• Pédophilie à Lyon : les explications confuses du cardinal Barbarin

    Pédophilie à Lyon : les explications confuses du cardinal BarbarinLe cardinal Barbarin, archevêque de Lyon. (SAFIN HAMED / AFP)

    Visé par deux plaintes, le cardinal Barbarin assure n'avoir "jamais couvert le moindre acte de pédophilie".

     

    L'affaire du père Preynat, devenue depuis l'affaire Barbarin, n'en finit plus de rebondir. Plusieurs plaintes ont été déposées contre des prêtres lyonnais pour des affaires de pédophilie, et le cardinal Philippe Barbarin est critiqué pour sa gestion des cas. Il est notamment visé par une enquête préliminaire après des accusations de "non-dénonciation".

    Depuis Lourdes (Hautes-Pyrénées), où a lieu l'assemblée des évêques, Philippe Barbarin s'est exprimé devant la presse sur ces affaires qui secouent son diocèse.

    # "Je n'ai jamais couvert le moindre acte de pédophilie"

    L'archevêque de Lyon a assuré à plusieurs reprises qu'il n'avait "jamais, jamais, jamais couvert le moindre acte de pédophilie" dans son diocèse. 

    "Couvrir, ça veut dire 'tu savais et tu as laissé faire'. Alors ça, absolument jamais", a-t-il dit.

    "Cela m'est arrivé deux fois d'avoir connaissance de faits", en 2006 et 2014 :


     
    "Le dimanche suivant le prêtre n'avait plus le droit de célébrer la messe dans sa paroisse. A aucun des deux je n'ai redonné de ministère."

    Le diocèse de Lyon a-t-il étouffé un scandale de pédophilie ?

    # "Le père Preynat a été sanctionné immédiatement"

    Bernard Preynat, a été mis en examen fin janvier pour des agressions sexuelles sur des scouts lyonnais entre 1986 et 1991. C'est en marge de ce dossier que le cardinal Barbarin est visé par une enquête préliminaire pour non-dénonciation d'atteintes sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans.

    Philippe Barbarin, qui n'était pas encore en fonction à cette époque, a assuré que le père Preynat, qui avait fait ses aveux, a été "sanctionné immédiatement". Le prêtre avait été déplacé dans un couvent des Petites Sœurs des Pauvres avant d'être mis en charge de l'organisation du catéchisme à Neulise, dans la Loire.

    Pour expliquer qu'il ait été maintenu dans ses fonctions, Barbarin a dit avoir eu "confiance" en Bernard Preynat, qui a assuré "n'avoir jamais recommencé" après 1991.

    ENQUETE. Pédophilie à Lyon : le si long silence de l'Eglise

    # "Qui ai-je incité au suicide ?"

    Une nouvelle plainte concernant l'archevêque a été déposée en février, par un haut responsable du ministère de l'Intérieur, concernant des atteintes sexuelles remontant au début des années 1990 et commis par un autre prêtre, Jérôme Billioud, toujours en activité à Lyon. Ces faits avaient fait l'objet d'une première plainte à l'encontre du prêtre, en 2009, classée sans suite par la justice pour cause de prescription.

    Selon Barbarin, l'accusation à l'encontre du père Jérôme Billioud "n'a rien à voir" avec l'affaire Preynat. D'après l'archevêque de Lyon, les actes ont été commis sur un jeune âgé de "16-17 ans" puis "20 ans" au moment des faits. "Ce sont des points très troubles de la vie d'un prêtre mais qui n'ont plus rien à voir avec de la pédophilie", a-t-il ainsi expliqué.

    Indiquant qu'il n'avait "pas d'assurance" que ces actes ne se reproduisent pas, il a ajouté à propos du prêtre :

    "Je demande qu'il n'exerce pas son ministère, dans le monde entier, jusqu'à ce que la justice se fasse."

    Réaction du cardinal à propos de la plainte qui le vise pour des faits de "mise en danger de la vie d'autrui et provocation au suicide" dans cette affaire :

    "De quoi s'agit-il ? Qui ai-je incité au suicide ? C'est inimaginable, cette affaire-là."

    # Sur le principe de précaution

    Philippe Barbarin a été mis au courant de la première plainte contre Jérôme Billioud en 2009, comme l'expliquait au "Figaro" Pierre, le plaignant. Le prêtre a tout de même été maintenu dans ses fonctions.

    "Ce qui me semblait de ma responsabilité était de savoir comment ce prêtre vivait cette difficulté", explique le cardinal, interrogé sur le principe de précaution :

    "Je n'ai pas d'assurance. Je demande qu'il suspende son ministère jusqu'à ce que la justice se fasse. Le principe de précaution consisterait à dire 'tu risques un jour de faire quelque chose dont je t'interdis quoi que ce soit'. [...] Plus personne n'a plus rien le droit de faire s'il y a des risques avec quelqu'un."

    A.R. avec AFP

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  • Le ton monte entre le pape François et Donald Trump

    Le Monde.fr | 19.02.2016 à 00h35 • Mis à jour le 19.02.2016 à 14h20 | Par Gilles Paris (Greenville (Caroline du Sud), envoyé spécial)   Lien

     

    En jugeant dans l’avion qui le ramenait du Mexique, jeudi 18 février, « qu’une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne », le pape François a provoqué une tempête politique aux Etats-Unis. Car même s’il ne l’a pas cité nommément, l’allusion au favori de la campagne pour l’investiture républicaine, Donald Trump, était évidente. M. Trump consacre une partie importante de ses discours de campagne au « mur » qu’il souhaite ériger sur la frontière avec le Mexique, qu’il se fait fort de financer par les autorités mexicaines.

    La réaction du magnat de l’immobilier, souvent tourné en ironie par ses rivaux républicains les plus conservateurs à propos d’un regain de religiosité qui coïncide avec la campagne des primaires, a été immédiate. « Qu’un responsable religieux mette en doute la foi d’une personne est honteux », a-t-il protesté dans un communiqué. « Je suis fier d’être chrétien et, en tant que président, je ne permettrai pas que la chrétienté soit constamment attaquée et affaiblie. » M. Trump avait déjà estimé que « le pape est quelqu’un de très politique » et qu’« il ne comprend pas les problèmes de notre pays ». « Je ne suis pas sûr qu’il mesure le danger que représente [pour les Etats-Unis] cette frontière ouverte avec le Mexique », a-t-il souligné.

    Soutenu par MM. Rubio et Cruz

    A quelques jours de la primaire républicaine en Caroline du Sud, le 20 février, où il fait figure de grand favori, M. Trump a reçu le soutien de deux candidats catholiques. Le sénateur de Floride Marco Rubio a assuré, en marge d’une réunion publique à Anderson (Caroline du Sud), qu’il n’existait pas de pays qui exprimait autant de compassion vis-à-vis des immigrés que les Etats-Unis. « Nous acceptons légalement un million de personnes par an, aucun autre pays le fait », a-t-il ajouté avant d’assurer que les Etats-Unis contrôlaient leurs frontières « comme le fait le Vatican, qui contrôle qui entre, quand et comment » sur son territoire.

    Lire aussi :   Le sort des migrants au cœur du voyage du pape au Mexique

    De son côté, Jeb Bush, qui attaque régulièrement M. Trump, a jugé que la question de sa religiosité relevait de la relation « entre lui et le Créateur ». Le neurochirurgien à la retraite Ben Carson a suggéré « qu’on montre au pape une photo des murs qui entourent le Vatican ». Interrogé avant une réunion politique à Easley, également en Caroline du Sud, le sénateur du Texas, Ted Cruz, à couteaux tirés avec M. Trump, a refusé de se mêler d’un « différend qui ne les concerne que tous les deux. »

    Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, en a fait de même en indiquant que le président souhaitait témoigner d’« une courtoisie » dont M. Trump n’a pas été capable, selon lui, à l’endroit de M. Obama s’agissant de convictions religieuses qui relèvent de la sphère privée. Le magnat de l’immobilier relaie régulièrement les rumeurs colportées sur le fait que le président des Etats-Unis, de confession chrétienne, serait musulman.

    En septembre 2015, à l’occasion d’une visite outre-atlantique, le pape François avait longuement plaidé devant les élus du Congrès, rassemblés en session extraordinaire, en faveur d’un accueil digne des immigrés, précisant qu’il était lui-même « un fils d’immigrés ». « Traitons les autres avec la même passion et compassion avec lesquelles nous voulons être traités », avait-il demandé aux élus des deux chambres que contrôle le Parti républicain.



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