• Meurtre d'Aurélie Châtelain à Villejuif : Ghlam s'accroche à son alibi

    VIDEO. Meurtre d'Aurélie Châtelain à Villejuif : Ghlam s'accroche à son alibi

      >Faits divers|Geoffroy Tomasovitch|21 mars 2016, 0h00 | MAJ : 21 mars 2016, 7h11|   5       LIEN
    Villejuif (Val-de-Marne), dimanche. Sid Ahmed Ghlam, protégé par un gilet pare-balles et encadré par un quatuor de policiers lourdement armés, a participé à une reconstitution du meurtre d’Aurélie Châtelain qui a duré plus de six heures. (LP/Frédéric Dugit.)
     
    Geoffroy Tomasovitch
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    On lui a ôté ses menottes pour lui permettre de mimer certains faits. En revanche, Sid Ahmed Ghlam est resté en permanence « attaché » à l'un des quatre policiers lourdement armés chargés de sa surveillance...

    La justice n'a voulu prendre aucun risque avec le terroriste présumé, extrait de sa cellule dimanche matin pour la reconstitution du meurtre d'Aurélie Châtelain, une professeur de fitness de 32 ans lâchement abattue le 19 mars 2015 à Villejuif (Val-de-Marne). Les parents de la victime, présents, ont souvent cherché à accrocher le regard de l'assassin présumé de leur fille. Ghlam, lui, a campé sur sa dernière version des faits. Le jeune homme, 25 ans en août prochain, a prétendu qu'Aurélie Châtelain avait été tuée accidentellement par Samy Amimour, l'un des kamikazes du Bataclan. La fameuse piste du deuxième homme, jugée très peu plausible par les enquêteurs.

    Encadré par le quatuor de policiers, Sid Ahmed Ghlam, protégé par un gilet pare-balles, a été conduit sur le parking de Villejuif où l'on avait retrouvé le corps sans vie d'Aurélie Châtelain sur le siège passager de sa voiture. Peu à l'aise, le suspect, qui projetait ce 19 mars de perpétrer un attentat dans une église, a détaillé devant magistrats et enquêteurs le scénario du complice qui l'aurait rejoint ce jour-là. Résumé. Ghlam patiente dans sa voiture à l'arrêt. Un véhicule conduit par un inconnu arrive, avec une jeune femme à bord. Une détonation survient. Aurélie Châtelain succombe, atteinte au coeur. L'inconnu parle d'un tir accidentel et s'enfuit à scooter. Ghlam, qui, lui, a pris son arme, déplace la voiture de la victime et se tire volontairement une balle dans la cuisse en renonçant à l'attentat. Ce n'est que bien plus tard qu'il dit identifier le complice : Samy Amimour, reconnu à la télévision après les attentats du 13 novembre.

    Les constatations l'accablent

    « Tout a été vérifié point par point. Cela a permis de conforter ce qui a été indiqué par M. Ghlam, notamment qu'il n'était pas responsable du décès de cette malheureuse personne », a indiqué l'un de ses avocats, Me Christian Benoît, à l'issue d'une reconstitution plus longue que prévu. Près de six heures pendant lesquelles les parents d'Aurélie ont assisté avec une grande dignité à tous les faits et gestes de Ghlam. Sans croire un instant à son scénario. « Ils étaient là pour comprendre pourquoi on a tué leur fille et comment. La reconstitution a renforcé une certitude, si elle avait besoin de l'être », a réagi Me Antoine Casubolo Ferro, un des conseils de la famille Châtelain, insistant sur l'incohérence des déclarations du suspect. « Invraisemblables », appuie une source proche du dossier.

    Des experts étaient présents hier à Villejuif. Car, dans ce dossier, les constatations de la police technique et scientifique pèsent lourd. Elles accablent même Ghlam. Son ADN a notamment été retrouvé sur l'arme du crime et dans la voiture de la victime. « Ses explications concordent avec les éléments objectifs, nous attendons la suite de façon sereine », assure pourtant Me Parent, qui défend Sid Ahmed Ghlam avec ses confrères Gilles-Jean Portejoie et Matthieu de Valois.

    Aurélie Châtelain, elle, a été décorée vendredi de la Légion d'honneur à titre posthume.

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