• Prix Nobel de médecine : un Japonais récompensé pour ses recherches sur l'autophagie

    Prix Nobel de médecine : un Japonais récompensé pour ses recherches sur l'autophagie

    Le chercheur japonais Yoshinori Ohsumi se voit nobélisé, à 71 ans.

    Le biologiste japonais Yoshinori Ohsumi dans un laboratoire de l'Institut de Technologie de Tokyo (Japon), le 22 juin 2012.Le biologiste japonais Yoshinori Ohsumi dans un laboratoire de l'Institut de Technologie de Tokyo (Japon), le 22 juin 2012. (AP / SIPA)

    franceinfo avec AFP et ReutersFrance Télévisions

    Mis à jour le 03/10/2016 | 13:58
    publié le 03/10/2016 | 11:42

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    C'est le premier de la saison des Nobel. Le prix Nobel de médecine a été attribué, lundi 3 octobre, par le jury réuni à Stockholm (Suède) au chercheur japonais Yoshinori Ohsumi, 71 ans, pour ses recherches sur l'autophagie. 

    Le diplôme et la médaille sont assortis d'une récompense de huit millions de couronnes suédoises, soit environ 834 000 euros. Yoshinori Ohsumi a été "un peu surpris" en apprenant la nouvelle, a raconté le secrétaire du jury, Thomas Perlmann, qui lui a téléphoné avant l'annonce.

    Les travaux du biologiste nippon ont donné des clés essentielles à la compréhension du renouvellement des cellules, du vieillissement et de la réponse du corps à la faim et aux infections. Franceinfo vous explique.

    Qu'est-ce que l'autophagie ?

    L'autophagie est le processus par lequel les cellules digèrent leurs propres déchets. Il est essentiel au renouvellement cellulaire, comme l'explique l'Inserm dans ces vidéos. Les cellules du corps humain s'autodétruisent, en s'enfermant dans des vésicules à double membrane, avant d'être livrées aux lysosomes, les organismes chargés de digérer et détruire déchets et bactéries.

    Mais, en cas de dysfonctionnement, ce processus peut entraîner toutes sortes de maladies. Celles dites "lysosomales", d'origine génétique, ou encore les maladies de Huntington, d'Alzheimer, de Crohn, ou des myopathies.

    "Les perturbations de l'autophagie ont été liées à la maladie de Parkinson, au diabète de type 2 et à d'autres troubles qui apparaissent chez les personnes âgées", explique le jury du prix Nobel de médecine.

    "Les mutations des gènes de l'autophagie peuvent provoquer des maladies génétiques. Une recherche intense est actuellement menée pour développer des traitements qui puissent viser l'autophagie dans différentes affections", souligne-t-il.

    Comment ce mécanisme a-t-il été découvert ? 

    Le concept d'autophagie est apparu dans les années 1960. Les chercheurs ont alors observé pour la première fois la destruction par les cellules de leur propre substance, en l'évacuant vers ce "compartiment de recyclage", appelé lysosome, explique l'Assemblée Nobel de l'Institut Karolinska, qui décerne le prix.

    The organelle autophagosome engulfs cellular contents and fuses with the lysosome, where the contents are degraded. 2016

     

    Autophagy ”self eating” is a process for degrading and recycling cellular components

    La connaissance du phénomène est cependant restée limitée jusqu'aux travaux de Yoshinori Ohsumi. Au début des années 1990, le chercheur japonais a mené des expériences à partir de la levure et identifié les gènes de l'autophagie. Il en a ensuite mis en évidence les mécanismes sous-jacents et montré que les mêmes mécanismes étaient à l'œuvre dans le corps humain.

    Le nom d'autophagie a été donné au processus par le Belge Christian de Duve, qui avait été l'un des trois lauréats du Nobel de médecine en 1974. Il était également au cœur des travaux ayant valu en 2004 le Nobel de chimie à l'Américain Irwin Rose et aux Israéliens Aaron Ciechanover et Avram Hershko.

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