• SNCF, RATP, aéroports : une nouvelle semaine de contestation sociale

    SNCF, RATP, aéroports : une nouvelle semaine de contestation sociale

    Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 30.05.2016 à 05h36 • Mis à jour le 30.05.2016 à 08h39

    Le gouvernement n’en a pas terminé avec la contestation de la loi travail : après les carburants, le secteur des transports s’apprête à vivre une semaine agitée, à partir de lundi 30 mai, avec des appels à la grève, reconductibles, lancés pour des motifs mêlant revendications internes et opposition à la loi travail, alors que l’Euro de football approche (10 juin-10 juillet).

    • Carburants : la situation s’améliore

     

    Un militant de la CGT lors du blocage de la raffinerie de Donges, le 27 mai.

    La situation s’est améliorée sur le front des carburants, avec le déblocage de la quasi-totalité des dépôts pétroliers, mais des perturbations perdurent. « Il y aura de l’essence » lundi dans les stations, a assuré dimanche 29 mai le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

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    Sur les huit raffineries françaises, quatre sont toujours à l’arrêt et deux en débit réduit. La grève a été reconduite aux terminaux pétroliers de Marseille et du Havre, qui alimentent Orly et Roissy en kérosène. Le gouvernement a néanmoins imposé un service minimal.

    • Grève à la SNCF dès mardi

    Les opposants au texte ne comptent pas baisser les bras, l’intersyndicale opposée à la loi El Khomri (CGT, FO, Solidaires, FSU, UNEF, FIDL, UNL) ayant appelé « à amplifier les mobilisations », avant la journée nationale d’action, le 14 juin. D’ici là, la mobilisation va se concentrer dans les transports.

    A la SNCF, où de délicates négociations sur le temps de travail des cheminots entrent dans leur phase finale, les quatre syndicats représentatifs (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT) ont déposé des préavis de grève reconductibles à partir de mardi soir. Aux motifs internes, la CGT-cheminots et SUD-Rail ont ajouté l’opposition à la loi travail.

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    Les syndicats espèrent peser sur les négociations qui doivent se poursuivre jusqu’au 6 juin, à quelques jours du coup d’envoi, le 10, de l’Euro de football, dont la SNCF est le transporteur officiel. « On ne va pas empêcher les gens d’aller voir les matchs de foot mais il faut que le gouvernement aussi veuille discuter. Tout est entre [leurs] mains », a lancé M. Martinez.

    • RATP : des perturbations attendues à partir de jeudi

    Pour les Franciliens, des difficultés sont aussi à prévoir à partir de jeudi à la RATP, avec un appel à la grève « illimitée » de la CGT. Le premier syndicat de la régie demande la réouverture des négociations salariales annuelles et le retrait du projet de loi travail. SUD-RATP, troisième force syndicale, a déjà appelé à une grève illimitée à compter du lancement de l’Euro « contre la loi travail » et « la remise en cause du statut RATP ».

    • Les trafics aérien et portuaire touchés

    Le trafic aérien pourrait aussi connaître des perturbations, en raison d’une grève à la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) prévue du 3 au 5 juin, pour des revendications internes. Enfin, dans les ports et docks, la CGT appelle à un arrêt de travail de vingt-quatre heures jeudi contre la loi El Khomri.

    • M. Valls refuse de « renoncer face à un mouvement social »

     

    Manuel Valls, à l’Assemblée nationale, le 25 mai 2016.

    Du côté du gouvernement, le premier ministre, Manuel Valls, a promis dimanche d’aller « jusqu’au bout » sur ce texte et paraît miser sur l’essoufflement de la crise sociale la plus dure du quinquennat, qui menace la reprise économique française. « Nous sommes dans un moment crucial », a-t-il assuré au Journal du dimanche.

    « C’est l’idée même de réforme qui se joue. Il s’agit d’une clarification dans le syndicalisme, d’une clarification à gauche, d’une clarification dans la société française », a ajouté celui qui dit ne pas vouloir rejoindre « la longue liste des (…) politiques qui ont renoncé face à un mouvement social ». « Si nous cédions à la rue et à la CGT parce que nous serions obsédés à court terme par [les élections de] 2017, il ne resterait plus rien », fait-il valoir.

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    Pour la première fois depuis deux mois, le premier ministre a néanmoins appelé samedi le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, qui y a vu un « bon signe ». Dimanche soir, il a exigé le retrait de l’article 2, « colonne vertébrale » du texte qui consacre la primauté de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche. « Si le gouvernement dit “on suspend la procédure parlementaire, on discute, on améliore”, il n’y a pas de problème. C’est ce qu’on dit depuis le début », a-t-il affirmé, se défendant d’infléchir sa position.

    Mais le numéro un de la CFDT, Laurent Berger – également contacté par le premier ministre samedi – a demandé, lui, le « maintien de l’article 2 », en « l’expliquant davantage ». La prochaine étape parlementaire se déroulera au Sénat à partir du 13 juin.

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