• Publié le 02/11/2016 à 08:05         LIEN

    Abdennour Bidar, philosophe : «Il y a des liens à recoudre»

    Société

    Abdennour  Bidar, philosophe : «Il y a des liens à recoudre» Abdennour Bidar, philosophe : «Il y a des liens à recoudre»

    En ce jour de lancement de «Fraternité générale», pourquoi une telle opération, quel est le programme ?

    Le programme sera celui que les gens en feront, partout en France : c'est un appel à la mobilisation, à l'engagement, à l'initiative citoyenne et à l'imagination créatrice. Organisation de concerts, festivités, repas, forums de débats, etc. Il s'agit de donner à a fraternité – cet idéal resté trop longtemps idéal – une réalité concrète face à la gravité de toutes nos fractures sociales et culturelles.

    S'agit-il des prémices d'un «ministère de la Fraternité» que vous appeliez de vos vœux à Toulouse lors du Marathon des mots 2014 ?

    On peut rêver, je continue de rêver. À quand des politiques publiques – de partage, d'économie sociale et solidaire, de lutte contre la pauvreté, de réconciliation culturelle entre tous les Français divisés par leurs identités – réunies sous le grand et beau nom de fraternité ? On a besoin de grands symboles comme celui-ci, et aussi d'actes dans ce pays qui se nourrit de trop de discours, et qui laisse trop proliférer les séparations sociales entre riches et pauvres, musulmans et non musulmans, etc.

    Peut-on être laïque et croyant ? Et pratiquant ?

    Bien sûr, laïque ne veut pas dire athée ! La laïcité, c'est la garantie égale pour ceux qui croient au Ciel et ceux qui n'y croient pas des mêmes libertés, droits et devoirs. La limite de l'expression publique de la foi religieuse, dans un Etat laïque, c'est l'affirmation inacceptable que la loi de Dieu serait supérieure à la loi des hommes – c'est-à-dire à la démocratie. Lorsqu'une religion devient ainsi politique, c'est-à-dire prétend que la loi se plie à son dogme, ce n'est pas recevable.

    Trois jours après les «rencontres de la laïcité» auxquelles vous participiez à Toulouse, c'étaient les attentats du 13 novembre. Depuis les assassinats commis par Mohamed Merah, la violence va croissant dans notre pays…

    Oui, raison de plus pour réagir, avec lucidité, en gardant la tête froide. Ce qui suppose de ne pas écouter les prêcheurs de haine, qui voudraient faire de l'islam et des musulmans l'ennemi public n° 1 de la République. En réalité, il s'agit avec tous les musulmans parfaitement intégrés, il y en a des millions, de fixer une limite claire et nette aux revendications de l'intégrisme, et de travailler ensemble pour que les ghettos sociaux où prolifère le salafisme, ce cancer de l'islam, ne soient plus des territoires perdus de la République. Fermeté face au radicalisme et justice sociale.

    Un point de non-retour qui a jeté aux oubliettes «l'esprit du 11 janvier» ? Qui s'en souvient ! ?

    Non ! Désolé, il n'a pas été oublié. Des milliers d'engagés partout en France travaillent à recréer du lien social. Mais nos médias préfèrent parler de tout ce qui va mal. Dans mon précédent livre, «Les Tisserands», je parle au contraire de toutes celles et ceux qui, au quotidien, œuvrent à «réparer ensemble le tissu déchiré du monde». Voilà ce qu'il faut faire entendre, l'émergence d'un monde plus solidaire, partageur, tolérant. Pour qu'enfin cela fasse basculer notre société au-delà de cette période noire où nous nous laissons accabler et désespérer par la prise en compte exclusive de tout ce qui va mal.

    Vous espérez depuis des années entendre de grandes voix de l'islam s'élever contre le cancer de l'islamisme terroriste, les avez-vous captées ?

    Je m'attache surtout à donner une voix à toutes ces musulmanes et tous ces musulmans qui réalisent en silence, dans leur vie de tous les jours, une conciliation réussie entre leur culture spirituelle et leur inscription dans notre société. Car du côté de l'islam, il y a une profonde fracture entre ceux qui reviennent à des traditions périmées, une religiosité stéréotypée, et ceux qui cherchent à réinventer leur rapport à l'islam, à s'émanciper de la tradition et de ses normes. C'est avec ceux-ci qu'il faut construire un contre-modèle à l'islamisme. Je m'attache à le faire par ma contribution de philosophe, en élaborant une «pensée critique et créatrice» qui renouvelle complètement le sens du spirituel en islam.

    La campagne présidentielle est lancée. Que vous inspire le thème de l'étranger et des réfugiés dans la primaire de la droite ?

    C'était prévisible : exploitation des peurs, des inquiétudes, excitation irresponsable de la tentation du repli sur soi. J'espère que les Français ne tomberont pas dans le piège de cette désignation des musulmans, des immigrés, des migrants, comme boucs émissaires de notre crise sociale et culturelle.

    Le repli sur soi, le communautarisme déchirent le tissu social, quelle couture proposez-vous ?

    La couture, la culture du triple lien : lien à soi, lien à l'autre, lien à la nature et l'univers. La mère de toutes nos crises est une crise de ces trois liens vitaux, nourriciers pour la vie humaine. Le lien de l'écoute, de la connaissance et de l'accomplissement de soi. Le lien de coopération, de partage et de fraternité sans frontières avec autrui. Le lien de respect avec la nature et l'animal, et d'émerveillement face à la puissance créatrice de cette nature. Cette couture des liens est de nature spirituelle, ce qui ne veut pas dire religieuse, parce qu'en cultivant ces trois liens nous grandissons en humanité. Dès lors, notre responsabilité collective est inséparablement politique et spirituelle… dans un cadre laïque !

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  • Arrivées de migrants dans la capitale

    LIEN

    28 octobre 2016 à 20:21

    Les tentes se multiplient à Paris, alors que la «jungle» de Calais est démantelée. Avenue de Flandre, place Jean-Jaurès, place Stalingrad, les files devant les marmites s’étirent. «Il y a trois jours, on distribuait 700 à 800 repas. Aujourd’hui, on est à plus de 1 000. Je ne sais pas comment on va faire», explique Charles Drane, de l’Agence adventiste du développement et de l’aide humanitaire. La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a assuré vendredi sur Public Sénat : «Il n’y a pas d’arrivée massive de Calais sur Paris.» «Beaucoup de migrants vont dans la capitale» en bus, par train ou en voiture, affirme au contraire à l’AFP une source policière. Des associations estiment qu’entre 2 000 et 3 000 exilés sont en dehors de la «jungle» et des centres d’accueil. «Nous n’avons pas d’informations précises sur le nombre de migrants à Paris. Mais il est évident que certains ont rejoint la capitale», explique à Libération un bénévole d’Utopia 56.

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  • Tremblay-en-France : huit arrestations à la suite de violences devant un lycée

    Des incidents se sont produits le 17 octobre au matin aux abords du lycée Hélène-Boucher, ayant impliqué quelque 80 jeunes gens, selon la police.

    Le Monde.fr avec AFP | 25.10.2016 à 14h18   LIEN

    Huit jeunes gens suspectés d’avoir pris part aux violences de la semaine dernière devant un lycée de Tremblay-en-France, dans la Seine-Saint-Denis, ont été interpellés, mardi 25 octobre au matin, a fait savoir le parquet de Bobigny.

    Ces incidents, qui s’étaient produits le 17 octobre au matin devant le lycée Hélène-Boucher, avaient impliqué quelque 80 jeunes gens, dont une dizaine particulièrement virulents, selon la police. Quatre cocktails Molotov avaient été lancés sur la façade sans faire de dégâts, et trois autres bouteilles contenant du liquide inflammable avaient été retrouvées à proximité.

    Lire aussi :   Emotion après des violences contre des personnels de l’éducation

    La proviseure avait été légèrement blessée à la grille du lycée, en tentant d’apaiser la situation. Selon une source proche de l’enquête, confiée à la sûreté départementale, l’un des huit interpellés est soupçonné de lui avoir porté un coup de pied.

    D’autres épisodes de violences en milieu scolaire

    Toujours selon cette source, les gardés à vue ne sont pas tous scolarisés au lycée Hélène-Boucher, ni tous domiciliés dans la Seine-Saint-Denis.

    Il s’agissait du troisième épisode de violences en un mois aux abords de cet établissement. Le 10, une trentaine de jeunes munis de barres de fer s’étaient affrontés devant l’enceinte du lycée où, quatre jours plus tôt, deux véhicules avaient été incendiés.

    Lire aussi :   Une série de violences aux abords et au sein des lycées d’Ile-de-France

    Ces incidents se sont produits dans un climat émaillé d’autres épisodes de violences en milieu scolaire. Le premier ministre, Manuel Valls, a promis que l’Etat poursuivrait « sans relâche ceux qui s’en prennent à nos professeurs, nos écoles, nos forces de l’ordre ».

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    A Marseille, le conseil municipal enterre

    le projet de grande mosquée

    Le Monde.fr avec AFP | 03.10.2016 à 16h29      LIEN

    Vue partielle des anciens abattoirs de Marseille, prise le 22 novembre 2011 dans le quartier Saint-Louis, où devait se construire la future grande mosquée de Marseille.

    La communauté musulmane de Marseille n’est pas prête de voir son projet de grande mosquée se réaliser. Et pour cause, le conseil municipal a voté, lundi 3 octobre, la résiliation du bail du terrain destiné à sa construction. « Le bail est caduc, le permis de construire est caduc, ce n’est pas la peine d’aller plus loin », a lancé le maire (LR) Jean-Claude Gaudin avant de mettre au vote le rapport 235 qui portait sur la « résiliation du bail emphytéotique administratif conclu par la ville de Marseille au bénéfice de l’association La Mosquée de Marseille pour l’édification d’une mosquée ».

    La municipalité a avancé plusieurs motifs pour cette résiliation, dont un terrain laissé à l’abandon et des problèmes de recouvrement de loyers. L’association, qui a cumulé trois ans de retard de loyers, soit 62 000 euros, s’est toutefois engagée à régulariser sa situation d’ici à la fin de l’année.

    Une partie de l’opposition de gauche a voté contre la résiliation du bail, notamment la sénatrice socialiste Samia Gahli et l’écologiste Karim Zéribi. M. Gaudin s’est, en revanche, engagé à « faciliter » un éventuel futur projet, « si un jour la communauté musulmane veut ériger une grande mosquée ». « Nous vérifierons l’origine des fonds, nous vérifierons si c’est possible et, à ce moment-là, nous chercherons un terrain pour construire cela », a-t-il poursuivi.

    Un chantier au point mort

    En 2007, la ville avait consenti un bail de 50 ans pour un terrain de 8 000 m² sur le site des anciens abattoirs, situés au nord de la ville, dans le 15arrondissement. La première pierre a été posée en 2010, malgré des recours déposés par le FN sur des problèmes de parking et sur un loyer jugé trop bas – ce qui avait d’ailleurs obligé la municipalité à augmenter le montant demandé à l’association. Faute de financements et de divisions au sein de l’association porteuse du projet, les travaux n’ont jamais réellement commencé. Aujourd’hui, le terrain est à l’abandon et le bâtiment actuel, destiné à la destruction, n’est toujours pas rasé.

    La cité phocéenne compte quelque 220 000 musulmans, dont 70 000 pratiquants, sur 850 000 habitants, selon une estimation établie à partir de données du conseil régional du culte musulman (CRCM) et de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Elle abrite également environ 70 mosquées et salles de prière officielles, toujours selon le CRCM.

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  • Une épicerie solidaire pour les étudiants

    ouvre à Paris

    LE MONDE | 23.09.2016 à 12h50 • Mis à jour le 23.09.2016 à 13h05 | Par Adrien de Tricornot

    LIEN

    L’Agoraé d’Amiens : un lieu convivial d’échanges pour les étudiants en même temps qu’une épicerie solidaire avec une offre de services. L’Agoraé d’Amiens : un lieu convivial d’échanges pour les étudiants en même temps qu’une épicerie solidaire avec une offre de services. FAGE

    Une épicerie solidaire, également lieu d’échanges, de débats et de services associatifs : l’Agoraé de Paris a été inaugurée dans le 13e arrondissement, jeudi 22 septembre, au cœur du nouveau quartier universitaire sur les quais de Seine, au 15, rue Jean-Antoine-de-Baïf, à quelques encablures de l’université Paris-VII-Denis-Diderot ou de l’Inalco. Il s’agit du quatorzième espace en France de ce réseau développé par la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), une des deux principales organisations syndicales étudiantes, avec de nombreux partenaires – municipalité, réseau des épiceries solidaires Andes (acronyme d’Association nationale de développement des épiceries solidaires), mutuelle Macif, fondations d’entreprises Banques populaires ou Monoprix, Carrefour…

    Cette ouverture parisienne souligne en creux la précarisation des étudiants, notamment à Paris, car la vie y est plus chère, en particulier les loyers. Si bien qu’un étudiant parisien a besoin, en moyenne, de 1 100 euros par mois pour subvenir à ses besoins, contre 680 euros à Brest, d’après les indicateurs de la rentrée publiés par la FAGE. Et selon une enquête menée par le réseau Agoraé auprès de 2 495 étudiants parisiens en 2012, 12 % des étudiants déclarent ne pas pouvoir manger à leur faim, et 3 % ont déjà eu recours à une structure d’aide alimentaire. Selon la FAGE, « l’aide alimentaire classique est fuie des étudiants, jugée trop stigmatisante et peu adaptée (horaires, éloignement des campus, etc.) ».

    Lire aussi :   Avec les étudiants précaires de Tours : « On n’a jamais vu autant de monde »

    Les Agoraé donnent ainsi accès à des produits de première nécessité à prix réduit, sur critères sociaux. Mais aussi à d’autres prestations visant à améliorer le « bien-être » des étudiants : permanences juridiques, aide au départ en vacances, accès à la culture, accompagnements psychologiques, conseils de nutritionnistes… ainsi que des animations, comme des bibliothèques participatives, des cours de cuisine, d’instruments de musique, des visites culturelles ou encore l’organisation de conférences thématiques.

    Créé en 2011 à Lyon, le réseau Agoraé est en plein développement. Des ouvertures sont prévues au cours de cette année universitaire, à Créteil ou à Clermont-Ferrand, et nombre d’autres sont à l’étude. Depuis février 2016, plus de 3 000 étudiants bénéficient d’une aide alimentaire par le biais d’une de ces Agoraé. Le 31 août, le réseau a été l’un des lauréats de la dernière édition de « La France s’engage », dispositif porté par l’Elysée pour développer des projets d’innovations sociale.

    Lire aussi :   Logement étudiant, quelles sont les villes les moins chères

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  • C à vous : 700 plaintes après le passage

    d'Eric Zemmour dans l'émission

    Le CSA a décidé de se pencher sur le sujet, après que le polémiste a été accusé d'avoir tenu des propos anti-islam.

    Polémiste

    Publié le 10 Septembre 2016      LIEN

     

    C à vous : 700 plaintes après le passage d'Eric Zemmour dans l'émission
     

    L'émission "C à vous" du 6 septembre sur France 5 recevait Eric Zemmour, dans le cadre de la parution de son livre regroupant ses chroniques sur RTL. L'émission avait déjà fait parler lors de sa diffusion suite à un moment étonnant où Eric Zemmour découvrait, en direct, que certaines de ses chroniques les plus polémiques n'avaient pas été intégrées à l'ouvrage, contrairement à ce à quoi il s'attendait.

    L'émission d'Anne-Sophie Lapix revient aujourd'hui sur le devant de la scène, à cause des propos tenus par le polémiste sur l'islam. Pour Eric Zemmour, "il n'y a pas de musulmans modérés" et "le djihad fait partie de l'islam".

    "Ce que vous appelez bons musulmans, l'islam les appelle mauvais musulmans", avait-il expliqué à Anne-Sophie Lapix et Patrick Cohen.

    Ces propos ont fait réagir de nombreux téléspectateurs. Dans un Tweet publié vendredi, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a indiqué avoir reçu plus de 700 plaintes après l'émission. Le CSA a donc décidé d'ouvrir un dossier sur le sujet qui sera instruit prochainement.

    Pour rappel, le CSA avait il y a plusieurs années mis en demeure Canal + suite aux propos controversés d'Eric Zemmour dans Salut les Terriens. Il y avait déclaré à l'époque : "Les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C'est un fait". 


    + de 700 signalements concernant l'émission (6/09) ont été reçus via http://bit.ly/AlerterLeCSA . Le dossier sera instruit prochainement

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  • Tribune

    Pokémon Go ou la chasse… aux données personnelles des joueurs

    Professeur de droit, Grenoble École de Management (GEM).    LIEN

     
    Alors que l’étau réglementaire se resserre autour des entreprises du numérique et que les internautes sont en passe d’obtenir de nouvelles armes contre les abus, Pokémon Go s’appuie sur un large accès aux données à caractère personnel des « dresseurs », bien au-delà des besoins de son fonctionnement et leur impose de multiples clauses abusives. Niantics est l'objet d'une enquête pour atteinte à la vie privée. Que risque la société ?
    SIPA

    Le jeu de réalité augmentée lancé sur le marché français le 24 juillet dernier compte déjà 11 millions d’adeptes dans le monde. Les dangers du jeu sont dénoncés chaque jour : accident de voiture, découverte d’un cadavre,

    Les règles du safe play énoncées par les laissent sans voix :

    « Vous vous engagez conjointement à votre utilisation de l’Application, à ne pas infliger de détresse émotionnelle à d’autres personnes, ni humilier d’autres personnes (publiquement ou autrement), ni menacer ni agresser d’autres personnes, ni entrer sur une propriété privée sans autorisation, ni usurper l’identité d’une autre personne ou représenter faussement quelque autre personne, titre ou entité, ni de vous engager dans une quelconque activité pouvant entraîner des blessures, la mort… » (Version du 1ᵉʳ juillet 2016)

    Cela n’a pas empêché la transformation d’une propriété privée en  !

    L’inscription : quand tout commence… ,

     

    Plus pernicieux, l’application s’appuie sur un large accès aux données à caractère personnel des « dresseurs », bien au-delà des besoins de son fonctionnement et leur impose de multiples clauses abusives, alors que l’étau réglementaire se resserre et que les internautes sont en passe d’obtenir de nouvelles .

    Pourquoi est-elle l’objet d’une enquête pour atteinte à la vie privée de ses utilisateurs ? Quelles sont les sanctions encourues par la société ?

    Comment Niantic accède-t-elle aux données à caractère personnel de 11 millions de dresseurs ?

    Cela est rendu possible car le simple fait de cliquer sur « installer » pour jouer vaut acceptation des conditions du service. Combien de dresseurs ont-ils lu ces conditions et la politique de confidentialité de (11 000 mots) ? Trop peu… Pourtant de nombreuses alertes de violation de l’intimité de la vie privée générées par le fonctionnement du jeu circulées sur le Web et Twitter ont mené à une demande d’enquête . De nombreux éléments des conditions du « service » Pokemon Go sont à présent scrutés.

    Tout d’abord, la seule utilisation du jeu vaut acceptation de sa politique de confidentialité qui figure alors qu’une telle mention est considérée comme une clause noire passible d’une amende jusqu’à 150 000 euros selon la DGCCRF (art.R132-1 du Code de la Consommation).

    Le jeu Pokémon Go.

     

    Niantic explique qu’elle recueille les données à caractère personnel (adresse e-mail Google ou celle enregistrée sur le Club des Dresseurs Pokémon « PTC » et/ou l’adresse e-mail enregistrée sur Facebook) ainsi que les paramètres de confidentialité sélectionnés sur Google, PTC ou Facebook. Pas sûr que les dresseurs aient pris le temps de lire cette clause essentielle !

    Niantic utilise deux moyens techniques pour surveiller ses utilisateurs : d’une part, des cookies, ces balises qui sont placées sur le disque dur de l’utilisateur de façon durable (sans pour autant que la durée soit spécifiée) pour tracer sa navigation et dont la désactivation bloque les fonctionnalités du jeu, tout simplement…

    Rappelons que Facebook est justement sous le coup d’une pour ne pas avoir recueilli le consentement exprès à ce type de collecte déloyale des données de navigation et qu’elle encourt une amende de 150 000 d'euros.

    D’autre part, des pixels invisibles (Web beacons) sont incorporés de manière imperceptible sur les pages Web (ou dans un e-mail) par la société ce qui lui permet de contrôler quelles sont les pages web visitées par le dresseur. Mais pour les désactiver il faut désactiver les cookies auxquels ils sont associés donc bloquer le fonctionnement du jeu…

    Qui surveille qui dans le jeu ? ,

     

    Le titulaire du compte PTC et l’utilisateur (qui n’en a pas) n’ont aucunement conscience de l’ampleur de la surveillance dont ils sont l’objet.

    Ensuite, même si Niantic qualifie d’« informations liées à l’utilisation des services » les données à caractère personnel qu’elle conserve il n’en demeure pas moins qu’une adresse e-mail, une adresse IP sont légalement des données à caractère personnel, et elles sont enregistrées automatiquement. La société recueille aussi l’identifiant de l’appareil mobile utilisé, les paramètres de l’utilisateur et le système d’exploitation de l’appareil ; elle recueille et stocke la localisation et le nom de l’utilisateur qui sont partagés avec les autres participants du jeu, c’est-à-dire 11 millions de personnes moins un !

    Attention ces données sont conservées même après la résiliation ou la désactivation du compte pour une durée « commercialement acceptable » par Niantic mais aussi par ses clients, ses sociétés apparentées ou ses prestataires de services ! Naturellement, aucun de ces tiers n’est identifié. De plus, les services de Niantic n’ont pas la « capacité » (volonté ?) de répondre aux signaux « do not track » et loin de satisfaire la transparence pour la compréhension de cette clause, le document renvoie à… un site Internet.

    Sans le savoir, on partage tout avec les autres joueurs.

     

    Autant dire que vouloir jouer à Pokemon Go implique nécessairement un partage permanent de ses données personnelles avec 11 millions d’utilisateurs… ! Un partage sans garantie de sécurité, car :

    « Vous devez savoir qu’il n’existe pas de méthode de transmission d’informations sur Internet ou de stockage d’informations totalement sécurisée. Par conséquent, nous ne pouvons pas en garantir la confidentialité absolue. » (point 7 de la politique de confidentialité).

    Des clauses visiblement abusives figurent dans les conditions du jeu Pokemon Go

    • le règlement des différends (avis d’arbitrage) ;

    • la modification unilatérale par la société ;

    • la limitation de responsabilité ;

    • l’exonération de garantie ;

    • Et la constatation de l’adhésion de l’utilisateur à des clauses figurant dans un autre document (Politique de confidentialité).

    Il est aisé de les déceler : elles sont soit rédigées en lettres capitales (c’est surtout capital pour Niantic de les imposer), soit créent un déséquilibre significatif dans les droits et obligations au détriment du joueur.

    Joueurs dans le parc Setagaya au Japon le 30 juillet 2016. Brian Miller/Flickr

     

    Pourquoi Niantic Labs considère vos données à caractère personnel comme ses propres actifs ?

    Le modèle économique de Niantic repose sur le data mining de ses utilisateurs :

    « Les informations que nous collectons auprès de nos utilisateurs, y compris les données à caractère personnel, sont considérées comme un actif de l’entreprise. » (politique de confidentialité art.3-d).

    De ce fait, plus il y a d’utilisateurs, plus ils jouent, plus les données sont nombreuses… plus Niantic prend de la valeur. Ceci est d’autant plus important pour une start-up que dans le cadre de sa stratégie de sortie un actif de 11 millions d’utilisateurs pèsera de tout son poids. Sur ce point, la politique de confidentialité décidément très surprenante énonce que :

    « Si nous étions rachetés par un tiers à la suite d’une transaction telle qu’une fusion, une acquisition ou une vente d’entreprise, ou si nos actifs étaient rachetés par un tiers pour cause de faillite ou de cessation de commerce, une partie ou la totalité de nos actifs, y compris vos données à caractère personnel (ou celles de votre enfant autorisé), pourraient être divulguées ou transférées à un tiers acquéreur dans le cadre de la transaction. »

    L’utilisateur pourrait s’opposer à la cession de ses données personnelles après la réalisation de cette transaction, mais la modalité d’information des usagers, ni la procédure d’opposition ne sont décrites.

    Ces « actifs » sont appelés à prendre davantage de valeur avec le développement de la stratégie marketing de Niantic consistant à placer des Pokéstops et des arènes (Pokémon Gyms) dans des points de vente. On est loin des sites historiques ou artistiques. Une technique comme une autre pour attirer des clients potentiels avec des Pokémons rares… du déjà vu… au  ! Les dresseurs ne s’y tromperont pas.

    John Hanke lors du Comic Con de San Diego le 24 juillet 2016. ,

     

    Les dresseurs et le chasseur

    Le contenu d’une app est indexable sur Google grâce à des deep link pour la somme dérisoire de 3 000 euros. Cela signifie que demain, le ciblage comportemental, le profilage 360°, le neuro-marketing s’appuieront sur les données issues des apps…

    Demain, le digital analytics s’appuiera sur les produits de la création : expériences d’écriture numérique, play lists synchronisée avec les émotions… Officiellement, pour nous offrir une expérience exceptionnelle, mais surtout asseoir un avantage compétitif illimité : la donnée générée par l’utilisateur, sa collecte et son exploitation.

    La convergence homme-machine est en filigrane. John Hanke, créateur de Google Earth, est le fondateur de Niantic, initialement une filiale de Google devenue une start-up indépendante depuis la réorganisation du conglomérat Alphabet et dont Google est actionnaire à hauteur de 20 millions de dollars. Pokémon Go est une véritable . Il est aussi à l’origine du jeu multi-joueurs Ingress de réalité augmentée. Il faut s’attendre à ce que les utilisateurs d’apps soient de plus en plus précisément pourchassés qui plus est en temps réel. Passionné de robotique, de nanotechnologies et d’intelligence artificielle, John Hanke est loin de chasser à la billebaude. Les autorités de la concurrence, de la consommation, de la répression des fraudes et de la protection des données personnelles non plus.

    The Conversation

    , Professeur de droit,
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    AIR FRANCE "Chemise arrachée" : le licenciement d'un syndicaliste validé

     

    "Il ressort que la faute reprochée est d’une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié protégé" a fait savoir ce lundi le ministère du Travail. Magasinier à la maintenance et représentant du personnel (CGT), il avait été licencié pour faute lourde.

     

    •   LIEN
    • Le 08/08/2016 à 15:36
    • mis à jour à 17:08

     

    Le DRH de la compagnie aérienne, Xavier Broseta, avait eu la chemise arrachée, le 5 octobre 2015. Photo AFPLe DRH de la compagnie aérienne, Xavier Broseta, avait eu la chemise arrachée, le 5 octobre 2015. Photo AFP

     

    La ministre du travail Myriam El Khomri a validé le licenciement d’un délégué CGT d’Air France accusé d’avoir participé à l’épisode de la «chemise arrachée».

    «A l’issue d’une analyse longue et minutieuse des faits survenus le 5 octobre 2015 en marge du comité central d’entreprise du groupe Air France, et sur la base des éléments portés au dossier, il ressort que la faute reprochée est d’une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié protégé», a annoncé un communiqué du ministère du Travail.

    "Cette décision est cohérente"

    «Cette décision est cohérente avec le licenciement des quatre autres salariés impliqués dans le même dossier, qui ne bénéficient d’aucun mandat syndical et dont le cas n’est donc pas soumis à l’autorisation de l’inspection du travail», ajoute le texte.

    L’Inspection du travail, saisie en cas de licenciement d’un salarié protégé, avait refusé en janvier le licenciement pour faute lourde du représentant du personnel (CGT), magasinier à la maintenance. La direction avait alors formé un recours auprès du ministère du Travail.

    Le volet judiciaire en septembre

    Au niveau judiciaire, l'affaire, qui devait être jugée en mai devant le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a été renvoyée à la demande de la défense aux 27 et 28 septembre. Quinze prévenus dont cinq adhérents de la CGT devraient comparaître. Les images du DRH de la compagnie aérienne, accompagné d'un autre cadre, chemises arrachées, torse nu, escaladant un grillage pour échapper à des manifestants déchaînés, avaient fait le tour du monde.

    Cinq des personnes poursuivies le sont pour « violences en réunion » et encourent jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende. Les dix autres le sont pour « dégradations ». Les dérapages s'étaient produits après l'annonce d'une restructuration d'Air France menaçant près de 3 000 emplois.

     

    Philippe Martinez : "Proprement scandaleux"

     

    Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a jugé «proprement scandaleux» que la ministre du Travail ait validé le licenciement d’un délégué CGT d’Air France, y voyant une «attitude revancharde» du gouvernement après la bataille menée par le premier syndicat français contre la loiTtravail.

    C'est «une décision éminemment politique» qui «désavoue la décision de l’Inspection du travail», a-t-il déclaré. Pour lui, «il est proprement scandaleux que la ministre casse cette décision».

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  • La population carcérale française a atteint un nouveau record

    La population carcérale française a atteint un nouveau record La prison de Fleury-Merogis, dans le sud de Paris.
    ILLUSTRATION / AFP / MIGUEL MEDINA
     

    A vec 69 375 personnes incarcérées, le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint au 1er juillet un nouveau record qui repose la question de la surpopulation pénale et des moyens d'y remédier.

    Depuis plusieurs mois, les statistiques frôlaient le précédent record historique de nombre de détenus établi en avril 2014 avec 68 859 personnes incarcérées. Les nouveaux chiffres publiés par l'Administration pénitentiaire (AP) l'ont largement dépassé. Ils se traduisent par une augmentation de la surpopulation pénale puisqu'au 1er juillet, la capacité des établissements pénitentiaires n'était que de 58 311 places opérationnelles.

     

    1 648 détenus sur des matelas posés au sol

    Parmi les détenus, 1 648 étaient installés directement sur des matelas posés au sol. Les points noirs se situent notamment en Ile-de-France, avec "huit maisons d'arrêt en état de saturation" et "167% de taux d'occupation", a précisé mardi sur Europe 1 le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, selon qui il faudrait construire "4 300 places supplémentaires".

    Dans un communiqué, il a de nouveau défendu "la nécessité d'un programme de construction de places et d'un développement des aménagements de peines pour atteindre l'encellulement individuel dans les prisons". Le ministre de la Justice "remettra au Parlement en septembre un rapport sur l'encellulement individuel", dans lequel il "présentera des propositions pour lutter contre la surpopulation en prison".

     

    L'encellulement individuel jamais respecté

    Fixé dans la loi depuis 1875, le principe de l'encellulement individuel n'a jamais été respecté. Il a fait l'objet de moratoires successifs, le dernier allant jusqu'à 2019. La principale cause du nouveau record est l'explosion du nombre des prévenus (les personnes non jugées définitivement), qui atteint début juillet 20 035 contre 17 602 il y a un an (+13,8%).

    Un résultat dû notamment aux procédures initiées après les attentats de Paris et en lien avec l'état d'urgence, souligne une source pénitentiaire.  

    "Marmites infernales" 

     A l'inverse, le nombre de détenus condamnés reste stable sur un an, à 47 145 (+0,6%). Autre point marquant, la baisse des aménagements de peine (13 283, -1,5%) et l'effondrement des libérations sous contrainte (442, -19,8%), qui témoignent d'un durcissement du système carcéral.

    Un rapport du Conseil de l'Europe publié en mars classait la France parmi les mauvais élèves en matière de surpopulation carcérale, à la septième place sur ses 47 membres. Fréquemment, la France est épinglée par la Cour européenne des droits de l'Homme pour "traitements dégradants" des détenus.

    Les conséquences de cette surpopulation sont connues : tensions et violences entre détenus et contre les surveillants, diminution des activités et moindre disponibilité des conseillers d'insertion. La CGT pénitentiaire s'est d'ailleurs dite mardi "très inquiète pour le quotidien" des personnels "dans ces +marmites infernales+ que deviennent nos prisons".

    Favorise la récidive

    Au final, la prison peine à préparer les détenus à leur sortie, ce qui favorise la récidive. "Nos prisons annoncent les malheurs de demain", a récemment prévenu Jean-Jacques Urvoas. Sur les raisons de cette explosion, beaucoup voient les conséquences d'un climat sécuritaire, d'une demande de fermeté de l'opinion nourrie par l'actualité et le débat politique, qui conduirait les juges à durcir les peines. A cette surpopulation s'ajoute une pénurie de surveillants (4 000 pour un effectif de 27 000) en raison de postes vacants et de l'absentéisme.

    Sur les solutions, le ministre s'est déjà prononcé pour la construction de nouvelles places de prison. A droite, on estime les besoins à 10 000 ou 20 000 places. Mais la construction de nouveaux établissements prend en moyenne dix ans et coûte autour de 200 000 euros par cellule pour une maison d'arrêt de 500 places, selon une source pénitentiaire.

    "Le principal bénéficiaire du budget de la justice, c'est l'administration pénitentiaire (43% du budget) et en son sein le poids des partenariats public-privé" (PPP), expliquait récemment Jean-Jacques Urvoas au Sénat.

    Un "seuil" pour ne plus incarcérer

    La contrôleure des prisons Adeline Hazan est, elle, favorable à un "numerus clausus" ou "seuil" au-delà duquel il ne serait plus possible d'incarcérer. Jean-Jacques Urvoas n'entend pas non plus écarter les alternatives à l'incarcération. Il a ainsi adressé début juin une circulaire aux magistrats les invitant à "pleinement" utiliser le dispositif de la "contrainte pénale", encore rarement prononcée par les tribunaux (1 729 en 19 mois).

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  • Dès juillet, les aides au logement dégressives au-delà d'un certain loyer

    Dès juillet, les aides au logement dégressives au-delà d'un certain loyer 80 000 foyers devraient être concernés par la dégressivité des APL.
    AFP / PHILIPPE HUGUEN
     

    L e gouvernement prévoit de diminuer le montant des aides personnelles au logement (APL) au-delà d'un certain montant de loyer.

    Une mesure qui vise à prendre "mieux en compte la capacité financière effective et les besoins des ménages en prévoyant la dégressivité des prestations lorsque le loyer est supérieur à un plafond", indique le décret publié jeudi 7 juillet. Le ministère du logement prévoit de limiter, voire supprimer, le montant des APL quand le loyer est considéré comme visiblement trop élevé par rapport aux revenus du ménage.

     

    80 000 foyers concernés

    Elle "s'applique aux prestations dues à compter du 1er juillet 2016", est-il ajouté. Les seuils de loyers retenus dépendent notamment de zones géographiques. Cette disposition était prévue par la loi de Finances 2016 promulguée en décembre et est notamment destinée à enrayer la hausse constante des APL. La mesure touchera 80 000 foyers, selon la Confédération nationale du logement, qui en avait demandé le retrait début juin. L'APL est actuellement délivrée à quelque 6,5 millions de bénéficiaires, locataires ou propriétaires, sous conditions de ressources.

    Dès le 1er octobre, ces aides ne seront plus octroyées aux enfants dont les parents payent l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Les caisses d'allocations familiales (CAF) prendront aussi en compte le patrimoine du bénéficiaire, lorsqu'il excède 30 000 euros, pour déterminer le montant de l'allocation.

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