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    Lego ne publiera plus ses pubs dans le "Daily Mail"

    Le géant danois refuse de "financer la haine."

    Décision

    Publié le 12 Novembre 2016         LIEN

     

    Lego ne publiera plus ses pubs dans le "Daily Mail"
     

    Grosse polémique au Royaume-Uni, après la décision de l'entreprise Lego de boycotter le "Daily Mail". Cette décision se fait dans le cadre de la campagne "Stop funding hate" ("arrêtez de financer la haine"). "Nous avons mis fin à notre accord avec le Daily Mail et ne prévoyons pas d'autre action commerciale à l'avenir", a indiqué à l'AFP une porte-parole du groupe. "Nous consacrons un soin particulier à écouter les enfants. Et lorsque des parents ou des grands-parents prennent le temps pour nous faire savoir ce qu'ils ressentent, nous les écoutons tout aussi attentivement."

    Le Daily Mail, grand tabloïd britannique conservateur, est accusé d'alimenter "la haine, la discrimination et la diabolisation", notamment des migrants.

    Le journal, deuxième tirage du pays, est réputé pour ses couvertures sensationnalistes et europhobes.

    Les tabloïds The Daily Express et The Sun sont  aussi visés par la campagne. Pour le moment, Lego est la seule marque à y répondre, après la diffusion virale, la semaine dernière, de la lettre d'un père de famille qui estimait que le Daily Mail "ne fait rien d'autre que de créer une méfiance envers les étrangers, de blâmer les immigrés pour tout, et (…) reprocher à un des juges les plus importants au Royaume-Uni d'être gay."

    Début novembre, une couverture du tabloïd présentait le visage de 3 juges de la Haute cour d'Angleterre avec le titre : "Ennemis du peuple." Ils avaient en fait rappelé que le Brexit devait passer par un vote du parlement britannique.

     
     


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  • Hillary Clinton perd alors qu'elle recueille plus de voix que Donald Trump: les dessous d'un système électoral archaïque

    Le collège électoral des grands électeurs fait partie de l'histoire des Etats-Unis, mais pose de plus en plus de problèmes. Si l'élection s'était déroulée en France, le mode de scrutin l'aurait désignée gagnante.

    10/11/2016 15:05 CET | Actualisé 10/11/2016 21:46 CET         LIEN

     

    HuffPost
    Pour la quatrième fois dans l'histoire des Etats-Unis, les grands électeurs vont choisir un président que le peuple n'a pas désigné majoritairement.

     

     

    INTERNATIONAL - "Hillary Clinton est la première femme présidente des États-Unis". Cette phrase aurait dû tourner en boucle sur toutes les chaînes d'information, mercredi 9 novembre, si ce pays fonctionnait avec un suffrage universel direct, comme la France.

     

     

     

    En effet, la candidate démocrate a remporté, selon toute vraisemblance, quelque 55,9 millions de voix, plus de 200.000 de plus que son rival. Le décompte final des voix prendra encore quelques jours, mais l'écart est tel que la projection est quasi-certaine.

     

     

     

    Pour autant, le 45e président des États-Unis sera Donald Trump. C'est la quatrième fois que cela arrive dans l'histoire du pays. Et à chaque fois, le bénéficiaire fut républicain. Pourquoi? A cause de ce fameux système des grands électeurs. Les citoyens américains ne votent pas directement pour le président, mais choisissent quels grands électeurs vont voter pour le candidat de leur camp, et ce dans chacun des 50 États. Surtout, il suffit d'obtenir la majorité de 0,1% pour que tous les grands électeurs d'un État basculent.

     

     

     

    Ainsi, les 61% d'électeurs qui ont voté pour Hillary Clinton en Californie ont eu le même effet que si seulement 50,1% avaient voté pour elle. Trump a donc réussi à utiliser ce système électoral compliqué, en pariant sur des Etats clés (swing states, notamment), pouvant basculer, pour s'imposer, même si la majorité des électeurs américains a pourtant voté pour Hillary Clinton.

     

     

     

    Ce système semble archaïque et inégalitaire. Il l'est certainement (et des manifestants l'ont dit quelques heures après l'annonce du résultat, demandant pour certains une réforme du mode de scrutin). Mais il n'existe pas sans raison.

     

    Une république avant d'être une démocratie

     

    "Il faut bien comprendre qu'avant 1830, les Etats-Unis ne sont pas une démocratie, mais une république", rappelle au HuffPost Pierre Guerlain, professeur de civilisation américaine. "Au début, les penseurs américains se méfient de la démocratie, synonyme de chaos". Historiquement, les grands électeurs étaient simplement nommés par les États composant le pays, sans processus d'élection. C'est ce que prévoit la constitution. Le vote s'est mis en place progressivement, répondant à un besoin de représentativité démocratique, ce qui aboutit au système mis en place en 1830 et encore d'actualité aujourd'hui, à peu de choses près.

     

    Comme l'avait si bien noté Alexis de Tocqueville en 1835, la démocratie américaine ne s'est pas créée par le haut, par l'idée de la nation, mais par le bas: d'abord au niveau des villes, puis des comtés, des États, et enfin du gouvernement fédéral.

     

    "L'objectif du système des grands électeurs était d'éviter la domination de certains États puissants et très peuplés", rappelle Pierre Guerlain. Une égalité des différents États plutôt que des citoyens.

     

    Cela donne donc un avantage aux petits États ruraux. D'autant plus que ceux-ci disposent, au minimum, de trois grands électeurs. Comme le rappelle Vox, actuellement, un électeur du Wyoming dispose d'un poids électoral 3,5 fois plus important qu'un électeur du Texas.

     

    Un système qui avantage les Républicains...

     

    Le système électoral américain est "une construction inachevée", estime Pierre Guerlain, pour qui "les Etats-Unis ne sont pas, sur ce plan, un modèle de démocratie". Surtout que cet état de fait avantage le parti républicain.

     

    En effet, les quatre présidents des États-Unis élus grâce aux grands électeurs mais n'ayant pas remporté le vote populaire national sont tous Républicains. Deux d'entre eux ont été élus au XIXe siècle et il faudra attendre le duel Al Gore - Bush, en 2000, pour que le cas de figure se présente une nouvelle fois. Un cas de figure rare, mais qui risque de se multiplier à l'avenir.

     

    "Les petits États ruraux avantagés par ce système sont en majorité composés de Blancs plutôt que de minorités", rappelle Pierre Guerlain. Or, ceux-ci votent plutôt républicain. Et les choses ne sont pas mieux pour les élections du Sénat et de la Chambre des représentants. Ici aussi, les petits Etats disposent de plus de représentants que les grands, par rapport au nombre d'habitants.

     

    De plus, "les gouverneurs locaux déterminent le découpage électoral pour les élections du Congrès. Or, la majorité des États sont contrôlés par les Républicains", note Pierre Guerlain.

     

    ... Et qui n'est pas près de changer

     

    Et le problème devrait empirer dans les années à venir. En 2016, Clinton a surperformé dans les Etats majoritairement démocrates, de plus en plus peuplés, notamment de jeunes et de minorités. Mais que le candidat gagne un Etat avec 1 ou 30 points d'avance, le résultat est le même.

     

    Mais si ce système de grands électeurs est si peu représentatif, pourquoi perdure-t-il après plus de deux siècles? Tout simplement car un changement aussi important du système est plus qu'improbable. Pour passer un amendement constitutionnel, les deux tiers du Congrès doit le valider, de même que 38 Etats, rappelle Vox. Il est donc impensable que des petits Etats valident un changement des règles en leur défaveur.

     

    De plus, ce débat n'est pas prioritaire dans le système politique américain, "le rôle de l'argent cristallise bien plus de tensions", explique Pierre Guerlain. Pour autant, certaines initiatives existent. Il serait même possible de respecter le suffrage universel direct des citoyens américains sans changer la constitution, précise Vox.

     

    En effet, celle-ci ne précise pas comment doivent être nommés les grands électeurs. Un système a donc été imaginé où les États s'engagent à ce que ses grands électeurs votent pour le candidat qui a remporté le plus de suffrages dans l'ensemble des États-Unis.

     

    10 États, représentant 165 grands électeurs, ont même déjà accepté ce système. Mais pour qu'il rentre en application, il faut qu'il soit accepté par suffisamment d'États pour totaliser 270 grands électeurs. Or, sur tous les États ayant accepté ce changement, pas un républicain ni un "swing state", les précieux sésames de l'élection qui concentrent l'attention. Et, encore une fois, il y a peu de chances que ceux-ci acceptent un changement qui ne leur sera assurément pas bénéfique.

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  • Médias

    09 novembre 2016 16:46; Act: 09.11.2016 16:49      LIEN

    La grève dure à «iTélé», la ministre s'en mêle

    Les salariés de la chaîne d'info ont voté mercredi la reconduction de leur grève jusqu'à jeudi midi

    pour un 24e jour d'affilée.

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    C'est l'arrivée de Jean-Marc Morandini le 17 octobre à l'antenne, souhaitée par le propriétaire de CANAL+ Vincent Bolloré,

    qui a mis le feu aux poudres dans la rédaction.

    Les grévistes réclament toujours la mise à l'écart de l'animateur controversé Jean-Marc Morandini, la signature d'une charte éthique, la nomination d'un directeur de la rédaction distinct du directeur général, et plus largement la définition d'un projet stratégique et éditorial «clair et précis» pour la chaîne d'information en continu du groupe Canal+.

    La ministre de la Culture Audrey Azoulay a appelé mercredi la direction de la chaîne à tenir ses «engagements» d'une indépendance de la rédaction, au 24e jour de grève, la plus longue de l'histoire de l'audiovisuel privé. «Des engagements ont été pris devant nous pour que soient données aux rédactions les garanties nécessaires à leur fonctionnement indépendant de l'intérêt des actionnaires. (...) Il faut maintenant que ces engagements soient tenus», a déclaré la ministre devant la presse, dans les couloirs de l'Assemblée. Elle a jugé que «jouer la montre, jouer l'épuisement qui commence à être réel de la part des équipes serait irresponsable».

    Plusieurs députés écologistes contestataires, dont Noël Mamère et Cécile Duflot, ont apporté mercredi leur soutien aux salariés en grève et défendu l'indépendance des journalistes, notamment face aux actionnaires. Vincent Bolloré, principal actionnaire de la chaîne privée, «s'est servi de Jean-Marc Morandini comme d'un cheval de Troie pour tuer iTélé et se débarrasser des journalistes», a estimé mercredi le député-maire (ex-EELV) de Bègles (Gironde), Noël Mamère.

    (L'essentiel/nxp/afp)

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    Lactalis obtient l’interdiction de rediffusion d’une partie d’un reportage d’« Envoyé spécial »

    Le géant laitier a saisi le tribunal de grande instance de Laval en référé afin de « mettre un terme à ces attaques injustifiées ».

    Le Monde.fr avec AFP | 27.10.2016 à 21h16     LIEN

    La journaliste Elise Lucet pose le 5 septembre 2011 à Paris, lors de la conférence de présentation des grilles de rentrée de la chaîne publique de télévision, France 2.

    Le géant laitier Lactalis a annoncé, jeudi 27 octobre, avoir obtenu en référé l’interdiction de la rediffusion d’une partie de l’émission de France 2 « Envoyé spécial », et dit dans un communiqué qu’il « portera plainte contre la chaîne ».

    Le jeudi 13 octobre, la chaîne de télévision France 2 a diffusé dans le cadre d’« Envoyé spécial » « un reportage mettant gravement en cause le groupe Lactalis et son président Emmanuel Besnier », ce qui avait poussé le groupe à saisir le tribunal de grande instance de Laval en référé afin de « mettre un terme à ces attaques injustifiées et à la diffusion d’une émission uniquement à charge », explique-t-il dans son communiqué.

    « Des informations erronées ont été avancées voulant laisser croire que d’un cas d’une exploitation laitière, il faut faire une généralité afin de vouloir rendre Lactalis unique responsable de la crise profonde qui frappe les producteurs de lait. »

    « Dicter ses règles »

    Le reportage intitulé « Août 2016 : la crise du lait bat son plein » racontait le bras de fer entre les producteurs laitiers et Lactalis. Il dénonçait « les cours intenables imposés par le numéro un mondial du lait », qui assure 20 % de la collecte en France, et « en profite pour dicter ses règles ».

    Lactalis exploite des marques très connues de lait de consommation (Lactel), de fromage ou de beurre (Bridel, Président, Lanquetot, Roquefort Société...), et affiche, selon son site Internet, un chiffre d’affaires de 17 milliards d’euros en 2015. Il compte environ 15 000 employés en France et 75 000 au total dans le monde.

    En septembre, un reportage de l’émission sur Bygmalion, l’agence de communication soupçonnée d’avoir permis un financement illégal de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, avait déjà provoqué des remous à France Télévision et un conflit ouvert entre la journaliste Elise Lucet et Michel Field, le directeur de l’information.

    Celui-ci estimait que le sujet devait être programmé en dehors de la période de campagne officielle de la primaire des Républicains, qui court du 21 septembre au 27 novembre. Mais le reportage avait finalement été diffusé le 29 septembre.

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  • La rapporteure du Conseil d’Etat recommande de ne pas s’opposer aux crèches de Noël dans les mairies

    Pour Aurélie Bretonneau, le principe de neutralité « n’interdit pas d’installer des crèches sur le domaine public », sauf quand une « intention religieuse » préside à une telle manifestation.

    LE MONDE | 21.10.2016 à 12h40 • Mis à jour le 21.10.2016 à 13h03

    La rapporteure publique du Conseil d’Etat a recommandé, vendredi 21 octobre, d’autoriser, sous conditions, l’installation de crèches de Noël dans les bâtiments administratifs, au nom du principe de laïcité. Les avis de ce magistrat, qui dit le droit, sont généralement suivis par l’institution, qui devrait se prononcer dans l’après-midi.

    Selon Aurélie Bretonneau, l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 et plus généralement le principe de neutralité « n’interdit pas d’installer des crèches sur le domaine public », sauf quand une « intention religieuse » préside à une telle manifestation.

    Deux décisions contradictoires en 2015

    L’« assemblée du contentieux » de la plus haute juridiction administrative française, formation de 17 juges présidée par le vice-président du Conseil d’Etat, examinait deux affaires liées à l’installation de représentations de la scène de la Nativité dans des lieux publics, qui avaient donné lieu à deux décisions contradictoires de la justice.

    En octobre 2015, la cour d’appel de Nantes avait validé l’installation d’une crèche au conseil général de Vendée, alors que celle de Paris avait au contraire donné raison à l’association qui refusait l’installation d’une crèche à la mairie de Melun.

    Trois conditions pour l’installation d’une crèche

    Installer une crèche dans une mairie ne peut être autorisé qu’à trois conditions, que cette exposition soit « temporaire », qu’elle ne s’accompagne d’aucune manifestation de « prosélytisme religieux » et enfin qu’elle revête le « caractère d’une manifestation culturelle ou au moins festive », a nuancé le rapporteur.

    « Nous ne croyons pas que le contexte de crispations sur la laïcité vous impose d’instruire par principe le procès de la crèche », a conclu Mme Bretonneau, insistant sur la « dimension pacificatrice de la laïcité ».

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  • Le général Piquemal radié des cadres de l'armée

    Le ministère de la Défense prive cet ancien patron de la Légion étrangère de son uniforme après sa participation à une manifestation interdite

     

    05/10/2016 23:38 CEST | Actualisé il y a 12 heures    LIEN
     
    AFP
    Christian Piquemal au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer le 12 mai 2016

     

     

    JUSTICE - Le général Christian Piquemal, ancien patron de la Légion étrangère qui avait participé en février 2016 à un rassemblement anti-migrants à Calais malgré une interdiction de la préfecture, a été radié des cadres, rapporte mercredi 5 octobre Le Figaro.

     

     

     

    Cet ancien parachutiste avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer en mai dernier, la justice ne pouvant prouver qu'il était à l'origine de cette manifestation interdite, mais était toujours sous le coup d'une procédure disciplinaire, lancée par le ministère de la Défense.

     

     

     

    L'institution estimait en effet que le général de 75 ans avait manqué au devoir de réserve imposé aux militaires et a décidé en conséquence, comme le recommandait le Conseil Supérieur de l'Armée de Terre, de sa radiation des cadres.

     

     

     

    La sanction, effective depuis le 23 août, a été notifiée à Christian Piquemal mi-septembre par courrier recommandé, précise Le Figaro. Ce dernier conserve son grade, qui ne peut lui être retiré, mais a désormais interdiction de porter son uniforme ou de présenter sa carte d'identité militaire d'officier général.

     

     

     

    "Le plus inacceptable pour moi, c'est d'être mis au ban de cette manière après avoir donné quarante années au service de la France, d'être rayé comme ça et traité comme un paria", a réagi auprès du quotidien le général qui compte saisir le Conseil d'État "avant d'aller devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), si besoin".

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  • Sondage sur les musulmans : "La politique de l’autruche ne résout rien"

    Sondage sur les musulmans : "La politique de l’autruche ne résout rien"Des hommes prient à la mosquée de Gien (Centre-Val de Loire), le 17 septembre. ((R. Beaumont/Sipa))

    Un rapport sur les musulmans, publié dans "le JDD", apporte des informations détaillées sur l'islam de France. Hakim El Karoui, son auteur, explique la démarche de cette enquête. Interview.

     

    Hakim El Karoui, consultant en stratégie, est à l'origine de l’enquête sur les musulmans commandée à l’Ifop par l’Institut Montaigne et publiée le 18 septembre dans "Le Journal du dimanche". Pour "l’Obs", il explique sa démarche et détaille ses préconisations, à la fois pour l’Etat, et pour les musulmans.

    Quel était le but de votre démarche ?

    - La première raison, évidente, qui a motivé cette enquête, c’est que ça va mal. Les attentats, la montée du fondamentalisme, etc... Pire, ça va mal, mais on ne sait rien. Pour qu’un médecin puisse soigner une maladie, il doit pouvoir la décrire.

    Il faut faire bouger les lignes. L’organisation de l’Islam repose sur un accord ancien qui donne les clés aux mosquées, très liées aux pays d’origine. Or celles-ci pèsent peu dans l’islamisation ou l’islamité des musulmans aujourd’hui, et sont débordées par des acteurs qui utilisent la religion à des fins politiques.

    On a pu mettre en doute la légalité d’une telle enquête, dans un pays où le maniement des statistiques ethniques ou religieuses est très encadré par la loi...

    - En France, on peut faire tout ce que l’on veut, tant que les réponses récoltées sont anonymes, volontaires et déclarées à la CNIL [Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés, NDLR]. Il ne s’agit pas de dresser dans un fichier la liste exhaustive des personnes musulmanes qui ont répondu aux questions du sondage de l'Ifop, mais de mener une enquête sur les opinions religieuses.

    Comment avez-vous réussi à travailler sur un échantillon de plus de 1.000 personnes ?

    - Parmi un échantillon représentatif de près de 15.000 personnes, l’Ifop a trouvé 1.029 musulmans – soit de confession musulmane, soit de culture musulmane, c'est à dire nés de parents musulmans. Cette distinction est importante : 15% des enfants de parents musulmans nous ont dit qu’ils ne l’étaient pas eux-mêmes. A l’inverse, 7% de ceux qui nous ont déclaré être de confession musulmane sont des convertis.

    Quels principaux enseignements avez-vous pu tirer des résultats de ce sondage ?

    - Les résultats sont paradoxaux. On voit qu’une majorité de la population musulmane est dans une trajectoire d’insertion sans heurts sur le système de valeurs républicaines, alors qu’un bon quart est très conservateur et peut représenter un marché pour les plus fondamentalistes.

    Une forme de rébellion idéologique émerge, qui ne se fait pas pour l’islam – les fondamentalistes qu’on voit n’y connaissent pas grand-chose –, mais par l’islam. 

    La part des personnes musulmanes croyantes ne représente que 5,6% de la population globale. Quelles sont les idées reçues que votre rapport permet de démonter ?

    - L'enquête révèle qu’il n’y a pas de communautarisme musulman ni d’école confessionnelle. 78% des musulmans interrogés ne voteraient pas pour un candidat aux élections juste parce qu’il serait musulman. Ils sont par ailleurs très peu engagés dans des associations, et il n’y a pas de lobbys musulmans. Et puis, ils ont les mêmes problèmes que le reste de la population française : ils considèrent qu’ils paient trop d’impôts, qu’il n’y a pas assez d’emploi…

    En revanche, les personnes interrogées se différencient sur certains points bien précis : 67% des non religieux considèrent que les enfants pourraient devoir manger halal dans les cantines scolaires, et les musulmans sont majoritairement favorables au port du voile en dehors de l’école (65% des personnes interrogées). Enfin, ils sont beaucoup plus conservateurs sur la sexualité avant le mariage.

    Selon le rapport, la moitié des jeunes musulmans croyants (15-25 ans) adhèrent à un islam d’affirmation, qualifié de "fondamentaliste". Qu’est-ce que cela signifie ? 

    - Ce chiffre révèle un immense problème identitaire chez les jeunes, et l’utilisation de l’islam comme d’une identité de rupture. Rejetés par la société française, ces jeunes sont victimes de discrimination de manière constante et n’ont pas accès à l’école, ou alors à une école complètement ghettoïsée.

    Ils n’ont ni l’identité du pays d’origine, ni celle de la classe ouvrière… Être musulman devient une identité à part entière. On se retrouve dans une sorte d’équation maléfique : si vous voulez être vous-mêmes, il faut être musulman, et pour vous épanouir complètement, il faut être le plus fondamentaliste possible.  

    N’avez-vous pas peur que la publication de tels résultats attise la peur et les craintes ?

    - Savoir, c’est pouvoir. Non, les résultats ne sont pas bons, mais la politique de l’autruche n’a jamais résolu quoi que ce soit.

    Quelles préconisations faites-vous ?

    - Il faut mener la bataille de la connaissance de toute urgence. Cela peut être le rôle de la Fondation pour l’islam de France, ou de l’enseignement de l’arabe, que l'on propose de relancer très rapidement.

    De la même manière que le latin et le grec ancien servent à l'apprentissage du français, la langue arabe est construite à partir de ses racines. Quand on apprend l’arabe, on voit défiler l’histoire et on s'imprègne de sa culture. C’est un moyen d’avoir accès à du savoir, dans un contexte où les seuls qui se donnent cette tâche, aujourd’hui, sont les islamistes radicaux, voire les terroristes.

    Mais cette bataille ne se mènera pas sans argent, en réunissant trois intellectuels dans un bureau. Il faut des gens dont les jeunes musulmans puissent être fiers, avec une vraie légitimité scientifique et religieuse et un niveau de professionnalisme plus abouti que les gestionnaires de lieux de cultes – 68% des musulmans interrogés ne connaissent même pas le Conseil français du culte musulman (CSCM).

    Enfin, il faut d'importants relais de communication. Cette bataille de la connaissance, c'est aussi une bataille de communication.

    Propos recueillis par Julia Mourri

    Julia Mourri

    Julia Mourri

    Journaliste au Plus

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  • Quand le dalaï-lama embrasse

    "brother" Badinter....

    Les deux octogénaires, amis depuis déjà un quart de siècle, ont donné une très belle leçon d'humanité, devant les avocats de Paris.

    Par
    Modifié le 13/09/2016 à 16:46 - Publié le 13/09/2016 à 16:39 | Le Point.fr
    Le dalaï-lama à la sortie du Park Hyatt Vendôme, à Paris, après une conférence de presse, le 13 septembre 2016.

    Le dalaï-lama à la sortie du Park Hyatt Vendôme, à Paris, après une conférence de presse, le 13 septembre 2016. ©AFP/ PHILIPPE LOPEZ

    Scène émouvante à la Maison des avocats de Paris quand le dalaï-lama, venu pour y donner une conférence sur la responsabilité « universelle » et l'environnement, arrive en tenant la main d'un invité-surprise : Robert Badinter. Devant une assistance debout, parmi laquelle se trouvaient les plus hautes autorités judiciaires, Tenzin Gyatso a présenté le grand sage de la gauche française... comme son « brother » en posant la tête sur son épaule.
    Quand la plupart des dirigeants politiques, François Hollande en tête, n'ont pas daigné recevoir le leader spirituel – pour ne pas froisser la Chine –, l'ex-ministre et ami de François Mitterrand n'a pas hésité à qualifier les violences commises à l'encontre des Tibétains de « génocide culturel » : « Il n'y a pas d'autre mot quand on veut transformer un peuple en un autre », a souligné Robert Badinter.

    Être un Mensch

    Puis, non sans humour – « Je n'entends pas troquer la robe noire d'avocat contre la robe rouge de moine bouddhiste » –, l'homme a improvisé un vibrant hommage aux vertus de son ami de 25 ans – « Il a 87 ans, j'en ai 81, il est donc mon aîné », a plaisanté le dalaï-lama, sans quitter la main de Robert Badinter.
    « Les Chinois ont trouvé pour lui une définition simple, a lancé l'ancien garde des Sceaux. Ils en parlent comme d'un loup caché derrière une robe de moine. Au contraire, je vois là un homme qui a une vision du monde où la place de l'autre est égale à la sienne, où la loi du plus fort – celle du loup, donc – ne l'emporte jamais. Si je devais définir mon vieil ami, j'emprunterais à la tradition juive un mot significatif et révélateur, dont le maître use face à ses disciples pour leur rappeler que l'important par-dessus tout n'est pas le savoir, les habiletés dialectiques, le talent, mais qu'au-dessus de ces vertus se situe une qualité première, celle d'être un homme, un Mensch. Vous en avez là, devant vous, un admirable échantillon, un modèle. Le dalaï-lama prouve que ce qui importe avant tout pour chacun d'entre nous est d'être un être humain. »

    Et le chef spirituel tibétain de renchérir en plaidant pour l'évolution vers « une humanité plus compatissante, plus altruiste » – ce que tout enfant a en lui, des tests le prouvent, dès son plus jeune âge – grâce à la diffusion massive de l'éducation aux 7 milliards de terriens, le credo du leader tibétain. « Nous mettons trop l'accent sur nos différences, alors que nous sommes tous des êtres humains, que nous naissons, mourons, mangeons, respirons et même faisons l'amour tous de la même manière », a-t-il lancé devant un parterre élégant que le facétieux Tenzin n'a pas hésité à bousculer – « Si vous avez trop chaud, vous pouvez enlever vos costumes ; toutes ces formalités ne font que créer des barrières entre nous. » « Partout où je vais, je souris toujours aux autres, a glissé ainsi le malicieux dalaï-lama. Si je montrais un visage sévère, une figure sacrée, sainte, je crois que je n'aurais pas beaucoup d'amis. » Et d'ajouter, mêlant le geste à la parole en se jetant sur son voisin, sanglé dans son costume-cravate, le bâtonnier de Paris, Me Frédéric Sicard : « Quand les gens ne sourient pas, je les chatouille un peu. »

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    Cannes : une femme verbalisée pour

    le port d’un voile musulman

    LE MONDE | 23.08.2016 à 14h51       LIEN

     

    La police municipale a demandé à une femme originaire de Toulouse portant un hidjab de quitter la plage cannoise de la Bocca, ou de payer une contravention, rapporte mardi 23 août le site de LObs.

    Selon la mère de famille, une policière municipale s’est dirigée vers elle et lui « a lu la moitié de l’arrêté, l’air un peu gêné, (...) disant que les personnes présentes sur la plage devaient porter une “tenue correcte” ».

    Aux interrogations de la jeune femme et de ses proches sur la signification de l’expression « tenue correcte », deux autres policiers auraient répondu : « Si vous mettez votre foulard sous forme de bandeau autour de la tête, vous pouvez rester sur la plage.

    Un attroupement se serait alors créé autour du groupe et, face au refus de la jeune femme de retirer son voile, les policiers auraient exigé qu’elle quitte la plage, ajoutant être « obligés de verbaliser (...) dans le climat actuel ».

    L’amende, au titre des articles 610-5 et 131-12 du code pénal (qui encadrent les décrets et arrêtés de police), s’élève à 11 euros. La jeune femme s’en est acquittée, mais elle envisage désormais de porter plainte contre la Mairie de Cannes et l’Etat français.

    Vêtements « ostentatoires »

    Aux termes de l’arrêté pris par le maire de Cannes, David Lisnard (Les Républicains), visant spécifiquement à interdire le port du burkini, un vêtement destiné à couvrir le corps pendant les bains :

    « L’accès aux plages et à la baignade est interdit à compter de la signature du présent arrêté jusqu’au 31 août 2016 à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime. Le port de vêtements pendant la baignade ayant une connotation contraire à ces principes est également interdit. »

    Lire aussi :   Le tribunal administratif de Nice valide l’arrêté anti- « burkini » de Villeneuve-Loubet

    Le maire estime que les policiers peuvent verbaliser toutes les tenues « ostentatoires ». Il a ajouté à LObs :

    « Qu’une femme soit musulmane, catholique, juive ou bouddhiste, elle peut bien sûr venir se baigner ! (...) Il y a d’ailleurs beaucoup de femmes musulmanes sur les plages de Cannes. Mais elles ne peuvent pas porter de tenue ostentatoire. »

    Thierry Migoule, directeur général des services de la ville de Cannes évoquait auprès de l’AFP, le 11 août, « les tenues ostentatoires qui font référence à une allégeance à des mouvements terroristes qui nous font la guerre ».

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  • Actualité   International

    Ethiopie: une cinquantaine de morts

    dans la répression des manifestations

    AFP
    Publié le 08/08/2016 à 16:35 | AFP     LIEN

     

    Des manifestants du peuple Oromo, le 15 décembre 2015 près d'Addis AbebaDes manifestants du peuple Oromo, le 15 décembre 2015 près d'Addis Abeba

    Une cinquantaine de personnes ont été tuées samedi et dimanche en Ethiopie lors de manifestations antigouvernementales violemment réprimées par les autorités dans les régions Oromo (centre et ouest) et Amhara (nord), selon des bilans encore provisoires recueillis lundi auprès de l'opposition et de source diplomatique.

    "Selon nos informations, entre 48 et 50 manifestants ont été tués dans la région Oromo", a déclaré à l'AFP Merera Gudina, figure de l'opposition éthiopienne et président du Congrès du Peuple Oromo. "Ce bilan pourrait être beaucoup plus élevé car il y a de nombreux blessés" par balle, a-t-il ajouté.

    Une source diplomatique en poste à Addis Abeba, interrogée par l'AFP, a pour sa part rapporté un bilan provisoire de 49 morts pour les deux régions, Oromo et Amhara.

    Selon cette source, au moins 22 personnes ont été tuées dans la région Oromo, dont 15 dans la seule localité de Nekempte.

    Des rassemblements se sont déroulés samedi dans l'ensemble de la région Oromo, y compris dans la capitale Addis Abeba habituellement épargnée par les manifestations.

    Environ 500 manifestants oromo s'y sont rassemblés samedi matin sur Meskel Square, la place centrale de la capitale, les mains croisées au-dessus de la tête en signe de défiance, avant d'être violemment dispersés, et pour certains arrêtés et embarqués dans des pick-up de la police.

    D'autres manifestations se sont déroulées dimanche dans la région Amhara.

    Des heurts entre forces de sécurité et manifestants ont fait au moins 27 morts dans la ville de Bahir Dar (nord), la capitale de la région, où une manifestation a réuni plusieurs milliers de personnes dimanche, a précisé la source diplomatique.

    Le gouvernement éthiopien n'a pour le moment divulgué aucun bilan pour ces manifestations.

    08/08/2016 16:34:52 -  Addis Abeba (AFP) -  © 2016 AFP

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