•      Explosion du nombre de décès par cancers

        chez les femmes

    • Belgique - Aujourd'hui 09h06 - Marie-Laure MATHOT avec AFP - AFP      LIEN
    Désagréable mais nécessaire, le mammostest est trop souvent oublié selon François Duhoux, oncologue aux cliniques universitaires Saint Luc (UCL) à Bruxelles.
        Désagréable mais nécessaire, le mammostest est trop souvent oublié selon François Duhoux, oncologue aux cliniques universitaires    
        Saint Luc (UCL) à Bruxelles.-Reporters

       En 2030, les cancers pourraient tuer 5,5 millions de femmes chaque année contre 3,5 millions aujourd’hui. Les principales causes sont   

       l’augmentation et le vieillissement de la population. Le point en Belgique avec François Duhoux, oncologue aux cliniques universitaires

       Saint Luc (UCL) à Bruxelles.

       Deux études, l’une menée par l’ACS (Société américaine du cancer), l’autre publiée dans la revue médicale The Lancet mettent en garde   

       contre l’explosion de décès par cancer chez les femmes. Le cancer, qui tue déjà une femme sur sept (14%) chaque année dans le monde,

       est la deuxième cause de décès féminins, après les maladies cardiovasculaires, selon le rapport de l’ACS.

        Les chiffres

     
     

       Le cancer du sein, le plus fréquent, est la principale cause de décès par cancer chez les femmes dans le monde (521 900 décès en 2012) devant le cancer du poumon (491 200 décès).

    Le cancer du col de l’utérus est responsable pour sa part de près de 266 000 morts chaque année. Pour ce cancer, «près de 90% des décès dans le monde surviennent dans les pays en développement, l’Inde à elle seule comptant pour 25% du total des cas», souligne le rapport. D’après la revue scientifique médicale The Lancet, le nombre de diagnostics pourrait augmenter d’au moins 25%, à plus de 700 000 d’ici à 2030, «principalement dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire»,

    L’Afrique sub-saharienne, l’Amérique Centrale et du Sud, ainsi que l’Asie du Sud-Est et l’Europe de l’Est ont les taux d’incidence (nouveaux cas) et de mortalité les plus élevés pour ce cancer.

    Explosion du nombre de décès par cancers chez les femmes --

    Les causes

    L’accès aux traitements et au dépistage reste largement problématique pour le cancer du sein dans les pays en développement.

    Le rapport relève des «pénuries» en matériel de radiothérapie en Afrique et en Asie du Sud-Est où environ 30 pays n’ont pas de services de radiothérapie. Les pays à faibles et moyens revenus, où sont concentrés 60% des cas de cancers, ne possèdent que 32% des appareils de radiothérapie disponibles.

    Les médicaments antidouleurs opiacés, comme la morphine, sont sous-utilisés dans ces pays qui en consomment moins de 5%. Des patients meurent ainsi sans être soulagés de leurs souffrances.

    Les solutions

    Le rapport de l’ACS souligne que la vaccination protégeant contre les papillomavirus 16 et 18 pourrait éviter la majorité des cas de cancer du col de l’utérus.

    Le dépistage des lésions précancéreuses ou de cancers à un stade précoce fait également partie de la lutte contre cette maladie, mais elle est encore loin d’être optimale dans le monde, tout comme pour la vaccination, selon les auteurs.

    Des efforts accrus en matière d’éducation et de prévention sont essentiels pour endiguer ce fléau grandissant, responsable de la mort de 3,5 millions de femmes en 2012 (sur plus de 8 millions de morts au total), majoritairement dans les pays en développement, souligne ce document.

    Mais des centaines de milliers de ces décès pourraient être évités: bon nombre des plus de 700 000 décès annuels par cancers du poumon et du col de l’utérus pourraient en effet être prévenus grâce à une lutte efficace contre le tabagisme, à la vaccination et au dépistage, rappelle l’ACS.

    «Chez nous, on n’est malheureusement pas très bon dans le dépistage du cancer du sein»

    François Duhoux, oncologue spécialisé dans le cancer du sein aux cliniques universitaires Saint Luc (UCL) à Bruxelles fait le point sur le cancer chez la femme en Belgique.

    En Belgique, les chiffres sont-ils comparables?

    Au niveau belge, on s’attend également à une augmentation du nombre de cas de cancers chez les femmes et malheureusement également au nombre de décès. Chez nous, on n’est malheureusement pas très bon dans le dépisatge du cancer du sein car beaucoup de femmes ne font pas le dépistage recommandé par les pouvoirs publics. Il faut encourager les femmes à faire le mammotest tous les deux ans entre 50 et 69 ans, c’est un message important. Le dépistage ne permet pas d’éviter les cas de cancer du sein. Cela ne diminuera donc pas le nombre de nouveaux diagnostics mais ça peut diminuer la mortalité par cancer du sein.

    À quoi est due cette augmentation?

    La hausse du nombre de cancer du sein est liée à plusieurs facteurs. L’augmentation de la population: au plus il y a d’habitants, au plus il y a de cas de cancers. Le deuxième principal facteur est le vieillissement de la population. Après, il y a également des facteurs liés à notre mode de vie: l’alimentation, l’absence d’exercice physique, le fait d’avoir son enfant plus tard ou d’avoir moins d’enfants au cours de sa vie.

    En ce qui concerne le nombre de cancers du col de l’utérus, on s’attend à ce qu’il baisse en Belgique grâce à la vaccination des filles à l’école.

    Les rapports soulignent également une différence entre pays en voie de développement et chez nous?

    Clairement, alors que chez nous on parle de prévention via la vaccination contre le cancer du col de l’utérus. Dans les pays envoie de développement, ils n’ont pas accès aux vaccins mais n‘ont souvent pas accès au frottis de dépistage qui est pourtant la première mesure à mettre en œuvre. Des études ont montré que les campagnes pour encourager les femmes aller faire un frottis diminue le taux de mortalité dû au cancer du col de l’utérus.

    Des conseils à donner aux femmes belges?

    – Ne pas fumer

    – Faire leur mammographie de dépistage

    – Faire le frottis pour le cancer du col de l’utérus

    – Avoir une vie saine: manger équilibré sans oublier les fruits et légumes

    – Faire du sport

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  • SANTE

    Pesticides: Tout comprendre à «l’effet cocktail»

     

     

    La ministre de la Santé veut que l'Europe fixe un seuil maximal global de pesticides pour les aliments alors qu'aujourd'hui, les limites sont fixées substance par substance au risque de provoquer un «effet cocktail»...

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    Illustration d'un épandage de pesticide dans une vigne.Illustration d'un épandage de pesticide dans une vigne. - Mary Evans / SIPA

     

    * Oihana Gabriel

     

     

    Une expression qui peut sembler festive… mais qui révèle encore de mauvaises nouvelles pour votre santé. « L’effet cocktail » des pesticides est dans le viseur du gouvernement. Jeudi, la ministre de la Santé, Marisol Touraine a annoncé que le gouvernement souhaitait fixer « une limite maximale globale » pour la dose de pesticides autorisée dans les aliments. En effet, aujourd’hui, les pesticides sont certes limités, mais substance par substance. Un seuil qui ne prend pas en compte ce qu’on nomme « l’effet cocktail ».

     

    Quels pesticides mangeons-nous sans le savoir ?

    Une synergie des pesticides

     

    L’effet cocktail, c’est l’impact cumulé de plusieurs pesticides sur la santé d’un consommateur. « Il arrive qu’une molécule seule n’induise pas d’effet nocif mais que, mélangée à d’autres, elle ait un impact, résume Nadine Lauverjat, coordonnatrice de Générations futures, association qui alerte depuis des années sur les dangers de pesticides. Et qui a cette semaine dévoilé une étude très relayée sur la présence de multiples pesticides dans le muesli non bio. Selon une étude de l’Inra, l’effet cocktail a bien été prouvé, mais uniquement sur des cellules humaines in vitro et non avec des expériences sur des humains. Cette étude s’est penchée sur l’effet conjoint de cinq pesticides très présents dans notre alimentation. Selon cette étude, deux molécules, le fludioxonil et le cyprodinil présentent un effet de synergie et endommagent l’ADN. « On ne peut cependant pas extrapoler ces résultats in vivo. Les doses auxquelles nous sommes exposés sont, a priori, bien inférieures aux doses qui seraient toxiques sur un organisme entier », nuance le chercheur en charge de l’expérience. « Mais on commence à peine à étudier cet "effet cocktail", insiste Générations Futures. Notre inquiétude aujourd’hui est liée à ce manque d’évaluation. »

     

    Mais dans le détail, les effets sont plus complexes. « Certaines molécules interagissent », explique Robert Barouki, professeur à l’université Paris Descartes et toxicologue à l’Institut nationale de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Par exemple un pesticide peut être peu toxique seul mais associé à un autre, ils deviennent cancérigènes. A l’inverse, certaines molécules ont des effets qui s’annulent. Nous n’en sommes qu’au début de cette réflexion sur les effets cocktails des pesticides. Vous imaginez, avec 400 pesticides, le nombre de combinaisons possible… »

     

    Une limite globale

     

    Problème : les pesticides sont limités dans les aliments, mais substance par substance. C’est un règlement européen qui fixe depuis 2008 au niveau de toute l’Union des « limites maximales de résidus » (LMR), soit les niveaux maximaux de concentration de résidus de pesticides autorisés légalement dans les denrées alimentaires. « Et ces limites varient en fonction des aliments, renchérit Nadine Lauverjat. C’est une aberration. Si on respectait le principe de précaution, on devrait imposer une limite maximale globale. C’est d’ailleurs le cas pour l’eau : aujourd’hui, le seuil de pesticides ne peut dépasser 0,5 microgramme/litre dans l’eau. C’est très bas ! Mais la population n’est pas consciente que le principe de précaution est respecté pour l’eau… et pas pour les aliments. »

     

    Avec une difficulté supplémentaire : tous les pesticides n’ont pas le même effet sur la santé. « Mais la recherche est assez active sur la question, rassure Robert Barouki, qui vient de publier Savez-vous ce qu’il y a dans votre assiette ? (éditions Solar). Notamment sur les pesticides qui ont le même effet sur la santé, je pense que nous sommes mûrs pour une nouvelle législation. Par exemple, certains fongicides ont un effet antiandrogénique, c’est-à-dire qu’ils s’opposent aux hormones mâles. Si plusieurs pesticides présents dans un aliment ont ce même impact sur la santé, il faudrait ajouter les seuils pour mesurer la réelle toxicité sur la santé. Aujourd’hui, on ne cumule pas les seuils de ces pesticides. Or, ça serait scientifiquement logique. C’est comme si vous disiez ce soir j’ai bu un verre de vin, un verre de champagne et un verre de whisky, donc je respecte la limite pour conduire. C’est en termes d’alcool qu’il faut raisonner… »

     

    Entre 5 et 10 résidus de pesticides dans la salade

     

    Difficile d’évaluer cet « effet cocktail » dans les fruits et légumes consommés chaque jour…. 

     

    D’après une étude de l’EFSA, près de la moitié des échantillons testés en 2008 dans l’UE contiennent plusieurs pesticides : 27 % des échantillons en contiennent au moins deux, 9 % plus de quatre. « D’autant que de nouvelles molécules arrivent tout le temps sur le marché, ajoute Nadine Lauverjat. Or, parmi les pesticides que nous ingérons environ un quart sont des perturbateurs endocriniens. « On sait qu’un cocktail de perturbateurs endocriniens peut avoir des conséquences sur la santé notamment des femmes enceintes et des jeunes enfants », complète Nadine Lauverjat. Ces substances qui dérèglent des hormones sont suspectées de favoriser les troubles de la thyroïde, l’obésité, l’hyperactivité, la puberté précoce et surtout d’infertilité. Une limite globale devrait donc protéger davantage la santé des consommateurs.

     

    Mais l’annonce d’hier est prise avec des pincettes par les associations. « Ce serait une véritable avancée, reprend Nadine Lauverjat. Mais ce n’est qu’un premier pas. On imagine bien que les industriels vont résister. » En effet, aujourd’hui l’agroalimentaire peut ajouter nombre de pesticides à condition que les résidus ne dépassent par la limite maximum de chaque pesticide. « Par exemple sur les pommes, on pulvérise environ 36 traitements en moyenne en France, explique Nadine Lauverjat. Mais tous ces pesticides ne se retrouvent pas dans la pomme propre à la consommation, heureusement ! Selon notre enquête, il reste entre 2 et 5 résidus de pesticides dans une pomme mais ça dépend des régions et des années. » D’autres enquêtes de Générations Futures dévoilent que dans les salades ou le raisin par exemple, on dénombre entre 5 et 10 résidus de pesticides différents. « Alors imaginez quand vous combinez tous nos menus, le soir vous avez un cocktail impressionnant de pesticides. »

     

    Quels sont les aliments les plus riches en pesticides? 

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  • Alzheimer : 900 000 malades, 2 millions d’aidants, 19 milliards d’euros de coûts…

    et 0 traitement

    La 23e Journée mondiale de l’Alzheimer met l’accent sur le rôle des accompagnants de victimes de cette maladie neurodégénérative, qui touche 1,3 % des Français.

    LE MONDE | 21.09.2016 à 14h11 • Mis à jour le 21.09.2016 à 15h05 | Par Anne-Aël Durand

    LIEN

     

    La maladie d’Alzheimer se manifeste par une démence résultant de lésions progressives au sein du système nerveux central. Bien qu’elle ait été décrite il y a cent dix ans par le neurologue allemand Alois Alzheimer, ses causes sont encore débattues et il n’existe aujourd’hui aucun vaccin ni traitement pour la guérir. Cette affection neurodégénérative est devenue un enjeu majeur de santé publique, lié au vieillissement de la population, et une journée mondiale lui est consacrée le 21 septembre.

    Qui sont les malades d’Alzheimer ?

    Hormis de rares cas d’Alzheimer précoce (moins de 1 % des patients ont moins de 65 ans), la maladie touche les personnes âgées : entre 2 et 4 % des plus de 65 ans et jusqu’à 15 % des plus de 80 ans en sont atteints.


    Quand Alzheimer touche même les plus jeunes par lemondefr

    La maladie touche inégalement les sexes : les femmes représentent 60 % des malades, contre 40 % d’hommes. Un décalage qui s’explique notamment par la différence d’espérance de vie.

    Au total, environ 900 000 personnes souffrent d’Alzheimer en France, un chiffre qui pourrait atteindre 1,3 million en 2020 avec l’augmentation de l’espérance de vie, selon l’Inserm, bien que de nouvelles études montrent une tendance à la stabilisation des nouveaux cas en Europe de l’Ouest. Chaque année, 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués.

    Au niveau mondial, l’OMS estime que 35,6 millions de personnes sont touchées par une maladie d’Alzheimer ou apparentée à travers le monde.

    Combien coûte la maladie ?

    Le rapport mondial 2015 de l’organisation Alzheimer’s Disease International estime à 818 milliards de dollars (733 milliards d’euros) le coût annuel de la maladie dans le monde, soit plus de 1 % du PIB mondial. Un chiffre en hausse de 35 % par rapport à une évaluation de l’OMS réalisée cinq ans auparavant.

    5,3 milliards d’euros de coûts médicaux

    En France, seule la moitié des malades est diagnostiquée, et à peine plus d’un tiers (350 000) bénéficie d’une prise en charge pour affection de longue durée, selon le ministère de la santé. Une étude de la Fondation Médéric Alzheimer évalue à 5,3 milliards d’euros par an les coûts médicaux et paramédicaux de la maladie. Une somme qui recouvre le diagnostic, les soins annexes et surtout les hospitalisations liées aux complications (chutes, malnutrition, dépression). La maladie est la quatrième cause de mortalité en France.

    Les coûts médicaux et paramédicaux d'Alzheimer
    lien tableau
     
    A cela s’ajoutent les coûts médico-sociaux, correspondant à l’accueil de jour, les hébergements en maison de retraite, les structures spécifiques (MAIA), l’allocation personnalisée d’autonomie… En 2004, l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé les estimait à 9 milliards d’euros, mais les plans nationaux ont augmenté les dispositifs, et ce montant doit être réévalué, selon la Fondation Médéric.Quelle charge pour les aidants ?
     
    Au-delà de la souffrance des malades, qui perdent la mémoire et leurs facultés intellectuelles, Alzheimer a aussi des conséquences directes pour les proches, puisque 63 % des patients demeurent à leur domicile.
     
    Selon unne étude sur les personnes âgées et la dépendance, la « Paquid », seuls 28 % des personnes atteintes au stade précoce vivent seules, donc les autres bénéficient de la présence d’un aidant, familial ou professionnel. Selon l’association France Alzheimer, lorsque l’on additionne les malades et leurs « aidants », 3 millions de personnes sont concernées par l’Alzheimer.Ces proches sont le plus souvent l’enfant ou le conjoint du malade. En Europe de l’Ouest, il s’agit à 67 % de femmes. Ces aidants prennent en charge une série de soins en fonction de l’état du patient : surveillance de jour et de nuit, aide à la toilette, aux repas, ménage, tâches administratives…
     
    14 milliards d’euros d’aide informelle
     
    Il est complexe d’évaluer le montant de ce social care, qui a des conséquences économiques sur les aidants, au niveau professionnel (réduction de l’activité ou ralentissement de carrière) et sanitaire (problèmes cardiovasculaires accrus par exemple). Huit aidants sur dix affirment avoir des difficultés à concilier leur vie professionnelle et leur activité d’aidants, selon un sondage OpinionWay pour France Alzheimer.

    Des études réalisées avec diverses méthodes évaluent entre 12 et 16,50 euros le coût horaire de l’aide informelle aux malades d’Alzheimer. En moyenne, la Fondation Médéric Alzheimer estime à 14 milliards d’euros par an le coût global de l’aide informelle pour la société française.

    Au niveau des familles, France Alzheimer a évalué en 2010 que, pour chaque patient, les aides s’élèvent à 414 euros par mois en moyenne, principalement sous forme d’allocation personnalisée d’autonomie (APA), aides au logement ou aides sociales du conseil général. Le reste à charge financier est estimé à 1 000 euros par mois, avec un décalage important entre les malades encore à domicile (570 euros) et ceux qui résident en établissement (2 300 euros).



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  • Soins dentaires : la Cour des comptes s’alarme du « désengagement » des pouvoirs publics

    LE MONDE | 20.09.2016 à 11h23 • Mis à jour le 20.09.2016 à 11h48 | Par François Béguin

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    Une séance chez le dentiste.

    Restes à charge élevés, renoncements aux soins, territoires délaissésSix ans après avoir sévèrement critiqué la prise en charge des soins dentaires en France, la Cour des comptes tire de nouveau la sonnette d’alarme. Depuis 2010, la situation s’est même « aggravée », fait-elle valoir. Dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, publié mardi 20 septembre, la Cour dénonce le « désengagement » et « l’attentisme » des pouvoirs publics dans le secteur et les appelle à prendre des mesures fortes.

    Regrettant une « érosion continue » des prises en charge par l’Assurance-maladie, la Cour constate que celle-ci ne rembourse que 33 % des 10,6 milliards d’euros de dépenses dentaires. Les assurances complémentaires en financent 39 % et les assurés 25 %. Ce reste à charge élevé aurait poussé en 2012 près de 4,7 millions de patients à renoncer à des soins prothétiques, les soins les plus coûteux. Conséquence : l’état de santé bucco-dentaire de la population française est « médiocre ».

    Lire aussi :   Les centres dentaires low cost sous surveillance

    Trois jours avant leur démarrage, jeudi 22 septembre, la Cour des comptes inscrit donc ses propositions au programme des négociations conventionnelles entre l’Assurance-maladie, les complémentaires santé et les syndicats de chirurgiens-dentistes. Celles-ci doivent fixer les tarifs pour les cinq prochaines années. Pour faciliter l’accès aux soins, estiment les magistrats de la rue Cambon, la Sécu devra exiger des « contreparties » de la part des chirurgiens-dentistes.

    Les trois revalorisations tarifaires accordées depuis 2006, pour un montant annuel de 160 millions d’euros, n’ont en effet pas réussi à enrayer la hausse continue des dépassements d’honoraires sur les actes prothétiques. Ceux-ci représentent 62 % des honoraires des dentistes pour seulement 12 % de leurs actes. La part de ces dépassements dans le total des honoraires a « continûment progressé, passant de 47,9 % en 2005 à 52,5 % en 2014 ». « Aucune mesure de maîtrise médicalisée de la dépense n’a été mise en œuvre », regrette la Cour.

    Le risque d’une forte hostilité des chirurgiens-dentistes

    Celle-ci fait huit recommandations, dont quelques propositions chocs. Le « conventionnement sélectif » des dentistes, qui permettrait de mieux réguler l’installation des nouveaux arrivants, est déjà au menu des discussions. Le plafonnement « par voies législatives » des tarifs des actes prothétiques les plus fréquents risque, lui, de se heurter à une forte hostilité des chirurgiens-dentistes.

    Si les négociations ne parvenaient pas à déterminer un « cadre de régulation efficace, et donc contraignant », la Cour propose que la Sécu se concentre sur une prise en charge à 100 % des soins conservateurs et chirurgicaux, laissant aux complémentaires santé la prise en charge de soins prothétiques à tarifs plafonnés.

     
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  • Ultime passe d’armes sur la consultation médicale à 25 euros

    LE MONDE | 22.07.2016 à 00h49 • Mis à jour le 22.07.2016 à 11h18 | Par François Béguin

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    Une agence de la Caisse primaire d'assurance-maladie, à Tourcoing, en 2014. Une agence de la Caisse primaire d'assurance-maladie, à Tourcoing, en 2014. PHILIPPE HUGUEN / AFP

    Les syndicats de médecins libéraux vont sans doute y réfléchir à deux fois avant de rejeter la proposition de convention quinquennale que leur a faite, jeudi 21 juillet, la Caisse nationale de l’assurance-maladie des travailleurs salariés (Cnamts). A l’issue d’une ultime journée de négociation, celle-ci a porté à 920 millions d’euros son effort financier en leur faveur, soit 1,25 milliard d’euros d’ici à 2019 en comptant la part des mutuelles. Un montant « sans précédent », selon la Cnamts, la précédente convention, signée en 2011, s’étant élevée à 663,6 millions d’euros.

    « L’architecture générale et l’ampleur des mesures sont finalisées », a annoncé Nicolas Revel, le directeur général de l’Assurance-maladie, qui s’est dit « ouvert et disponible » à des ajustements dans le cadre de cette enveloppe budgétaire d’ici la prochaine – et sans doute dernière – réunion, programmée mercredi 27 juillet.

    Principal point d’achoppement avec les organisations syndicales : la date du passage de 23 à 25 euros du montant de la consultation standard pour les généralistes, inchangé depuis 2011. Pour les syndicats, cette hausse doit avoir lieu en une seule fois, en avril 2017, au moment de l’entrée en vigueur prévue de la convention.

    Afin de limiter le coût de la mesure, Nicolas Revel a proposé, jeudi, qu’il y ait un passage de 23 à 24 euros au 1er avril 2017, puis à 25 euros au 1er décembre 2017, au lieu du 1er avril 2018, comme initialement annoncé.

    Lire aussi :   Pour les généralistes, la consultation à 25 euros est une « reconnaissance » de leur travail

    Une question de calendrier

    Mais pour les syndicats, cette question de calendrier est devenue un enjeu crucial des discussions. Et ils ne veulent pas reculer. « C’est deux euros tout de suite », a répété Jean-Paul Ortiz, le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), premier syndicat chez les médecins libéraux. « La signature de la CSMF est plus qu’hypothétique dans ces conditions », a-t-il estimé, listant cinq autres « points durs » pour signer. L’organisation doit se réunir samedi en assemblée générale pour se prononcer sur le texte.

    « M. Revel a fait son travail, c’est désormais aux politiques de faire le leur », a déclaré Claude Leicher, le président de MG France, premier syndicat chez les généralistes, appelant le gouvernement à un « coup de pouce », évalué à 160 millions d’euros. M. Leicher doit rencontrer un conseiller du président de la République le 26 juillet à l’Elysée.

    « Avec 1,2 milliard d’euros, on est loin du compte », a pour sa part lancé Jean-Paul Hamon, le président de la Fédération des médecins de France, qui a annoncé qu’il ferait « d’autres propositions » à la Cnamts d’ici à mercredi.

    Nouvelles avancées

    Les syndicats ont toutefois obtenu de nouvelles avancées jeudi soir. Le « forfait structure », une subvention destinée à financer un secrétariat afin de libérer du temps médical, devrait être porté à 4 900 euros par an et par médecin. Le « forfait patientèle », qui tient compte des caractéristiques des patients, passerait, lui, à 15 000 euros, soit une hausse de 1 500 euros par médecin. Il s’agit de hausses significatives financées par un doublement de la participation des complémentaires santé, dont l’apport passerait, d’ici à 2019, de 150 millions à 300 millions d’euros sous réserve d’un accord formel de leur part, le 16 septembre.

    Après avoir obtenu plusieurs millions d’euros de revalorisation pour les chirurgiens, les gynécologues-obstétriciens et les anesthésistes, Le Bloc, qui les représente, a annoncé qu’il signerait la convention.

    En cas d’absence d’accord majoritaire, le 26 août, c’est un règlement arbitral qui sera mis en place par le haut fonctionnaire Bertrand Fragonard. Un règlement qui sera « bien en deçà des propositions mises sur la table », a déjà prévenu M. Revel. « Ce sera dur pour les syndicats d’expliquer qu’ils ont lâché la proie pour l’ombre et refusé 1 milliard d’euros dans une période difficile », juge Claude Pigement, l’ancien responsable santé du Parti socialiste.

    L’Elysée et Matignon pourraient donc décider, d’ici à mercredi, s’ils sont prêts à lâcher quelques millions d’euros supplémentaires pour obtenir un accord avec les médecins, à quelques mois de l’élection présidentielle. Quitte peut-être pour cela à ne pas respecter la hausse de l’évolution naturelle des dépenses de santé (Ondam), qui a été fixée au taux historiquement bas de 1,75 %.

    « Il faut que [la ministre de la santé] Marisol Touraine dise que ce taux sera relevé, a demandé jeudi soir Eric Henry, le président du Syndicat des médecins libéraux. Sinon, avec les sommes qui sont mises sur la table, je ne suis pas sûr que le comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’Assurance-maladie ne siffle pas la fin de la partie. »



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  • Médecine libérale

    Négociations conventionnelles :

    les consultations complexes revalorisées

    Dans un contexte plus que tendu, l'Assurance maladie a accepté d'augmenter de 86 millions son budget pour la convention. Les consultations complexes notamment ont été revalorisées.

    Négociations conventionnelles : les consultations complexes revalorisées
    Au centre : Nicolas Revel, directeur général de l’Assurance maladie, Bruno Martrette,
    Pourquoidocteur
     
    Publié le 16.07.2016 à 11h13          LIEN
     

    Le premier syndicat de médecins libéraux, la CSMF (1), n'a pas participé à la séance de négociations conventionnelles prévue ce mercredi. Dans un communiqué publié la veille, elle écrivait qu' « aucune avancée significative et concrète n’a été annoncée depuis le 7 juillet dernier par la CNAM (2) sur les éléments prioritaires, novateurs et structurants du New Deal de la CSMF (contrat en 10 points pour sauver la médecine libérale en France) ». Une absence qui a peut-être fait bouger les lignes puisque l'Assurance maladie a revu sa copie. 

    Elle a mis aujourd'hui près de 86 millions d'euros supplémentaires sur la table des discussions tarifaires avec les syndicats de médecins libéraux présents (MG France, SML, FMF). Cette rallonge porte à au moins 829 millions d'euros l'enveloppe globale pour la prochaine convention médicale. « Le total en remboursable (Assurance maladie + mutuelles, NDLR) atteindrait le milliard d'euros. Nous n'y étions pas la semaine dernière, nous y sommes », a déclaré à l'AFP, Nicolas Revel, directeur général de la CNAM, en fin de séance.

    Les consultations complexes revalorisées 

    Parmi les propositions qui ont fait grimper la facture, on trouve la revalorisation des consultations complexes (avis ponctuel de consultant). Elles seraient portées à 48 euros, contre 46 euros proposés la semaine dernière. De plus, la majoration de coordination assurée par les spécialistes et généralistes passerait de 3 à 5 euros. C'est elle qui permet à un spécialiste de facturer sa consultation 28 euros au lieu de 25 lorsqu'un patient lui est adressé par un médecin traitant. Avec la majoration proposée, cette consultation atteindrait donc les 30 euros

    Par ailleurs, l'aide à l'installation dans les déserts médicaux de 50 000 euros, destinée aux jeunes médecins exerçant en groupe serait étendue à ceux s'installant seuls. Enfin, la prise en charge de patients atteints d'un handicap mental lourd et sévère devrait également être revalorisée.

    3 séances prévues la semaine prochaine

    Pour Nicolas Revel, ces « propositions sont de nature à ce que tous les syndicats participent aux travaux de la semaine prochaine ». Et la réponse arrivera bientôt puisque trois séances de négociations sont prévues les 19, 20 et 21 juillet.

    Pour rappel, les syndicats médicaux et l'Assurance maladie ont jusqu'au 26 août pour se mettre d'accord. Si tel n'est pas le cas, un règlement arbitral, confié à une personnalité indépendante, interviendra.

    Pas d'accord sur la consultation à 25 euros 

    Enfin, le tarif de la consultation de base du généraliste reste un point de crispation important de ces négociations conventionnelles. L'Assurance maladie a proposé la semaine dernière une augmentation en deux étapes du C : de 23 à 24 euros en avril 2017, et de 24 à 25 euros avril 2018. « Nous ne signerons pas une augmentation en deux fois », a répété ce mercredi le Dr Claude Leicher, président de MG France, le premier syndicat de généralistes. 

    Une insistance que Nicolas Revel a visiblement entendu. « Les dates des deux étapes peuvent se rediscuter, mais le principe de ces deux temps me paraît devoir s'imposer compte tenu du coût de la mesure », a répondu Nicolas Revel. L'impasse sur ce sujet demeure... 

     
    (1) Confédération des Syndicats Médicaux Français 

    (2) Caisse Nationale d'Assurance Maladie

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  • Drogues en Europe : l'ecstasy fait

    son grand retour

     

     

    Le cannabis est la drogue la plus consommée en Europe, mais l’ecstasy regagne du terrain, selon les dernières données de l’OEDT.

     

    Drogues en Europe : l'ecstasy fait son grand retour
    INNAMORATI/SINTESI/SIPA

     

     
    Publié le 31.05.2016 à 13h47
     

     

    Le rapport annuel de l’OEDT (Observatoire européen des drogues et des toxicomanies) est tombé. Le panorama des consommations de drogues qu’il livre n’est pas des plus réjouissants. Premier constat : l’usage de cannabis poursuit sa hausse, avec des concentrations en THC (tétrahydrocannabinol) toujours plus fortes.
     

     

    1 % de fumeurs quotidiens

     

    Le cannabis reste ainsi la drogue la plus consommée en Europe (51,4 millions d'hommes et 32,4 millions de femmes y ont goûté au moins une fois). La substance représente également les trois quart des saisies de drogue en Europe (50 % pour l'herbe et 24 % pour la résine), très loin devant la cocaïne et le crack (9 %), les amphétamines (5 %), l'héroïne (4 %), l'ecstasy (2 %).

     

    L'observatoire estime qu’environ 1 % des adultes européens consomment quotidiennement du cannabis. Dans les produits, les teneurs en THC oscillent entre 8 et 12 % pour l’herbe, et vont jusqu’à 18 % pour la résine. Des taux historiquement élevés, notent les rapporteurs, qui soupçonnent « une hausse peut-être due à l'émergence de techniques de production intensive en Europe et, plus récemment, à l'introduction de plants à forte teneur en principe actif au Maroc ».

     

    Renouveau de l’ecstasy

     

    Mais le cannabis n’est pas la seule drogue dont le succès ne se dément pas. L’ecstasy, qui avait quelque peu disparu du paysage des consommations massives, semble ressurgir ; « tant auprès des consommateurs de stimulants classiques qu'auprès d'une nouvelle génération de jeunes usagers ».

     

    Les conditionnements de la MDMA (principe actif de l’ectsasy) ont évolué, avec des formats divers qui attirent un nouveau public. « Des poudres, cristaux et comprimés fortement dosés, avec toute une série de logos, de couleurs et de formes, sont disponibles, de même qu'une production à la commande et un recours à un marketing sophistiqué et ciblé ».

     

     

     

     

    Un marché à 24 milliards d’euros

     

    Au total, plus de 88 millions d'adultes, soit plus d'un quart des personnes âgées de 15 à 64 ans dans l'Union européenne, ont déjà consommé des drogues illicites. Sur le marché des stimulants, des disparités régionales sont observées. Ainsi, la consommation de cocaïne est plus élevée dans les pays d'Europe de l'Ouest et du Sud, tandis que les amphétamines sont plus présentes au nord et à l'est. Tous ces produits ont vu une amélioration de leur pureté, à prix stables.

     

    Le marché des drogues illicites dans l'UE est estimé à 24,3 milliards d'euros en 2013. Avec 38 %, le cannabis (importé ou produit localement) représente la plus grande part de ce marché et sa production est devenue « un générateur de revenus majeur pour la criminalité organisée », selon l'OEDT. Viennent ensuite l'héroïne (28 %), la cocaïne (24 %), les amphétamines (8 %) et l'ecstasy (3 %).
     

     

    Jeunes « cobayes »

     

    Enfin, l’OEDT alerte sur les Nouveaux Produits de Synthèse (NPS), disponibles sur Internet – notamment sur le Darknet. « Le potentiel d'expansion de l'offre de drogue en ligne semble considérable », soulignent les auteurs, qui mettent en garde : « les jeunes consommateurs peuvent, à leur insu, servir de cobayes humains pour des substances dont les risques potentiels pour la santé sont dans une large mesure inconnus ». En 2015 tout comme en 2014, une centaine de nouvelles substances ont été recensées.

     

    Enfin, les overdoses liées aux drogues augmentent, selon ces données. Au moins 6800 décès sont à déplorer au sein de l’UE, principalement associés à l'héroïne, avec des hausses « préoccupantes » en Irlande, Lituanie, Suède et au Royaume-Uni.

     

    « L'Europe est confrontée à des problèmes de drogue de plus en plus importants. L'offre et la demande de nouvelles substances psychoactives, de stimulants, d'héroïne et d'autres opiacés continuent d'augmenter, ce qui a des conséquences majeures en termes de santé publique », concluent les auteurs.

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  • Rapport de l'ONU

    Drogues : 250 millions de consommateurs dans le monde

    Le nombre de consommateurs de drogues est resté stable dans le monde en 2014, mais les dégâts associés restent problématiques, selon un rapport de l’ONU.

    LIEN

    Drogues : 250 millions de consommateurs dans le monde
    elchonock/epictura
     
    Publié le 24.06.2016 à 18h01

    Un adulte sur 20 dans le monde a consommé au moins une drogue en 2014. « Cela représente 250 millions de personnes âgées de 15 à 64 ans, chiffre équivalant aux populations de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et du Royaume-Uni réunies », précise l’ONU dans son rapport annuel sur les drogues.

    « C’est beaucoup, mais il ne semble pas y avoir eu d’augmentation ces quatre dernières années proportionnellement à la population mondiale », note l’UNUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime).

    12 millions d'injecteurs

    Cependant, l’ONU estime que 29 millions de consommateurs de drogues souffriraient de troubles liés à cet usage ; « 12 millions d’entre eux pratiqueraient l’injection et 14 % de ceux-ci vivraient avec le VIH ».

    Ainsi, c’est bien les injecteurs qui alarment les auteurs du rapport. « Les usagers de drogues injectables sont ceux qui s’exposent à certaines des conséquences sanitaires les plus graves ». Par ailleurs, cette population, « généralement en mauvaise santé », est particulièrement exposée aux risques de surdose et d’infections sexuellement transmissibles. « Un sur sept vit avec le VIH et un sur deux avec l’hépatite C », précise le rapport.

    Les risques d’IST semblent particulièrement marqués chez les personnes qui s’injectent des stimulants, bien que ceux qui consomment des opiacés par voie injectable soient aussi exposés.

     

    Baisse de la production d’opium

    Par ailleurs, l’ONUDC note une très forte baisse de la production mondiale d’opium (-38 % en 2015 par rapport à l’année précédente), laquelle a atteint 4770 tonnes, soit le niveau enregistré à la fin des années 1990. « Cette baisse s’explique notamment par un déclin de la production en Afghanistan », précisent les rapporteurs.

    Malgré cela, le marché de l’opium est stable en 2014 et pourrait le rester un certain temps. En effet, « il semble peu probable que la forte baisse de la production d’opium enregistrée en 2015 entraîne de graves pénuries sur le marché mondial de l’héroïne compte tenu des hauts niveaux de production des années précédentes » et des stocks accumulés au cours des années précédentes.

    Concernant le cannabis, en 2014, « 183 millions de personnes auraient consommé du cannabis, drogue qui serait donc toujours la plus couramment consommée à l’échelle mondiale, suivie par les amphétamines ».

    Les auteurs précisent qu’au total, « les hommes sont trois fois plus susceptibles que les femmes de consommer du cannabis, de la cocaïne ou des amphétamines, alors que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de prendre des opioïdes et des tranquillisants à des fins non thérapeutiques ».

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    La Confédération des syndicats médicaux français exige «des propositions chiffrées et significatives,

    en particulier au niveau financier».

     

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  • Particules fines : oui, des solutions existent pour leur faire la peau !

    Particules fines : oui, des solutions existent pour leur faire la peau !Des solutions existent pour lutter contre les particules fines. (©FRED TANNEAU / AFP)

    On sait que les microparticules atmosphériques tuent 48.000 Français chaque année. On sait moins qu’elles pourraient être drastiquement limitées. Explications.

    L’équivalent d’une ville comme Saint-Ouen ! C’est le nombre de décès dus aux particules fines chaque année en France, à en croire la dernière étude publiée mardi 21 juin par l’agence officielle Santé Publique France. 

    Ces particules sont dites "fines", car d’un diamètre au moins inférieur à 10 micromètres, et c’est bien leur taille qui pose problème : elles sont en effet tellement minuscules qu’elles viennent se loger partout dans nos organismes - bronches, sang, cerveau… Et n’attendent pas les fameux "pics de pollution" qui alarment tant les autorités dès que les beaux jours arrivent pour provoquer bronchites, asthme, mais aussi cancers, crises cardiaques, infarctus…

    Pourtant, ces particules ne sont en rien une fatalité : si la Commission européenne a plusieurs fois épinglé la France pour son laxisme en la matière, si la Cour des comptes en a rajouté une couche au début de l’année 2016, c’est bien que les solutions sont à la portée des pouvoirs publics.

    Voici trois mesures bien connues qui pourraient être mises en œuvre :


    1 Réduire/abolir le diesel

    Le carburant préféré des Français pèse pour beaucoup dans les 13% des particules fines dites "PM10" qu’émet le transport routier dans son ensemble. Et s’il n’a plus le vent en poupe, que certaines villes - Paris en tête - ont décidé d’en chasser progressivement ses usagers, le moins que l’on puisse dire, c’est que des politiques anti-diesel plus ambitieuses pourraient être mises en place.

    Notamment dans les zones urbaines : péages urbains, encouragement plus volontariste à l’autopartage et au covoiturage. Encouragement au stationnement (gratuit) et à l’usage des alternatives (vélo et transports en commun). Copenhague ou Berlin sont, à ce titre, des modèles que toutes les agglomérations françaises seraient bien inspirées d’imiter.

    Les ports feraient bien eux aussi de s’y mettre : selon une étude de l’ONG France Nature Environnement, les paquebots français provoquent une catastrophe sanitaire pour les riverains qui subissent leurs particules fines. Or, ils ne sont astreints à aucun filtre, ni à aucune taxation dissuasive.

    2 Interdire les feux de cheminée en ville

    En décembre 2014, la polémique avait enflammé le Landerneau écolo : Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie, avait sans rime ni raison, décidé de revenir sur l’interdiction des feux de cheminée décrétée par le préfet d’Ile-de-France. "Ridicule", avait taclé la ministre, manifestement plus soucieuse de préserver les traditions de Noël que la santé des Franciliens.

    Pourtant, les particules fines rejetées par les feux de bûches de bois pèsent dans la pollution particulaire et oui, leur interdiction au moins dans les grandes agglomérations très peuplées pourrait être considérée comme une nécessité sanitaire.

    3 Réduire les engrais chimiques

    On connaît le rôle des intrants chimiques agricoles dans le développement de certains cancers, sur le système endocrinien humain et sur la mortalité des abeilles. On sait moins que les engrais chimiques représentent pas moins de 47% (!) du total des particules en suspension dans l’air, dixit le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa).

    Sachant qu’une agriculture bio (donc sans intrants chimiques) existe, qu’elle peut se montrer extrêmement productive (dans le cas par exemple de la permaculture) et qu’elle représente aujourd’hui moins de 5% de la surface agricole utile tricolore, il n’est pas bien difficile d’imaginer les progrès considérables qui restent à accomplir. Pour le bien des sols, de la faune, pour le bien de ce qui se trouve dans nos assiettes et aussi pour nos organismes qui dégorgent de particules.

    Arnaud Gonzague

     

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