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    Trois personnes liées aux attentats de janvier 2015 interpellées dans le Loiret

     

    Par Willy Le Devin 15 mars 2016 à 20:51    Lien
     
     

     

     

    Le siège de la sous-direction de la lutte antiterroriste (Sdat) le 15 novembre 2015 à Levallois-Perret. Photo LIONEL BONAVENTURE. AFP

     

    Les policiers de la sous-direction antiterroriste de la PJ, épaulés par des hommes de la police judiciaire d’Orléans, ont interpellé trois personnes mardi matin dans le Loiret.

     

     

    Les policiers de la sous-direction antiterroriste de la PJ (Sdat), épaulés par des hommes de la police judiciaire d’Orléans, ont interpellé trois personnes ce matin dans le Loiret. Ils agissaient dans le cadre de l’enquête sur les attentats perpétrés en janvier 2015 à Paris. Les deux premières personnes, un couple, ont été arrêtées dans le quartier Chautemps à Montargis (Loiret).

    L’homme, âgé de 48 ans, est suspecté d’avoir apporté une aide à Amedy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Pour les services spécialisés, il n’a rien d’un inconnu. Cet ancien braqueur s’est converti lors d’un séjour en prison et a décidé de se faire appeler «Abderahmane de Montargis». En 2001, il croise Smaïn Ait Ali Belkacem, l’artificier des attentats de 1995, à son arrivée dans le bâtiment D2 de Fleury-Mérogis. Proche de la cellule radicale Ansar al-Fath (les partisans de la victoire), il a comparu en 2008 devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir projeté un attentat contre le siège de la Direction de la surveillance du territoire (DST, future DGSI) et l’aéroport d’Orly.

    A l’époque, les policiers le serrent quelques jours avant un départ au Liban. A trois reprises, il aurait notamment expérimenté des engins explosifs dans le jardin d’une ferme du Loiret. C’est lors d’écoutes judiciaires que les enquêteurs se sont aperçus qu’Abderahmane était proche de Chérif Kouachi et d’Amedy Coulibaly, et ce notamment via leurs épouses. Selon France 3 Centre Val-de-Loire, il était assigné à résidence et ferait l’objet d’une fiche S émise par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

    Sa conjointe actuelle, âgée de 30 ans, était, elle, selon une source judiciaire, un «contact régulier» d’Hayat Boumeddiene, la compagne d’Amedy Coulibaly, partie en Syrie quelques jours avant les attentats commis par son mari. La troisième personne, enfin, interpellée à Villemandeur près de Montargis, est le fils de l’homme de 48 ans. Agé de 26 ans, il était lui aussi dans le collimateur des services de renseignement pour ses connaissances dans les milieux radicaux. Les trois personnes sont actuellement en garde à vue dans les locaux de la Sdat à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

      Willy Le Devin
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    Syrie :   A Raqqa, le témoignage des femmes prisonnières des fous de Daech

     

    Une nouvelle vidéo filmée à Raqqa (Syrie) en caméra cachée, diffusée ce lundi 14 mars par un média suédois montre que la folie de l'Etat islamique se cache aussi bien dans les actes barbares des fous de Dieu que dans l’insignifiance du quotidien.
    Les fous d'Allah ont pris le contrôle de Raqqa et des femmes - SIPA

    Elles ont filmé leur quotidien, au péril de leur vie. Oum Omran et Oum Mohammad, vivent à Raqqa, en Syrie, au cœur de l’Etat islamique. Si les deux femmes s’étaient faites prendre, elles auraient au mieux risqué les coups de fouets, au pire la lapidation. Mais elles ont osé. Osé montrer que l’horreur, dans les territoires contrôlés par l’organisation terroriste, se cache aussi bien dans les actes barbares des fous de Dieu que dans l’insignifiance du quotidien.

    La vidéo, (une quinzaine de minutes d’images, à voir ci-dessous) diffusée par le média suédois Expressen TV, ce lundi 14 mars, s’ouvre ainsi sur une scène d’une étrange banalité : l’une des jeunes femmes rentre dans une épicerie à la recherche d’une teinture pour ses cheveux. Sauf que sur les paquets, les visages des femmes ont disparu, gribouillés au marqueur noir.

    "Vous pouvez voir de quelle couleur [de teinture] il s’agit ?", demande alors l’une des jeunes femmes dont la caméra est cachée sous le voile intégral. Face à sa réaction, interloquée, le vendeur, qui répond par l’affirmative, apporte bientôt une drôle d’explication. Le noir, sur les paquets, représente "un niqab". Mais un niqab qui laisse exceptionnellement entrevoir la couleur… des cheveux.

     

    mais aussi folie de l'application ultra-rigoriste de la Charia, qui prive désormais les femmes à Raqqa de tout, sauf du devoir de se taire et d'obéir. Interdites de sortir seules, non voilées, de prendre seules un taxi, de travailler bien sûr, mais aussi d'aller à l'école ou à l'université, les femmes sont en effet en première ligne face à des bourreaux, armés, souvent venus d'ailleurs, de France notamment, qui pillent, violent, tuent, et exposent leurs trophées, au public. 

    Si quelques unes des images de ces mises à morts ont déjà filtré dans la presse, y compris grâce à Daech qui en fait un argument de propagande, Oum Omran et Oum Mohammad détaillent l'ampleur des dispositifs de torture et de terreur imaginés par Daech, qui ne se contente pas, par exemple, d'assassiner les "traitres" mais laisse leurs cadavres à même le sol jusqu'à ce que les voitures, qui roulent dessus, à longueur de journée, les réduisent littéralement en poussière.

    Les deux femmes, elles, tentent de survivre, entres les bombes et les contrôles. On ne verra ni leurs visages, pas plus que l'on entendra leurs voix. L'une d'entre elles lancera cependant, dans les dernières secondes de la vidéo, un ultime appel pour la "liberté", en laissant apparaître sa longue chevelure brune...

      Abonnez-vous Inscrivez-vous Accueil Accueil Politique Economie Social Société Médias Monde Culture Idées Savoir-Vivre Parti pris L'Agora Syrie : A Raqqa, le témoignage des femmes prisonnières des fous de Daech Mardi 15 Mars 2016 à 13:32 Patricia Neves Une nouvelle vidéo filmée à Raqqa (Syrie) en caméra cachée, diffusée ce lundi 14 mars par un média suédois montre que la folie de l'Etat islamique se cache aussi bien dans les actes barbares des fous de Dieu que dans l’insignifiance du quotidien. Les fous d'Allah ont pris le contrôle de Raqqa et des femmes - SIPA Elles ont filmé leur quotidien, au péril de leur vie. Oum Omran et Oum Mohammad, vivent à Raqqa, en Syrie, au cœur de l’Etat islamique. Si les deux femmes s’étaient faites prendre, elles auraient au mieux risqué les coups de fouets, au pire la lapidation. Mais elles ont osé. Osé montrer que l’horreur, dans les territoires contrôlés par l’organisation terroriste, se cache aussi bien dans les actes barbares des fous de Dieu que dans l’insignifiance du quotidien. La vidéo, (une quinzaine de minutes d’images, à voir ci-dessous) diffusée par le média suédois Expressen TV, ce lundi 14 mars, s’ouvre ainsi sur une scène d’une étrange banalité : l’une des jeunes femmes rentre dans une épicerie à la recherche d’une teinture pour ses cheveux. Sauf que sur les paquets, les visages des femmes ont disparu, gribouillés au marqueur noir. "Vous pouvez voir de quelle couleur [de teinture] il s’agit ?", demande alors l’une des jeunes femmes dont la caméra est cachée sous le voile intégral. Face à sa réaction, interloquée, le vendeur, qui répond par l’affirmative, apporte bientôt une drôle d’explication. Le noir, sur les paquets, représente "un niqab". Mais un niqab qui laisse exceptionnellement entrevoir la couleur… des cheveux. Absurdité mais aussi folie de l'application ultra-rigoriste de la Charia, qui prive désormais les femmes à Raqqa de tout, sauf du devoir de se taire et d'obéir. Interdites de sortir seules, non voilées, de prendre seules un taxi, de travailler bien sûr, mais aussi d'aller à l'école ou à l'université, les femmes sont en effet en première ligne face à des bourreaux, armés, souvent venus d'ailleurs, de France notamment, qui pillent, violent, tuent, et exposent leurs trophées, au public. Si quelques unes des images de ces mises à morts ont déjà filtré dans la presse, y compris grâce à Daech qui en fait un argument de propagande, Oum Omran et Oum Mohammad détaillent l'ampleur des dispositifs de torture et de terreur imaginés par Daech, qui ne se contente pas, par exemple, d'assassiner les "traitres" mais laisse leurs cadavres à même le sol jusqu'à ce que les voitures, qui roulent dessus, à longueur de journée, les réduisent littéralement en poussière. Les deux femmes, elles, tentent de survivre, entres les bombes et les contrôles. On ne verra ni leurs visages, pas plus que l'on entendra leurs voix. L'une d'entre elles lancera cependant, dans les dernières secondes de la vidéo, un ultime appel pour la "liberté", en laissant apparaître sa longue chevelure brune... Lire aussi >> Syrie : "On nous ment, les femmes ne viennent que pour le repos du guerrier" >> Sophie, revenue de Syrie : "Daech n'est qu'un gros mensonge"

    Abonnez-vous Inscrivez-vous Accueil Accueil Politique Economie Social Société Médias Monde Culture Idées Savoir-Vivre Parti pris L'Agora Syrie : A Raqqa, le témoignage des femmes prisonnières des fous de Daech Mardi 15 Mars 2016 à 13:32 Patricia Neves Une nouvelle vidéo filmée à Raqqa (Syrie) en caméra cachée, diffusée ce lundi 14 mars par un média suédois montre que la folie de l'Etat islamique se cache aussi bien dans les actes barbares des fous de Dieu que dans l’insignifiance du quotidien. Les fous d'Allah ont pris le contrôle de Raqqa et des femmes - SIPA Elles ont filmé leur quotidien, au péril de leur vie. Oum Omran et Oum Mohammad, vivent à Raqqa, en Syrie, au cœur de l’Etat islamique. Si les deux femmes s’étaient faites prendre, elles auraient au mieux risqué les coups de fouets, au pire la lapidation. Mais elles ont osé. Osé montrer que l’horreur, dans les territoires contrôlés par l’organisation terroriste, se cache aussi bien dans les actes barbares des fous de Dieu que dans l’insignifiance du quotidien. La vidéo, (une quinzaine de minutes d’images, à voir ci-dessous) diffusée par le média suédois Expressen TV, ce lundi 14 mars, s’ouvre ainsi sur une scène d’une étrange banalité : l’une des jeunes femmes rentre dans une épicerie à la recherche d’une teinture pour ses cheveux. Sauf que sur les paquets, les visages des femmes ont disparu, gribouillés au marqueur noir. "Vous pouvez voir de quelle couleur [de teinture] il s’agit ?", demande alors l’une des jeunes femmes dont la caméra est cachée sous le voile intégral. Face à sa réaction, interloquée, le vendeur, qui répond par l’affirmative, apporte bientôt une drôle d’explication. Le noir, sur les paquets, représente "un niqab". Mais un niqab qui laisse exceptionnellement entrevoir la couleur… des cheveux. Absurdité mais aussi folie de l'application ultra-rigoriste de la Charia, qui prive désormais les femmes à Raqqa de tout, sauf du devoir de se taire et d'obéir. Interdites de sortir seules, non voilées, de prendre seules un taxi, de travailler bien sûr, mais aussi d'aller à l'école ou à l'université, les femmes sont en effet en première ligne face à des bourreaux, armés, souvent venus d'ailleurs, de France notamment, qui pillent, violent, tuent, et exposent leurs trophées, au public. Si quelques unes des images de ces mises à morts ont déjà filtré dans la presse, y compris grâce à Daech qui en fait un argument de propagande, Oum Omran et Oum Mohammad détaillent l'ampleur des dispositifs de torture et de terreur imaginés par Daech, qui ne se contente pas, par exemple, d'assassiner les "traitres" mais laisse leurs cadavres à même le sol jusqu'à ce que les voitures, qui roulent dessus, à longueur de journée, les réduisent littéralement en poussière. Les deux femmes, elles, tentent de survivre, entres les bombes et les contrôles. On ne verra ni leurs visages, pas plus que l'on entendra leurs voix. L'une d'entre elles lancera cependant, dans les dernières secondes de la vidéo, un ultime appel pour la "liberté", en laissant apparaître sa longue chevelure brune... Lire aussi >> Syrie : "On nous ment, les femmes ne viennent que pour le repos du guerrier" >> Sophie, revenue de Syrie : "Daech n'est qu'un gros mensonge".

     
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    Terrorisme

    «L’attentat en Côte-d’Ivoire confirme

    la surenchère mortifère des groupes jihadistes»

    Par Maria Malagardis 14 mars 2016 à 15:58 (mis à jour à 17:06) Lien
     
     
     

    Une personne blessée sur la plage de Grand-Bassam dimanche est évacuée par les forces de sécurité ivoiriennes. Photo Joe Penney. Reuters

     

    Que révèle l’attaque dimanche de la station balnéaire de Grand-Bassam ? L’analyse d’un spécialiste de la région, Frédéric Lejeal, alors que deux ministres français, Bernard Cazeneuve et Jean-Marc Ayrault, se rendent dans le pays ce mercredi.

     

     

    A qui le tour ? Après Bamako au Mali, Ouagadougou au Burkina Faso… Voici que le terrorisme a frappé dimanche Grand-Bassam aux portes d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne. L'attaque a fait 21 morts (15 civils, trois militaires et trois terroristes, selon le dernier bilan officiel des autorités, qui avaient dans un premier temps parlé de six terroristes tués) En quatre mois, l’Afrique de l’Ouest francophone a ainsi connu trois «Bataclan». Une stratégie de la terreur que décrypte Frédéric Lejeal, rédacteur en chef de la Lettre du Continent, publication de référence, spécialisée sur l’Afrique. 

    L’attaque terroriste de la station balnéaire de Grand-Bassam est une première dans ce pays. Comment faut-il l’interpréter ?

    Depuis plusieurs mois, on savait que la Côte-d’Ivoire, et le Sénégal, étaient des cibles potentielles en raison surtout de leur attrait touristique. Tous les services étaient au courant. On l’oublie souvent mais, il y a un an, une gendarmerie ivoirienne avait déjà été attaquée dans le nord de ce pays. Et depuis l’attentat de Ouagadougou au Burkina Faso le 15 janvier [qui s’est soldé par trente morts devant deux hôtels de la capitale, ndlr], la sécurité avait été renforcée également en Côte-d’Ivoire. Mais il est très difficile d’appréhender ces petits groupes très mobiles, très atomisés. Reste que je ne crois pas que cette attaque était spécifiquement antifrançaise. Bien sûr, Grand-Bassam [ancienne capitale coloniale] est un bastion d’expatriés, surtout pendant le week-end. Mais la plupart des victimes sont ivoiriennes, il ne faut pas l’oublier. L’attaque confirme d’abord la surenchère mortifère à laquelle se livrent les groupes jihadistes présents dans la région.

    En quoi cet attentat conforterait-il la stratégie d’un groupe particulier ?

    L’attaque a très vite été revendiquée par Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) et par Al-Mourabitoune [le groupe dirigé par l’insaisissable Mokhtar Belmokhtar, également instigateur des attaques de Bamako et Ouagadougou, qui a fait allégeance à Aqmi en décembre 2015]. Jusqu’à récemment, Aqmi s’était spécialisé dans les prises d’otages d’Occidentaux. Harcelé par les actions militaires dans le Nord-Mali, depuis le lancement de l’opération Serval en 2013, ce groupe opte depuis peu pour un autre mode opératoire. Plus violent, plus spectaculaire et qui lui permet en outre de contrebalancer l’influence de l’Etat islamique (EI) dans la région. Même si l’EI se concentre pour le moment sur l’Afrique du Nord et notamment la Libye, c’est une façon de frapper les esprits et de sanctuariser un territoire, l’Afrique de l’Ouest, à travers des actions violentes.

    Cette attaque ne signe-t-elle pas l’échec de la stratégie militaire des Occidentaux et notamment des Français, qui interviennent pourtant au Sahel depuis 2013, sans jamais avoir réussi à coincer Belmokhtar, donné plusieurs fois mort ?

    Mokhtar Belmokhtar est vraisemblablement toujours au Nord-Mali où il bénéficie de relais et de complicités locales. Il a réussi à déjouer toutes les tentatives pour l’éliminer, mais il ne faut pas oublier que le Nord-Mali est aussi vaste que l’Europe. Ce ne sont pas 3 500 militaires français qui peuvent couvrir tout ce territoire. Sans compter que l’opération française Barkhane [qui a succédé à Serval en août 2014] qui protège la région est actuellement affaiblie. Ses équipements et ses effectifs sont en baisse, transférés notamment vers d’autres théâtres d’opération : la Libye et la Syrie. Mais face à ce type d’attentats, la réponse militaire est de toute façon insuffisante.

    Quelles conséquences cette attaque aura-t-elle pour la Côte-d’Ivoire, peut-elle y faire face ?

    Les forces de sécurité ivoiriennes sont dans l’ensemble efficaces et actives, elles ont d’ailleurs réagi très rapidement. Ces derniers mois, la surveillance des frontières a été renforcée, celle des imams radicaux également. Et le président, Alassane Ouattara, prépare une grande réforme des services secrets qui seront plus étroitement rattachés à la présidence. Par ailleurs, cette attaque ne devrait pas avoir d’effets sur les investissements étrangers, ni sur les milieux d’affaires. C’est un pays au tissu économique solide, même si la Côte-d’Ivoire reste fragile après dix ans de guerre civile larvée. Reste qu’on assistait à une indéniable reprise et que la fréquentation touristique va certainement baisser alors que de grands projets étaient en cours d’achèvement. Ce genre d’attaques est toujours préjudiciable à l’image du pays. Mais c'est aussi le but : les terroristes cherchent également à déstabiliser l’économie du pays visé.

    Maria Malagardis
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    Turquie: premières arrestations

    après l'attentat meurtrier d'Ankara,

    le PKK mis en cause

     

     

    Une victime d'un attentat à la voiture piégée, le 13 mars 2016 à Ankara, est transportée dans un hôpital de la capitale turque ZOOM

    Une victime d'un attentat à la voiture piégée, le 13 mars 2016 à Ankara, est transportée dans un hôpital de la capitale turque / AFP

    La police turque a arrêté lundi plusieurs suspects au lendemain d'un attentat-suicide à la voiture piégée qui a fait au moins 36 morts à Ankara et porte, selon le gouvernement, la marque des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

    Quelques heures après cette attaque meurtrière, l'aviation a pilonné en représailles plusieurs bases du PKK dans les montagnes du nord de l'Irak, notamment autour de Kandil et de Gara, a annoncé l'état-major.

    De quatre à six personnes ont également été interpellées dans la ville de Sanliurfa, dans le sud-est à majorité kurde du pays où a été acheté le véhicule piégé qui a explosé dimanche soir contre un autobus sur la très fréquentée place Kizilay.

    Ce nouveau coup porté au coeur d'Ankara, le deuxième en moins d'un moins, met en difficulté le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, dont le parti a remporté les législatives du 1er novembre en promettant "l'éradication" de la rébellion kurde et en se posant en rempart contre le "chaos".

    L'attentat commis dimanche soir n'a pas été revendiqué mais les autorités turques ont rapidement pointé du doigt la piste des "terroristes" kurdes.

    "Nous pensons que l'un des responsables est une femme ayant des liens avec le PKK", a affirmé sous couvert de l'anonymat à l'AFP un responsable turc. Selon la presse turque, Seher Cagla Demir, 24 ans, étudiante à l'université de Balikesir (nord-ouest), a été identifiée grâce à ses empreintes digitales.

    Les autorités suggèrent la présence à bord du véhicule d'un deuxième "kamikaze". Selon un nouveau bilan annoncé par le ministre de la Santé Mehmet Müezzinoglu, au moins 36 personnes ont été tuées et plus de 120 autres blessées.

    Le 17 février, un attentat similaire avec un véhicule suicide piégé avait détruit à Ankara des bus transportant des personnels militaires, faisant 29 morts. Un groupe radical dissident du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), qui s'est illustré depuis dix ans en attaquant cibles civiles et sites touristiques, avait revendiqué l'opération et annoncé de nouvelles attaques.

    Les dirigeants turcs avaient été très prompts à attribuer l'attentat du 17 février aux kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), avec le soutien du PKK. Ces deux mouvements avaient catégoriquement rejeté ces accusations.

    - "Aucune précaution" -

    Depuis l'été dernier, de violents combats ont repris entre les forces de sécurité et le PKK dans de nombreuses villes du sud-est du pays, peuplé en majorité de Kurdes. Ils ont fait de nombreuses morts dans les deux camps et tué des dizaines de civils.

    Ces affrontements ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés par le gouvernement turc avec le PKK à l'automne 2012.

    "Le +soulèvement+ lancé par le PKK n'a pas marché. Même la population kurde s'est distanciée de ses opérations dans les villes du sud-est anatolien", a commenté à l'AFP Can Acun, de la Fondation turque pour les recherches politiques, économiques et sociales (Seta). "Frustré, le PKK semble avoir opté pour des actes retentissants".

    Les funérailles des premières victimes se sont déroulées lundi à Ankara.

    "Cela fait plus d'une semaine que les gens parlent du risque d'un nouvel attentat à la bombe et l'Etat ne prend aucune précaution", a déploré Nihat Görgülü, l'oncle d'une des victimes, "l'Etat se moque des citoyens".

    L'ambassade des Etats-Unis en Turquie avait alerté vendredi ses ressortissants sur une "possible attaque terroriste" à Ankara visant "des bâtiments du gouvernement turc".

    L'opposition turque a elle aussi clairement mis en cause la responsabilité de son gouvernement. "La Turquie n'est pas bien gouvernée", a déploré le chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), Kemal Kiliçdaroglu. "Nous ne méritons pas cette situation insupportable où les parents enterrent leurs enfants", a-t-il jugé.

    En plus du conflit kurde, le pays a été frappé à quatre reprises depuis juin par une série d'attentats meurtriers attribués par les autorités au groupe Etat islamique (EI).

    Le plus meurtrier d'entre eux, le 10 octobre à Ankara, avait été perpétré par deux kamikazes qui s'étaient fait exploser au milieu de manifestants de la cause kurde devant la gare centrale de la ville, faisant 103 morts.

     

    afp
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  • ce que l'on sait

    Attentat en Côte d'Ivoire : ce que l'on sait 
    Une fusillade a éclaté à la mi-journée dans le secteur très touristique de Grand-Bassam
    en Côte d'ivoire. ((SIA KAMBOU / AFP))

    Une fusillade visant des hôtels fréquentés par des

    touristes occidentaux a éclaté à la mi-journée à

    Grand-Bassam en Côte d'Ivoire.

     

    Des tirs ont été entendus à la mi-journée dans la station balnéaire touristique de Grand Bassam située à une quarantaine de kilomètres à l'est d'Abidjan en Côte d'Ivoire.

    Aucun bilan officiel n'est disponible pour l'heure mais plusieurs témoignages font état de nombreuses victimes. Sur Facebook, le gouvernement ivroirien a fait état de 11 victimes, dont un enfant de cinq ans, avant de retirer sa publication.

    Tirs depuis la plage

    Selon un témoin cité par RFI, de nombreux coups de feu à l'arme de poing auraient été entendus à la mi-journée depuis la plage jouxtant les nombreux hôtels de ce secteur très touristique. Une seconde fusillade aurait éclaté l'intérieur de l'hôtel de l'Etoile du Sud, situé dans le quartier France, fréquenté par de nombreux expatriés.


     
    Plusieurs hommes armés de kalachnikovs sont arrivés vers 13 heures et ont ouvert le feu sur les baigneurs et les personnes présentes sur la plage. Nous avons évacués deux blessés", indique le personnel de l'Hotel Koral Beach, joint par "L'Obs".

    Ces assaillants "puissamment armés et portant des cagoules ont tiré sur les occupants de L'Etoile du sud, un grand hôtel pris d'assaut par les expatriés en cette période de canicule," a expliqué un autre témoin.

    Bilan incertain

    Plusieurs centaines de personnes attendaient toujours à la mi-journée à l'entrée du quartier France, qui marque l'entrée de la vieille ville, séparée de la partie moderne par un pont. Une dizaine d'ambulances étaient également stationnées. Un journaliste de l'AFP a vu une dizaine de personnes, dont une occidentale blessée, évacuées dans un camion militaire.

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    2 hil y a 2 heures
     

    : atleast 6 people dead after Gunmen in attacked Grand Bassam beach near a popular resort

     
     
     
     
     
     
     
     

    SA PAN HOO SA PAN HOOO HEEE ALLAH QUE DIEU NOUS GARDE

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    Attentat en Côte d'Ivoire : ce que l'on sait
     

    Des véhicules militaires, transportant des mitrailleuses lourdes, et des chasseurs traditionnels dozo armés sont déployés dans la zone de l'attaque.

    Sur les réseaux sociaux, plusieurs photos montrent de nombreux corps ensanglantés, ainsi que du matériel militaire - dont des grenades et des chargeurs de kalachnikov - qui pourrait appartenir aux assaillants.

     

    : atleast 6 people dead after Gunmen in attacked Grand Bassam beach near a popular resort pic.twitter.com/XSHv6ztMgP

    : Images of weapons used by terrorists in attack - @lopezdobe pic.twitter.com/yacmby8xJl

    Voir l'image sur Twitter Voir l'image sur Twitter

    Selon un premier bilan provisoire, au moins cinq personnes ont été tuées dans l'attaque, a indiqué la source militaire qui a demandé à conserver l'anonymat, sans préciser les motivations des assaillants. Un journaliste présent sur place a indiqué avoir vu de son côté sept corps sur la plage et un autre dans l'hôtel Etoile du Sud, un des établissements attaqués. 

    L'Obs

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    Actualité   International

     

    Daech : une chaîne de TV britannique récupère les noms de 22 000 membres

    La chaîne d'information Sky News a mis la main sur une clé USB appartenant à un ancien combattant. Elle a tranmis les informations aux autorités.

    Source AFP
    Publié le 10/03/2016 à 06:58 | Le Point.fr
    L'État islamique a subi un coup dur. Image d'illustration.

    L'État islamique a subi un coup dur. Image d'illustration. © PLANET PIX/ZUMA-REA

     

     

     

    C'est peut-être un événement majeur dans la lutte contre Daech. La chaîne d'information Sky News affirme avoir mis la main sur des documents contenant les noms de 22 000 membres de l'État islamique (EI), une fuite potentiellement dévastatrice pour le groupe djihadiste, selon des experts. C'est un ex-membre de l'EI désabusé qui a remis à la chaîne britannique une clé USB contenant les fichiers, volés au chef de la police interne de l'organisation djihadiste, selon Sky News.

     

    Les documents en question, qui contiennent les noms, adresses ou encore numéros de téléphone des recrues, sont des formulaires remplis par des ressortissants de 55 pays ayant rejoint l'EI, a ajouté Sky News. Certains contiendraient des informations sur des djihadistes jusqu'à présent non identifiés qui se trouvent en Europe occidentale, aux États-Unis, au Canada, au Maghreb et au Moyen-Orient, selon la chaîne.

     

    "Sky News a informé les autorités de cette prise", a indiqué la chaîne sur son site. Les ministères britanniques de l'Intérieur et des Affaires étrangères n'étaient pas disponibles dans l'immédiat pour réagir. Groupe sanguin, nom de jeune fille de leur mère ou encore "niveau de compréhension de la charia", la loi islamique... Les recrues de l'EI doivent répondre en tout à 23 questions, selon des reproductions de formulaires diffusées par Sky News.

     

    L'EI est vulnérable

     

    De précédentes fuites de documents avaient déjà trahi la tendance bureaucratique prononcée de l'EI. Mais si celle-ci est confirmée, elle constituerait par son ampleur la fuite la plus importante. Sur Twitter, Richard Barrett, ancien patron du contre-terrorisme au sein du renseignement extérieur britannique, a qualifié le butin de "ressource inestimable pour les analystes".

     

    "Ce pourrait être un événement majeur", a déclaré Chris Phillips, directeur général du cabinet International Protect and Prepare Security Office. "Cela montre combien l'EI est vulnérable aux siens qui se retournent contre lui", a-t-il estimé. Les documents transmis à Sky News pourraient être utilisés lors de futurs procès, selon Chris Phillips, et permettre de réduire le nombre de départs de ressortissants de pays européens ou nord-américains vers les zones contrôlées par l'EI. "Comprendre la manière dont ces gens ont voyagé et qui les a recrutés est essentiel pour réduire (le nombre) de futurs départs", a-t-il soutenu.

     

    Plusieurs milliers de citoyens européens ont rejoint les rangs de cette organisation qui a conquis de vastes zones en Syrie et en Irak et proclamé en 2014 le "califat", et les autorités de leurs pays d'origine craignent qu'ils ne commettent des attentats à leur retour. Certains noms de djihadistes déjà identifiés sont contenus dans les documents. C'est le cas, par exemple, d'Abdel-Majed Abdel Bary, un ancien rappeur originaire de Londres qui s'est illustré en postant sur Twitter une photo de lui brandissant une tête tranchée.

     

    Bientôt une implosion

     

    Autre nom connu en Grande-Bretagne, celui de Junaid Hussain, un hackeur de l'EI orginaire de Birmingham (centre) tué dans une frappe de drone en août. Les documents ont été livrés à Sky News par un ancien combattant de l'Armée syrienne libre ayant rejoint les rangs de l'EI et se faisant appeler "Abu Hamed". Une fois les documents dérobés, il les a transmis à un journaliste en Turquie, expliquant avoir quitté l'EI à cause de l'"effondrement des principes islamiques auxquels il croit" au sein du groupe. "Cette organisation est une escroquerie, ce n'est pas l'islam", dit-il dans une vidéo diffusée par Sky News où il apparaît le visage dissimulé, espérant que les documents qu'il a livrés permettraient, "si Dieu le veut", de détruire l'EI.

     

    "Ces informations doivent évidemment être utilisées. Elles appartiennent à ceux qui combattent l'État islamique", poursuit-il. Selon lui, l'organisation djihadiste aurait abandonné son quartier général de la ville de Raqqa (nord de la Syrie) pour le désert. Cette fuite de documents "montre qu'il existe des voix dissidentes dans les rangs de l'EI", a dit Olivier Guitta, directeur général du cabinet de conseil GlobalStrat. "Comme dans toute organisation d'envergure, il y aura des luttes de pouvoir et on pourrait voir à l'avenir une possible implosion de l'EI en différentes factions", a-t-il ajouté.

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  • Attentats de Paris : les deux suspects arrêtés en Autriche identifiés

    Munis de faux passeports syriens, ils ont été arrêtés le 10 décembre à Salzbourg, à la frontière allemande, où ils étaient arrivés fin novembre.

    Source AFP
    Publié le 09/03/2016 à 19:18 | Le Point.fr   Lien
    Deux suspects arrêtés en Autriche dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris ont été identifiés.

    Deux suspects arrêtés en Autriche dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris ont été identifiés. © SVEN HOPPE/Dpa

    Deux suspects arrêtés en décembre dans un centre de réfugiés en Autriche, fortement soupçonnés d'avoir projeté des attaques djihadistes en Europe , ont été identifiés dans le cadre de l'enquête sur les attentats parisiens, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier. Un Algérien de 28 ans et un Pakistanais de 34 ans, munis de faux passeports syriens, ont été arrêtés le 10 décembre à Salzbourg, à la frontière allemande, où ils étaient arrivés fin novembre.

    Très vite, les enquêteurs ont mis en évidence de "très fortes présomptions" à leur encontre, estimant qu'il s'agissait "de terroristes envoyés par l'État islamique en Europe", selon une source proche du dossier. Ils sont actuellement en détention provisoire en Autriche dans le cadre d'une enquête antiterroriste. L'Algérien aurait rejoint l'organisation djihadiste État islamique (EI) en février 2015, et le Pakistanais est décrit comme un artificier pour deux groupes djihadistes pakistanais, réputés proches d'Al-Qaïda, selon cette source.

    En lien avec Ahmed Dahmani

    Les enquêteurs français et autrichiens cherchent aussi à savoir s'ils devaient jouer un rôle lors des attentats du 13 novembre à Paris et près du Stade de France, qui ont fait 130 morts. Au fil des investigations, des coïncidences troublantes sont apparues. Les deux hommes ont débarqué sur l'île de Léros en Grèce le 3 octobre, parmi un groupe de 198 migrants dans lequel s'étaient infiltrés deux kamikazes du Stade de France, voyageant eux aussi avec de faux passeports syriens. Ils sont alors interpellés pour possession de faux documents et incarcérés jusqu'au 28 octobre. À leur sortie de prison, ils font l'objet d'une procédure d'expulsion leur enjoignant de quitter la Grèce sous 30 jours.

    Le cerveau présumé des attentats, Abdelhamid Abaaoud, tué lors de l'assaut policier à Saint-Denis après les attentats parisiens, avait été repéré en Grèce en septembre. Les enquêteurs ont retrouvé dans le portable du suspect algérien un numéro de téléphone turc, connu des services "comme étant en lien avec des membres d'un réseau de soutien logistique à l'organisation État islamique", selon une source proche du dossier. Or ce numéro est le même que celui retrouvé dans la poche d'un des kamikazes du Stade de France.

    Il aurait aussi été en lien avec Ahmed Dahmani, un Belgo-Marocain soupçonné d'avoir participé au repérage des cibles des attentats parisiens et arrêté en Turquie. Autre élément : les téléphones de l'Algérien et d'un proche d'Abdelhamid Abaaoud interpellé le 17 janvier 2015 en Grèce contenaient un même numéro de téléphone grec.

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  • Attentats de Paris : les deux suspects arrêtés en Autriche identifiés

    Munis de faux passeports syriens, ils ont été arrêtés le 10 décembre à Salzbourg, à la frontière allemande, où ils étaient arrivés fin novembre.

    Source AFP
    Publié le 09/03/2016 à 19:18 | Le Point.fr   Lien
    Deux suspects arrêtés en Autriche dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris ont été identifiés.

    Deux suspects arrêtés en Autriche dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris ont été identifiés. © SVEN HOPPE/Dpa

    Deux suspects arrêtés en décembre dans un centre de réfugiés en Autriche, fortement soupçonnés d'avoir projeté des attaques djihadistes en Europe , ont été identifiés dans le cadre de l'enquête sur les attentats parisiens, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier. Un Algérien de 28 ans et un Pakistanais de 34 ans, munis de faux passeports syriens, ont été arrêtés le 10 décembre à Salzbourg, à la frontière allemande, où ils étaient arrivés fin novembre.

    Très vite, les enquêteurs ont mis en évidence de "très fortes présomptions" à leur encontre, estimant qu'il s'agissait "de terroristes envoyés par l'État islamique en Europe", selon une source proche du dossier. Ils sont actuellement en détention provisoire en Autriche dans le cadre d'une enquête antiterroriste. L'Algérien aurait rejoint l'organisation djihadiste État islamique (EI) en février 2015, et le Pakistanais est décrit comme un artificier pour deux groupes djihadistes pakistanais, réputés proches d'Al-Qaïda, selon cette source.

    En lien avec Ahmed Dahmani

    Les enquêteurs français et autrichiens cherchent aussi à savoir s'ils devaient jouer un rôle lors des attentats du 13 novembre à Paris et près du Stade de France, qui ont fait 130 morts. Au fil des investigations, des coïncidences troublantes sont apparues. Les deux hommes ont débarqué sur l'île de Léros en Grèce le 3 octobre, parmi un groupe de 198 migrants dans lequel s'étaient infiltrés deux kamikazes du Stade de France, voyageant eux aussi avec de faux passeports syriens. Ils sont alors interpellés pour possession de faux documents et incarcérés jusqu'au 28 octobre. À leur sortie de prison, ils font l'objet d'une procédure d'expulsion leur enjoignant de quitter la Grèce sous 30 jours.

    Le cerveau présumé des attentats, Abdelhamid Abaaoud, tué lors de l'assaut policier à Saint-Denis après les attentats parisiens, avait été repéré en Grèce en septembre. Les enquêteurs ont retrouvé dans le portable du suspect algérien un numéro de téléphone turc, connu des services "comme étant en lien avec des membres d'un réseau de soutien logistique à l'organisation État islamique", selon une source proche du dossier. Or ce numéro est le même que celui retrouvé dans la poche d'un des kamikazes du Stade de France.

    Il aurait aussi été en lien avec Ahmed Dahmani, un Belgo-Marocain soupçonné d'avoir participé au repérage des cibles des attentats parisiens et arrêté en Turquie. Autre élément : les téléphones de l'Algérien et d'un proche d'Abdelhamid Abaaoud interpellé le 17 janvier 2015 en Grèce contenaient un même numéro de téléphone grec.

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  • Khartoum : disparition d'Hassan al-Tourabi, "pape noir du terrorisme"

    Dans les années 1990, Hassan al-Tourabi avait accueilli au Soudan Carlos et Ben Laden. "Le Point" s'était entretenu avec ce francophone, diplômé de la Sorbonne.

    Par
    Publié le 07/03/2016 à 13:10 | Le Point.fr Lien
    Hassan al-Tourabi, à l'occasion d'une rencontre avec "Le Point" à Khartoum.

    Hassan al-Tourabi, à l'occasion d'une rencontre avec "Le Point" à Khartoum. © Ian Hamel

    Disparu à l'âge de 84 ans samedi 5 mars, Hassan al-Tourabi, dirigeant des Frères musulmans soudanais, est à l'origine du coup d'État militaire qui a porté au pouvoir en 1999 le général Omar Hassan el-Bachir (un pouvoir que ce dernier n'a jamais quitté depuis). Il inaugure aussitôt un régime de terreur où purges et exécutions se succèdent. La torture est généralisée, les opposants disparaissent dans les « ghost houses », les villas fantômes des services secrets. Auteur d'une thèse à la Sorbonne sur « les pouvoirs de crise, dans les droits anglo-saxons et français comparés », Hassan al-Tourabi se rêve alors en leader du monde musulman. En 1991, il organise à Khartoum la première Conférence populaire islamique, réunissant le Who's Who du djihad sur les bords du Nil.

    Imaginez la Jama'at-i Islami pakistanaise devisant tranquillement avec le Front islamique du salut (FIS) algérien, le Djihad islamique de l'Égyptien Ayman al-Zawahiri, futur responsable d'Al-Qaïda, le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais ! Car Hassan al-Tourabi entend réunir sunnites et chiites afin de « défier l'Occident tyrannique ». Autre personnalité conviée à cette Conférence populaire islamique, l'intellectuel suisse d'origine égyptienne, Tariq Ramadan, petit-fils d'Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans égyptiens.

    Il vend Carlos à la France

    Le Soudan accueille alors tous les musulmans, sans réclamer de visa, sans se soucier de leur passé criminel. Il leur attribue de vrais faux passeports soudanais. Parmi les plus “célèbres“, Illich Ramírez Sánchez, dit « Carlos », qui vient d'être chassé de la Syrie, son dernier « employeur ». Mais aussi Abou Nida, chef du Fatah-Conseil révolutionnaire, la plus sanguinaire des organisations palestiniennes. Et surtout Oussama Ben Laden, qui débarque en 1992 à Khartoum avec ses quatre femmes et ses 17 enfants. Il va rester au Soudan jusqu'en 1996, habitant dans une villa plutôt cossue dans le quartier de Riyadh, près de l'aéroport de la capitale. Une maison située à moins d'un kilomètre de celle d'Hassan al-Tourabi.

    Les experts forgent un nouveau mot, « Islamintern », en référence au Komintern, l'internationale communiste. Et les médias baptisent Tourabi « le pape noir du terrorisme ». Il arrive toutefois à ce dernier de commettre certaines entorses dans sa poursuite du djihad international, surtout si celles-ci sont rémunératrices. Sans état d'âme, il livre ainsi en 1994 Carlos à la France. Plus tard, en 1996, Hassan al-Tourabi fait le même type de proposition aux Américains : il est prêt à leur "abandonner" Oussama Ben Laden. Mais pour une raison inexpliquée, Washington décline l'offre. Le futur fondateur d'Al-Qaïda quitte alors le Soudan pour l'Afghanistan…

    « Ben Laden, gentil mais limité »

    Depuis une quinzaine d'années, l'ancien « pape noir du terrorisme » était entré dans une opposition farouche au régime de Khartoum. Il alternait les séjours en prison et en résidence surveillée. Grand, mince, tout de blanc vêtu, Hassan al-Tourabi accusait le pouvoir en place « d'être totalement corrompu, non démocratique. J'ai passé une partie de ma vie en prison. Eh bien à mon âge, je préférerais encore être jeté dans une cellule plutôt que négocier avec le pouvoir soudanais actuel », nous avait-il confié il y a quelques années, dans un excellent français.

    Il ne se montrait guère admiratif vis-à-vis d'Oussama Ben Laden. « Au Soudan, ce n'était pas quelqu'un de très important. La presse n'en parlait jamais. J'ai le souvenir d'un homme gentil, mais assez limité. Je reste persuadé qu'il n'a pas les compétences pour diriger une organisation comme Al-Qaïda », confiait-il au Point peu avant la mort de Ben Laden. Avec l'âge, ce diplômé de la Sorbonne en était venu à professer un islam si modéré que certains l'accusaient d'apostasie. « Les musulmanes peuvent épouser des chrétiens et des juifs, à condition bien entendu que ces chrétiens ou ces juifs soient tolérants. Par ailleurs, rien ne s'oppose à ce qu'une femme puisse devenir imam si elle en a les qualités. Je ne suis pas sectaire », nous avait-il déclaré.

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    La Tunisie théâtre d'attaques jihadistes "sans précédent" près de la Libye

    La Tunisie théâtre d'attaques jihadistes "sans précédent" près de la Libye

    Publié le 07 mars 2016 à 10h04

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    Ben Guerdane (Tunisie) (AFP) - La Tunisie a subi lundi des attaques simultanées "sans précédent" dans une région voisine de la Libye, attribuées par les autorités au groupe Etat islamique (EI), lors desquelles au moins 36 jihadistes, 11 membres des forces de l'ordre et sept civils ont été tués.

    Déjà frappée en 2015 par une série d'attentats sanglants, la Tunisie a annoncé la fermeture des postes frontaliers et le renforcement des patrouilles y compris aériennes à sa frontière avec la Libye, où le chaos profite notamment à l'EI.

    "Le but de cette attaque était de troubler la situation sécuritaire dans notre pays et d'établir un émirat de +Daech+ à Ben Guerdane", a dit le chef du gouvernement Habib Essid, faisant référence à l'EI par un acronyme arabe.

    "Mais grâce à tous les efforts, à la coopération entre notre armée nationale et nos forces de sécurité intérieure, la réaction a été forte et rapide", a-t-il ajouté.

     

    Perpétrées à l'aube, ces attaques ont visé une caserne de l'armée, un poste de police et un poste de la garde nationale (gendarmerie) tunisiennes à Ben Guerdane, localité de 60.000 habitants toute proche du territoire libyen.

    Dans un bilan encore provisoire, les ministères de la Défense et de l'Intérieur ont indiqué que 36 jihadistes, six gendarmes, trois policiers, un douanier et un soldat avaient péri. Sept civils ont également été tués, dans des circonstances non précisées.

    Le nombre total de jihadistes impliqués n'est pas connu mais les autorités ont souligné que sept d'entre eux avaient été arrêtés et que des opérations étaient toujours "en cours pour pourchasser des terroristes".

    En fin d'après-midi, des échanges de tirs ont de nouveau été rapportés par des témoins.

    Hedi, un habitant de la ville, a raconté sur la radio privée Shems FM que des hommes armés qu'il avait croisés s'étaient réclamés de l'EI. "Ils ont dit: +N'ayez pas peur, nous sommes l'Etat islamique+". Ils nous ont dit de dire Allah Akbar (Dieu est grand, ndlr), nous avons dit Allah Akbar".

    - "Nouvelle province" -

    "Il s’agit d’une attaque sans précédent, coordonnée", a réagi le président Béji Caïd Essebsi. "Les Tunisiens sont en guerre contre cette barbarie et ces rats que nous allons exterminer", a-t-il enchaîné, dans des propos retransmis par la TV publique.

    Un couvre-feu est entré en vigueur à Ben Guerdane à 19H00 (18H00 GMT), jusqu'à mardi 05H00 (04H00 GMT).

    Les forces de l'ordre patrouillaient dans les rues et ont incité par haut-parleur les citoyens à rester chez eux, selon un correspondant de l'AFP sur place. Des soldats montaient la garde du haut de certains toits.

    Outre la fermeture des postes-frontières pour une durée indéterminée, les autorités avaient aussi bouclé en matinée la route côtière reliant Ben Guerdane à Zarzis (nord).

    La Tunisie est confrontée depuis sa révolution de 2011 à l'essor d'une mouvance jihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et de soldats ainsi que de touristes.

    Cette attaque simultanée contre des installations sécuritaires, d'ampleur inédite, intervient moins d'une semaine après de premiers heurts armés dans cette même région.

    - Raid américain -

    Cinq extrémistes venus de Libye, retranchés dans une maison, avaient été tués par les forces de sécurité. Au moins quatre étaient Tunisiens, d'après les autorités, qui avaient dit avoir mis la main sur un arsenal de guerre.

    Elles avaient aussi mentionné la possible entrée sur le sol tunisien de "groupes terroristes" après un raid américain le 19 février contre un camp d'entraînement de l'EI à Sabrata, dans l'ouest libyen, à moins de 100 km de la frontière.

    Ce bombardement avait fait des dizaines de morts, parmi lesquels a circulé le nom du Tunisien Noureddine Chouchane, décrit comme un cadre opérationnel de l'EI impliqué dans deux des attaques perpétrées en 2015 en Tunisie.

    "Des mouvements suspects étaient rapportés depuis le raid de Sabrata et on sentait bien que l'EI chercherait à se venger", a dit à l'AFP Hamza Meddeb, chercheur au centre Carnegie.

    Paris et Berlin ont condamné les attaques, le président français François Hollande assurant que "la Tunisie a, une fois encore, été visée parce qu'elle est un symbole".

    Tunis, qui compte plusieurs milliers de ressortissants dans les rangs d'organisations jihadistes à l'étranger, exprime régulièrement son inquiétude à propos de la Libye.

    Pour tenter de se protéger, elle a construit un "système d'obstacles" sur près de la moitié des 500 km de frontière. Le mois dernier, Londres a annoncé l'envoi de 20 soldats afin d'aider la Tunisie à sécuriser cette frontière.

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