• Loi Travail : entre 170.000 et 500.000 manifestants, 24 policiers blessés

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    Loi Travail : entre 170.000 et 500.000 manifestants, 24 policiers blessés

     

     

    La journée de mobilisation contre la loi Travail a tourné dans de nombreuses villes à l'affrontement entre policiers et manifestants.

     

    Entre 170.000 personnes, selon les autorités, et 500.000, selon la CGT, ont manifesté en France contre le projet de loi Travail, ce jeudi 28 avril. Une journée marquée par de nombreux affrontements dans tout le pays. Selon le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, "24 policiers et gendarmes ont été blessés, dont trois très grièvement à Paris", dans les violences survenues en marge des manifestations.

    Il a ajouté que "124 interpellations" avaient eu lieu en France et qu'elles "donneraient lieu à des actions en justice", lors d'un déplacement à Lyon. Il a demandé aux organisateurs de "condamner avec la même fermeté" que lui "ces débordements de la part de cette poignée de casseurs qui n'ont en partage que la violence". Depuis le début du mouvement contre le projet de loi travail, il a précisé que "382 interpellations" étaient intervenues dans l'ensemble du pays.

    Des affrontements ont opposé cet après-midi la police à des manifestants à Paris, au niveau du pont d'Austerlitz. Sur la rive gauche de la Seine, à l'entrée du pont, plusieurs dizaines de manifestants ont lancé des bouteilles, des pavés et des extincteurs en direction des forces de l'ordre, qui ont riposté à coups de gaz lacrymogènes. Ces incidents ont interrompu la progression du cortège, qui n'avait pas encore passé le pont, et provoqué l'arrivée de CRS en renfort. 

    Un jeune blessé à l'oeil

    A Rennes, des affrontements ont également éclaté quand des jeunes ont tenté de gagner le centre historique bloqué par les forces de l'ordre, après la dispersion de la manifestation qui s'était déroulée dans le calme. 


     

    Un jeune de 20 ans a été blessé à la tête par "un tir de projectile", selon la préfecture d'Ille-et-Vilaine, qui n'a donné aucun détail sur la gravité de ses blessures.

    A Rennes, l'extrême gauche encore à l'œuvre, et toujours en toute impunité.

    "C’est un gamin de 20 ans et il va peut-être finir sa vie borgne. Ça n’arrêtait pas de saigner. Il va peut-être perdre son œil", déplore de son côté Hugo Poidevin, membre de l’équipe médicale des manifestants et organisateur du mouvement étudiant, cité par "20 Minutes". Selon les manifestants cités par le site internet, il aurait été atteint par un tir de flashball.

    Echauffourées à Saint-Denis

    En banlieue parisienne, entre 60 et 100 jeunes, qualifiés d'"anarchistes" par la police, s'étaient regroupés vers 6h30 à Gennevilliers pour tenter de bloquer le plus important port fluvial de la région parisienne. Ils ont incendié des pneus, avant de prendre le métro en direction de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), pour essayer cette fois de bloquer le dépôt de bus, selon la police.

    C'est là qu'ont éclaté les échauffourées qui ont débouché sur deux gardes à vue, une pour violences et l'autre pour port d'un couteau, selon une source policière. Un membre des forces de l'ordre a été légèrement blessé.

    Le groupe, qui comptait des étudiants, selon les comptes Twitter des organisations étudiantes, voulait se rendre vers Paris, mais la police, qui a effectué quelque 150 contrôles d'identité, a amené ses membres en bus dans un centre de traitement judiciaire parisien.

    L'action a été revendiquée par l'assemblée générale interprofessionnelle de Saint-Denis, composée d'"étudiants, de chômeurs et de salariés", "déterminés à obtenir le retrait de la loi travail".

    Une Porsche incendiée 

    A Nantes, dix minutes à peine après le départ à 11h15 du cortège qui réunissait 8.500 personnes selon la police et plus de 20.000 selon l'intersyndicale, des jeunes gens cagoulés s'en sont pris à coups de projectiles aux forces de l'ordre, qui bloquaient les accès au centre-ville à l'aide d'un camion lanceur d'eau. Dans un ballet devenu presque courant dans la cité des bords de Loire, les forces de l'ordre ont répliqué avec des grenades lacrymogènes face aux manifestants qui criaient "Nique la BAC" et "Tout le monde déteste la police".

    Un peu plus tard, la Brigade anti-criminalité (BAC) a chargé cours Saint-Pierre, derrière la cathédrale, interpellant au moins une manifestante qui a été traînée au sol sur plusieurs mètres.

    Sur le parcours de la manifestation, censé avoir été choisi justement pour éviter la casse, des abribus et des caméras de vidéosurveillance ont été brisés. Des commerces, mais aussi des établissements bancaires et des agences d'intérim arboraient des panneaux de bois pour protéger leurs vitrines après les dégradations commises lors des précédentes manifestations.

    Un autre groupe parvient à gagner les abords de la préfecture de Loire-Atlantique, où de nouveaux échanges de projectiles ont lieu avec les forces de l'ordre. Une Porsche de couleur grise a été incendiée près de la préfecture. 

    "On a décidey de cassey ley voitures et de ley brûley parce qu'on est contre la " Abrutis.

    Nouvelle zone de turbulences près du siège du PS départemental, qui a le rideau baissé. Sa façade a été taguée par un message qui promet "Ça va être chaud. Nantes août 2016 PS université d'été".

    Certains manifestants crient "la police avec nous", fleurs à la main, d'autres "meurtriers", "assassins", notamment après avoir vu des tirs en direction des balcons sur le cours des Cinquante-otages ou des manifestants.

    57 interpellations à Marseille

    A Lyon, quelque 150 jeunes qui progressaient vers le centre-ville dans la matinée ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre, selon la préfecture. Les policiers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Trois fonctionnaires ont été blessés et deux manifestants interpellés.

    57 personnes ont aussi été interpellées à Marseille, lors de divers incidents qui ont éclaté dans la ville à la fin de la manifestation contre la loi travail, a indiqué le préfet de police Laurent Nuñez.

    La plupart ont été arrêtées à la gare Saint-Charles où des voies ont été envahies. Des incidents ont aussi eu lieu près de la place Castellane, point de rassemblement final des différents cortèges marseillais, avec des jets de projectiles de manifestants en direction des forces de l'ordre et des incendies de poubelles. La manifestation a réuni 4.800 manifestants selon le préfet de police, mais 75.000 selon la CGT et 30.000 selon FO.

    Une quinzaine de lycées bloqués

    Par ailleurs, les préfectures font état de plus d'une quinzaine de lycées bloqués, totalement ou partiellement, à travers le pays : cinq à Nantes, cinq dans l'académie d'Aix-Marseille, cinq à Lyon, et un à Strasbourg, où des blocages d'établissement étaient prévus à la mi-journée pour "inciter" les jeunes à se joindre à la manifestation, selon Colin Jude, porte-parole du syndicat étudiants Unef dans ce département.

    A Nancy, une cinquantaine de lycéens se sont regroupés, avant la manifestation. "C'est un tour de chauffe avant le 3 mai", nouvelle journée annoncée de mobilisation, explique Félix Le Roux, de l'UNL (l'Union nationale lycéenne).

    Plusieurs zones sont encore en vacances scolaires : Paris, Toulouse et Montpellier. Les lycées y sont fermés et les universités sont en période de vacances (pour les révisions) ou d'examens.

    S.D. et R.F. avec AFP

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