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    par Mathieu Vidard
    du lundi au vendredi de 14h à 15h

    visuel La tête au carré

     

    l'émission du jeudi 10 mars 2016     Lien

    Nous sommes tous des Africains

     

     

     

    Reconstitution de Toumaï © MPFT / France 2 © Radio France - 2016

    Sur nos 7 millions d'années d'existence, nous sommes restés 5 millions d'années en Afrique. Il y a 2 millions d'années, le genre Homo a eu l'envie de se déployer ailleurs, vers le Nord, parce qu'il en avait les moyens, et puisque le climat l'y a contraint. Alors que le climat nous a poussés à nous sédentariser, notre urbanisation impacte aujourd'hui à son tour sur l'équilibre climatique.

     

    Pour reconstituer l'histoire du temps de Toumaï (il y a 7 millions d'années), nous faisons des bonds temporels énormes. C'est là aussi l'art de la paléoanthropologie que de prendre du recul sur notre histoire actuelle, pour nous constituer des points d'ancrage dans le passé. 

     

     

    Pourquoi se demander d'où l'on vient? Comment définir notre genre Homo? Peut-on reconstituer l'histoire des interactions entre les hommes? Où va-t-on chercher demain? 

     

    Pour nous en parler, nous recevons  Michel Brunet,  professeur de paléoanthropologie à l’université de Poitiers, directeur du laboratoire de Géobiologie, Biochronologie et Paléontologie de l'UMR CNRS 6046 et professeur de paléoanthropologie au Collège de France. Michel Brunet a découvert Toumaï au Tchad en 2001, notre plus vieil ancêtre humanoïde connu vieux de 7 millions d’années. En 1995 il a révolutionné l’idée que l’on se faisait de l’histoire de l’humanité, lorsqu’il a trouvé le crâne d’Abel, 3,5 millions d’années, à l’ouest du grand Rift qui coupe en deux la corne de l’Afrique. On imaginait avant cette date que les origines de l’homme étaient à l’est. Michel Brunet sort aujourd'hui son ouvrage : Nous sommes tous Africains aux éditions Odile Jacob. 

    Michel Brunet

    75 ans - Paléoanthropologue

    Né le 6 avril 1940 dans la Vienne (86), Michel Brunet fut professeur de paléoanthropologie à l’université de Poitiers. Après une thèse sur les grands mammifères fossiles de l’ère tertiaire, Michel Brunet a passé plus de trente ans en prospections géologiques et autres fouilles paléontologiques, en Europe, en Amérique, en Asie, et bien sûr en Afrique. Sa quête perpétuelle du plus vieil ancêtre de l’homme l’a amené à découvrir le premier australopithèque connu, Abel (3,5 millions d’années) au Tchad en 1995. En 2001 il a découvert , toujours au Tchad, le plus ancien hominidé connu : Toumaï (7 millions d’années). En décembre 2007 il a inauguré la nouvelle chaire de paléontologie humaine du Collège de France.

    Bibliographie sélective :

    • Origine et histoire des hominidés : nouveaux paradigmes (leçon inaugurale au Collège de France), Fayard, 2008
    • D'Abel à Toumaï : Nomade, chercheur d'os. Paris, Odile Jacob, 2006
    • Les Grands mammifères chefs de file de l'immigration oligocène et le problème de la limite éocène-oligocène en Europe, Fondation Singer-Polignac, 1979

    En savoir plus :

    sur le site du Collège de France

     et celui d'Hominidés.com

    Photo © Ludovic Péron, 10/09/2008

    Biographie de la Documentation de Radio-France,  octobre 2014

    Nous sommes tous Africains

     

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  • Un indien crée le réfrigérateur autonome en argile

    31 août 2015  Lien

    Un indien crée le réfrigérateur autonome en argile

    Mansukh Prajapati aurait pu baisser les bras face au tremblement de terre qui dévasta son atelier de jarres traditionnelles du Gujarat en 2001, mais il en fut autrement.

    Ce potier indien a eu la bonne idée de mettre son savoir-faire au profit d’un réfrigérateur 100% écologique fabriqué à partir de roche terreuse locale et fonctionnant sans électricité. Une vraie révolution pour un des équipements ménagers les plus vendus de la planète… C’est en se tenant devant les ruines de sa poterie et en déplorant les jarres détruites par un tremblement de terre dévastateur que l’artisan Mansukh Prajapati eut l’idée géniale d’utiliser l’argile, une matière qu’il employait quotidiennement dans son atelier, afin de fabriquer un réfrigérateur autonome fonctionnant sans électricité.

    4 ans plus tard, après avoir conçu plusieurs prototypes à base de différents types d’argile, le Mitti Cool Refrigerator est né. Ce réfrigérateur traditionnel utilise le principe de l’évaporation pour maintenir une température de 15 à 20 degrés inférieure à la température extérieure. Un besoin impérieux en Inde où la température peut parfois atteindre les 50 degrés en été dans certaines régions du pays. L’eau issue de l’évaporation coule sur les bords du réfrigérateur afin d’évacuer la chaleur. Pour le faire fonctionner, il suffit de remplir un petit compartiment situé au-dessus du « frigo » stocke de l’eau fraîche.

    Selon Mansukh, les avantages du Mitti Cool sont nombreux : l’argile est une matière qui permet une meilleure conservation des aliments et de leur goût tout en rendant ce frigo 100% recyclable. Il peut être fabriqué en différentes dimensions en fonction des besoins de chacun et sa confection soutient l’artisanat local.

    Son autonomie est une qualité indéniable, nul besoin d’électricité pour le faire fonctionner, un détail non négligeable dans un pays où les pannes de courant sont assez fréquentes. Le concept permet ainsi de limiter le gaspillage alimentaire en préservant la nourriture des fluctuations électriques pour la conserver plus longtemps.

    Ce réfrigérateur est également une parfaite alternative pour les 500 millions d’indiens tout simplement privés d’électricité en milieu rural et/ou qui n’ont pas les moyens d’investir dans un appareil technologique. Le Mitti Cool ne nécessite aucun entretien technique particulier et ne requerra donc aucune réparation future, ni ne sera menacé par l’obsolescence programmée. Cette « chambre froide » n’est pas une véritable invention puisque les différents peuples du monde ont toujours développé des moyens de préserver les aliments par diverses techniques traditionnelles. C’est le cas par exemple du frigo du désert Africain qui conserve les aliments jusqu’à 10 fois plus longtemps. Il est constitué de deux pots en terre cuite, de sable et d’eau, permettant également de maintenir des températures inférieures par le principe de la thermodynamique.

    En Inde, on connaissait déjà le matka, surnommé le « réfrigérateur du pauvre », un double pot ancestral lui aussi connu pour utiliser le principe de l’évaporation afin de garder la nourriture au frais.

    On ne peut que se réjouir de la mise sur le marché indien du Mitti Cool et espérer qu’il puisse faciliter le quotidien de nombreux habitants des pays en voie de développement, et pourquoi pas, devenir une alternative également disponible dans nos pays occidentaux pour un mode de vie plus écologique et durable.

    Rappelons que, dans le domaine, de nombreuses alternatives sont développées en ce moment. Citons, par exemple La Denise, un ensemble d’éléments design qui conservent au frais légumes et fruits. Citons également le projet Wakati, un réfrigérateur solaire inventé par un jeune belge à destination des populations africaines qui n’ont pas l’électricité. Les bonnes idées semblent se bousculer pour faire mieux avec moins !

     

    https://mrmondialisation.org/wp-content/uploads/2015/08/mitticool-refrigerator-680x1024.gif

     

    Sources : notimpossiblenow.com / fuelefficiency.org / touslesfiltres.com

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  • Le superordinateur de Google remporte la première manche face au maître du go

    Benoit Georges / Chef de service | Le 09/03 à 10:07, mis à jour à 15:10     Lien
     
    A Lee sedol
     

    Après une rencontre de trois heures et demie, le meilleur joueur mondial de go s’est incliné face au programme de « deep learning » développé par Google Deepmind. Le duel en cinq manches durera jusqu’à mardi prochain.

    Machine 1, humain 0. La première partie opposant Alphago, le système d’intelligence artificielle développé par Google Deepmind, et le champion mondial de go Lee Se-Dol s’est terminée par une défaite du joueur humain. La rencontre, qui se déroulait dans un grand hôtel de Séoul, a duré trois heure et demie. Lee Se-Dol, qui domine le jeu de go depuis plus de dix ans, a finalement dû s’incliner. Pour beaucoup d’observateurs, cette victoire dès la première manche a constitué une surprise. Certes, AlphaGo avait déjà battu, en octobre 2015, par 5 parties à zéro le meilleur joueur européen, Fan Hui, mais le niveau de compétition en Asie de ce jeu de plateau est incomparablement supérieur.

    « J’ai été très surpris parce que je ne pensais pas que je pouvais perdre cette partie. Je n’imaginais pas qu’Alphago pourrait jouer cette partie de manière aussi parfaite », a déclaré le champion coréen à l’issue du match. Visiblement ému, Demis Hassabis, patron de Deepmind, ne cachait pas sa satisfaction : « Nous sommes très excités par ce moment historique, et très fier de cette victoire. Je tiens à rendre hommage à Lee Se-Dol pour cette magnifique partie ». « Voir un ordinateur jouer à ce niveau est quelque chose d’absolument incroyable », a déclaré en fin de partie l’un des commentateurs officiels, Chris Garlock, responsable du site American Go.

    La rencontre, suivie sur place par des centaines de journalistes en majorité coréens, japonais et chinois, est la première d’une série de cinq qui se dérouleront jusqu’à mardi prochain. Le jeu de Go, inventé en Chine il y a plus de 2500 ans, est pratiqué par 40 millions de personnes dans le monde. Il est réputé pour sa complexité, bien supérieure à celle des échecs : «  Le jeu de go est d’une élégance rare : les mouvements sont très simples, mais le jeu est d’une incroyable complexité. Il y a 10 puissance 170 positions possibles, soit davantage que le nombre d’atomes dans l’univers », expliquait Demis Hassabis, cofondateur de Deepmind, à la veille de la rencontre.

    DIAPORAMA Jeu de go : le duel homme-machine

    Racheté par Google en 2014

    Alphago a été développé par la start-up britannique Deepmind, fondée en 2010 à Londres à l’initiative de Demis Hassabis, ancien développeur de jeux vidéos et chercheur en neurosciences. Financée au départ par le Founders Fund de Peter Thiel (cofondateur de Paypal) et par Elon Musk (patron de Tesla et SpaceX), l’entreprise réunit les deux passions d’Hassabis : le jeu et l’intelligence artificielle, plus précisément le « deep learning », basé sur des algorithmes permettant aux ordinateurs d’apprendre par eux-mêmes.

    Deepmind avait notamment permis à des ordinateurs d’apprendre à jouer seuls à des jeux d’Arcade des années 1980, comme Space Invaders ou Breakout. En janvier 2014, Deepmind a été acheté par Google pour une somme estimée à 400 millions de livres (500 millions d’euros). Fin janvier, l’annonce de la victoire d’AlphaGo face à un champion européen avait fait la une de la revue scientifique « Nature ». Les informaticiens spécialistes du jeu de go et les joueurs professionnels estimaient jusque-là qu’une telle avancée ne serait pas possible avant une décennie. Le fait qu’Alphago ait continué à s’entraîner en jouant contre lui-même après le match du mois d’octobre a contribué à sa victoire face à Lee Se-Dol.

    Benoît Georges - envoyé spécial à Séoul


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