Il rêvait d’être ministre. Samedi, lors du conseil national, Razzy Hammadi sera nommé porte-parole du PS. Le député de Seine-Saint-Denis prend la place de Juliette Méadel, secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes depuis le mois de février. La trajectoire est belle pour Hammadi. Au début du quinquennat, il flirtait avec Benoît Hamon et les frondeurs. Aujourd’hui, il fait des appels du pied à Manuel Valls et les réformateurs. Le grand chelem.

Sa nomination n'est pas une surprise. Depuis son élection au poste de premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis a modifié la direction du parti. Des visages jeunes. On peut citer Elsa Di Méo, Eduardo Rihan-Cypel ou Nadège Abomangoli. Le PS veut un secrétariat national qui ressemble à la France. Ces dernières années, ce n'était pas trop le cas : ce parti était coupé de la société réelle. Aujourd'hui, ce n'est pas la grande révolution mais on note l'amélioration.

«Conséquence logique d'un désaccord»

Outre la nomination, on note la sortie en douceur de la bande à Martine Aubry : ce n'est pas non plus une surprise. La maire de Lille l'a annoncé le mois dernier suite à la «conséquence politique logique d’un désaccord»  avec la politique du gouvernement. Ainsi, le député de Paris Patrick Bloche remplace Gilles Pargneaux. Il devient conseiller politique de Jean-Christophe Cambadélis. Maurice Braud succède à Jean-Marc Germain au poste de secrétaire national chargé du pôle «mondialisation, régulation, coopération». André Viola, président du conseil départemental de l’Aude, remplace Estelle Grelier au pôle «justice sociale et cohésion territoriale». Et enfin, Luc Carvounas devient l'homme chargé des relations extérieures en remplacement du député de l'Essonne, François Lamy. 

Samedi, le conseil national sera surveillé de près. Le PS doit faire le point des dossiers, notamement la position au sujet de la primaire. Il ne devrait pas y avoir de bagarre : pour le moment, le parti a l'air partant pour une grande primaire à gauche.  

Rachid Laïreche