectement les organisations terroristes: vous nourrissez une vipère en votre sein».

    Cette énième sortie anti-européenne de M. Erdogan est intervenue alors que son Premier ministre Ahmet Davutoglu négociait avec l’UE un plan d’action sur les migrants.

    En échange de son aide pour ralentir leur flot vers l’Europe, Ankara a placé la barre très haut: relance des discussions d’adhésion, doublement de l’aide financière, suppression des visas européens pour ses citoyens.

    Mais certains des 28 rechignent à satisfaire les Turquie en s’inquiétant de la dégradation de la situation des droits de l’Homme, notamment en lien avec le conflit kurde. La chancelière allemande Angela Merkel lui a reconnu le droit à une réponse armée «proportionnée» face au PKK mais s’est aussi inquiétée du «traitement des Kurdes».

    Dimanche soir, Ankara a été frappée par son deuxième attentat suicide en moins d’un mois. Une voiture piégée a foncé sur un arrêt de bus de la très fréquentée place Kizilay d’Ankara, faisant 35 morts et plus de 120 blessés.

    - 'Deux poids, deux mesures' -

    Comme celui du 17 février (29 morts), il a été revendiqué par un groupe radical dissident mais proche du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), en représailles à la mort de civils pendant les opérations de l’armée et la police contre la rébellion dans plusieurs villes du sud-est anatolien.

    Les capitales occidentales ont toutes condamné l’attaque mais le ministre de la justice turc les a accusées vendredi d’avoir «deux poids, deux mesures».

    «Ceux qui se lèvent contre le terrorisme lorsqu’il frappe l’Europe ne le font pas quand il s’agit de la Turquie», a déploré Bekir Bozdag, «nous recevons des messages de condoléances mais il n’y a pas d’opération contre ceux qui mènent ces attaques».

    La diaspora kurde est importante en France, en Belgique ou en Allemagne.

    Moins d’une semaine après l’attentat d’Ankara, la menace reste au plus haut en Turquie, où les TAK ont annoncé de nouvelles opérations.

    Jeudi soir, la police a neutralisé une voiture bourrée de 150 kg d’explosifs stationnée près d’un bâtiment officiel dans la province de Diyarbakir (sud-est).

    L’Allemagne a fermé jeudi son ambassade à Ankara, son consulat général à Istanbul et ses écoles dans les deux villes en raison d’un risque d’attentat. Le consulat et les deux établissements scolaires sont restés fermés vendredi.

    L’ambassade des Etats-Unis à Ankara a mis en garde ses ressortissants en Turquie contre de possibles attentats et leur a recommandé d'«éviter tout rassemblement politique ou manifestation» lors du fêtes du Nouvel an kurde prévues dimanche et lundi.

    Embarrassé par les critiques qui dénoncent les ratés de ses services de sécurité, M. Erdogan a réagi en relançant la guerre contre les «complices» des «terroristes» kurdes, élus, intellectuels ou journalistes.

    Depuis plusieurs jours, il presse le Parlement de lever l’immunité de députés prokurdes poursuivis pour «propagande terroriste» et la police multiplie les arrestations de partisans de la cause kurde, suscitant de nouvelles réactions indignées en Europe.

    AFP
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