• Les Etats refusent de renforcer la protection des éléphants d'Afrique

     

    Les Etats refusent de renforcer la protection des éléphants d'Afrique

    Biodiversité  |  03 octobre 2016  |  Laurent Radisson       LIEN

    Les Etats parties à la Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (Cites) ont refusé d'inscrire la totalité des éléphants d'Afrique dans son annexe I censée apporter la protection la plus forte. Cette décision a été prise lundi 3 octobre lors de la 17e conférences des parties (COP17) qui se tient en ce moment à Johannesbourg (Afrique du Sud).

    "C'est une tragédie pour les éléphants. Alors que nous assistons à une augmentation si dramatique de l'abattage des éléphants pour l'ivoire, le moment était venu pour la communauté internationale de monter au créneau et de dire « plus jamais ça ! »", réagit Kelvin Alie, directeur du programme de la faune sauvage du Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw).

    "L'Annexe I aurait contribué à rétablir la paix", réagit l'association Robin des Bois à cette "mauvaise nouvelle". Pour l'ONG, le braconnage engendre la guerre civile. "Les gardes, les braconniers meurent par centaines et laissent derrière eux des épouses et des orphelins", dénonce-t-elle.

    Au final, les Parties se sont mises d'accord sur un simple encouragement des Etats à fermer leur marché s'il est démontré qu'il contribue au braconnage et au commerce illégal. "Il est vraiment dommage que des pays possédant un marché de l'ivoire légal ignorent les risques que comportent ces marchés pour les populations d'éléphants et les populations locales, car ils offrent la possibilité de blanchir l'ivoire illégal, sous couvert de légalité", déplore Kelvin Alie qui se félicite toutefois de l'engagement de la Chine à œuvrer pour la fermeture des marchés domestiques.

    La réouverture du commerce international refusée

    Les Parties à la convention ont en revanche rejeté les propositions de la Namibie et du Zimbabwe de supprimer les restrictions sur le commerce de leur population d'éléphants, ce qui aurait rouvert le commerce international de l'ivoire.

    "Rouvrir un quelconque commerce de l'ivoire viendrait compromettre les efforts mis en œuvre pour protéger les éléphants, réagit Ginette Hemley du Fonds mondial pour la nature (WWF) en se félicitant de ce vote. Cela donnerait aussi aux organisations criminelles l'opportunité de blanchir l'ivoire issu du braconnage, empêchant la bonne application des lois, et ruinerait le travail entrepris pour réduire la demande des consommateurs qui est à l'origine de ce braconnage de masse", explique-t-elle.

     
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