• Guerre contre Daech : l'armée irakienne est entrée dans Mossoul

     

    Guerre contre Daech : l'armée irakienne

    est entrée dans Mossoul

    Guerre contre Daech : l'armée irakienne est entrée dans MossoulLes forces du service de contre-terrorisme irakien (CTS) dans la périphérie est de Mossoul, le 31 octobre 2016. (BULENT KILIC/AFP)

    Les forces irakiennes ont effectué une percée décisive ce mardi et ont mis le pied à l'intérieur de la seconde ville du pays, aux mains de l'Etat islamique depuis deux ans.

    L'armée irakienne a annoncé ce mardi 1er novembre l'entrée de ses forces à Mossoul, pour la première fois depuis la prise de cette ville par le groupe djihadiste Etat islamique en juin 2014. Les forces armées ont pénétré dans des secteurs "sur la rive gauche de la ville de Mossoul", a déclaré le centre de commandement conjoint des opérations chargé de l'offensive pour reprendre Mossoul, dernier bastion de Daech dans le pays.

    Deux semaines après le début de l'offensive, le 17 octobre, les forces d'élite ont pénétré dans l'est de la ville, prenant position dans le quartier de Judaidat Al-Mufti, selon le centre de commandement de l'armée. Quelques heures plus tôt, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi avait affiché son optimisme à la télévision publique :

    "Nous allons refermer notre étau sur l'EI de tous les côtés. [...] Ils n'ont pas d'échappatoire, ils peuvent soit mourir, soit se rendre". 

    Les forces irakiennes avaient déjà repris plus tôt dans la journée un village juxtaposé aux quartiers est de la cité, ainsi que le bâtiment d'une télévision, ont indiqué des commandants militaires.

    "Nous avons fini de nettoyer [le village de] Gogjali [voir carte ci-dessous, NDLR] et pris le contrôle du bâtiment de la chaîne de télévision de Mossoul", déclarait alors à l'AFP le général Abdelwahab al-Saadi, commandant des forces d'élite du contre-terrorisme.

     

    Les experts s'attendent à ce que les combattants de Daech, qui seraient entre 3.000 à 5.000 dans la ville selon des estimations américaines, défendent jusqu'au bout leur fief, où leur chef Abou Bakr al-Baghdadi avait proclamé un "califat" sur les territoires conquis en Irak et en Syrie en 2014. A l'est et au nord de la ville, les combattants kurdes ont eux consolidé leurs positions dans les villages récemment repris à l'EI.

    Les forces irakiennes sont désormais face à une alternative : soit attendre le renfort d'autres unités avant de mener une attaque concertée pour avancer vers le centre-ville ; soit avancer seules dans les quartiers orientaux, en partie désertés par les djihadistes qui se sont repliés à l'ouest du Tigre, où leurs positions sont plus solides.

    Les forces irakiennes devraient également tenter d'ouvrir des couloirs humanitaires pour que les civils puissent fuir la ville, peuplée d'environ 1,5 million d'habitants. Près de 18.000 personnes ont déjà fui leur foyer, selon l'OIM (Organisation internationale des migrations).

    La Turquie accélère

    Parallèlement à cette percée irakienne, un convoi militaire turc d'une trentaine de véhicules transportant notamment des chars et des pièces d'artillerie s'est mis en route ce mardi vers une zone proche de la frontière avec l'Irak, comme l'ont indiqué des responsables militaires à l'AFP.

    Le convoi a quitté Ankara en début d'après-midi pour prendre la direction de Silopi, ville-frontière à 150 km au nord-est de Mossoul. Confirmant à l'agence Anadolu qu'un déploiement était en cours, le ministre turc de la Défense a expliqué ce mouvement de troupes par des "développements régionaux importants", en référence à l'offensive irakienne et les opérations contre les rebelles kurdes dans le sud-est de la Turquie.

    "La Turquie doit être prête à faire face à toute situation et (ce déploiement) fait partie de ces préparatifs", affirme Firki Isik. 

    Turkish army deploys tanks from Ankara and Cankiri to southeastern Silopi district near Iraqi borderhttp://uk.reuters.com/article/uk-mideast-crisis-iraq-turkey-idUKKBN12W432?il=0 

    La Turquie souhaite être associée à l'offensive contre la ville de Mossoul, car elle dit redouter des affrontements confessionnels dans la ville de Tal Afar, à l'ouest de Mossoul, que des milices chiites soutenues par l'Iran (le Hachd al-Chaabi) tentent d'enlever aux djihadistes. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu samedi ces milices chiites que des mesures seraient prises si elles "sèment la terreur" à Tal Afar, où vit une importante communauté turkmène.

    Des centaines de soldats turcs sont déjà stationnés sur une base à Bachiqa, dans le nord de l'Irak. Officiellement, ils sont envoyés pour entraîner des volontaires sunnites en vue d'une reconquête de Mossoul ; mais de leur côté, les autorités irakiennes dénoncent une "force d'occupation".

    T.V.

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