• Le mouvement anti-loi Travail s'étend aux transports

    Le mouvement anti-loi Travail

    s'étend aux transports

    Publié le 01 juin 2016 à 17h40

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    PARIS (Reuters) - Le trafic SNCF a été perturbé mercredi par des grèves reconductibles à l'appel de trois syndicats, sur des revendications purement internes à l'entreprise pour l'Unsa, également contre la loi Travail pour la CGT et Sud-Rail.

    Ce mouvement intervient en pleine négociation sur une nouvelle organisation du travail à la SNCF. L'Unsa ferroviaire devait se prononcer dans la journée sur la levée ou non de son préavis pour les prochains jours, en fonction du contenu d'un relevé de conclusions de la direction de l'entreprise.

    La fédération CFDT des cheminots s'est déjà retirée du mouvement à la suite d'un compromis conclu directement avec le secrétariat d'Etat aux Transports le week-end dernier.

    Selon la SNCF, le taux de grévistes était de 17% à la mi-journée, en hausse de plus de six points par rapport au 25 mai mais loin des 35,5% du 9 mars ou des 24,2% du 31 mars.


     

    La SNCF a fait état de six TGV sur dix en circulation en moyenne, de quatre Transiliens sur dix, d'un TER sur deux, un Intercités sur trois, avec des prévisions similaires pour jeudi.

    En Ile-de-France, le trafic était normal sur le RER A mais seuls un tiers des RER B, D et E et 40% des RER C circulaient.

    Sur le réseau international, le trafic était normal pour Eurostar et Alleo (Allemagne), alors que 75% des Lyria (Suisse) et Thalys (Belgique et Pays-Bas), 40% des Ellipsos (Espagne) et un tiers des trains SVI (Italie) étaient programmés.

    Des perturbations sont aussi attendues à partir de jeudi sur le RER B, géré par la Régie autonome des transports parisiens (RATP), qui prévoit en revanche un trafic normal dans le métro, les bus, les tramways et le RER A.

    Les syndicats de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) ont déposé un préavis de grève du 3 au 5 juin. Quant au Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), qui appelle à une grève dure en juin, il a été rejoint par le syndicat des pilotes d'Air France (Spaf).

    Selon le secrétariat d'Etat aux Transports, la situation s'améliore du côté des stations-services. "Nous sommes passés en dessous de 5% de stations fermées", a dit son porte-parole.

    "NOUS TIENDRONS", DIT VALLS

    "Si le gouvernement, demain, dit 'on discute', il n'y a plus de grève", a redit sur la chaîne de télévision LCP le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, selon qui le projet de loi sur le travail ouvre la porte à un "dumping social" généralisé.

    Le premier ministre, Manuel Valls a répliqué lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale que sa "porte était ouverte" et qu'il attendait "des propositions de certains" mais que le texte, dont le Sénat a entamé l'examen, ne serait pas retiré.

    La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a estimé que le retrait du texte ne semblait plus un préalable pour la CGT mais laissé entendre qu'elle ne donnerait suite aux demandes de son secrétaire général qu'après la séquence sénatoriale.

    La droite, majoritaire au Sénat, entend réécrire entièrement le projet de loi dans un sens plus libéral, tout en sachant que le gouvernement rétablira, à son retour à l'Assemblée, le texte sur lequel il a engagé sa responsabilité en première lecture.

    François Hollande et Manuel Valls espèrent que cette comparaison jouera en faveur de la version gouvernementale et fera "progresser la raison" chez les députés de gauche qui avaient refusé de le voter en première lecture.

    Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui soutient le texte, s'est dit confiant sur LCI en une sortie de crise : "Je pense qu'elle n'est peut-être pas si loin que ça, à condition que chacun refasse appel à l'intelligence collective."

    En attendant, la grogne continue de monter du côté patronal face aux blocages orchestrés par les opposants au projet de loi.

    "Il est temps maintenant de mettre fin à un mouvement qui n'a plus de social que le nom", dit dans un communiqué la CGPME.

    (Sophie Louet et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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