• Le gouvernement confronté à une première journée de mobilisation contre la loi travail

    Le gouvernement confronté à une première journée de mobilisation

    contre la loi travail

    Le Monde.fr | 09.03.2016 à 17h19    Lien

     

    Lycées bloqués, manifestations, grève dans les transports en commun… Le gouvernement est confronté, mercredi 9 mars, à une journée de contestation de sa réforme du code du travail portée par la ministre du travail, Myriam El Khomri. Alors que le premier ministre, Manuel Valls, doit rencontrer l’ensemble des dirigeants syndicaux lundi, deux autres appels à la mobilisation ont été lancés d’ici à la fin du mois contre ce texte.

     

    Lire aussi :   Journée décisive pour l’avenir de la réforme du code du travail

    • Plusieurs rassemblements à Paris

     

    A Rennes, c'est un festival de capes de pluie dans la manifestation contre la loi Travail.

    Organisé à l’appel d’organisations de jeunesse, dont l’UNEF et la FIDL, le rassemblement parisien a été rejoint par des partis de gauche et des syndicats non « réformistes ». « Loi travail, non merci ! », « Précarité, on vaut mieux que ça ! », « A la poubelle, la loi du pognon »… Une foule compacte était rassemblée en début d’après-midi boulevard Voltaire et place de la République. Le cortège s’est mis en marche, en rang serré, composé notamment de jeunes et de salariés.

    Avant de se rassembler place de la République, des manifestants avaient déjà défilé en milieu de journée non loin du siège du Medef, dans le 7e arrondissement, d’où ils ont tenté de rejoindre le ministère du travail. En tête de cortège, les dirigeants syndicaux ont répété leur appel à un retrait total du projet de loi. « Plus que jamais, il faut remettre les compteurs à zéro pour un code du travail qui protège vraiment les salariés », a insisté le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

    • « Le début d’un mouvement »

    Pour la militante Caroline de Haas, à l’origine de la pétition contre la loi travail qui a recueilli un million de signatures, cette journée de mobilisation est « le début d’un mouvement, même si personne ne sait sur quoi il va déboucher ». « Ça déborde partout, il y a un déni social, démocratique, a-t-elle expliqué au milieu des manifestants. Ça se cristallise autour du travail car c’est notre identité sociale. »

    Nathalie Rossi, professeure dans un collège de Seine- Saint-Denis et militante à Lutte ouvrière, est descendue dans la rue pour dénoncer le « recul général » induit par le projet de loi. « C’est un permis accordé à l’ensemble du patronat pour qu’il fasse ce qu’il veut sur le temps et les conditions de travail », estime-t-elle. Si elle se mobilise, c’est aussi pour ses élèves : « Je ne veux pas que les apprentis, par exemple, travaillent 40 heures par semaine, comme c’est parfois déjà le cas. Ce n’est pas l’avenir que je veux leur proposer », dit-elle.

    Au milieu des ballons aux couleurs des syndicats, Barbara, 55 ans, n’arbore, elle, aucun autocollant sur son manteau noir. Si elle n’est affiliée à aucun parti ou organisation, cette électrice de François Hollande s’est elle aussi mobilisée avant tout « pour son fils ». « La précarité, le fait de pouvoir être licencié plus facilement, le temps de travail… Tout cela va le concerner, assure-t-elle. L’orientation générale de ce projet de loi est pourrie. »

    • Manifestations en province

    Des rassemblements ont également eu lieu ailleurs en France. A Rennes, où l’université Rennes -II fut à la pointe du mouvement anti-contrat première embauche (CPE) en 2006, entre 4 500 et 10 000 personnes ont défilé à la mi-journée.

    Dans le Nord, elles étaient dans la matinée environ 500 dans les rues de Boulogne-sur-Mer, près de 350 à Dunkerque, 300 à Arras ou encore 500 à Calais, alors que des milliers de manifestants étaient rassemblés dans l’après-midi à Lille. Ils étaient aussi 4 500 à Rouen, 5 000 à Marseille.

    Idées :   « La “loi travail” ne réduira pas le chômage »

    • Quelque 90 lycées bloqués

     

    Emma, une lycéenne parisienne de 17 ans mobilisée contre le projet de loi El Khomri.

    Dès la fin de matinée, des étudiants et lycéens s’étaient réunis place de la Nation, à Paris, avant de rejoindre la place de la République. « El Khomri, t’es foutue, la jeunesse est dans la rue ! », ont-ils scandé. Un slogan particulièrement redouté par le gouvernement, dix ans après la mobilisation contre le CPE. A 11 heures, environ 90 lycées, dont une quarantaine en Ile-de-France – sur 2 500 établissements publics – faisaient l’objet d’un blocage total ou filtrant, selon les estimations des syndicats et du ministère.

    « Cette loi est complètement abusive, dénonce Alvind, un lycéen de 18 ans. On est les travailleurs de demain et ce projet n’aide pas les travailleurs, il favorise les riches. On ne veut pas entrer dans un marché du travail où il n’y a plus de règles. » François, un étudiant en première année de droit, regrette que le texte de loi crée « un déséquilibre total en faveur des employeurs ». Emma, 17 ans, s’est elle aussi mobilisée contre « la remise en cause des rapports de force ». « Qu’il s’agisse des 11 heures de périodes de repos qui peuvent être découpées, ou du plafonnement des indemnités prud’homales, ces réformes sont atroces », juge-t-elle.

    A l’université Paris-VI, les étudiants anticipaient déjà la suite des mobilisations lors de leur assemblée générale et pensaient « stratégie ». « Ce projet de loi est dangereux pour les employés, les étudiants, le personnel. Cela implique une rigueur en tant que syndicat pour organiser le mouvement », assurait Nelson, un étudiant membre de l’UNEF. Et d’organiser la prochaine mobilisation : « Elle aura lieu le 17 mars. D’ici là, c’est notre responsabilité de faire amplifier le mouvement. »

    Lire aussi :   « Les jeunes réclament simplement d’être pris en compte dans l’élaboration des réformes »

    • Des transports en grève

    7 h 30, dans le hall principal de la gare du Nord, à Paris. L’ambiance est étrangement sereine. Quelques voyageurs s’apprêtent à monter dans un train pour Lille, Bruxelles ou Compiègne. Sans les dizaines de « gilets rouges », ces cheminots que la SNCF met au service des voyageurs en cas de situation particulière, on en oublierait presque que c’est jour de grève générale.

    Par un hasard du calendrier, la SNCF et la RATP sont en grève depuis mardi soir pour des motifs internes, liés aux conditions de travail et aux salaires. A la SNCF, où seul un train sur trois circulait en moyenne, près de 35,5 % du personnel était en grève dans la matinée. Le trafic était en revanche quasiment normal à la RATP, sauf sur le RER B.



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