• Quand le dalaï-lama embrasse "brother" Badinter....

    Quand le dalaï-lama embrasse

    "brother" Badinter....

    Les deux octogénaires, amis depuis déjà un quart de siècle, ont donné une très belle leçon d'humanité, devant les avocats de Paris.

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    Modifié le 13/09/2016 à 16:46 - Publié le 13/09/2016 à 16:39 | Le Point.fr
    Le dalaï-lama à la sortie du Park Hyatt Vendôme, à Paris, après une conférence de presse, le 13 septembre 2016.

    Le dalaï-lama à la sortie du Park Hyatt Vendôme, à Paris, après une conférence de presse, le 13 septembre 2016. ©AFP/ PHILIPPE LOPEZ

    Scène émouvante à la Maison des avocats de Paris quand le dalaï-lama, venu pour y donner une conférence sur la responsabilité « universelle » et l'environnement, arrive en tenant la main d'un invité-surprise : Robert Badinter. Devant une assistance debout, parmi laquelle se trouvaient les plus hautes autorités judiciaires, Tenzin Gyatso a présenté le grand sage de la gauche française... comme son « brother » en posant la tête sur son épaule.
    Quand la plupart des dirigeants politiques, François Hollande en tête, n'ont pas daigné recevoir le leader spirituel – pour ne pas froisser la Chine –, l'ex-ministre et ami de François Mitterrand n'a pas hésité à qualifier les violences commises à l'encontre des Tibétains de « génocide culturel » : « Il n'y a pas d'autre mot quand on veut transformer un peuple en un autre », a souligné Robert Badinter.

    Être un Mensch

    Puis, non sans humour – « Je n'entends pas troquer la robe noire d'avocat contre la robe rouge de moine bouddhiste » –, l'homme a improvisé un vibrant hommage aux vertus de son ami de 25 ans – « Il a 87 ans, j'en ai 81, il est donc mon aîné », a plaisanté le dalaï-lama, sans quitter la main de Robert Badinter.
    « Les Chinois ont trouvé pour lui une définition simple, a lancé l'ancien garde des Sceaux. Ils en parlent comme d'un loup caché derrière une robe de moine. Au contraire, je vois là un homme qui a une vision du monde où la place de l'autre est égale à la sienne, où la loi du plus fort – celle du loup, donc – ne l'emporte jamais. Si je devais définir mon vieil ami, j'emprunterais à la tradition juive un mot significatif et révélateur, dont le maître use face à ses disciples pour leur rappeler que l'important par-dessus tout n'est pas le savoir, les habiletés dialectiques, le talent, mais qu'au-dessus de ces vertus se situe une qualité première, celle d'être un homme, un Mensch. Vous en avez là, devant vous, un admirable échantillon, un modèle. Le dalaï-lama prouve que ce qui importe avant tout pour chacun d'entre nous est d'être un être humain. »

    Et le chef spirituel tibétain de renchérir en plaidant pour l'évolution vers « une humanité plus compatissante, plus altruiste » – ce que tout enfant a en lui, des tests le prouvent, dès son plus jeune âge – grâce à la diffusion massive de l'éducation aux 7 milliards de terriens, le credo du leader tibétain. « Nous mettons trop l'accent sur nos différences, alors que nous sommes tous des êtres humains, que nous naissons, mourons, mangeons, respirons et même faisons l'amour tous de la même manière », a-t-il lancé devant un parterre élégant que le facétieux Tenzin n'a pas hésité à bousculer – « Si vous avez trop chaud, vous pouvez enlever vos costumes ; toutes ces formalités ne font que créer des barrières entre nous. » « Partout où je vais, je souris toujours aux autres, a glissé ainsi le malicieux dalaï-lama. Si je montrais un visage sévère, une figure sacrée, sainte, je crois que je n'aurais pas beaucoup d'amis. » Et d'ajouter, mêlant le geste à la parole en se jetant sur son voisin, sanglé dans son costume-cravate, le bâtonnier de Paris, Me Frédéric Sicard : « Quand les gens ne sourient pas, je les chatouille un peu. »

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