• SNCF : l'État va mettre la main à la poche

    SNCF : l'État va mettre la main à la poche

    Manuel Valls a annoncé une série de mesures pour venir en aide à l'entreprise mais n'a pas encore tranché sur une possible prise en charge de la dette.

    Source AFP
    Modifié le 08/06/2016 à 19:43 - Publié le 08/06/2016 à 16:12 | Le Point.fr  LIEN
    Le Premier ministre devant l'Assemblée nationale. 

    Le Premier ministre devant l'Assemblée nationale.  © AFP PHOTO/ ERIC FEFERBERG

     

    Les rallonges financières à la SNCF annoncées mercredi par le gouvernement compensent un peu les concessions sociales faites aux syndicats, mais l'exécutif n'a toujours pas tranché sur une possible reprise par l'État d'une partie de la dette abyssale de la compagnie ferroviaire. Un geste pour le fret, un autre pour les trains Intercités, un troisième pour l'entretien du réseau ferré : le Premier ministre, Manuel Valls, a énuméré les promesses mercredi à l'Assemblée nationale.

     

    La plus grosse enveloppe sera allouée à la "régénération" du réseau, dont le budget sera porté de 2,5 à 2,6 milliards d'euros en 2017, puis progressivement à 3 milliards en 2020. Ce montant avait déjà plus que doublé depuis 2010 et "l'effort sera poursuivi", a souligné Manuel Valls, même si l'objectif reste inférieur aux 3,5 milliards souhaités par la SNCF et aux 4 milliards réclamés par le syndicat Unsa.

     

    Le Premier ministre s'est aussi engagé à "maintenir l'équilibre économique actuel" des Intercités, dont le déficit devrait atteindre 400 millions d'euros cette année. Selon Matignon, cela devrait notamment se traduire par une compensation de l'État en cas de maintien de certaines lignes de nuit. Le gouvernement avait pourtant décidé en février de se désengager de 6 des 8 liaisons existantes, ne laissant comme choix que la privatisation ou la disparition.

     

    Enfin, Manuel Valls a évoqué "une subvention (...) de 90 millions dès cette année et pour les années à venir afin d'alléger le coût des péages pour les opérateurs de fret", SNCF en tête. Il s'agit en réalité de pérenniser une aide existante. "Elle aurait dû baisser, on la maintient", assure Matignon.

     

    Contactée, la SNCF n'a pas souhaité réagir à ces annonces, qui contrebalancent les gages accordés aux syndicats sur le volet social.

     

    Rapport sur la dette en août

     

    Les cheminots ont en effet obtenu un maintien de leurs conditions de travail après l'intervention directe du gouvernement dans les négociations, pour enrayer le mouvement de grève. Véritable camouflet pour la direction, cette ingérence a réduit à néant les économies espérées par le président de la SNCF, Guillaume Pepy, alimentant des rumeurs de démission.

     

    La direction du groupe ne pouvait dès lors compter que sur des contreparties financières de l'État pour sauver l'honneur, en particulier une reprise partielle des 50 milliards d'euros de dette ferroviaire. Mais le Premier ministre n'a pas voulu anticiper l'arbitrage sur ce point sensible, renvoyant à un rapport qui doit être remis au Parlement d'ici août. "Ce rapport examinera les différentes hypothèses de reprise de tout ou partie de cette dette par l'État et la création d'une caisse d'amortissement, ainsi que leurs effets", a-t-il indiqué, assurant aux parlementaires qu'il leur reviendrait "de prendre une décision".

     

    Le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, a laissé transparaître sa préférence, saluant aussitôt "une annonce très importante sur les conditions dans lesquelles une partie de la dette sera reprise". "Cela paraît inéluctable", a confirmé son prédécesseur Frédéric Cuvillier, pour qui "il s'agit de faire respirer le système ferroviaire, de le sauver"

     

    Dans l'opposition, le président de la commission des Finances de l'Assemblée, Gilles Carrez, a dénoncé "une fuite en avant par la dette", qui "n'est pas une manière responsable de résoudre les problèmes". Pareil scénario ne serait pas inédit, puisque l'Insee a déjà obligé l'État à reprendre 8 milliards d'euros de dette ferroviaire en 2007, puis 10 milliards supplémentaires en 2010.

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