• Inondations : le niveau de la Seine descend à Paris, la crue se déplace vers l’Ouest

    Inondations : le niveau de la Seine descend à Paris, la crue se déplace vers l’Ouest

    Le Monde.fr avec AFP | 04.06.2016 à 05h16 • Mis à jour le 04.06.2016 à 19h00   LIEN

     
    Près de la place du Châtelet. A Paris et en Ile-de-France, le niveau de la Seine suscite des inquiétudes. Dans la capitale, où le niveau de vigilance jaune a été activé, la montée des eaux est rapide.
     
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    Près de la place du Châtelet. A Paris et en Ile-de-France, le niveau de la Seine suscite des inquiétudes. Dans la capitale, où le niveau de vigilance jaune a été activé, la montée des eaux est rapide.

    Denis Allard / REA pour "Le Monde"

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    Les inondations en région parisienne ont fait quatre morts et vingt-quatre blessés, a annoncé, samedi 4 juin, le premier ministre, Manuel Valls. Après huit jours de hausse continue à Paris, la Seine commençait à redescendre légèrement dans la capitale, passant sous la barre des 6 mètres après avoir atteint son plus haut niveau depuis trente ans. La crue se déplace toutefois en aval, vers la Seine-Maritime et l’Eure.

    Lire aussi :   Pourquoi la crue de la Seine a-t-elle été sous-estimée ?

    • Quatre morts dans les inondations

    « Nous avons quatre décès à déplorer et vingt-quatre blessés à ce stade, a déclaré le premier ministre à l’issue d’une visite à la cellule de crise au ministère de l’intérieur. Nous pensons aux familles concernées. »

    Un garçon de trois ans ans a trouvé la mort dimanche à Saint-Martin-d’Ordon, près de Sens (Yonne), dans le sous-sol inondé du pavillon familial. Mercredi soir, le corps sans vie d’une femme de 86 ans a été découvert flottant dans son pavillon inondé à Souppes-sur-Loing, en Seine-et-Marne. Une autopsie a été réalisée vendredi mais, selon le parquet de Fontainebleau, le médecin légiste n’était « pas en mesure de donner les causes du décès, et il n’y a pas confirmation de noyade ».

    Jeudi, un cavalier de 74 ans a été « emporté par les eaux » de l’Yerres à Évry-Grégy-sur-Yerres, dans le même département. Vendredi, une femme d’une soixantaine d’années avait été retrouvée morte, apparemment par noyade, dans un jardin de Montargis (Loiret), situé en bordure de la rivière Vernisson.

    • Un « maximum » de 6,10 m à Paris

    La crue de la Seine a baissé à Paris sous les 6 mètres, revenant à 5,99 m vers 17 heures, selon Vigicrues. Depuis le pic de 6,10 mètres atteint cette nuit à 2 heures, une lente décrue s’est amorcée, d’un à deux centimètre par heure environ. Il s’agit d’une crue très inférieure à celle, historique, de 1910 (8,62 m), mais comparable à celle de 1982 (6,18 m).

    « Le maximum est passé, mais il peut y avoir encore quelques remontées, compte tenu des nombreux cours d’eaux qui affluent », a souligné samedi Bruno Janet, chef du pôle de modélisation de Vigicrues. « Lorsque la décrue sera bien amorcée, le rythme de descente sera plus régulier, puis cela va s’accélérer. En 1910, il avait fallu un mois pour revenir à la normale, mais là ce sera beaucoup plus rapide, entre 5 et 15 jours », a-t-il estimé.

    • Crue de la Seine attendue à l’Ouest

    Les difficultés risquent désormais de se concentrer sur l’aval, indique Vigicrues :

    « Sur l’amont de l’ensemble des cours d’eau ayant fortement réagi, les décrues sont amorcées. Par propagation, les secteurs à l’aval sont progressivement touchés par les débordements. »

    Les crues, qui concernaient jusqu’ici principalement l’Ile-de-France et la région Centre-Val de Loire, devraient donc toucher la Normandie. Vigicrues prévoit ainsi des débordements localisés entre Rouen et l’estuaire de la Seine, un phénomène qui devrait être amplifié par les forts coefficients de marée attendus pour ce week-end.

    La ministre de l’environnement Ségolène Royal a également appelé à rester vigilant dans l’Ouest, mais aussi dans l’Est, et a souhaité le passage à la vigilance rouge dans la zone de Rouen. Seize départements sont actuellement en vigilance orange pour crues ou orages.

     
     
     
     
     
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    Ségolène Royal @RoyalSegolene

    Point quotidien au ministère de l'Environnement sur la situation des . Nouveau point dimanche à 16h

    Les pouvoirs publics mèneront « d’ici la fin du mois » un nouvel exercice de simulation d’une crue majeure, après celui de mars, a-t-elle également annoncé samedi.

    • Pannes d’électricité et évacuations

    Depuis le début des inondations, 20 000 personnes ont été évacuées, « dont 17 500 en Ile-de-France », selon Manuel Valls. Dans la région Centre, 850 personnes ont été évacuées à Villandry, La Chapelle-aux-Naux et Vallères, situées le long du Cher, en raison d’un risque de brèche sur une digue voisine. En Meurthe-et-Moselle, 100 personnes ont dû être évacuées et relogées vendredi soir à la suite de violents orages qui ont occasionné une montée rapide des eaux.

    17 130 foyers restaient privés de courant samedi midi dans le Loiret, le Loir-et-Cher et l’Ile-de-France en raison des inondations, a indiqué le gestionnaire du réseau français de distribution d’électricité Enedis (ex-ERDF). Dans le détail, en Ile-de-France, 8 300 foyers étaient touchées dans l’Essonne, 5 100 en Seine-et-Marne, 960 dans le Val de Marne et 670 dans les Yvelines. Dans le Loiret, 650 foyers restaient privés d’électivité, 1 100 étaient touchés dans le Loir-et-Cher, et enfin, 350 dans le Cher.

    Lire aussi :   Comment les sinistrés seront-ils indemnisés ?

    • Près de 500 blessés évacués

    Les établissements hospitaliers et médico-sociaux n’ont pas été épargnés par les intempéries, avec des personnes « évacuées, des services fermés et des opérations reportées, en raison du risque d’inondation ou de rupture d’ouvrage » dans les régions Centre-Val-de-Loire et Ile-de-France, a annoncé samedi le ministère de la santé.

    Près de 500 patients ont dû être évacués d’une dizaine d’hôpitaux, ainsi que plus de 800 résidents d’établissements médico-sociaux. La « situation est sous contrôle » dans ces deux régions, a déclaré la ministre.

    Le trafic des trains en Ile-de-France était toujours « critique » samedi matin, selon la SNCF. La moitié des lignes de Transilien étaient touchées de façon très importante en raison de glissements de terrain et de coulées de boue sur les voies. Trois lignes de trains étaient coupées samedi en raison d’innondations : la ligne D entre Melun et Corbeil, la ligne R entre Moret et Montargis via Nemours et enfin la ligne C dans Paris intra-muros entre Austerlitz et Javel. En revanche, le trafic a repris samedi sur la ligne P entre Tournan et Coulommiers et vendredi sur la ligne N, suite à la menace d’un effondrement d’un mur à Meudon contenu par la SNCF.

    « Sur la trentaine de sites qui ont été impactés en Ile-de-France, il y en a une dizaine pour lesquels les travaux sont terminés et il reste une vingtaine de sites sur lesquels les équipes de SNCF Réseau sont mobilisés, pour des travaux de déblaiements, de confortements de remblais, de remise en état de la signalisation et des travaux de nettoyage dans les gares », a détaillé le président de la SNCF Guillaume Pepy, citant l’exemple de la gare des Invalides à Paris « où l’eau s’est maintenant à peu près retirée, mais la gare est dans un sale état ». Selon M. Pépy, un retour à « un trafic normal n’est pas attendu avant la deuxième partie de la semaine prochaine ».

    Interview :   « 140 km de tunnels peuvent potentiellement être sous l’eau », selon la RATP

    • Musées fermés

    Après les musées du Louvre et d’Orsay fermés depuis jeudi soir pour évacuer certaines œuvres, le Grand Palais a aussi fermé ses portes vendredi, ainsi que deux sites de la Bibliothèque nationale de France.

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    Lire aussi :   Les lieux culturels tentent de se protéger des eaux

    A Paris, vingt parcs et jardins sont fermés, soit parce qu’ils sont complètement inondés, soit parce que des arbres, fragilisés par les eaux, menacent de tomber.

    • Solution d’accueil pour les SDF

    La Ville de Paris a annoncé l’ouverture de deux gymnases « pour mettre à l’abri les personnes sans domicile fixe ». Par ailleurs, « aucune évacuation n’est prévue » dans la capitale, « de même qu’aucune coupure de gaz et d’électricité, même à titre préventif », a affirmé Colombe Brossel, adjointe à la sécurité de la mairie.

    • « Etat de catastrophe naturelle »

    Face aux importants dégâts matériels, « l’état de catastrophe naturelle sera reconnu » mercredi, a promis le chef de l’Etat. Les dommages devraient s’élever à au moins 600 millions d’euros, selon le président de l’Association française de l’assurance.

    Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a évoqué des « conséquences catastrophiques » sur le réseau ferroviaire du pays, particulièrement en Ile-de-France, qui se chiffreront en dizaines de millions d’euros.

    En images :   Les inondations les plus catastrophiques en France depuis 1900

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