• Notre-Dame-des-Landes: Comment les juges justifient l'autorisation des travaux

     

    JUSTICE Ils ont notamment conclu que le réaménagement de Nantes-Atlantique ne représentait pas une solution alternative...

     

    Gilles Bachelier, président de la cour administrative d'appel, a lu la décision des juges ce lundiGilles Bachelier, président de la cour administrative d'appel, a lu la décision des juges ce lundi - D. Meyer / AFP

     

    Julie Urbach

     

     

    Leur décision était très attendue. Les juges de la cour administrative d’appel, par la voix du président de la cour administrative d’appel, ont rejeté ce lundi les requêtes contre les arrêtés préfectoraux, autorisant donc le démarrage des travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une séance très brève après laquelle les conclusions des juges ont été transmises de façon un peu plus détaillée, via un communiqué.

     

    De quels arrêtés parle-t-on ?

     

    Pris en 2013 par le préfet, ces arrêtés dits « loi sur l’eau » et « espèces protégées » autorisent AGO-Vinci (le concessionnaire du futur aéroport) et l’Etat à déroger aux interdictions de destructions des zones humides et des espèces protégées. Prévues par le Code de l’environnement, ces exceptions ne sont possibles que si le projet est d’intérêt public majeur et en l’absence de solution alternative. Or, avait estimé le rapporteur public Christine Piltant lundi dernier, il en existe une : le réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique. Elle préconisait donc d’annuler ces textes.

     

    Pourquoi la cour les a-t-elle validés ?

     

    Ce n’est pas l’avis des juges. « Compte tenu des travaux très importants devant être effectués en vue de faire face à l’augmentation du trafic et du nombre de passagers, de la localisation de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique à proximité de zones très densément urbanisées, de l’importance de la question des nuisances sonores et des conséquences en matière d’urbanisme du réaménagement de cet aéroport, celui-ci ne constituait pas, à la date de ses arrêts, une solution alternative », explique le communiqué.

     

    >> A lire aussi : Les pro-aéroport soulagés par le feu vert de la justice

    Les juges ont par ailleurs estimé que les mesures environnementales prévues pour compenser les destructions de cette zone humide à 98 % et de la centaine d’espèces protégées qui y vivent, étaient satisfaisantes. Ils assurent aussi « que les risques pour la qualité de l’eau liés à l’utilisation de produits utilisés respectivement lors des opérations hivernales de dégivrage des avions ou de déverglaçage des pistes n’étaient pas établis ».

     

    Concernant la notion d’intérêt public majeur, la cour « a rappelé que la création de l’aéroport (…) visait à favoriser le développement économique du Grand Ouest, à améliorer l’aménagement du territoire et à développer les liaisons aériennes nationales et internationales. »

     

    Comment réagissent les avocats des requérants ?

     

    Les opposants, très déçus, ont déjà annoncé pour certains saisir le Conseil d’Etat. « Il y a encore de l’incompréhension car les conclusions du rapporteur public étaient claires et très détaillées, explique Me Thomas Dubreuil. Il y a au moins déjà deux éléments, liés à la dégradation des masses d’eau et à l’alternative de l’actuel aéroport, que nous ne pouvons laisser sans conséquences. » Les avocats expliquent aussi qu’ils pourront se tourner vers le droit communautaire.

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  • Barack Obama on Ellen

    As a guest on The Ellen Degeneres Show, Barack shows off his dancing skills.

    Mise en ligne le 30 oct. 2007

    Obama 2012: Are you in? http://my.barackobama.com/ellenvid

    As a guest on The Ellen Degeneres Show, Barack shows off his dancing skills.

     

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  • Irak : l’armée annonce avoir repris la cité antique de Nimroud

    Selon les autorités irakiennes, le site archéologique a été rasé au bulldozer par l’organisation Etat islamique l’an dernier.

    Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 13.11.2016 à 12h20 • Mis à jour le 13.11.2016 à 12h45      LIEN

    Près de Bartella, en Irak, le 23 octobre. Des démineurs de l’armée irakienne avancent seuls sur la route qui sera empruntée pour mener une attaque en direction de Mossoul par la Golden Division.

    Les forces irakiennes ont annoncé dimanche 13 novembre avoir repris la cité antique de Nimroud, un lieu historique situé à une trentaine de kilomètres au sud de Mossoul (Nord).

    « Des unités de la 9e division blindée ont totalement libéré Nimroud et ont levé le drapeau irakien sur les bâtiments », a affirmé le commandement des opérations dans un communiqué citant un haut responsable militaire, sans mentionner spécifiquement le site archéologique, distant d’environ un kilomètre du village qui porte le même nom.

    Rasée au bulldozer

    Située sur la rive est du Tigre, Nimroud est célèbre pour abriter les ruines d’une ville assyrienne. En mars 2015, après la diffusion d’une vidéo de l’EI montrant des destructions au musée de Mossoul, le ministère du tourisme et des antiquités de l’Irak annonçait que les djihadistes avaient « commencé » à « détruire » Nimroud « avec des bulldozers ».

    Un mois plus tard, l’EI affirmait avoir complètement rasé la cité, en diffusant des images non datées de djihadistes en train de détruire des bas-reliefs et des statues sur le site avant de le faire exploser. « Dès que nous pouvons détruire les signes de l’idolâtrie et étendre le monothéisme, nous le ferons », promettait un djihadiste à la fin de la vidéo.

    Nimroud a été reprise dans le cadre de la vaste offensive lancée le 17 octobre par la coalition internationale pour reconquérir Mossoul, deuxième ville d’Irak et fief de l’EI.

    Lire aussi :   Bataille de Mossoul : les combats pour la deuxième ville d’Irak cartographiés jour par jour

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    Lego ne publiera plus ses pubs dans le "Daily Mail"

    Le géant danois refuse de "financer la haine."

    Décision

    Publié le 12 Novembre 2016         LIEN

     

    Lego ne publiera plus ses pubs dans le "Daily Mail"
     

    Grosse polémique au Royaume-Uni, après la décision de l'entreprise Lego de boycotter le "Daily Mail". Cette décision se fait dans le cadre de la campagne "Stop funding hate" ("arrêtez de financer la haine"). "Nous avons mis fin à notre accord avec le Daily Mail et ne prévoyons pas d'autre action commerciale à l'avenir", a indiqué à l'AFP une porte-parole du groupe. "Nous consacrons un soin particulier à écouter les enfants. Et lorsque des parents ou des grands-parents prennent le temps pour nous faire savoir ce qu'ils ressentent, nous les écoutons tout aussi attentivement."

    Le Daily Mail, grand tabloïd britannique conservateur, est accusé d'alimenter "la haine, la discrimination et la diabolisation", notamment des migrants.

    Le journal, deuxième tirage du pays, est réputé pour ses couvertures sensationnalistes et europhobes.

    Les tabloïds The Daily Express et The Sun sont  aussi visés par la campagne. Pour le moment, Lego est la seule marque à y répondre, après la diffusion virale, la semaine dernière, de la lettre d'un père de famille qui estimait que le Daily Mail "ne fait rien d'autre que de créer une méfiance envers les étrangers, de blâmer les immigrés pour tout, et (…) reprocher à un des juges les plus importants au Royaume-Uni d'être gay."

    Début novembre, une couverture du tabloïd présentait le visage de 3 juges de la Haute cour d'Angleterre avec le titre : "Ennemis du peuple." Ils avaient en fait rappelé que le Brexit devait passer par un vote du parlement britannique.

     
     


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    Un séisme, suivi d’un tsunami, frappe

    la Nouvelle-Zélande

    Le tremblement de terre, de magnitude 7,8, a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi à 23 kilomètres de profondeur et à 90 kilomètres au nord de la ville de Christchurch, sur l’île du Sud.

    Le Monde.fr avec AFP | 13.11.2016 à 13h18 • Mis à jour le 13.11.2016 à 17h24     LIEN

     

    Un panneau signalant une alerte au tsunami sur une route à Wellington, la capitale de la Nouvelle-Zélande.

    Un séisme de magnitude 7,8 a secoué la Nouvelle-Zélande dimanche 13 novembre en pleine nuit, endommageant des bâtiments et provoquant un tsunami, ont annoncé les autorités du pays, sans préciser l’ampleur de ce dernier phénomène.

    Le ministère de la défense civile néo-zélandais s’est limité à souligner que cette onde océanique, consécutive au choc tellurique, avait un caractère « dangereux » et qu’un « tsunami destructeur » était « possible ». Aucune victime n’a été signalée. « La première vague pourrait ne pas être la plus haute », a prévenu le ministère.

    Le tremblement de terre, largement ressenti dans le pays, a eu lieu lundi à minuit heure locale (dimanche à 10 heures en France) à 23 kilomètres de profondeur et à 90 kilomètres au nord de la ville de Christchurch, sur l’île du Sud, où un séisme de magnitude 6,3 fit 185 morts en février 2011, a annoncé l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis (USGS). Une série de fortes répliques se sont produites.

    Le séisme a provoqué des pannes de courant et de téléphone dans certaines parties du pays. « Nous étions endormis et nous nous sommes réveillés en sentant la maison trembler, a déclaré à l’Agence France-Presse Tamsin Edensor, habitante de Christchurch. Ça a continué à aller et venir en s’intensifiant. » Le tremblement de terre a duré « longtemps ».

    Jusqu’à 15 000 séismes chaque année

    Les autorités ont déclenché une alerte au tsunami pour les zones côtières du Sud aussitôt après la principale secousse tellurique, appelant les habitants de la côte est de se rendre sur les hauteurs.

    Des informations ont fait état de bâtiments endommagés dans la petite localité rurale de Cheviot, près de l’épicentre. Des pannes de courant et de téléphone ont été constatées dans de nombreuses régions.

    Yowzer! Now they say 6.5 Hanmer not 7.5 Cheviot

     

    That's caused a mess!

    La Nouvelle-Zélande se trouve à la limite des plaques tectoniques de l’Australie et du Pacifique, zone qui fait partie de la ceinture de feu du Pacifique, où jusqu’à 15 000 séismes sont enregistrés chaque année.

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  • EN DIRECT - Sting fait revivre le Bataclan pour le concert de réouverture, voici les premières images

    LIEN

     

    Les attentats du 13 novembre, un an après

    RENAISSANCE - Après un an de silence, le Bataclan redonne de la voix ce vendredi soir. Le chanteur Sting inaugure en chansons la salle de concert avant la journée d'hommage prévue dimanche. Toute la soirée, nous vous ferons vivre ce concert unique.

    Il est arrivé en milieu d'après-midi à Paris et a rejoint la salle de concert où l'attendaient déjà ses musciens. Sting est au Bataclan ce soir pour un concert exceptionnel. Celui du retour à la vie de la salle de concert endeuillée le 13 novembre 2015 lors des attentats de Paris et de Saint-Denis.  

     

    Le spectacle d'ores et déjà complet, doit durer près d'une heure. "Un an après les attentats, la France et le monde entier vont voir que le Bataclan revit", clamait avec émotion vendredi dernier Jérôme Langlet, le patron de la branche Lagardère Live Entertainment, propriétaire de la mythique salle parisienne.  

     

     

    Chez Sting, "il y a une vraie motivation, c'était la condition sine qua non"

     

    Initialement prévue le 16 novembre avec un concert de Pete Doherty, il fallait pour le co-directeur de la salle, Jules Frutos, que la musique reprenne ses droits avant les commémorations. "Démarrer l'ouverture du Bataclan avec d'abord des cérémonies et après de la musique, ça ne m'allait pas du tout, du tout. J'avais fondamentalement besoin que quelque chose se passe avant", explique-t-il à l'AFP. Ainsi, c'est le chanteur Sting, qui s'était porté candidat, qui a été choisi : "Il y a une vraie motivation, c'était la condition sine qua non", indique Jules Frutos.

    Lire aussi : "Tout a changé mais rien n'a changé" : voici à quoi ressemble le nouveau Bata

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      12.11.2016, 17:17   Actualisé il y a 2 heures      LIEN

    Attentats de Paris, un an après:

    Sting en concert à guichets fermés pour la réouverture du Bataclan

     
    Les 1000 billets mis en vente ont trouvé preneur en moins de 30 minutes.
    Les 1000 billets mis en vente ont trouvé preneur en moins de 30 minutes.Copyright 2016 The Associated Press. All rights reserved.

    Retour - Ce samedi soir, un an tout juste après les attaques terroristes qui ont fait 130 morts à Paris, Sting donne un concert très symbolique au Bataclan, où 90 personnes avaient été massacrées le 13 novembre. La performance, à guichets fermées, sera diffusée, en différé, sur les télévisions du monde entier, notamment dans la nuit de dimanche à lundi, sur France 2, dès 00 h 55.

    Un an après les attentats du 13 novembre 2015, la salle de spectacle parisienne du Bataclan renaît samedi avec un concert de Sting en hommage aux victimes. L'attaque de djihadistes en plein concert rock y avait fait 90 morts.

    Le même soir, dans une série d'attaques à la kalachnikov et aux ceintures d'explosifs contre le Stade de France, le Bataclan et des terrasses de bars et restaurants proches, 130 personnes avaient été tuées. Le carnage, revendiqué par le groupe Etat islamique, a traumatisé le pays.

    Etat d'urgence, mesures sécuritaires inédites, crispations à l'égard de la communauté musulmane: la France, ciblée depuis par d'autres attaques djihadistes, s'est durcie. Et le gouvernement rappelle que la menace perdure.

    "Oui, le terrorisme nous frappera encore. Mais, oui, nous avons en nous toutes les ressources pour résister et toute la force pour vaincre. Nous, Européens, vaincrons le terrorisme islamiste", écrit le Premier ministre Manuel Valls dans une tribune publiée samedi par plusieurs journaux européens.

     

    "Retrouver une vie normale"

    Dans ce contexte, la réouverture du Bataclan, "c'est presque une reconquête d'un espace par la musique, par la fête, contre les forces de mort", confiait cette semaine le président d'une association de victimes, Georges Salines, qui sera dans la salle. Sa fille Lola y a trouvé la mort.

    Avant une journée de commémorations officielles dimanche, le chanteur britannique Sting donne un concert à guichet fermé samedi soir au Bataclan, entièrement rénové. "C'est important que (la salle) redémarre, que ça reste un lieu de concerts après ce qui s'est passé. On a besoin de retrouver une vie normale", estime Sting, 65 ans, dans un entretien publié samedi par le quotidien Le Parisien.

     

    "Célébrer la musique et la vie"

    Pour son concert d'une heure qui débute à 21h00, un ample dispositif de sécurité a été mis en place. Le millier de billets mis en vente cette semaine s'est arraché en moins de trente minutes. Les recettes seront reversées à deux associations de victimes.

    L'ancien leader de Police a promis "de respecter la mémoire de ceux qui sont morts" et de "célébrer la musique et la vie que représente cette salle de spectacle mythique", a rapporté Jules Frutos, le co-directeur du Bataclan. Sting y avait donné un concert avec Police, resté dans les annales, le 23 avril 1979.

    Pour M. Frutos, il fallait absolument que la musique reprenne ses droits avant les commémorations de dimanche. "Démarrer l'ouverture du Bataclan avec d'abord des cérémonies et après de la musique, ça ne m'allait pas du tout", explique-t-il.

     

    Rediffusé sur tous les continents

    La présence d'une star internationale comme Sting traduit la volonté de "faire un maximum de bruit", selon Jérôme Langlet, patron de la branche Lagardère Live Entertainment, propriétaire de la salle. "La France et le monde entier vont voir que le Bataclan revit".

    Le concert, filmé, sera rediffusé dans la nuit de dimanche par plusieurs chaînes de télévision, dont TV5 Monde sur tous les continents.

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  • Administration Trump : l'équipe de transition est constituée

      23h15, le 11 novembre 2016

    Administration Trump : l'équipe de transition est constituéeTrois des enfants de Donald Trump font partie de cette équipe de transition.@ TASOS KATOPODIS / AFP

     

    Une équipe de transition a été mise sur pied vendredi, composée des enfants de Donald Trump et de membres du parti républicain. Elle sera chargée de mettre en place la future administration Trump.

    La transition se met en marche à Washington. Le vice-président élu des Etats-Unis, Mike Pence, va prendre en main l'équipe de transition chargée de mettre sur pied une administration Trump, a annoncé le président élu Donald Trump dans un communiqué publié vendredi. Trois des enfants du milliardaire populiste figurent dans cette équipe ainsi que des membres connus de l'establishment républicain.

    Enfants et briscards de la politique. Le gouverneur ultra-conservateur de l'Indiana Mike Pence prend ainsi la place du gouverneur du New Jersey Chris Christie, affaibli par la condamnation de deux proches dans un scandale politique. Ce dernier va seconder Mike Pence dans sa tâche, tout comme l'ex-candidat à la présidentielle Ben Carson, l'ancien président de la majorité républicaine à la Chambre des représentants Newt Gingrich, le général à la retraite Michael Flynn, l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, et le sénateur Jeff Sessions.tre Ford Ecospor

    Figurent également dans l'équipe de transition Donald Trump Jr, Eric Trump et Ivanka Trump, ainsi que le président du parti républicain Reince Priebus et le président de l'équipe de campagne Stephen Bannon, par ailleurs patron du site d'informations ultraconservateur Breitbart News. "La mission de notre équipe sera claire : constituer le groupe le plus hautement qualifié de brillants responsables capables de mettre en oeuvre notre programme du changement à Washington", a expliqué Donald Trump cité dans le communiqué.

    "Spoil system". Comme le souligne Le Monde, le président-élu doit maintenant constituer son administration fédérale et recruter près de 4.000 personnes. Ce qu'on appelle le "spoil system" veut qu'à chaque changement de présidence, les principaux postes de la haute administration américaine sont remplacés et attribués à des proches politiquement du nouveau président. Les 4.100 nouveaux membres de l’administration seront nommés par Donald Trump, dont douze cents occupant des postes à haute responsabilité comme les ministères sont proposés par le Sénat.

    Le président élu, rejoint par son équipe de campagne, a passé la journée vendredi à préparer cette équipe de transition depuis la tour Trump à New York, où il a ses bureaux et sa résidence. Donald Trump, âgé 70 ans et qui sera le plus vieux président à entrer à la Maison Blanche, doit prendre ses fonctions le 20 janvier. Il a 70 jours pour accomplir la lourde tâche de la transition du pouvoir.

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  • Hillary Clinton perd alors qu'elle recueille plus de voix que Donald Trump: les dessous d'un système électoral archaïque

    Le collège électoral des grands électeurs fait partie de l'histoire des Etats-Unis, mais pose de plus en plus de problèmes. Si l'élection s'était déroulée en France, le mode de scrutin l'aurait désignée gagnante.

    10/11/2016 15:05 CET | Actualisé 10/11/2016 21:46 CET         LIEN

     

    HuffPost
    Pour la quatrième fois dans l'histoire des Etats-Unis, les grands électeurs vont choisir un président que le peuple n'a pas désigné majoritairement.

     

     

    INTERNATIONAL - "Hillary Clinton est la première femme présidente des États-Unis". Cette phrase aurait dû tourner en boucle sur toutes les chaînes d'information, mercredi 9 novembre, si ce pays fonctionnait avec un suffrage universel direct, comme la France.

     

     

     

    En effet, la candidate démocrate a remporté, selon toute vraisemblance, quelque 55,9 millions de voix, plus de 200.000 de plus que son rival. Le décompte final des voix prendra encore quelques jours, mais l'écart est tel que la projection est quasi-certaine.

     

     

     

    Pour autant, le 45e président des États-Unis sera Donald Trump. C'est la quatrième fois que cela arrive dans l'histoire du pays. Et à chaque fois, le bénéficiaire fut républicain. Pourquoi? A cause de ce fameux système des grands électeurs. Les citoyens américains ne votent pas directement pour le président, mais choisissent quels grands électeurs vont voter pour le candidat de leur camp, et ce dans chacun des 50 États. Surtout, il suffit d'obtenir la majorité de 0,1% pour que tous les grands électeurs d'un État basculent.

     

     

     

    Ainsi, les 61% d'électeurs qui ont voté pour Hillary Clinton en Californie ont eu le même effet que si seulement 50,1% avaient voté pour elle. Trump a donc réussi à utiliser ce système électoral compliqué, en pariant sur des Etats clés (swing states, notamment), pouvant basculer, pour s'imposer, même si la majorité des électeurs américains a pourtant voté pour Hillary Clinton.

     

     

     

    Ce système semble archaïque et inégalitaire. Il l'est certainement (et des manifestants l'ont dit quelques heures après l'annonce du résultat, demandant pour certains une réforme du mode de scrutin). Mais il n'existe pas sans raison.

     

    Une république avant d'être une démocratie

     

    "Il faut bien comprendre qu'avant 1830, les Etats-Unis ne sont pas une démocratie, mais une république", rappelle au HuffPost Pierre Guerlain, professeur de civilisation américaine. "Au début, les penseurs américains se méfient de la démocratie, synonyme de chaos". Historiquement, les grands électeurs étaient simplement nommés par les États composant le pays, sans processus d'élection. C'est ce que prévoit la constitution. Le vote s'est mis en place progressivement, répondant à un besoin de représentativité démocratique, ce qui aboutit au système mis en place en 1830 et encore d'actualité aujourd'hui, à peu de choses près.

     

    Comme l'avait si bien noté Alexis de Tocqueville en 1835, la démocratie américaine ne s'est pas créée par le haut, par l'idée de la nation, mais par le bas: d'abord au niveau des villes, puis des comtés, des États, et enfin du gouvernement fédéral.

     

    "L'objectif du système des grands électeurs était d'éviter la domination de certains États puissants et très peuplés", rappelle Pierre Guerlain. Une égalité des différents États plutôt que des citoyens.

     

    Cela donne donc un avantage aux petits États ruraux. D'autant plus que ceux-ci disposent, au minimum, de trois grands électeurs. Comme le rappelle Vox, actuellement, un électeur du Wyoming dispose d'un poids électoral 3,5 fois plus important qu'un électeur du Texas.

     

    Un système qui avantage les Républicains...

     

    Le système électoral américain est "une construction inachevée", estime Pierre Guerlain, pour qui "les Etats-Unis ne sont pas, sur ce plan, un modèle de démocratie". Surtout que cet état de fait avantage le parti républicain.

     

    En effet, les quatre présidents des États-Unis élus grâce aux grands électeurs mais n'ayant pas remporté le vote populaire national sont tous Républicains. Deux d'entre eux ont été élus au XIXe siècle et il faudra attendre le duel Al Gore - Bush, en 2000, pour que le cas de figure se présente une nouvelle fois. Un cas de figure rare, mais qui risque de se multiplier à l'avenir.

     

    "Les petits États ruraux avantagés par ce système sont en majorité composés de Blancs plutôt que de minorités", rappelle Pierre Guerlain. Or, ceux-ci votent plutôt républicain. Et les choses ne sont pas mieux pour les élections du Sénat et de la Chambre des représentants. Ici aussi, les petits Etats disposent de plus de représentants que les grands, par rapport au nombre d'habitants.

     

    De plus, "les gouverneurs locaux déterminent le découpage électoral pour les élections du Congrès. Or, la majorité des États sont contrôlés par les Républicains", note Pierre Guerlain.

     

    ... Et qui n'est pas près de changer

     

    Et le problème devrait empirer dans les années à venir. En 2016, Clinton a surperformé dans les Etats majoritairement démocrates, de plus en plus peuplés, notamment de jeunes et de minorités. Mais que le candidat gagne un Etat avec 1 ou 30 points d'avance, le résultat est le même.

     

    Mais si ce système de grands électeurs est si peu représentatif, pourquoi perdure-t-il après plus de deux siècles? Tout simplement car un changement aussi important du système est plus qu'improbable. Pour passer un amendement constitutionnel, les deux tiers du Congrès doit le valider, de même que 38 Etats, rappelle Vox. Il est donc impensable que des petits Etats valident un changement des règles en leur défaveur.

     

    De plus, ce débat n'est pas prioritaire dans le système politique américain, "le rôle de l'argent cristallise bien plus de tensions", explique Pierre Guerlain. Pour autant, certaines initiatives existent. Il serait même possible de respecter le suffrage universel direct des citoyens américains sans changer la constitution, précise Vox.

     

    En effet, celle-ci ne précise pas comment doivent être nommés les grands électeurs. Un système a donc été imaginé où les États s'engagent à ce que ses grands électeurs votent pour le candidat qui a remporté le plus de suffrages dans l'ensemble des États-Unis.

     

    10 États, représentant 165 grands électeurs, ont même déjà accepté ce système. Mais pour qu'il rentre en application, il faut qu'il soit accepté par suffisamment d'États pour totaliser 270 grands électeurs. Or, sur tous les États ayant accepté ce changement, pas un républicain ni un "swing state", les précieux sésames de l'élection qui concentrent l'attention. Et, encore une fois, il y a peu de chances que ceux-ci acceptent un changement qui ne leur sera assurément pas bénéfique.

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  • Pour Leonard Cohen, un carré d’as en guise de chant d’adieu

    « I’m out of the game » chante, à quatre reprises, le Canadien dans son ultime album, « You Want It Darker ». Il s’est pris au mot.

    LE MONDE | 11.11.2016 à 10h17 • Mis à jour le 11.11.2016 à 16h51 | Par Aureliano Tonet

     

    « I’m out of the game » : « Je quitte le jeu. » Leonard Cohen est de ces poètes qui aiment verser dans la répétition, par petites gorgées ou par grandes goulées, comme on récite prières, mantras, psaumes, sésames, incantations porte-bonheur. Dans son ultime album, You Want It Darker, publié le 21 octobre, trois semaines avant sa mort, jeudi 10 novembre, ce vers revient quatre fois, « I’m out of the game », disposé en carré d’as, funèbre et léger : à deux reprises dans la chanson-titre, You Want It Darker, avant deux nouvelles occurrences dans Leaving the Table, autre sommet du disque.

    Par le passé, le Canadien avait déjà mis sur le tapis son trépas, il semblait même en tirer certain frisson, certaine vitalité : réécoutez A Singer Must Die (1974), Death of a Ladies Man (1977), voire Tower of Song (1988), vous entendrez un homme frémir de l’éventualité de sa perte, joie et effroi mêlés.

    Alors, pourquoi s’attarder sur ce double coup double ? Parce que c’est un chant d’adieu, et qu’on ne s’en va pas n’importe comment quand on a écrit Hey That’s No Way to Say Goodbye. On soigne sa sortie. Celle-là lui ressemble : Cohen nous quitte sur une dernière gageure, beau joueur, maître chanteur.

    Rien ne va plus

    A-t-il pactisé, dans quelque désert secret, avec David Bowie, Prince, Bob Dylan et d’autres ? Se sont-ils concertés pour faire de 2016 une cérémonie à l’ancienne, une « Old Ceremony » où le Ciel, façon croupier de casino, désignerait les grands défunts au hasard des jets de dés ? Ont-ils pris les paris, tentant, par une apparition subreptice de dernière minute – sortie d’album, concert, prix Nobel –, de déjouer le sort ? Le Canadien a-t-il attendu l’élection, la veille de sa mort, du joker Trump pour se retirer sur un ultime coup de poker ?

    « If you’re the dealer/I’m out of the game. » Si le vers emporte le morceau, c’est qu’il résume à la perfection la passion du jeu de Cohen, les enjeux même de sa poésie, limpide, ludique, jamais timorée, toujours téméraire, scandée par une suite de défis kitsch et spirituels – se mesurant ici à l’électro, au gospel ou à la country, pariant là sur l’existence de Yahvé ou de Buddha, courtisant les muses en impeccable gentlemensch-courtier. Génie littéraire ? Who knows. Génie littéral, sûrement : lui sait comme personne se prendre au mot, se pendre à eux.

    Certaines chansons sonnent comme des rançons. Ces « I’m out of the game » semblent faire les frais de I’m your man (1988), où il empochait la mise amoureuse d’un ton amusé : « If you want a lover (…) Here I stand/I’m your man. » Là, l’heure est plus grave, la voix aussi : j’étais votre homme, je ne le suis plus, il n’y a plus rien à suivre, rien ne va plus. Cohen quitte la table, ni vainqueur, ni défait ; il ne peut plus jouer, ne le veut plus, se couche, hors course hors jeu. Ainsi l’a-t-il décidé, ainsi soit-il : dernières volontés du poète, vitalité éternelle de sa poésie.



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