• Marseille : la privatisation d'un parc aquatique jugée «communautariste» par des élus

    Marseille : la privatisation d'un parc aquatique jugée «communautariste» par des élus

     

     

    Une association a réservé un centre aquatique pour une journée, en septembre, afin que des femmes puissent se baigner en «burkini et en jilbeb». Plusieurs politiques marseillais ont vivement réagi. «Chacun doit pouvoir pratiquer son culte comme il l'entend», répond le collectif à l'origine de l'initiative.

    L'initiative d'une association marseillaise, Smile 13, ne plaît pas à tout le monde. Le collectif, qui a pour but «d'encourager les femmes à s'engager dans des actions communes et à contribuer à leur épanouissement», a décidé de privatiser un centre aquatique à proximité de la cité phocéenne, le Speed Water Park, le 10 septembre prochain. L'objectif de cette association est de permettre aux femmes et aux enfants de se baigner en «burkini et en jilbeb de bain», des tenues couvrant le corps de la tête aux chevilles. «Je compte sur vous pour respecter la Awra (toute chose cachée par pudeur, NDLR) et donc de ne pas venir en 2 pièces (parties doivent être cachées de la poitrine aux genoux). Le minimum est un maillot une pièce avec paréo ou short-caleçon», est-il notamment écrit sur le flyer rendu public sur Facebook. En outre, seuls les garçons de moins de dix ans seront autorisés à entrer dans le parc aquatique.

    Capture d'écran du flyer sur Facebook.

     

    Cette initiative a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, notamment parmi les politiques marseillais. Contacté par Le Figaro, le sénateur-maire Front national de Marseille, Stéphane Ravier, indique qu'il est «choqué mais pas surpris». «Un pas de plus a été franchi, mais tout cela est affreusement logique. Quand on vit à Marseille, on se rend compte qu'il y a une percée du fondamentalisme islamique», évoquant le cas de certaines femmes en niqab «sous les fenêtres de la préfecture sans que cela n'émeuve personne», affirme l'édile du 7e arrondissement de la ville. Si le centre aquatique est bien un complexe privé, libre de le louer à qui il le souhaite, Stéphane Ravier appelle le propriétaire à «ne pas collaborer à la communautarisation de notre pays», et lui demande d'annuler la privatisation. «Il ne s'agit pas seulement d'un contrat financier, mais bien d'un contrat hautement symbolique», martèle-t-il.

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    La municipalité botte en touche

    De son côté, la députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, dénonce une «soi-disant mode» qui consiste à «conforter le communautarisme dans notre pays». «Cela n'est en rien anodin, la bataille “du voile” est l'expression la plus visible de la volonté des intégristes de marquer leur territoire et de soumettre les femmes», indique-t-elle dans un communiqué. «Burqa, tchador, abaya, niqab, hijab, peu importe le nom, ils constituent un enfermement dans le sexe, une négation de la personne, un interdit d'égalité, un interdit de fraternité», ajoute la maire des 11e et 12e arrondissements de Marseille.

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    Pour ce qui est de la municipalité des Pennes-Mirabeau, où se situe le Speed Water Park, à quelques kilomètres de la cité phocéenne, les élus se veulent prudents. Jointe par Le Figaro, la mairie se dit «attentive au contenu de la manifestation», mais se refuse à toute condamnation, pointant notamment le fait qu'il s'agit d'un parc privé. Toutefois, selon des informations du Parisien, le maire de la commune, Michel Amiel, s'apprêterait à prendre un arrêté municipal interdisant cet événement «au motif qu'il est susceptible de troubles à l'ordre public». Interrogé, le sénateur-maire sans étiquette se dit «choqué et en colère», et considère cet événement comme «une provocation, du communautarisme pur et dur».

    «Les gens ont l'esprit étroit»

    Contactée par le Lab d'Europe 1, l'association Smile 13, qui organise l'événement, nie toutes velléités de communautarisme. «Je vois que ça fait polémique. Ça ne me surprend pas mais je ne m'attendais pas à ce que ça prenne de telles proportions», s'étonne auprès de nos confrères la trésorière de l'association, Mélisa Thivet. «Je ne vois pas ce que l'on peut nous reprocher à part de pratiquer notre religion. Nous sommes dans un pays laïc et chacun doit pouvoir pratiquer son culte comme il l'entend», ajoute-t-elle.

    La trésorière précise également que l'événement est aussi ouvert aux femmes non-musulmanes. «Notre but est de rapprocher les femmes de l'eau. Certaines n'ont pas la chance de pouvoir aller se baigner dans le parc en pleine saison, par pudeur. On leur offre cette chance mais les gens ont l'esprit étroit», dit-elle au Lab.

     

     

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