• L'ancien premier ministre élu président du Kosovo

    Présidentielle 26 février 2016 19:11; Act: 27.02.2016 01:43    Lien

    L'ancien premier ministre élu président

    du Kosovo

     

    Des élus de l'opposition ont tenté de mettre fin à l' élection en lançant du gaz lacrymogène dans l'hémicycle.

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    storybild L'incident s'est déroulé en pleine session . (photo: Keystone)

    Une faute? Le ministre des Affaires étrangères kosovar Hashim Thaçi a été élu vendredi président du Kosovo par le Parlement . Au troisième tour de scrutin, la candidature de l'ancien Premier ministre a été soutenue par 71 élus, sur 120 sièges à l'Assemblée kosovare.

    «Je serai au service de tous les citoyens, indépendamment de leur appartenance ethnique, afin de construire un nouveau Kosovo, un Kosovo européen », a déclaré l'ancien chef de guérilla converti à la politique , à l'issue du vote. «Et je vais approfondir davantage nos fortes et éternelles relations avec les Etats-Unis», a ajouté Hashim Thaçi.

    Les élus de l'opposition kosovare ont lancé vendredi du gaz lacrymogène pour empêcher l'élection par le Parlement du nouveau président du pays. Des manifestants et la police se sont par ailleurs affrontés autour de l'Assemblée. Un premier tour du scrutin - sur trois possibles -, qui s'est néanmoins déroulé après une interruption de la session parlementaire, n'a pas permis à la coalition au pouvoir d'élire à la tête de l'Etat l' actuel ministre des Affaires étrangères et ancien Premier ministre, Hashim Thaçi.

    Majorité simple Hashim Thaçi a obtenu le soutien de 50 élus, alors qu'une majorité des deux tiers de députés, sur 120 sièges, était nécessaire pour l'élection du président. Le second tour du vote devrait avoir lieu dans la foulée. Au troisième tour, une simple majorité est suffisante. Parallèlement au déroulement du vote, la police a tiré des bombes de gaz lacrymogène pour disperser un groupe de manifestants encagoulés qui ont lancé des cocktails Molotov sur la place devant les sièges du Parlement et du gouvernement.

    Méthode du gaz

    La situation s'est tendue sur cette place - où des centaines de militants de l'opposition campent depuis mercredi -, lorsque au moins onze élus de l'opposition ont été contraints de quitter l'Assemblée, après avoir une nouvelle fois lancé du gaz lacrymogène dans l'hémicycle en pleine session. Un élu de l'opposition a été arrêté, d' autres ont refusé de participer au vote. Il s'agit d'une méthode qu'ils emploient depuis octobre pour obtenir la démission du gouvernement et réclamer les élections anticipées. «Nous continuons de s'opposer à ce que la personne la plus contestée au Kosovo soit élue président. Nous allons poursuivre nos manifestations jusqu'à la convocation de nouvelles élections», a lancé à la foule l'élu Albin Kurti, fer de lance de l'opposition, à la sortie du Parlement.

    Crise politique Hashim Thaçi est le favori de ce vote et il affronte Rafet Rama, un autre candidat de sa propre formation , le Parti démocratique du Kosovo. «Dehors !», «Hashim dehors!», ont scandé les manifestants, environ un millier, qui ont dressé des tentes devant le Parlement et le gouvernement.

    Le Kosovo, ancienne province méridionale serbe qui a proclamé en 2008 son indépendance, est secoué depuis octobre par une crise politique.

    Histoire :

    Hashim Thaçi, 47 ans, qui a dirigé le gouvernement kosovar entre 2008 et 2014 et qui a conduit le Kosovo à son indépendance de la Serbie en février 2008, occupe depuis près de deux décennies le devant de la scène politique locale. Ancien commandant de la guérilla indépendantiste albanaise kosovare (UCK) -- qui a combattu les forces serbes durant le conflit de 1998-99 --, il s'est ensuite reconverti dans la politique. Sa réputation a toutefois été affectée par a publication en 2010 d'un rapport du Conseil de l'Europe mentionnant son nom dans une affaire de trafic d'organes sur des prisonniers, essentiellement serbes, pendant et après le conflit, une accusation qu'il a fermement réfutée.

    Crise politique :

    Le Kosovo est secoué depuis octobre par une crise politique, sur fond d'un mécontentement général en raison d'une mauvaise situation économique et un chômage qui touche environ 40% de la population active de ce pays 1,8 millions d'habitants. L'opposition accuse le pouvoir de corruption et lui demande aussi de renoncer à un accord sur la «normalisation» des relations avec la Serbie, conclu en 2013 sous la houlette de l' Union européenne. Un volet de cet accord prévoit la mise en place d'une « association » des municipalités serbes, considérée par Belgrade comme cruciale pour la minorité serbe du Kosovo, mais dénoncée par l'opposition kosovare qui met en garde contre une atteinte à la souveraineté kosovare.

    Dialogue avec la Serbie:

    Hashim Thaçi s'est pourtant engagé à poursuivre le dialogue avec la Serbie, qui conteste toujours farouchement l'indépendance du Kosovo. Il a promis de « travailler avec encore plus de détermination» à ce dialogue, «condition inévitable pour que nous ayons un avenir stable dans la paix». Le quinquennat de la présidente actuelle Atifete Jahjaga se termine le 7 avril , jour où M. Thaçi prendra ses fonctions. (nxp/ats)

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