• Manifestations contre la loi travail : « C’est le clap de fin de la mobilisation »

    LE MONDE | 15.09.2016 à 13h55 | Par Coumba Kane, Michel Noblecourt et Laureline Savoye

    Durée : 04:14  |   
     

    Eclairage

    Plusieurs milliers de personnes défilent jeudi 15 septembre dans toute la France contre la loi El Khomri. La loi travail aura causé des mois d’affrontements politiques et de conflit social sans faire plier l’exécutif.

    Pourquoi plusieurs syndicats ont-ils appelé à manifester alors que la loi a été promulguée le 9 août ? L’analyse de Michel Noblecourt, éditorialiste au Monde.

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  • Après la démission de Macron, Sapin nommé ministre de l’économie et des finances

    Le Monde.fr avec AFP | 30.08.2016 à 17h37 • Mis à jour le 30.08.2016 à 20h10   LIEN

     

    Après des mois de rumeurs et des signes de plus en plus clairs d’émancipation, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, a démissionné du gouvernement, mardi 30 août. C’est Michel Sapin, jusqu’ici uniquement ministre des finances, qui lui succède, a annoncé l’Elysée dans l’après-midi.

    Selon la présidence, M. Macron a décidé de démissionner « pour se consacrer entièrement à son mouvement politique, En marche ! » Le ministre « a vu le président à 15 heures pour lui remettre en main propre sa lettre de démission », a rapporté une porte-parole d’En Marche !, selon laquellei « il va reprendre sa liberté pour continuer à construire une nouvelle offre politique ».

    Lire :   Emmanuel Macron, l’ovni en politique qui s’est émancipé du gouvernement

    « Une nouvelle étape de mon combat »

    Dans une déclaration à Bercy, l’ancien ministre a dit avoir « touché du doigt les limites de notre système politique », évoquant les « compromis de dernière minute », « les peurs des uns et des autres »..« Je n’ai pas tout réussi, certaines entreprises ont connu la faillite. (...) J’ai parfois échoué à faire partager la nécessité que j’éprouvais de poursuivre et amplifier le travail de transformation en profondeur de l’économie », a-t-il reconnu.

    Sans se déclarer officiellement candidat à l’élection présidentielle de 2017, M. Macron a souligné que « dans notre Ve République, le seul moment où les débats nécessaires pour décider ces transformations peuvent utilement avoir lieu sont les campagnes présidentielles ». « Je souhaite entamer une nouvelle étape de mon combat et construire un projet qui serve l’intérêt général », a-t-il poursuivi, appelant au rassemblement de tous, « quelles que soient leurs sensibilités politiques et même s’ils ne croient plus à la politique ».

    Un projet qui « n’est pas compatible avec l’appartenance à un gouvernement », et nécessite, a-t-il estimé, d’être « libre de dire, de proposer, d’agir, de rassembler ». Comme s’il avait déjà tourné la page du chef de l’Etat, il s’est dit « convaincu que les Français rendraient justice à François Hollande d’avoir fait face à des difficultés exceptionnelles ».

    Tournant libéral de la présidence

    Emmanuel Macron, ancien banquier de chez Rothschild, avait pris ses fonctions en août 2014. Proche du monde de l’entreprise, à l’aise à l’international, ce social-libéral de 38 ans a bataillé pour renforcer l’attractivité de la France dans les milieux d’affaires.

    Enarque de la promotion Senghor (2004) et jeune inspecteur des finances, il fut aux côtés de François Hollande à l’Elysée durant les deux premières années du quinquennat, comme secrétaire général adjoint et conseiller pour les affaires économiques. Il est présenté comme l’un des inspirateurs du CICE et du pacte de responsabilité, cette politique de l’offre honnie par la gauche du PS et ses alliés.

    Principal fait d’armes du ministre : avoir élaboré la loi qui porte son nom – officiellement loi « pour l’activité, la croissance et l’égalité des chances économiques » – promulguée sans vote, au moyen du 49-3, en août 2015, avec après huit mois de bras de fer politique. Extension du travail le dimanche, réforme des prud’hommes, liberté d’installation des notaires... Ce texte fleuve, inspiré des travaux de la commission Attali, dont il fut rapporteur général adjoint en 2007, a fait de lui le symbole du tournant libéral de la présidence Hollande.

    Lire :   Quel est le bilan d’Emmanuel Macron au gouvernement ?

    « Pas socialiste »

    Parmi les ministres les plus appréciés de l’opinion, il multipliait depuis plusieurs mois les provocations, entre le lancement de son mouvement, « En marche », et ses déclarations tapageuses. Il y a quelques semaines encore, il avait expliqué que « l’honnêteté (l’)obligeait à dire » qu’il n’était « pas socialiste ». Manuel Valls ne cachait plus son agacement à l’égard de son ministre, qui lui disputait le créneau de la gauche réformiste. L’ultime avertissement était venu de François Hollande lui-même, qui avait dû entamer la traditionnelle interview du 14 juillet par un énième recadrage, deux jours après un premier meeting parisien du mouvement En Marche !, créé en avril.

    Lire aussi :   Emmanuel Macron : deux ans à Bercy émaillés de polémiques

    « Son positionnement a priori original relève, en réalité, d’une imposture de la part de quelqu’un qui a conseillé François Hollande à l’Elysée avant d’être son ministre de l’économie pendant deux ans. Comment Emmanuel Macron peut-il espérer s’exonérer du bilan de celui à qui il doit tout ? », questionnent de leur côté les Républicains, qui dénoncent « la provocation qu’il a poussée jusqu’à créer depuis son ministère un parti destiné à le porter à l’Elysée ».

    Lire aussi (en édition abonnés) :   Emmanuel Macron, le point de rupture ?

    La ministre de l’outre-mer, George Pau-Langevin, a par ailleurs démissionné « pour raisons personnelles », et est remplacée à son poste par Ericka Bareigts, précédemment secrétaire d’Etat chargée de l’égalité réelle.

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  • L'impôt à la source entrera

    bien en vigueur en 2018

     

    20 Minutes avec AFP

     

     

    Christian Eckert devait présenter le projet de loi sur le prélèvement de l'impôt à la source, qui doit être mis en oeuvre le 1er janvier 2018.

    Christian Eckert devait présenter le projet de loi sur le prélèvement de l'impôt à la source, qui doit être mis en oeuvre le 1er janvier 2018. - CHAMUSSY/SIPA

     

    DECLARATION D'IMPÔTS Le secrétaire d'Etat chargé du Budget a assuré que l'élection présidentielle 2017 n'aura aucune incidence sur cette réforme...

     

    Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2018, ne sera pas remis en cause après la présidentielle 2017, a assuré le secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert dans un entretien à paraître ce dimanche. « Nous prenons les dispositions nécessaires pour que cette réforme entre en vigueur en 2018 », a-t-il déclaré dans les quotidiens régionaux du groupe Ebra.

     

    >> A lire aussi : Impôt sur le revenu: Vous en saurez plus mercredi sur le prélèvement à la source (qui rencontre quelques problèmes)

    « Je suis persuadé que personne ne reviendra sur cette réforme, parce qu’elle est souhaitée par les Français, et qu’elle est souhaitable, juste et moderne », a-t-il ajouté. Une présentation par Christian Eckert du projet de prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, prévue mercredi en Conseil des ministres, avait dû être reportée en raison de l’attentat dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray.

     

    Ce projet consiste à ce que l’impôt sur le revenu soit prélevé par l’employeur, sur la base d’un taux d’imposition calculé et transmis par l’administration fiscale. Les revenus seront ainsi directement taxés chaque mois au titre de l’année en cours et non plus au titre de l’année précédente.

     

    Un nouveau taux possible en cours d’année

     

    « À partir des déclarations de revenus faites au printemps 2017, l’administration fiscale calculera le taux d’imposition effectif du foyer », a expliqué le ministre des Finances Michel Sapin dans Le Journal du dimanche. « Le contribuable en aura connaissance à l’été. Le fisc transmettra ce taux à l’employeur, la caisse de retraite, Pôle emploi… Qui prélèvera à partir de janvier et versera la somme au fisc », a-t-il détaillé.

     

    Au printemps 2018, les contribuables devront effectuer une nouvelle déclaration de revenus sur les gains de 2017 qui aboutira le cas échéant à « un nouveau taux applicable à la rentrée » avec à la clé, un remboursement « en cas de trop-perçu » ou un « reliquat » à payer dans le cas contraire.

     

    Comme c’est aussi le cas en Allemagne, les conjoints qui ont des écarts de revenus importants « pourront choisir un taux chacun au lieu du taux global de leur foyer ». En cas de changement d’activité ou de situation familiale, il sera possible de demander au fisc un nouveau taux en cours d’année. « L’administration le changera dans un délai de trois mois », a précisé Michel Sapin.

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  • Encadrement des loyers : un site Internet au service des particuliers

    Le Monde.fr avec AFP | 26.07.2016 à 14h01 • Mis à jour le 26.07.2016 à 19h38 | Par Jérôme Porier

    LIEN

    Emmanuelle Cosse, la ministre du logement, sur le perron de l’Elysée, le 17 février 2016.

    L’incitation plutôt que la contrainte. Sur RTL, la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, a déclaré, mardi 26 juillet, que l’encadrement des loyers, en vigueur depuis près d’un an à Paris, ne serait pas étendu ailleurs contre l’avis des agglomérations et des communes. « Une démarche autoritaire ne fonctionnerait pas », a insisté la ministre.

    Lire aussi :   L’encadrement des loyers étendu à l’agglomération parisienne

    Créé par la loi Alur de mars 2014, ce dispositif est appliqué à Paris depuis 1er août 2015. Il devrait être étendue à Lille en décembre 2016 et en première couronne parisienne à l’horizon 2018, sauf alternance politique à l’issue de la présidentielle de 2017. « Quant aux autres villes, ce sont elles qui décident ou non, de s’engager dans cette démarche », a dit Mme Cosse.

    Le ministère du logement a lancé, le 26 juillet, le site internet encadrementdesloyers.gouv.fr, afin d’informer les particuliers sur les niveaux de loyers légaux dans Paris intra-muros. Le site détaille les recours possibles contre les propriétaires ne respectant pas la loi.

    Lire aussi :   Encadrement des loyers à Paris : 30 % des nouveaux emménagés ont bénéficié d’une baisse en 2015

    L’encadrement prévoit qu’à la signature d’un nouveau bail ou lors d’un renouvellement, le loyer d’un logement n’excède pas de plus de 20% un loyer de référence fixé par arrêté préfectoral et ne lui soit pas inférieur de 30%. Un complément est autorisé pour certains biens présentant des caractéristiques particulières de localisation ou de confort (terrasse, vue rare, jardin).

    Initialement prévu pour s’appliquer dans toutes les zones tendues, soit 1 151 communes en France, le dispositif a été cantonné par le Premier ministre Manuel Valls à Paris et aux communes volontaires.

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  • édition spéciale
    EN DIRECT - Attaque d'une église - François Hollande: "Cette guerre sera longue mais nous la gagnerons, nous devons faire bloc !"
    20:05

    EN DIRECT - Attaque d'une église - François Hollande: "Cette guerre sera longue mais nous la gagnerons, nous devons faire bloc !"

     

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    20h00: François Hollande prend la parole depuis l'Elysée sur toutes les chaînes de télé:

    " Attaquer une église, tuer un prêtre, c'est profaner la République qui garantit la liberté de conscience .

    Un prêtre a été sauvagement assassiné.

    C'est une nouvelle épreuve pour la nation.

    Ce sont tous les Français qui se sentent atteints au fond d'eux-mêmes

    Les terroristes veulent nous diviser, nous séparer.

    Le Gouvernement mobilise toutes ses forces et applique et appliquera toutes les lois qui donnent la capacité d'agir aux policiers.

    Mais je le dis restreindre nos libertés ne servirait à rien contre le terrorisme"

    Notre pays fait la guerre mais il faut éviter les polémiques.

    Cette guerre sera longue mais nous la gagnerons, nous devons faire bloc !"

    19h25:  Eric Ciotti demande "l'expulsion des personnes étrangères" fichées pour radicalisation

    19h17:  L'un des deux assaillants formellement identifié, il était inculpé pour lien avec le terrorisme

    19h00: L e président François Hollande va s'exprimer à 20H depuis l'Élysée.

    18h51:  Manuel Valls sera l'invité du journal de 20 heures de TF1 ce soir.

    L'archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, sera également l'invité de TF1.

    18h42:   Le procureur de la république de Paris François Molins tiendra une conférence de presse ce mardi soir à 21 heures

    18h32:  Le président de la République va rassembler mercredi matin un conseil de sécurité et de défense à l'Elysée, suite à la mort d'un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray.

    18h18:   Une carte d'identité a été retrouvée sur le second assaillant, l'identification est en cours (itele)

    18h10:  "Je vais attaquer une église", aurait dit l'un des assaillants il y a deux mois, raconte un de ses proches à RTL.

    "Je ne suis pas étonné, il m'en parlait tout le temps... il parlait de l'Islam... qu'il allait faire des trucs comme ça", déclare-t-il.
    ""Sur le Coran de La Mecque, il m'a dit: 'Je vais attaquer une église'.Il m'a dit ça il y a deux mois en sortant de la mosquée. Sur la vie de ma mère, je ne l'ai pas cru", a-t-il ajouté.

    18h01:  La perquisition menée à Saint-Etienne-du-Rouvray est terminée et n'aurait rien donné, selon 20 minutes

    17h58: L e maire de Saint-Etienne-Du-Rouvray s'exprime avec beaucoup d'émotion:

    "Il est impérativement nécessaire qu'il ne se reproduise plus"

    17h52:   L'un des deux assaillants était porteur d'une fausse ceinture explosive (itele)

    17h41:  «Ils se sont enregistrés», explique sur BFMTV la soeur qui est sortie de l'église pour donner l'alerte.

    Une source policière évoque au Figaro un appareil d'enregistrement manié par les terroristes. 

    La religieuse décrit également la scène, le père Jacques Hamel «était à genoux», et l'un des bourreaux a prononcé «un sermon en arabe autour de l'autel», selon les termes de la religieuse.

    17h24:  Une opération du RAID en cours à St-Etienne-du-Rouvray

    17h14:  Le  président des évêques appelle à un jour de jeûne et de prière vendredi

    17h10:  Les deux hommes avaient des armes blanches type couteau, "un vieux pistolet inopérant" et un "dispositif factice" faisant penser à la présence d'explosifs, selon une source de l'enquête.

    16h03:  L'opération de déminage menée par le RAID dans l'église est terminée

    15h47: U ne messe sera célébrée ce soir en la cathédrale de Rouen

    15h40:  François Hollande réunit tous les ministres concernés par l'attentat 

    15h29:  La religieuse qui a réussi à s’échapper pour donner l’alerte, a raconté au  Figaro  le début de l’attaque :

    «Ils sont entrés brusquement. Ils ont pris l’espace. Ils parlaient en arabe. J’ai vu un couteau. Je suis partie au moment où ils commençaient à agresser le père Jacques. Je ne sais même pas s’ils ont réalisé que je partais».

    Elle indique avoir été prise en charge par une cellule d’aide psychologique et se dit avant tout «en attente de nouvelles de [ses] soeurs» également présentes à la messe.

    15h26:  Une garde à vue est en cours dans le cadre de l'enquête (@itele)

    15h13: Christiane Taubira sur Twitter: " Attentats de haine pure et de totale lâcheté. Ils creusent notre chagrin mais confortent nos choix de renforcer ce qui nous rassemble"

    15h03:  Le Conseil français du culte musulman dit sa "totale solidarité avec l’ensemble des chrétiens de France"

    14h55:  L'imam de Saint-Etienne-du-Rouvray "effaré" par le décès de son "ami" prêtre

    14h44: Marine Le Pen: "La responsabilité de tous ceux qui nous gouvernent depuis 30 ans est immense.

    Les voir bavarder est révoltant"

    14h31 : Nicolas Sarkozy prend la parole:

    "C'est l'âme de la France qui est touchée (...)

    Après l'attentat de Nice, notre pays est une fois encore frappé par la barbarie dans des circonstances inhumaines.

    Les arguties juridiques, les précautions, les prétextes à une action incomplète ne sont pas admissibles.

    Je demande au gouvernement de mettre en œuvre toutes les propositions que nous proposons depuis des mois.

    C'est la guerre et il faut répondre"

    14h10:  L'Etat islamique revendique l'attaque de l'église près de Rouen

    14h09: Selon Pierre-Henry Brandet (le Porte-parole du ministère de l'Intérieur), le pronostic vital ne serait plus engagé pour la 2e victime

    13h59:  La deuxième victime, qui se trouve actuellement entre la vie et la mort, a été réanimée par le SAMU, d’après des sources policières.

    13h57:  Nicolas Sarkozy s'exprimera depuis le siège des Republicains vers 14h30

    13h52:  L'un des deux assaillants, sous bracelet électronique, avait une autorisation de sortie de 8h30 à 12h30 (iTélé)

    13h38: François Hollande parle sur place: 

    "La menace est très élevée.

    "Les terroristes ne renonceront à rien tant que nous ne les arrêterons pas

    Il s'agit de deux terroristes se réclament de Daesh"

    Nous sommes face à une épreuve, une de plus, après tout ce que nous avons vécu ces dernières années. (...)

    J'ai pour tous les catholiques de France une pensée.

    Je veux leur exprimer mon soutien.

    Ce sont tous les catholiques qui ont été frappés, mais tous les Français qui sont concernés.

    13h36:  Dans un communiqué François Hollande dénonce «un ignoble attentat terroriste»

    13h28: L'un des 2 suspects a passé près d'un an en prison en France avant son placement sous bracelet électronique (iTélé)

    13h27:  Le CRIF exprime son « sentiment d’horreur et de tristesse suite à la prise d’otage de l’église de Saint-Etienne du Rouvray et l’assassinat odieux du prêtre qui y officiait », et voit dans cet attentat la marque d'« une nouvelle étape dans la progression du terrorisme en France », exprimant son « indignation que des bâtiments religieux soient visés ».

    13h24: Bernard Cazeneuve sur Twitter:

    "A St-Etienne-du-Rouvray avec le Président. Effroi devant la barbarie, grande solidarité dans l'épreuve avec tous les catholiques de France"

    13h17:  Selon itele, l'un des assaillants a tenté de rejoindre la Syrie en 2015 mais a été refoulé en Turquie

    13h09:  L'archevêque de Rouen quitte les JMJ pour se rendre sur place

    "Je serai dès ce soir dans mon diocèse auprès des familles et de la communauté paroissiale très choquée", écrit Mgr Dominique Lebrun. L'archevêque de Rouen était à Cracovie en Pologne, dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse."Le vicaire général, le père Philippe Maheut, est sur place depuis les premiers moments", précise Mgr Lebrun."Je laisse ici des centaines de jeunes qui sont l'avenir de l'humanité, la vraie. Je leur demande de ne pas baisser les bras devant les violences et de devenir les apôtres de la civilisation de l'amour", conclut-il.

    13h07:  François Hollande est arrivé sur les lieux et fait le point avec les forces de police

    12h49: Le Vatican condamne "un meurtre barbare"

    12h48: La victime est un prêtre âgé de 84 ans. Il était prêtre de la paroisse depuis une vingtaine d'années

    .

    .

    12h47: Le pape François s'est aujourd'hui associé à "la douleur et à l'horreur" après la prise d'otages dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, ce matin.

    12h39: "Horreur et barbarie à Saint-Etienne-du-Rouvray. Un prêtre assassiné.

    Pensées pour les victimes,leurs familles.

    Nous sommes tous bouleversés" (Alain Juppé, sur Twitter)

    12h33: "Solidarité profonde et tristesse révoltée après l'attaque dans une église catholique. Ils ne réussiront pas à semer la haine et la peur" (Ségolène Royal, sur Twitter)

    12h31: Bernard Cazeneuve et François Hollande viennent d'arriver sur place

    12h30: L'un des deux preneurs d'otages était fiché "S" (M6)

    12h27: "L'horreur encore ! Nos valeurs, notre identité sont attaquées. Changeons de stratégie et arrêtons de reculer!" (Jean-François Copé, sur Twitter)

    12h15: Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur, s'est exprimé

    "François Hollande et Bernard Cazeneuve vont venir soutenir la communauté catholique, les habitants et les forces de l'ordre qui sont intervenus rapidement qui ont pu permettre de faire sortir trois otages vivants" (Pierre-Henry Brandet porte-parole du ministère de l'Intérieur)

    "Les deux assaillants sont sortis et ont été abattus par les services de police"

    "Ils sont rentrés dans l'église et ont pris en otages les cinq personnes qui s'y trouvaient"

    "L'intervention rapide de la BRI de Rouen a permis de libérer 3 otages sains et saufs"

    12h11: "Horrifié et révolté par drame de Saint-Etienne-du-Rouvray. Pensées et prières pour les fidèles. Félicitations aux policiers qui sont intervenus", a pour sa part déclaré Christian Estrosi sur Twitter

    12h03: Sur Twitter , Manuel Valls s'est exprimé après la prise d'otages

    "Horreur face à l'attaque barbare d'une église de Seine-Maritime. La France entière et tous les catholiques sont meurtris. Nous ferons bloc", déclare-t-il sur le réseau social.

    11h56: L'enquête a été confiée à la sous-direction antiterroriste (SDAT) et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

    11h50: Un camion de déminage est arrivé dans la commune afin de s'assurer qu'il n'y ait pas de "dispositif de piégeage"

    11h48: Le vicaire général de Rouen, Philippe Maheut, s’est rendu sur place, en l’absence de l’archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, actuellement aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) à Cracovie (Pologne), a-t-on appris auprès de la Conférence des évêques de France.

    11h45: Ce que l'on sait à 11h45

    Au moins une personne a été tuée mardi matin lors d’une prise d’otages dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, dans l’agglomération de Rouen, a-t-on appris de source policière, à l’issue d’une intervention qui a permis de «neutraliser» les deux preneurs d’otages.

    L’otage tué est le prêtre de l’église, a-t-on précisé de même source.

    «Un bilan complet est à suivre», a-t-on également indiqué.

    Cette prise d’otages intervient douze jours après l’attaque au camion menée le soir du 14 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice, qui a fait 84 morts et plus de 300 blessés, revendiquée par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).

    Le président François Hollande, natif de Rouen, a quitté l’Elysée en fin de matinée pour se rendre sur place, a indiqué la présidence.

    Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qui avait prévu de recevoir à Beauvau les forces de sécurité et personnels engagés pour la sécurité du Tour de France avant de se déplacer dans l’après-midi à Bayonne pour y évoquer le dispositif de sécurité des fêtes qui démarrent mercredi, a également annulé ces rendez-vous pour se rendre sur place, a annoncé un porte-parole du ministère.

    Les motivations des deux individus, neutralisés lors d’une opération de la Brigade de recherche et intervention (BRI) de Rouen, ne sont pas encore connues.

    11h39: Le parquet antiterroriste a été saisi

    11h32: Un fidèle serait dans un état d'urgence absolue (iTélé)

    11h28: Le président François Hollande a quitté l'Elysée en fin de matinée mardi pour se rendre sur le lieu d'une prise d'otage terminée près de Rouen dans une église.    

    11h27: Le prêtre ainsi qu'un paroissien auraient été égorgés, selon Le Point .

    Un policier aurait été également blessé.

    11h18: A l'heure actuelle, aucun détail n'a été communiqué sur les revendications des preneurs d'otages

    11h13: Le prêtre de l'église aurait été égorgé lors de la prise d'otages, rapporte Le Figaro  

    11h10: Les deux preneurs d'otages ont été"neutralisés" (ministère de l'Intérieur)

    11h08: Sur Twitter, la police demande de ne pas franchir "le périmètre de sécurité pour prendre des photos/vidéos, vous perturbez le travail des policiers"

    11h04: Le ministre Bernard Cazeneuve se rend sur place, selon iTélé

    11h02: Prise d'otages dans une église près de Rouen: Les deux suspects auraient été abattus, selon Le Parisien

    10h57: Deux hommes retiennent en otage un curé, deux sœurs et deux fidèles

    10h54: La BRI de Rouen et le Raid sont mobilisés

    10h52: Il y aurait de quatre à six otages dans cette église, située à Saint-Etienne-du-Rouvray

    10h48: La police est sur place

    10h46: Deux forcenés ont pris en otage le curé, deux sœurs et plusieurs fidèles dans l'église de la rue Gambetta au moyen d'armes blanches, indiquent nos confrères.

    10h43: La prise d'otage a commencé vers 9 heures ou 9 heures 45, rapporte France 3 Normandie

    10h42: Une prise d'otages est en cours dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen

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  • Attentat de Nice : Cazeneuve porte plainte pour « diffamation » après les accusations d’une policière municipale

    LE MONDE | 24.07.2016 à 13h20 • Mis à jour le 24.07.2016 à 14h45     LIEN

     

    La polémique se poursuit sur le dispositif de sécurité du 14 juillet à Nice. Bernard Cazeneuve va porter plainte dimanche 24 juillet pour « diffamation » après les « graves accusations » d’une policière municipale niçoise. Dans Le Journal du dimanche, Sandra Bertin, la policière municipale chargée de la vidéosurveillance le soir de l’attentat de Nice, affirme avoir subi des pressions du ministère de l’intérieur pour modifier son rapport sur le dispositif policier du 14 juillet.

    « Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’intérieur a envoyé un commissaire au CSU (centre de supervision urbain) qui m’a mise en ligne avec la Place Beauvau. »

    Ce témoignage intervient en pleine polémique entre la municipalité Les Républicains de Christian Estrosi (premier adjoint au maire de la ville et président de la métropole), pleinement informé du dispositif de sécurité le soir de l’attaque, et qui rejette la faute sur le gouvernement, notamment sur la question du nombre de policiers nationaux mobilisés sur le terrain et sur la nature du « barrage » devant la partie piétonne de la Promenade.

    Lire aussi :   A Nice, l’ultra-sécuritaire Estrosi et l’effet boomerang

    • Que dénonce la policière municipale ?

    La responsable du centre de supervision urbain affirme avoir eu affaire, le lendemain de l’attentat de Nice, « à une personne pressée qui m’a demandé un compte rendu signalant des points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité ».

    La policière, qui est cosignataire d’une lettre ouverte à Manuel Valls déplorant le manque de considération de la police municipale par le gouvernement, répliqua qu’elle n’écrirait que ce qu’elle avait vu, et que la police nationale, qui était peut-être là, « ne m’est pas apparue sur les vidéos. » L’émissaire du ministère de l’intérieur aurait alors, selon son témoignage, « demandé d’envoyer par e-mail une version modifiable du rapport, pour ne pas tout retaper. »

    « J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran. A tel point que j’ai dû physiquement renvoyer du CSU l’émissaire du ministère ! »

    La policière, également secrétaire générale du Syndicat autonome de la fonction publique territoriale de Nice, a finalement « envoyé par e-mail une version PDF non modifiable et une autre modifiable. »

    Lire aussi :   Sécurité à Nice : les questions en suspens après l’attentat du 14 juillet

    • Que répondent les autorités ?

    Le procureur de la République de Paris, François Molins, a affirmé dimanche matin que c’est sous sa « seule autorité et pour les besoins de l’enquête en cours que le 15 juillet, deux brigadiers chefs ont été envoyés au CSU de Nice, pour exploiter les vidéos, le but étant de visionner le cheminement du camion ».

    « Ses actes n’ont d’autre but que de parvenir à la manifestation de la vérité dans le cadre d’une enquête judiciaire. »

    « Jusqu’à l’ouverture de l’information judiciaire » jeudi, « l’enquête a été conduite exclusivement par le parquet », a-t-il ajouté. Une information immédiatement après corroborée par le garde des sceaux, Jean-Jacques Urvoas, qui, dans un communiqué, a rappelé que « l’enquête relative aux assassinats terroristes de Nice (...) relève exclusivement de l’autorité judiciaire ».

    Lire aussi :   Dispositif policier à Nice le 14 juillet : Cazeneuve ordonne une enquête administrative

    Le ministère de l’intérieur rappelle, lui aussi, que c’est sous la « seule autorité » du procureur de Paris « que des policiers enquêteurs ont été dépêchés au CSU de Nice ». « Contrairement à ce que Mme Bertin affirme, ce n’est donc en aucun cas “le cabinet du ministre de l’intérieur qui a envoyé un commissaire au CSU” ou qui aurait eu des échanges avec elle », peut-on lire dans un communiqué de la Place Beauvau.

    En réponse à ces « graves accusations », le ministre de l’intérieur va donc porter plainte pour diffamation.

    « Il serait très utile que Mme Sandra Bertin soit auditionnée par les enquêteurs et puisse leur produire les identités et les fonctions des personnes qu’elle met cause, les mails qu’elle évoque et leur contenu. »

    « Les accusations indignes de ce jour s’inscrivent dans la suite des polémiques virulentes que certains élus de Nice ont souhaité entretenir puis alimenter chaque jour depuis le terrible attentat du 14 juillet », ajoute le communiqué du ministère de l’intérieur en soulignant qu’il « contribue activement à cette œuvre de vérité, par la mobilisation des services compétents placés sous l’autorité des magistrats ».

    Lire aussi :   Dispositif policier à Nice : Hollande soutient Cazeneuve et promet « vérité et transparence »

    Evoquant une démarche de « transparence et de vérité », Bernard Cazeneuve avait annoncé jeudi l’ouverture d’une enquête interne, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), dont les conclusions doivent être dévoilées la semaine prochaine.

    « Cette enquête administrative » de la police des polices « permettra d’établir la réalité de ce dispositif, alors que des polémiques inutiles se poursuivent », a déclaré M. Cazeneuve dans un communiqué.



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  • Pas de hausse des droits d’inscription à la fac en 2016

    LE MONDE | 06.07.2016 à 07h38 • Mis à jour le 06.07.2016 à 09h42 | Par Marine Forestier

    LIEN

    La ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, le 15 juin, à l’Assemblée nationale.

    Pour la deuxième année de suite, les droits d’inscription à l’université n’augmenteront pas à la rentrée 2016, annonce la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, à la faveur d’un entretien à paraître ce mercredi dans Le Parisien-Aujourd’hui en France. « Dans le même esprit, nous allons geler le montant de [la] cotisation de Sécurité sociale étudiante et maintenir au même tarif le ticket de restauration universitaire », ajoute la ministre, soulignant que le gouvernement poursuit par ailleurs la construction de 40 000 logements étudiants. Elle rappelle également le lancement, en septembre 2014, de la caution locative étudiante, un dispositif prévoyant que l’Etat se porte garant pour les étudiants, mais qui peine à trouver son public.

    L’ensemble de ces mesures est destiné à améliorer les conditions de vie des étudiants, « condition sine qua non de leur réussite », selon la ministre. A la rentrée 2016, ils seront quelque 25 000 de plus à s’engager dans des études supérieures. Mais si le nombre d’étudiants augmente, le budget, lui, reste stable ; ce qui inquiète les organisations syndicales étudiantes. Najat Vallaud-Belkacem reconnaît de son côté qu’« il y a des filières en tension, en santé (Paces), en sport (Staps), droit et psycho » : « Nous y répondons en menant un gros travail sur l’orientation, avec une meilleure information sur le portail d’admission postbac APB, qui a permis cette année aux jeunes de formuler des vœux plus efficaces. » Dans la foulée des résultats de la première session du baccalauréat 2016, lors de laquelle 79,6 % des candidats ont d’ores et déjà décroché le précieux sésame, elle assure enfin que le ministère aura moins recours au tirage au sort pour affecter les bacheliers. « Nous avons de bons résultats », affirme-t-elle.

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  • Ça va mieux"... enfin ça aurait surtout pu aller nettement mieux : les performances économiques de François Hollande passées au crible de la comparaison internationale

    Après huit années de crise extrêmement dures, François Hollande a déclaré ce jeudi dans les Echos qu'il y avait une reprise en France et que la croissance serait supérieure à 1,6% en 2016. Si la conjoncture française connait une amélioration indéniable, la reprise reste poussive au regard des chutes d'activité passées.

    Clap, clap, clap       LIEN

    Publié le 1 Juillet 2016
    "Ça va mieux"... enfin ça aurait surtout pu aller nettement mieux : les performances économiques de François Hollande passées au crible de la comparaison internationale
     

    Atlantico : Dans une interview accordée aux Echos ce jeudi, François Hollande a déclaré : "Il y a bien une reprise en France et un début d'inversion de la courbe du chômage (...). Notre croissance sera supérieure à 1,6% cette année, ce qui nous permettra de créer au moins 200.000 emplois."  Malgré cette amélioration indéniable, que représente la croissance française par rapport aux performances du reste du monde, à commencer par les Etats-Unis et les autres pays de la zone euro notamment ? Que penser réellement du "ca va mieux" défendu par François Hollande ?

    Mathieu Plane : Il y a une amélioration indéniable de la conjoncture française, le secteur privé crée à nouveau des emplois, l'investissement repart, mais tout cela se produit après huit années de crise extrêmement dures. 1,6% de croissance, c'est certes une reprise, mais c'est une reprise poussive au regard des chutes d'activité passées. Même si 200 000 emplois étaient créés, la diminution du chômage en 2016 serait d'un demi-point (de 10% à 9,5%), dont 1/3 serait dû aux plans de formation des chômeurs de longue durée. Au regard de la crise et notamment du fait que le taux de chômage a augmenté de plus de trois points depuis début 2008, l'amélioration reste modeste. On peut dire que ça va mieux en termes de dynamique mais on ne peut pas dire que ça va bien : le niveau du chômage reste extrêmement élevé avec un chômage de longue durée très fort, l'investissement repart mais on avait beaucoup désinvesti. Par ailleurs, si l'investissement privé est reparti, ce n'est pas le cas de l'investissement public ni de l'investissement dans la construction. Enfin, la crise a entraîné une hausse de la dette publique de 35 points de PIB sans contrepartie à cette dette puisque la France ne s'est pas endettée pour investir ou augmenter les actifs : les actifs n'ont pas augmenté, la dette oui.

    Globalement, la croissance s'accélère dans la zone euro. Les Etats-Unis sont plutôt en haut de cycle (ils commencent à observer le ralentissement) tandis que la France est plutôt en bas de cycle et commence à en sortir. Si on se réfère à début 2011 (début de la mise en place des politiques d'austérité en Europe), 5 ans après, aux Etats-Unis, le PIB a augmenté de 11% alors qu'en zone euro il a augmenté de 2%. En France, il a augmenté de 4%, en Allemagne de 6%, au Royaume Uni de 11%. En Italie, il a baissé de 4%, en Grèce de 13%. Si on se réfère à début 2008, c'est pire.

    Nicolas Goetzmann : François Hollande est en campagne électorale. Dès lors, et afin de "mettre en valeur" ses résultats économiques, il s’agit de trouver le point de comparaison qui lui est pour le plus favorable. Se comparer avec la zone euro n’aurait pas de sens puisque selon les chiffres INSEE, la croissance nominale (c’est-à-dire la "demande", qui est la somme de la croissance et de l’inflation) française a été de 3.82% entre le 2e trimestre 2012 et le 1er trimestre 2016, alors qu’elle a été de 7.85% dans la zone euro selon les données de la BCE, soit un rapport de 1 à 2. Concernant le taux de chômage, l’écart en faveur de la France atteignait 1.7 point, il n’est plus que de 0.3 point aujourd’hui. Depuis que François Hollande est Président, le chômage de la zone euro a baissé alors qu’il a augmenté en France. Il n’est donc pas utile, pour le chef de l’Etat, de trop s’aventurer sur une comparaison avec ses pairs européens, pourtant soumis au même contexte, aux mêmes règles, et à la même politique économique. Une comparaison avec les Etats-Unis ou le Royaume-Uni serait encore pire, puisque ces deux pays sont aujourd’hui proches du plein emploi. 

    En bout de ligne, ce qu’il reste à François Hollande, c’est de se comparer ses résultats précédents, c’est-à-dire les années 2013 et 2014 qui ont été catastrophiques sur le plan de la croissance et du chômage. Et là, miraculeusement, il est vrai que "ça va mieux". Cela reste totalement insuffisant, mais le chômage a au moins arrêté de progresser, et amorce même un repli. Avec pas mal de retard par rapport aux autres pays.

    Quel est le potentiel de croissance de la France ? A quoi l'écart entre croissance potentielle et croissance réelle est-il dû ? Peut-on estimer la "croissance perdue" de la France depuis la survenue de la crise ?

    Mathieu Plane : Le potentiel est une référence très importante pour les économistes, il permet de mesurer la capacité de production d'une économie à long terme et son régime de croissance. Si on regarde le PIB/tête début 2016, on constate que l'on vient juste de retrouver le niveau d'avant crise. Cela signifie qu'il nous a fallu huit ans pour retrouver un niveau de PIB/tête équivalent.

    Si on regarde la tendance avant la crise, elle était à peu près de 1,1%/an en PIB/tête (ce qui équivaut à 1,8% en PIB). Le manque à gagner, c'est l'équivalent de la différence entre la réalité et la tendance que l'on doit projeter, c’est-à-dire 7% de retard. Une hypothèse extrême consiste à penser que la crise n'aurait pas eu d'effets sur le potentiel de croissance. Une autre hypothèse extrême consiste à penser que toute la crise aurait affecté le potentiel de croissance. La vérité est surement entre les deux. Aujourd'hui, ce qu'on appelle l'écart de production (output gap), c’est-à-dire le manque à gagner par rapport à notre potentiel (le PIB actuel par rapport à ce qu'il pourrait être), est de l'ordre de 3-3,5 points de PIB.

    La crise a aussi eu un effet sur le potentiel de croissance que l'OFCE estime à 1,3% en PIB. La crise n'est pas complètement structurelle (ça n'a pas été intégralement répercuté sur le potentiel) mais elle a eu un effet sur le taux de croissance du potentiel du fait d'un phénomène de désinvestissement qui a joué sur les capacités de production et donc sur le potentiel futur (la baisse de l'investissement a détruit du capital), du phénomène de chômage, et notamment du chômage de longue durée avec l'effet d'hystérèse qui entraîne une déqualification du capital humain. Tout cela a un impact sur la qualification, à la fois sur le capital physique et sur le capital humain. Et donc sur le potentiel de long terme.

    Les politiques budgétaires qui visaient à rétablir rapidement les comptes publics au travers de l'austérité n'ont pas que des conséquences de court terme (au travers de la récession) mais aussi des conséquences de long terme au travers de la destruction du capital physique (via le désinvestissement) et au travers d'un chômage de longue durée et de son effet sur la destruction du capital humain.

     

    Nicolas Goetzmann : Si l’on veut véritablement regarder les choses en face, il s’agit de faire abstraction de la crise de 2008. Entre 1997 et 2008, la croissance nominale française progressait avec une précision de métronome autour de 4% par an. Puis, avec la crise, ce rythme a chuté de 70% pour atteindre une moyenne de 1.29% entre 2009 et 2015. Ce qui signifie que le pays était capable d’absorber une telle croissance de 4%, sans pour autant connaître de situation de surchauffe. En faisant une projection du rythme pré-crise sur les années 2008-2016, on observe que le "manque à gagner", en termes de demande, atteint 452 milliards d’euros, soit 21% de notre PIB actuel. 

    De la même façon, et en suivant la même logique avec les chiffres de la croissance réelle, l’écart est de 16.50%. Entre 1997 et 2007, cette croissance réelle a atteint la moyenne de 2.4%, pour finir avec une moyenne de 0.54% entre 2009 et 2015, soit une chute de plus de 75%. 

    Le drame ici est que le temps passé dans une situation de "sous-croissance" a tendance à détruire le potentiel du pays. Plus le pays reste à un niveau sous optimal, plus le potentiel se réduit. Les politiques menées ne sont donc pas simplement mauvaises pour une année déterminée, elles vont également peser sur l’avenir du pays, c’est une double peine qui explique en partie la difficulté actuelle du pays à rebondir. 

    Mathieu Plane : Il y a eu des politiques de relance post-crise en 2008-2009 : les Etats-Unis et la zone euro ont connu une crise à peu près similaire à ce moment-là et leurs économies s'étaient redressées sous l'impulsion de politiques monétaires et budgétaires. Ce n'est qu'à partir de début 2011 que la zone euro et les Etats-Unis prennent des trajectoires différentes. C'est à moment-là que l'Europe fait le choix de politiques budgétaires d'austérité extrêmement violentes alors que les Etat-Unis ont eu dès le début des politiques monétaires extrêmement souples et des politiques budgétaires qui étaient beaucoup moins restrictives au départ.

     

    Début 2011, alors que la croissance repartait, l'investissement repartait, l'emploi repartait, le chômage baissait, la zone euro connait un double deep et c'est à ce moment-là que l'écart avec les Etats-Unis (ou le Royaume-Uni) se creuse. Les choix de politique économique ont été désastreux : je ne crois pas qu'il fallait entretenir une relance permanente, mais il fallait mettre en place des politiques monétaires plus souples dès le début (la zone euro a fait ce qu'ont fait les Etats-Unis mais avec beaucoup de retard), et sur la politique budgétaire, il aurait fallu faire une consolidation budgétaire raisonnable. A l'inverse, l'Europe est rentrée dans une spirale d'austérité par les règles budgétaires : il y a eu un sur-calibrage des politiques d'austérité qui ont entraîné des récessions importantes dans beaucoup de pays avec pour conséquence une réduction des déficits beaucoup moins rapide que prévue (puisqu'il y avait moins de recettes fiscales et sociales et plus de chômage). Face à cela, il a été choisi de faire plus d'austérité (au lieu d'en faire moins) pour atteindre les objectifs de déficit.

    L'énorme gâchis a été le fait qu'au début de son quinquennat, François Hollande n'a pas réussi à réformer les traités. Il y avait pourtant un moment décisif pour dire que certes il fallait redresser les comptes publics mais pas au détriment de la croissance, de l'investissement et que donc il fallait manœuvrer sur des règles budgétaires plus intelligentes. Il y avait d'autres moyens d'arriver aux mêmes résultats en termes de déficit et de dette mais sans avoir un tel gâchis social.

    Il est impossible d'estimer le taux de chômage que connaîtrait France si de telles réformes et politiques avaient été menées. On peut en revanche estimer la perte de croissance depuis 2011. Elle est d'une part liée aux chocs budgétaires en France (notre propre politique budgétaire de consolidation). D'autre part, elle est liée au fait que les partenaires commerciaux de la France -étant essentiellement dans la zone euro- ont pratiqué la même politique, il y a donc eu un effet de retour des politiques d'austérité de nos voisins chez nous par le canal du commerce extérieur. Si on prend ces deux éléments, on voit que cela a amputé la croissance de 5 points de PIB depuis 2011, ce qui est conséquent. Autrement dit, si on avait fait des politiques budgétaires neutres, on aurait 5 points de PIB supplémentaires aujourd'hui. Par ailleurs, pour avoir une consolidation budgétaire plus light, il aurait fallu des institutions qui protègent et que la banque centrale protège et garantisse les dettes, c’est-à-dire qu'elle fasse rempart contre le risque de dégradation des notes de qualité des dettes et contre les risques d'attaques des marchés financiers sur certains pays. La surenchère d'austérité était liée au fait qu'on était exposé aux marchés financiers. Cette exposition a créé une peur de perte de souveraineté et la solution trouvée a été de faire de la consolidation extrêmement violente. La réforme des traités devait prendre en compte ces deux dimensions : d'une part, instaurer des règles budgétaires qui permettaient une consolidation budgétaire plus "soft", d'autre part, permettre que les institutions, notamment au travers de la politique monétaire, garantissent la possibilité de le faire.

    Nicolas Goetzmann : Les Etats Unis, le Japon, le Royaume Uni sont tous parvenus à retrouver un niveau de plein emploi, il n’est donc pas question de parler de fatalité, mais bien d’erreurs de politique économique. En 2008, la France affichait son plus bas taux de chômage depuis 1983, soit 6.8% en France métropolitaine selon les chiffres de l’INSEE. Entre 2006 et 2008, ce taux avait baissé de 2 points, signe que faire baisser le chômage est une possibilité. Le problème, en 2016, est que le nombre de chômeurs de longue durée a explosé, et que ces personnes perdent de leur "employabilité" au fil du temps. Un chômage conjoncturel mute peu à peu en chômage structurel, ce qui correspond, en partie, à la perte de potentiel économique du pays. Voilà pourquoi subir une crise est une chose, cela peut arriver, l’inconnu existe, mais l’absence de réaction des autorités en est une autre. Les Etats-Unis en ont été capables, la Chine, le Japon, le Royaume-Uni, tous sont parvenus, avec un temps plus ou moins décalé, à agir comme il se devait, c’est-à-dire en appuyant largement sur l’arme monétaire. L’Europe est restée en retrait, sûre d’elle-même. Elle doit aujourd’hui faire face à ses résultats. François Hollande ne semble jamais l’avoir compris, aucun mot, aucun discours, ne laisse penser que cette situation ait pu être prise en compte. François Hollande a  été contre-productif dans sa politique nationale en menant une politique d’austérité par la voie de la hausse d’impôts, puis une politique de compétitivité totalement décalée par rapport aux enjeux. Et en ce qui concerne le volet européen, c’est plutôt l’absence de François Hollande qui peut être soulignée. 

     

    Mathieu Plane : Le problème est avant tout un problème de gouvernance européenne. L'Europe n'a pas vraiment tiré les leçons de la crise. Pourtant, nous sommes nombreux à avoir tiré un enseignement de ce qui s'est produit en Europe. FMI, OCDE, OFCE, tous nous montrons l'importance de la question des multiplicateurs budgétaires, c’est-à-dire que l'austérité ne produit pas les mêmes effets selon les situations des économies : quand le chômage est élevé, que l'économie est en crise, que l'on a peu de possibilités de dévaluer les monnaies, quand les  partenaires commerciaux ne sont pas des soupapes de croissance parce qu'ils sont eux aussi en récession, alors l'austérité a un impact très négatif.

    Autant l'enclenchement de la crise des subprimes est très complexe (ce qui explique qu'elle a été difficile à anticiper), autant la crise de l'Europe à partir de 2011 (le double deep et tout ce qui s'est produit) était en termes de croissance beaucoup plus anticipable.

    Il commence à y avoir un consensus très partagé dans le monde académique sur la question de la régulation macroéconomique qui reste pour le moment un échec puisque cela n'a pas donné lieu à des traductions politiques. La faute continue d'être renvoyée au niveau individuel, aux pays (problèmes infra-structurels, problèmes du marché du travail) sans aucune vision macroéconomique. Le micro est toujours séparé du macro et on ne voit pas que les crises sont très imbriquées. Tant qu'on n'aura pas une politique de la zone euro tournée sur la régulation macroéconomique -comme ce que font les autres zones du monde-, on aura ce problème-là et on renverra la balle sur les pays et sur les problèmes de réforme structurelle. Toutes ces réformes structurelles sont faisables s'il y a une régulation macroéconomique. Les pays anglo-saxons, notamment les Etats-Unis, ont un marché du travail très flexible mais avec beaucoup de régulation macroéconomique, dans la zone euro et en France, on se dirige vers plus de flexibilité sans régulation macroéconomique, ce qui est un véritable problème. 

    Nicolas Goetzmann : Pour que la zone euro et la France repartent sur un rythme acceptable, il sera nécessaire de donner un mandat bien plus agressif à la Banque centrale européenne, en y incluant la recherche du plein emploi, comme cela est fait aux Etats Unis. Déjà, avec une telle mesure, 75% du chemin sera fait. Si une telle solution paraît simple dans l’idée, sa mise en place politique est une autre histoire. Car il s’agit de convaincre l’Allemagne, et l’ensemble des pays du nord des bienfaits d’une telle refonte. Or, pour l’Allemagne notamment, qui est actuellement en situation de plein emploi, toute hausse importante du niveau d’activité aurait pour conséquence une accélération de la progression des salaires, ce qui provoquerait une perte de compétitivité du pays. De la même façon, si l’économie européenne allait mieux, l’Allemagne deviendrait moins attrayante pour les jeunes européens. Or, le pays recherche désespérément de jeunes éduqués pour pallier son déclin démographique. Mais la raison la plus claire d’une opposition allemande à une telle réforme repose sur la peur panique que représente un léger surcroît d’inflation dans un pays ayant une structure d’âge très avancée.

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  • Les bons calculs de Hollande pour concilier cap politique et budgétaire en 2017

      Par , publié le 30/06/2016 à 17:50 , mis à jour à 18:23

      A l'aube de 2017, François Hollande a complètement transformé le troisième volet du pacte de responsabilité.

      A l'aube de 2017, François Hollande a complètement transformé le troisième volet du pacte de responsabilité.

      afp.com/GUILLAUME SOUVANT

       

      Le président de la République a annoncé ce jeudi comme un léger changement de programme: une redéfinition du troisième volet du Pacte de responsabilité. Un choix loin d'être anodin, qui lui permet de réaffirmer sa politique économique tout en décalant d'un an ses effets budgétaires. Explications.

      Changement de programme. Dans une interview fleuve, aux accents de candidat, accordée ce jeudi matin au quotidien Les Echos, François Hollande a annoncé que la troisième et dernière étape de son pacte de responsabilité ne respecterait finalement pas la feuille de route initiale. "J'ai décidé, avec le Premier ministre, de consacrer les 5 milliards d'euros restants au relèvement du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (...) et à la baisse de l'impôt sur les sociétés des PME". 

      Pour justifier cette décision, François Hollande explique vouloir "muscler les créations d'emplois générées par la reprise". Reste qu'au-delà de ces enjeux, qui seront déterminants pour 2017, ce choix lui permet aussi de ne pas trop plomber les caisses de l'Etat, alors que l'exécutif s'est engagé à passer sous la barre des 3% de déficit l'année prochaine, à 2,7% très exactement. 

      Des gages pour Bruxelles et les frondeurs

      La décision de François Hollande va servir les engagements formulés auprès de Bruxelles. Le relèvement du Crédit d'impôt compétitivité emploi ne pèsera pas sur le budget de l'Etat en 2017, puisque les entreprises ne percevront ces nouvelles créances qu'en 2018. Alors que la Cour des comptes s'inquiète de la capacité du pays à tenir ses prévisions pour les deux années à venir, François Hollande se donne un peu d'air. 

      LIRE AUSSI >> Pourquoi la cigale française n'est pas près de se changer en fourmi 

      Outre Bruxelles, la décision peut également avoir le mérite de braquer (un peu) moins les frondeurs. S'ils restent largement opposés à la politique de l'offre assumée par François Hollande depuis 2014, ils auraient vivement contesté toute baisse générale de l'impôt sur les sociétés, notamment parce que les bénéficiaires n'auraient pas été ciblés.  

      Aujourd'hui classé parmi ces opposants du PS, le député Pierre-Alain Muet appelait en mars dernier dans L'Express à une redéfinition du troisième volet du Pacte. "Plutôt que de poursuivre dans la réduction de la C3S, qui ne sert à rien sauf à donner des gages, il est urgent de soutenir les investissements des collectivités locales." Il n'a été entendu que sur la première partie. 

      Les patrons déçus

      A travers cette annonce, le président de la République renonce à baisser le taux plein de l'impôt sur les sociétés. Seules le taux réduit, aujourd'hui fixé à 15%, devrait faire l'objet d'un léger coup de pouce. Ce à quoi il faudra encore ajouter un nouveau soutien aux artisans pour éviter qu'ils ne soient lésés. Dans un communiqué de presse, la CGPME, qui représente les petits patrons, salue ainsi de "bonnes nouvelles". Mais l'organisation regrette tout de même leur caractère ponctuel, "alors que notre pays mériterait des réformes structurelles". 

      Pour autant, c'est le Medef qui reste le plus mécontent ce jeudi. "Où est la volonté de réforme? s'interroge Thibault Lanxade, le vice-président du syndicat patronal. C'est un dispositif conçu pour les TPE-PME, mais ce n'est pas ce que nous souhaitions. Il fallait pérenniser le dispositif en une réelle baisse de charge". 

      Des mesures pas clairement chiffrées

      Tous deux contactés, le cabinet de Michel Sapin et celui de Christian Eckert n'ont pas été en mesure de nous indiquer comment sera réparti l'effort entre la hausse du CICE, la baisse de l'IS pour les PME et le geste qui sera accordé aux artisans. Le coût pour l'Etat risque-t-il de dépasser les 5 milliards d'euros initialement prévus? A Bercy, on se contente aujourd'hui de se ranger derrière la parole du président de la République, qui "a mentionné 5 milliards d'euros". Mais ni le ministère des Finances, ni le secrétariat d'Etat au Budget n'ont été en mesure de nous communiquer le coût de la seule augmentation du taux du crédit d'impôt de 6 à 7%. 

      Reste en outre à savoir quelle sera l'efficacité d'un relèvement d'un petit point. L'effet réel du CICE sur les créations d'emplois fait débat depuis sa création. Dans sa dernière note de conjoncture, l'Insee faisait tout de même de la baisse du coût du travail, au même titre que la baisse des prix du pétrole, l'un des facteurs de reprise de l'investissement des entreprises, redevenu en 2016 un pilier solide de la croissance française. 

      Il reste très difficile d'évaluer la part effectivement consacrée aux embauches. En décembre 2015, l'OFCE assurait par exemple que le CICE a jusqu'à présent été davantage utilisé pour augmenter les salaires que pour embaucher. A Bercy, on s'étonnait alors de ces résultats. Ces doutes sont visiblement levés. 

      LIRE AUSSI >> Le CICE reversé en primes, scénario noir de la politique de François Hollande 

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    • Loi travail : Manuel Valls s’échine à isoler

      la CGT

      LE MONDE | 30.06.2016 à 12h17 • Mis à jour le 30.06.2016 à 14h55 | Par Michel Noblecourt

      LIEN

      Manuel Valls a-t-il réussi à ébranler le front des sept organisations – CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, FIDL, UNL – qui demandent le retrait de la loi travail ? C’était à l’évidence son objectif en recevant, mercredi 29 juin, avec Myriam El Khomri, les confédérations représentatives. Solidaires, non représentative et donc non reçue, a accusé le premier ministre de jouer « la division » syndicale. A l’issue de ces entretiens, qualifiés au ministère du travail de « studieux et constructifs », les lignes ne semblent pas bouger. « Il n’y a pas de sortie par le haut, a affirmé Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO. Ce n’est pas la fin du mouvement ». « La mobilisation pèse et a obligé [le gouvernement] à lâcher du lest, a déclaré Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT au Parisien du 30 juin. Ce qui est pris n’est plus à prendre. Manuel Valls recule petit à petit. Mais nous sommes encore très loin du compte ». « Face à un tel mur, ajoute-t-il, ça va se jouer dans la rue ».

      Si le gouvernement n’a pas bougé d’un iota sur l’article 2, qui consacre aux yeux des opposants l’inversion de la hiérarchie des normes en donnant la primauté aux accords d’entreprise sur le temps de travail, les concessions, annoncées par Mme El Khomri au Monde, sur le rôle des branches ont été plutôt bien accueillies. Sur six thèmes – « les salaires, les classifications, la formation professionnelle, la prévoyance, l’égalité professionnelle et la pénibilité » –, la branche « sera confirmée comme le niveau de négociation », a souligné M. Mailly qui a jugé que c’était un « point positif » tout en réclamant d’y rajouter l’emploi.

      « Projet injuste et illégal »

      Le secrétaire général de FO a expliqué au Monde qu’il avait mis « deux conditions » pour une sortie par le haut : le renforcement du rôle des branches et la modification de l’article 2 afin que les heures supplémentaires, le travail de nuit et le temps partiel ne relèvent plus des entreprises. Il n’a pas obtenu satisfaction sur sa deuxième condition. « L’article 2 est devenu un totem, note-t-il. Le premier ministre est complètement figé là-dessus au point que je lui ai demandé s’il était favorable à la baisse du pouvoir d’achat des salariés. Il n’a pas répondu ».

      Lors de l’entretien, M. Valls a fait allusion au qualificatif de « pyromane » dont le secrétaire général de FO l’avait affublé quand il avait envisagé d’interdire les manifestations. « Tu l’as bien cherché ! », lui a rétorqué M. Mailly. Ce dernier a cependant reconnu « une avancée » : « Quand j’engrange quelque chose je le dis, commente-t-il, mais il reste un gros point noir ». La tonalité était différente à l’issue de l’entretien avec la CGT, qui s’est déroulé selon une source gouvernementale dans « un climat sérieux de travail sans tensions particulières ». M. Martinez a confirmé son « profond désaccord », parlant de « petites avancées ». D’emblée, le secrétaire général de la CGT a lu une déclaration soulignant que le projet El Khomri est « hors la loi internationale » devant l’Organisation internationale du travail et les Nations unies. « Un projet injuste et illégal », a-t-il asséné.

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      La CGT a présenté un document avec des propositions pour « instaurer l’accord majoritaire à tous les niveaux de la négociation ». Elle a mis l’accent sur les accords de groupe qui « doivent respecter le principe de faveur » et la lutte contre les discriminations syndicales. L’ouverture d’une négociation pour définir avant le 31 décembre un « ordre public conventionnel » dans les branches et la saisine du Haut conseil du dialogue social sur la refonte du code du travail ont été jugées, comme le renforcement du rôle des branches, « intéressantes » mais « insuffisantes ». M. Martinez et M. Mailly, qui se sont rencontrés mercredi au siège de FO, assurent qu’ils ne sont pas « en désaccord ». « Nous n’avons aucune différence d’appréciation », affirme le dirigeant de la CGT. Mais si elles prétendent jouer la même musique elles n’ont plus la même partition.

      Intensifier le lobbying

      Mercredi, M. Mailly a ainsi indiqué par rapport à la journée d’action annoncée le 5 juillet que FO « n’est pas dans la logique, pour le moment, de poursuivre des manifestations ». Les sept organisations devaient en discuter jeudi. L’idée est d’intensifier le lobbying auprès des parlementaires alors que la CGT et FO s’attendent à ce que le gouvernement recoure de nouveau à l’article 49.3. La CGT envisage de « nombreuses initiatives » durant l’été, notamment autour du Tour de France. Et FO réfléchit à des opérations visant à instaurer pour les vacanciers des « péages gratuits »…

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      Mercredi, ce sont les centrales favorables à la loi travail qui ont ouvert le bal à Matignon. Reçu en premier, Philippe Louis, le président de la CFTC, s’est dit « satisfait » sur la « clarification du rôle de la branche qui déterminera, hors du temps de travail, les domaines où les entreprises ne pourront pas déroger ». Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, s’est félicité du fait que « l’article 2 n’est pas touché ». « Rien ne change fondamentalement », a-t-il confié au Monde. Il a indiqué que le gouvernement a repris une proposition de la CFDT sur l’article 13 afin que « chaque branche puisse négocier sur un ordre public conventionnel, hors temps de travail ». « C’est un enrichissement utile », a-t-il souligné.

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