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    Crash du vol EgyptAir: Des fumées détectées en cabine peu avant la rupture des transmissions

    Un avion égyptien participe aux recherches du vol EgyptAir disparu, le 19 mai 2016.Un avion égyptien participe aux recherches du vol EgyptAir disparu, le 19 mai 2016. - Uncredited/AP/SIPA

    M.C.

    De nouveaux éléments dans l’enquête sur une disparition encore mystérieuse. L’Airbus A320 d’EgyptAir qui s’est abîmé jeudi en Méditerranée avec 66 personnes à bord a envoyé des messages automatiques signalant des fumées près du cockpit de l’appareil, affirme le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) français, confirmant des révélations de médias américains. « Nous sommes au courant de ces informations de presse. A ce stade, je ne peux ni les confirmer, ni les démentir », a réagi un responsable du ministère égyptien de l’Aviation civile.

    >> A lire aussi : Pourquoi la communication de l'Egypte est hasardeuse

    « Le BEA confirme qu’il y a eu des messages automatiques « Acars » émis par l’avion indiquant qu’il y eu de la fumée en cabine peu avant la rupture des transmissions de données », a déclaré un porte-parole. « Il est beaucoup trop pour interpréter et comprendre les causes de l’accident tant que nous n’avons retrouvé ni l’épave, ni les enregistreurs. La priorité de l’enquête est de retrouver épave et enregistreurs de vols », a-t-il ajouté.

    L’un de ces messages mentionne qu'« une fumée intense a déclenché des alarmes dans la partie avant de l’appareil, où sont situées des parties vitales de son électronique de bord », selon le Wall Street Journal (article payant), qui cite des sources proches de l’enquête non identifiées. « Les messages d’erreur durent environ deux minutes, alertant l’équipage au sujet de fumée détectée dans des toilettes et un compartiment » situé sous le plancher du cockpit de l’avion, d’après leWSJ.

    Une capture d’écran attesterait d’alertes à la fumée

    « Ce compartiment contient une partie cruciale de l’ordinateur de contrôle de vol » de l’appareil qui, selon les messages, s’est mis « à mal fonctionner », a poursuivi le quotidien. Il a relevé que ces indications « ne sont pas suffisantes pour déterminer si l’avion a été victime d’une bombe ou d’autres causes inexpliquées ».

    >> A lire aussi : Pierre, Karim, Richard... Qui sont les victimes du crash d'EgyptAir?

    « Il y avait des alertes à la fumée à bord du vol 804 d’Egyptair dans les minutes avant qu’il ne s’écrase en Méditerranée », a indiqué de son côté CNN, indiquant avoir obtenu ses informations d’une capture d’écran fournie par une source égyptienne. Elle a précisé que ces messages d’alerte ont été envoyés « via le système ACARS », qui permet d’échanger des informations entre un avion en vol et le centre opérationnel de la compagnie aérienne.

    De son côté,M6 info affirme que le pilote aurait dialogué quelques minutes avec les autoritéés aéroportuaires égyptiennes avant le crash au sujet de la présence de fumée dans l’avion. Ce serait, selon le site de la chaîne, en raison de cela que le pilote aurait engagé une procédure d’urgence pour accélérer la descente.

    Alors que des sièges d’avion et des valises ont été repêchés vendredi au large des côtes égyptiennes, les circonstances du crash de l’appareil qui reliait Paris au Caire restent toujours inexpliquées.

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  • Voiture brûlée : trois interdits de cortège parmi les suspects

    Par Pierre Alonso 19 mai 2016 à 20:51    LIEN

    L’incendie d’un véhicule de police par des contre-manifestants, mercredi à Paris, a donné lieu à l’interpellation de cinq personnes. Quatre d’entre elles gardent le silence.

    La scène a été filmée sous tous les angles. Mercredi, quelques centaines de policiers défilaient sur la place la République, à Paris, à l’appel de plusieurs syndicats, contre «la haine des flics». La contre-manifestation, interdite au dernier moment par la préfecture de police, s’est alors transformée en manif sauvage. A deux rues du rassemblement, sur le quai de Valmy, une poignée de manifestants encapuchés et le visage partiellement masqué se sont attaqués à une voiture de police qui patrouillait dans le quartier, sous l’œil de très nombreuses caméras. Deux vidéos, réalisées au plus près du violent assaut, ont été diffusées sur Internet et largement visionnées.

    Ambiance confuse. On y voit d’abord un homme briser d’un coup de pied la fenêtre avant, côté conducteur. Un autre se penche pour donner des coups au fonctionnaire à l’intérieur de la voiture. Puis un troisième lance un potelet de voirie (une «bite») sur le pare-brise. A ce moment-là, le policier sort son arme de service, en restant à l’intérieur du véhicule. Il braque très brièvement une cible hors du cadre, avant d’avancer son véhicule de quelques mètres, bloqués par la file de voitures arrêtées devant lui. La charge des manifestants reprend : l’un tape la vitre arrière avec une longue tige rigide, un autre y fait un gros trou en lançant à nouveau un potelet. C’est par cet interstice qu’est alors jeté un fumigène qui s’enflamme dans l’habitacle et le sature d’une fumée noire. L’homme à la tige continue de frapper la voiture puis le conducteur, un adjoint de sécurité gaillard, qui sort et prend quelques coups qu’il pare aisément avec ses bras. Côté passager, d’autres manifestants aident l’occupante, une gardienne de la paix, à sortir. Dans l’ambiance confuse, il est difficile de savoir à qui s’adressent les «dégage !» lancés par les militants. La voiture prend feu et sera entièrement détruite.

    Le parquet de Paris a ouvert une enquête de flagrance pour «tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique», un crime puni de la réclusion à perpétuité, et «dégradation volontaire par incendie». Dans la soirée, la police judiciaire a interpellé et placé en garde à vue quatre suspects, âgés de 19 à 21 ans, ainsi qu’un autre, plus âgé (32 ans), jeudi matin. Trois d’entre eux avaient reçu une interdiction de se rendre aux abords de la manifestation contre la loi travail organisée mardi. Interdiction dont l’un d’eux avait obtenu la suspension par le tribunal administratif. La juge des référés, saisie en urgence, avait considéré, sans se prononcer sur la véracité des affirmations, que la préfecture de police de Paris ne les étayait pas suffisamment. Antonin, adjoint pédagogique, se voyait ainsi qualifié de «membre très actif de la mouvance ultra-gauche, proche notamment de la structure de fait Action antifasciste Paris-banlieue (AFA)». Il aurait participé à des «manifestations qui ont généré des troubles importants à l’ordre public» et «à l’agression d’un militaire, hors service, engagé dans l’opération sentinelle dans la capitale», selon une note de la direction du renseignement de la préfecture de Paris. Faute d’éléments justificatifs, le tribunal a jugé que l’arrêté, pris sur le fondement de l’état d’urgence, portait une «atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir et à la liberté de manifestation». Le frère d’Antonin fait aussi partie des militants placés en garde à vue dans cette enquête. Quatre d’entre eux, au «profil ultra-gauche», «ne parlent pas», selon une source judiciaire.

     

    «Hordes sauvages». Six autres personnes ont par ailleurs été arrêtées pour leur participation à la manifestation interdite de mercredi, a annoncé Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’Intérieur a froidement qualifié l’agression des deux policiers d’«actes de haine d’une extrême barbarie» et les auteurs de «hordes sauvages [dont] la violence, la brutalité traduisent un abandon de tous les principes d’humanisme qui sont au fondement de notre civilisation et des valeurs républicaines». Craignant d’autres violences lors du défilé contre la loi travail de jeudi, le préfet de police a prononcé de nouvelles interdictions de manifester. L’une des 19 personnes concernées, un doctorant en troisième année de thèse, s’est vu notifier l’arrêté à 3 h 20 dans la nuit de mercredi à jeudi, indique son avocate, Ainhoa Pascual, qui déplorait de ne pas pouvoir le contester devant les juridictions administratives dans de si courts délais.

    Pierre Alonso
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  • "À quoi sert Hollande ?" : étudiante, c'étmon sujet d'examen.

    J'ai cru à une blague

    Publié le 17-05-2016 à 16h47 - Modifié à 17h44

    LIEN

     

    Avatar de Julie D.

    Par 
    Étudiante en droit

    LE PLUS. Le partiel a tourné au fou rire général. Fin avril, les étudiants en première année de droit de l'université d'Angoulême ont dû répondre a une question peu commune, lors d'un examen de droit constitutionnel : "À quoi sert François Hollande ?". Julie D. (nom d'emprunt), qui était dans l'amphithéâtre, a elle aussi été surprise. Elle raconte comment s'est déroulé l'examen.

    Édité et parrainé par Anaïs Chabalier

     

     

    Des étudiants dans un amphithéâtre, à Lyon 3 (FRED DUFOUR / AFP).

     

     

     

    Étudiante en première année de licence à l’université d'Angoulême-La Couronne, j’ai répondu à une question étonnante lors de mon partiel de droit constitutionnel, qui s’est déroulé fin avril :

     

     

     

    "À quoi sert François Hollande ?"

     

     

     

    Comme tous mes camarades, j’ai été extrêmement surprise lorsque j’ai découvert ce sujet. Mais j’ai surtout beaucoup rit.

    Voir l'image sur Twitter

    : "A quoi sert François Hollande ?" voilà sur quoi ont planché des étudiants. http://bit.ly/27o7e3D 

     

     

     

     

    Fou rire dans l’amphithéâtre

     

     

     

    Lors de cet examen, nous avions le choix entre ce sujet pour le moins singulier et un autre, plus classique :

     

     

     

    "Le rôle du Conseil constitutionnel dans la formation du bloc de constitutionnalité."

     

     

     

    J’ai décidé de répondre à la question sur François Hollande, car sa formulation m’a beaucoup déstressée. Mais je dois bien l’avouer : au début, j’ai cru qu’il s’agissait une blague. Et je ne suis pas la seule.

     

     

     

    Quand ce sujet nous a été distribué, des rires ont retenti dans l’amphithéâtre. Alors que le silence est normalement de rigueur, nous nous sommes tous mis à discuter. Certains étudiants avaient l’air vraiment perplexe. Les deuxièmes et troisièmes années, qui partageaient notre salle mais pas notre sujet, n’ont pas compris ce qu’il se passait.

     

     

     

    Les chargés de TD qui surveillaient l’amphithéâtre nous ont demandé de nous taire à plusieurs reprises. Face à notre incompréhension, l’un d’eux a précisé que si nous choisissions ce sujet, une argumentation était nécessaire.

     

     

     

    Il sous-entendait par là qu’il n’était pas envisageable de répondre "À rien" à la question "À quoi sert François Hollande ?".

     

     

     

    Ce sujet m'a aidé a évacuer la pression

     

     

     

    L’enseignant à l’origine de ce sujet aurait pu simplement écrire : "Quel est le rôle du président de la République ?", mais il a choisi une formulation différente. Pourquoi ? À mon sens, il ne s’agit pas d’une maladresse, mais simplement d’un trait d’humour.

     

     

     

    En tournant la question ainsi, je suppose que ce professeur a tenté de rendre attrayant un sujet qui ne l’est pas forcément. Et il a réussi son pari : en riant avant ce partiel, j’ai réussi à évacuer la pression, même si cette question a semé le doute dans ma tête et dans celle d’autres étudiants.

     

     

     

    Je suis d’ailleurs persuadée que certains ont concentré leur argumentation sur François Hollande et pas sur le président de la République de manière plus globale. Pour ma part, j’ai vu ça comme un piège et je n’ai pas pris ce risque-là. Mais il n’est pas impossible que je me sois trompée !

     

     

     

    Fin du suspense le 13 juin

     

     

     

    Dans ma copie, j’ai donc analysé le rôle du président de la République. Dans un premier temps, j'ai évoqué les pouvoirs qui lui sont propres, en parlant notamment du fait majoritaire.

     

     

     

    Dans un second temps, je suis revenue sur les compétences du président de la République, en revenant sur le fait qu'il peut promulguer des lois ou encore réviser la Constitution.

     

     

     

    Le partiel durait trois heures et j’ai quitté la salle au bout de deux heures et demi. Avant moi, environ trente étudiants sont partis au bout d’une heure. Je dois avouer qu’en sortant, j’étais un peu perdue. J’ai donc discuté du sujet avec des camarades, qui ont suivi le même raisonnement que moi. Ça m’a rassurée !

     

     

     

    Malheureusement, je crois que je n’ai pas assez développé ma réponse, mais j’espère quand même obtenir la moyenne. Pour l’heure, il ne me reste plus qu’à attendre les résultats : le suspense prendra fin le 13 juin prochain !

     

    Propos recueillis par Anaïs Chabalier.

     

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  • Loi travail: plusieurs milliers de manifestants à Paris sous haute surveillance policière

    17/05/2016 à 15h41 LIEN
     
    police arme
     
    Le fonctionnaire de police faisait partie de la brigade anti-stups de Marseille. - Philippe Huguen - AFP
     
     

    Plusieurs milliers de personnes rassemblées place de l'École militaire à Paris ont commencé à défiler dans le calme en direction de Sèvres-Babylone peu avant 14h30 ce mardi, manifestant une nouvelle fois contre le projet de loi travail.

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  • Manifestation contre le projet de loi travail : « On s’en souviendra en 2017 »

    LE MONDE | 12.05.2016 à 21h48 |   LIEN Par Adrien de Tricornot

     

    Manifestation contre le projet de loi de réforme du code du travail, place des Invalides à Paris, le 12 mai.

    La nervosité des services d’ordre syndicaux positionnés à l’avant du cortège était palpable, boulevard Raspail à Paris, dès le début de la manifestation contre le projet de loi de réforme du code du travail, mercredi 12 mai. Le but était d’éviter que des casseurs ne cherchent l’affrontement et ne fassent dégénérer à nouveau la manifestation. C’est ce qui s’est en partie produit pourtant. Mais cela n’a pas empêché le défilé d’un cortège épais d’opposants à la loi, depuis Denfert-Rochereau jusqu’aux Invalides, mobilisés contre le recours à l’article 49, alinéa 3, de la Constitution (dit 49-3) par le gouvernement pour faire passer son texte en force.

     

    Au départ du défilé, William Martinet, président de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), dénonçait à propos de l’usage du 49-3 un « déni de démocratie » et une « fracture » entre le gouvernement et les attentes des jeunes.

    « Le gouvernement va trop loin : le projet de loi est contesté dans l’opinion, par le mouvement social et au Parlement. Le passage en force de cette façon est toujours un aveu de faiblesse. »

    De plus, le gouvernement s’était engagé le 11 avril « à introduire un amendement pour rendre obligatoire la surcotisation des CDD », dit-il. Position qu’il a abandonnée depuis pour renvoyer à une négociation entre partenaires sociaux. « C’est une déresponsabilisation qui n’est pas acceptable », proteste William Martinet, qui continue à demander le retrait du projet de loi : « Avec ce qu’on appelle “l’inversion de la hiérarchie des normes”, il mène à un projet de société avec toujours plus de concurrence et toujours plus de précarité. »

    Nuages de gaz lacrymogène

    Telle était aussi la tonalité chez les manifestants, parmi lesquels de nombreux jeunes venus crier les mêmes slogans que depuis le début de la mobilisation : « Assez de cette société qui n’offre que le chômage et la précarité » ; « Les jeunes répondent : résistance ! » ou « Derrière la loi travail se cache le capital » Le tout, aussi, au son entraînant de percussions brésiliennes du Batucada et avec l’esprit potache et joyeux, comme ces jeunes qui brandissaient une pancarte « free hugs CRS » (« étreintes libres avec les CRS »), avec des cœurs dessinés. Mais il y avait aussi des silhouettes cagoulées et mobiles, venues en découdre et rechercher l’embrasement qui ferait résonner les slogans antipolice.

    Et, une fois de plus, des incidents ont éclaté sur le parcours. Et la riposte a encore consisté en l’envoi de nuages de gaz lacrymogène. Presque une habitude pour les jeunes manifestants qui se sont immédiatement mis leurs écharpes et ont sorti les collyres... Avec la pluie, la fin de la manifestation dans ce grand nuage de lacrymogène les rendait amers. Comme cette étudiante : « Indignée : à chaque fois, c’est la même chose : l’ambiance est super et on se retrouve pris dans cet engrenage. »

    Oppressées par la nuée des lacrymogènes lors de l’arrivée aux Invalides, des manifestantes filaient aussi, parapluie à la main, chercher plus loin un peu d’air, non sans lancer : « C’est honteux ! » ou « On s’en souviendra en 2017. »

    Selon le ministère de l’intérieur, les manifestations de ce jour n’ont mobilisé que 55 000 personnes au niveau national — les chiffres des syndicats n’ayant pas encore été communiqués, sinon à Paris, où ils revendiquent... 50  000 manifestants.

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    Loi Travail : la motion de censure est rejetée,

    le projet de loi est adopté

    Après un débat parfois houleux, les députés ont rejeté la motion de censure.

    49.3

    Publié le 12 Mai 2016    LIEN

     

    Loi Travail : la motion de censure est rejetée, le projet de loi est adopté
     

    La motion de censure contre le gouvernement, déposée par la droite à la suite de l'invocation de l'article 49.3 de la Constitution par le gouvernement, a été rejetée par les députés. Si la droite, le FN et l'extrême gauche ont voté pour la motion, la majorité du PS est restée solide, et les frondeurs n'ont finalement pas frondé. 

    Le débat a parfois été houleux. Christian Jacob, président du groupe Républicain à l'Assemblée, a invité les frondeurs du PS à rejoindre sa motion de censure. "Que celles et ceux qui veulent la chute de François Hollande passent à l’acte !", s'est-il exclamé. "Ce qu’on ne peut pas vous pardonner c’est de tolérer la chienlit place de la République et d’interdire le débat ici", a-t-il également déclaré. Bruno Le Roux, président du groupe PS, a dénoncé la "stratégie d'opposition systématique" des frondeurs qui a rendu nécessaire l'utilisation du 49.3, et le "banc des gueulards" à l'hémicycle. 

    Manuel Valls, enfin, a vanté les mérites de la loi et le bilan de son gouvernement. "Pour la première fois nous affirmons que rendre les entreprises compétitives ce n’est pas imposer à toutes un cadre uniforme.", a-t-il déclaré.

    Aux critiques qui s'adressaient à son utilisation du 49.3, il a rétorqué "Gouverner ce n’est pas craindre le débat, c’est savoir le clore". 

    Après l'échec de la motion de censure, le projet de loi de réforme du Code du travail passera. L'article 49.3 de la Constitution permet au gouvernement d'engager sa responsabilité sur un projet de loi. L'Assemblée peut empêcher le texte de passer, mais pour cela elle doit passer une motion de censure, c'est-à-dire renverser le gouvernement. Le fait pour le gouvernement de pouvoir engager sa responsabilité sur un texte de loi est un aspect du jeu dans de nombreuses démocraties parlementaires. Le principe d'un régime parlementaire est que le gouvernement est responsable devant le Parlement. S'il y a une crise politique sur un texte, le gouvernement engage sa responsabilité, disant, en somme, "Le texte est si important pour moi--c'est ça ou je démissionne." Ce bras de fer peut en théorie se régler par la défaite de l'un ou de l'autre. 

    Si la motion passait, il s'agirait d'une crise politique presque sans précédent dans l'histoire de la Vème République--il n'y a eu qu'une motion de censure passée avec succès, en 1962. Les parlementaires avaient pensé faire fléchir le général de Gaulle en passant une motion de censure, le forçant à nommer un gouvernement plus soumis aux partis politiques représentés à l'Assemblée. Au lieu de cela, le Général avait choqué le monde politique en dissolvant l'Assemblée, demandant au peuple de trancher le conflit. Les élections suivantes ont conforté sa majorité, et ainsi résolu le bras de fer en sa faveur--il n'y a plus eu de motion de censure réussie contre lui.

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  • 49.3, la fracture sociale au PS

    Par Sylvain Mouillard , Lilian Alemagna et Noémie Rousseau 10 mai 2016 à 20:31 (mis à jour à 21:19) Lien
     
     
    Manuel Valls, à l'Assemblée, le 10 mai. Photo Albert Facelly pour Libération

    L’enlisement avait commencé la veille à l’Assemblée : après une rencontre mardi avec les «frondeurs», l’exécutif a acté l’absence de majorité sur le texte et choisi de passer en force.

    Drôle d’anniversaire. Trente-cinq ans, jour pour jour, après l’accession de François Mitterrand à l’Elysée, François Hollande et Manuel Valls ont constaté, mardi, qu’ils n’avaient plus de majorité à l’Assemblée nationale sur les grands textes économiques et sociaux. Fustigeant une «opposition des contraires», le Premier ministre a engagé, en fin d’après-midi, la responsabilité de son gouvernement sur le projet de loi réformant le code du travail, en ayant recours pour la quatrième fois (dont trois pour la loi Macron) du quinquennat à l’article 49.3 de la Constitution. «Poursuivre le débat parlementaire fait courir le risque de revenir sur l’ambition du projet de loi, de renoncer à sa cohérence, d’abandonner le compromis que nous avons construit, et d’offrir le spectacle désolant de la division et des postures politiciennes dues à une minorité de blocage», a justifié Valls à la tribune de l’Assemblée nationale.

    Un an après avoir fait passer la loi Macron en force, voilà donc l’exécutif contraint d’user à nouveau de cette arme constitutionnelle. La menace brandie dès la présentation du texte par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, et Manuel Valls avait déjà mis le feu à la plaine socialiste et alimenté le mouvement social. «Si on en est arrivé là, c’est à cause de la manière dont le débat a débuté, regrette un membre du gouvernement. Il était impossible de revenir à de vrais débats sur le fond. Cela ne pouvait que finir comme ça, en accentuant l’idée de gauches irréconciliables. C’est mortifère.» Retour sur une journée qui, à tout juste un an de l’élection présidentielle, a fracturé davantage la gauche.

    9h40. Dernière chance à Matignon

    Dur réveil pour la majorité. Lundi soir, les débats dans l’hémicycle ont viré à l’affrontement gauche-gauche. Les députés n’en sont même pas encore à l’article 2 que, déjà, le gouvernement utilise un artifice réglementaire pour repousser les votes sur les amendements. «Ils n’ont pas été capables de trouver 25 députés légitimistes pour voter l’article 1! Les types étaient tous planqués», fait remarquer un député francilien. La veille, dimanche, lors d’une réunion à l’Elysée autour de François Hollande, l’idée avait été arrêtée d’ajouter des journées à la discussion parlementaire et de proposer, dans la semaine, par l’intermédiaire du rapporteur Christophe Sirugue, une nouvelle rédaction de l’article 2 sur l’inversion de la hiérarchie des normes (lire ci-contre). Un compromis présenté mardi matin à Matignon, lors d’une nouvelle réunion avec des députés légitimistes, mais aussi des frondeurs, reçus pour la première fois sur ce texte par Valls. «Cette mise en scène était cousue de fil blanc, raconte l’ex-ministre de Benoît Hamon. A partir du moment où on refusait la proposition de Sirugue, une usine à gaz, on était présenté comme les méchants.»

    11h05. Compromis impossible

    La réunion à Matignon est terminée. Rendez-vous au groupe socialiste à l’Assemblée natioanle, trois rues plus loin. Les voitures aux vitres teintées filent. L’un des porte-voix des frondeurs, Christian Paul, s’attarde devant les micros : «Les propositions de compromis sincères pour sortir de la crise sociale par le haut n’ont pas été retenues par le gouvernement», lâche-t-il. «Sans réécrire le texte», le député de la Nièvre plaidait pour un principe simple : «Quand l’accord d’entreprise est moins favorable au salarié, c’est l’accord de branche qui prévaut.» Avant de s’exprimer devant les députés, Valls échange au téléphone avec Hollande qui doit, lui, participer aux commémorations en hommage aux victimes de l’esclavage. Décision est prise de convoquer un Conseil des ministres extraordinaire dès l’après-midi pour autoriser Valls à utiliser le 49.3, sans attendre celui - ordinaire - de ce mercredi matin.

    12h33. Valls fait porter le chapeau aux frondeurs

    «Projet de loi travail : Conseil des ministres extraordinaire convoqué mardi à 14 h 30 en vue du 49.3.» La dépêche AFP tombe en pleine réunion du groupe socialiste. Laquelle ne tourne pas à l’avantage des frondeurs. Christian Paul est interrompu dans son intervention par des camarades légitimistes agacés de le voir occuper le devant de la scène. «Les faucons veulent du passage en force», sourit le député, croisé juste avant la pause déjeuner. La stratégie du gouvernement et de la majorité du groupe PS est limpide : faire porter la responsabilité de ce passage en force à son aile gauche. «Ce matin, il y avait encore un compromis possible sur la base du travail du rapporteur, lance Valls devant le groupe. Le gouvernement l’accepte ! […] On ne peut pas dire que le gouvernement n’a pas cherché le compromis.» Problème : ce n’est pas la vingtaine de frondeurs qui empêchent l’exécutif d’avoir une majorité, mais tout un ventre mou de députés qui, soit y sont publiquement opposés, soit traînent désormais des pieds pour venir voter. D’ordinaire proche de Valls, le député des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci est contre, comme «une très grande majorité du parti est opposée à la loi en l’état», dit-il. «Que chacun prenne ses responsabilités d’ici à 16 heures !» lance de son côté Bruno Le Roux, patron des députés PS. «On a à peine commencé la discussion qu’on nous dit : "Fermez le ban !" C’est une fuite en avant dans le césarisme aux petits pieds», balance Pascal Cherki, opposé au texte.

    15 heures. Le gouvernement moqué par la droite

    Bien installés sur la droite de l’hémicycle, les députés LR chambrent, en attendant le début des questions d’actualité au gouvernement : «Et ils sont où ? Et ils sont où… ?» Les ministres sont en retard, de retour de l’Elysée, où ils ont autorisé Valls à user du 49.3 quand il le souhaite. A l’Assemblée, Sirugue demande à Valls : «Qu’allez vous faire maintenant ?» Le Premier ministre, le nez dans ses notes, vante les mérites d’un texte, «fruit […] d’un accord avec l’ensemble des organisations syndicales réformistes». Sans hausser le ton, il confirme qu’il fera usage du 49.3. «La représentation nationale est privée de son rôle législatif, elle est humiliée par cette manœuvre grossière !» s’insurge, le patron des députés Front de gauche, André Chassaigne. «Le 49.3 ne peut qu’exacerber les tensions alors que les violences ne font que croître», prévient l’ancien président LR de l’Assemblée, Bernard Accoyer. Philippe Vigier, président du groupe UDI, dénonce, lui, «l’immobilisme» comme «seul horizon» du gouvernement et «le renoncement» comme «seule issue». Salle des Quatre-Colonnes, c’est la cohue. Les parlementaires oscillent entre colère et embarras. L’étape d’après, c’est la motion de censure. A droite, elle est déjà prête : «C’est la deuxième fois en un an que le gouvernement […] sort l’arme atomique pour un texte creux, vidé de sa substance», jubile la LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

    Les frondeurs socialistes, de leurs côtés, réfléchissent à un «acte collectif» qu’ils détermineront lors de réunions prévues ce mercredi. Dès la mi-journée, l’ex-PS Pouria Amirshahi a annoncé qu’il allait faire le tour des «députés de gauche» pour une motion de censure de gauche. «Je prévois d’échanger avec de nombreux députés sur l’attitude à adopter», confirme Hamon. En coulisse, l’ex-ministre est à la manœuvre pour trouver près de quarante de ses camarades pour leur propre motion. «C’est mal engagé, plaisante un pilier de l’Assemblée. La vie est longue en politique. Certains ont des circonscriptions à garder…» D’autant que les aubrystes ne veulent pas être embringués dans un renversement du gouvernement.

    16h25. Valls dégaine

    A la tribune, Valls confirme dans une courte allocution qu’il engage, dès la reprise des débats, la responsabilité du gouvernement sur ce projet : «Avec la ministre du Travail […], nous nous sommes battus pour convaincre», répète-t-il, confirmant que le texte reprendrait «469 amendements» apportés par les députés PS. Le Premier ministre dénonce une «sorte d’alliance des contraires, des conservatismes». L’argument agace un socialiste : «Ce n’est pas nous qui avons voté la déchéance de nationalité avec la droite…» Le Premier ministre en termine, suspendant de fait les débats jusqu’à l’examen, jeudi, de la motion de censure déposée par la droite : «Nous avons le devoir d’aller de l’avant, de dépasser les blocages, nos vieux réflexes, pour consolider la reprise de la croissance et pour amener notre pays vers demain. C’est cette exigence qui m’amène, en conscience dans l’intérêt supérieur des Français à engager la responsabilité de mon gouvernement.»

    18 heures. Nuit debout devant l’hémicycle

    «49.3 on n’en veut pas», «Assemblée nationale, assemblée du capital» : c’est au son de ces slogans que plusieurs centaines de manifestants commencent à se rassembler devant le Palais-Bourbon, sous des trombes d’eau. Rapidement entourés de très nombreux CRS, les militants de Nuit debout et de plusieurs organisations syndicales sont contenus sur le pont de la Concorde. En début de soirée, ils faisaient encore face aux forces de l’ordre, déterminés à dénoncer ce qu’ils considèrent comme un coup de force du gouvernement.

    Sylvain Mouillard , Lilian Alemagna , Noémie Rousseau

     

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  • 8 mai 1945

    Fin de la guerre en Europe

     

    La Seconde Guerre mondiale se termine officiellement en Europe le 8 mai 1945, à 23h01 (heure allemande), au lendemain de la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie, signée le 7 mai à Reims.     LIEN

    Elle laisse un bilan sans équivalent dans l'Histoire avec plus de cinquante millions de morts militaires et majoritairement civils (400.000 Américains, autant de Britanniques, 600.000 Français, huit millions d'Allemands, dix à vingt millions de Soviétiques etc).

    Capitulation du IIIe Reich à Berlin : les plénipotentiaires allemands (le général Hans Juergen Stumpff, commandant en chef de la Luftwaffe, le maréchal Wilhelm Keitel, chef d'état-major de la Wehrmacht, l'amiral Hans Georg Von Friedebourg, Kriegsmarine, source : ECPAD)

    Défaite totale de l'Allemagne nazie

    Le tournant de la guerre s'est produit lors de la bataille d'El-Alamein, en octobre 1942.

    À partir de cette date, les armées allemandes subissent défaite sur défaite et reculent sur tous les fronts. En février 1945, Dresde est écrasée sous les bombes. La jonction des troupes soviétiques et anglo-américaines a lieu le 25 avril 1945 au milieu de l'Allemagne, sur l'Elbe.

    Le 30 avril, le suicide de Hitler, terré dans son bunker de Berlin avec son dernier carré de fidèles, sonne le glas des espoirs allemands.

    Il revient à son successeur, l'amiral Dönitz, de demander la cessation des combats aux puissances alliées. Celui-ci envoie le général Alfred Jodl, chef d'état-major de la Wehrmacht, à Reims, au quartier général des forces alliées du général Dwight Eisenhower.

    Signature de la capitulation à Reims (7 mai)

    Capitulation du IIIe Reich à Reims : on  voit de dos le général Alfred JodlLe général Alfred Jodl signe dans la nuit du 6 au 7 mai, à 2h41 du matin, la capitulation sans condition de l'Allemagne. Quelques mois plus tard, il sera condamné à mort par le Tribunal de Nuremberg pour avoir contresigné des ordres d'exécution d'otages ou de prisonniers.

    Le chef d'état-major du général Eisenhower, commandant suprême des Alliés, et le général soviétique Ivan Sousloparov signent l'acte de capitulation au nom des vainqueurs. Le général français François Sevez, chef d'état-major du général de Gaulle, est invité à le contresigner à la fin de la cérémonie en qualité de simple témoin.

    La cessation des combats est fixée au lendemain 8 mai, à 23h 01.

    Ratification de la capitulation à Berlin (8 mai)

    Pour Staline, il ne suffit pas que la capitulation ait été signée à Reims, dans la zone occupée par les Anglo-Saxons. Il faut aussi qu'elle soit ratifiée à Berlin, au coeur du IIIe Reich, et accessoirement dans la zone d'occupation soviétique.

    Bien que la France se fût officiellement retirée de la guerre avec l'armistice du 22 juin 1940, le gouvernement du général de Gaulle obtient de Staline de se faire représenter par le chef de la 1ère armée française, le général Jean de Lattre de Tassigny.

    Cette formalité se tient au quartier général des forces soviétiques, sous la présidence du maréchal Gueorgui Joukov. Après que le maréchal Wilhelm Keitel, chef d'état-major de la Wehrmacht, a signé les protocoles de la capitulation, la délégation allemande est poussée vers la sortie et les vainqueurs donnent libre cours à leur joie dans un banquet qui se prolonge jusqu'au matin.

    NB : la ratification de la capitulation à Berlin ayant été enregistrée en URSS le lendemain, à 00h01 (heure de Moscou), c'est le 9 mai que, depuis lors, Soviétiques et Russes commémorent leur victoire dans la « Grande Guerre patriotique ».

    La capitulation n'est pas la paix

    Les chefs d'État et de gouvernement alliés, dont le général de Gaulle, peuvent annoncer simultanément sur les radios la cessation officielle des hostilités en Europe.

    Mais malgré la capitulation de l'Allemagne nazie, son allié le Japon poursuit un combat désespéré contre les Américains dans l'océan Pacifique. Il faudra les deux explosions atomiques de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945, pour le contraindre à capituler, près de quatre mois après l'Allemagne.

    La Capitulation vue de Paris

    Les Français n'ayant eu aucune part à la capitulation militaire de l'Allemagne, à Reims, le 7 mai 1945, ils ont choisi par la suite de commémorer exclusivement la fin des combats, le 8 mai 1945.

    En 1975, le président Giscard d'Estaing a souhaité mettre un terme à cette commémoration dans le désir de se réconcilier avec les Allemands... mais au grand scandale des associations d'anciens combattants.

    En 1981, le président Mitterrand a voulu prendre le contrepied de son prédécesseur. Il ne s'est pas contenté de refaire du 8 mai un jour férié. Il en a aussi fait un jour chômé... sans rencontrer d'objections chez les citoyens (faut-il s'en étonner ? un jour de congé supplémentaire, ça ne se refuse pas). Cela fait, avec le 11 novembre, deux jours chômés pour autant de victoires sur nos « amis allemands » ! L'attention portée à cette célébration paraît d'autant plus incongrue que le 8 mai 1945 est aussi marqué par la répression sanglante de Sétif.

    À noter que ni les Anglais, ni les Américains ne chôment le 8 mai bien qu'ils aient les meilleures raisons du monde de commémorer cet anniversaire. Quant aux Russes, rappelons-le, c'est le 9 mai qu'ils célèbrent la capitulation de l'Allemagne, la cessation des combats ayant été enregistrée ce jour-là à Moscou en raison du décalage horaire.

    Notons enfin que cette date du 8 mai 1945 marque avant tout une victoire militaire. Le nazisme proprement dit est mort avec son fondateur dans le bunker de Berlin, le 25 avril précédent.

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  • Election présidentielle : les deux tours fixés

    au 23 avril et au 7 mai

    Mis à jour : 04-05-2016 13:57
    - Créé : 04-05-2016 12:38        Lien

    A VOS AGENDAS – L'élection présidentielle de 2017 se déroulera les 23 avril et 7 mai, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, à l'issue du conseil des minsitres.

    Election présidentielle : les deux tours fixés au 23 avril et au 7 mai

     

    AFP/ Illustration

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  • Loi Travail: cinq points qui vont coincer à l'Assemblée nationale

    La ministre du Travail Myriam El Khomri défend son texte de loi à l'Assemblée nationale à partir du mardi 3 mai.

    La ministre du Travail Myriam El Khomri défend son texte de loi à l'Assemblée nationale

    à partir du mardi 3 mai.

    afp.com/DOMINIQUE FAGET

    C'est aujourd'hui que débute l'examen par les députés de la loi portée par Myriam El Khomri. Les débats s'annoncent longs - près de 5 000 amendements ont été déposés-, et de nombreuses mesures phares du texte divisent. Le gouvernement devra-t-il recourir au 49.3 pour imposer son texte?

    C'est une bataille parlementaire aussi dense qu'interminable qui s'annonce. Mardi 3 mai, la très décriée loi Travail portée par Myriam El Khomri arrive en première lecture devant les députés. Des élus bien décidés à infléchir la ligne, pourtant déjà fortement remaniée, de ce texte. 

    EN DIRECT >> La loi Travail d'El Khomri à l'épreuve de l'Assemblée  

    Près de 5 000 amendements ont ainsi été déposés, notamment par des élus de la majorité, sur les différents articles de la loi. Même si Myriam El Khomri s'en défend, l'ombre du 49.3 pèse sur ces débats qui ne devraient pas manquer d'être houleux entre un gouvernement décidé à faire passer l'un de ses derniers texte économiques, des frondeurs ulcérés par la tournure des mesures avancées, une opposition déçue des modifications apportées et un patronat qui menace toujours de boycotter les négociations sur l'assurance-chômage. "En l'état", le texte "nous fait très peur", a déclaré Pierre Gattaz ce matin sur RTL... "J'attends vraiment des députés qu'ils reviennent à l'esprit initial de la loi", a répété le chef de file du Medef. 

    DECRYPTAGE >> Après la fronde de la rue, le texte à l'épreuve de l'Assemblée 

    Le rapporteur du texte lui-même ne cache pas ses multiples désaccords avec Manuel Valls et Myriam El Khomri. Tour d'horizon du menu parlementaire des jours à venir.  

    1. Refondation du code du travail

    Ce que prévoyait la version initiale du projet de loi: entamer un travail de refonte du code du travail à moyen terme en le confiant à une commission d'experts. Le texte (dans ses articles 1 et 2) prévoyait également la présence des "principes essentiels du droit du travail" au début du texte, tels que définis par la commission Badinter.  

    Ce qui a changé lors de l'examen du texte en commission. Pour les députés de la commission des affaires sociales, la référence aux "grandes principes" n'a pas sa place dans le texte. Exit donc.  

    Concernant la grande refonte du droit, ils ont précisé qu'elle devait se faire "à droit constant", c'est-à-dire avec des règles supplétives identiques à la loi actuelle. Ils souhaitent également que cette future commission soit paritaire et rende ses travaux dans les deux années à venir.  

    Les amendements déposés à l'Assemblée nationale. Plus d'une centaine de députés de tous bords souhaite la suppression des articles 1 et 2 de la loi Travail et ont déposé des amendements dans ce sens.  

    2. Licenciements économiques

    Ce que prévoyait la version initiale du projet de loi. Le texte a introduit une nouvelle appréciation des motifs permettant le licenciement économique. Ainsi, une entreprise devra justifier de quatre trimestres de baisse de chiffre d'affaires consécutifs pour procéder à des licenciements économiques. Autre changement: la possibilité de considérer la santé économique d'une entreprise internationale du seul point de vue français (et non plus global). 

    Ce qui a changé lors de l'examen du texte en commission. La commission a fixé des règles différentes pour les PME en simplifiant la procédure pour les plus petites entreprises. Il s'agit de tenir compte de la fragilité des TPE et PME. Pour les moins de 11 salariés, c'est une baisse de commandes d'un trimestre, pour celles entre 11 et 49 salariés, deux trimestres suffiront. Seules celles de plus de 300 salariés restent sur les quatre trimestres. 

    Les amendements déposés à l'Assemblée nationale. Le rapporteur Sirugue lui même est opposé à ce périmètre géographique national et veut un retour au périmètre international ou européen. Il devrait déposer un amendement en ce sens. 

    3. Taxation des CDD

    Ce que prévoyait la version initiale du projet de loi. Ce n'était pas dans le texte initial, mais Manuel Valls a promis d'agir sur les CDD après sa rencontre avec les syndicats étudiants, le pressant d'agir en faveur de la jeunesse.  

    Ce qui a changé lors de l'examen du texte en commission. Rien n'a été discuté en commission à ce sujet.  

    Les amendements déposés à l'Assemblée nationale. Le gouvernement doit fixer cette proposition via un amendement. Il devrait simplement préciser l'obligation pour les partenaires sociaux de se pencher sur une surtaxation, les laissant en fixer le montant. Le patronat a déjà prévenu qu'il boycotterait les dernières réunions de l'assurance-chômage si tel était le cas. De son côté, Christophe Sirugue a déjà prévenu qu'il ne soutiendrait pas cette mesure.  

    4. Accords d'entreprises

    Ce que prévoyait la version initiale du projet de loi. Le texte prévoyait de donner plus de souplesse aux accords collectifs (à condition qu'ils aient recueilli la majorité des suffrages). 

    Ce qui a changé lors de l'examen du texte en commission. Les députés réunis en commission ont reporté l'entrée en vigueur des nouvelles règles de validité des accords au 1er janvier 2017. Ils ont également fixé une obligation de bilan et d'évaluation de ce nouveau cadre au bout de deux ans et ce afin de juger s'il faut ou non les étendre.  

    Les amendements déposés à l'Assemblée nationale. Craignant "un dumping social" entre les entreprises, le rapporteur Sirugue a déposé un amendement permettant de veiller "à ce que la conclusion d'accords collectifs d'entreprise dans certains domaines n'entraîne pas des effets néfastes, en particulier sur les conditions de travail des salariés et sur les conditions d'une concurrence loyale entre les entreprises d'un même secteur d'activité." Le rapporteur propose ainsi que les branches - via des commissions paritaires - dressent un bilan annuel de la bonne utilisation de ces accords. 

    5. Accords offensifs

    Ce que prévoyait le projet de loi. Le texte introduisait des accords dits offensifs dans les entreprises leur permettant d'ajuster leur organisation pour répondre à des objectifs de "préservation ou de développement de l'emploi". Cet accord majoritaire primait le contrat, y compris en matière de rémunération et durée du travail. Le projet de loi prévoyait qu'en cas de refus du salarié, ce dernier pourrait être licencié pour motif personnel. 

    Ce qui a changé lors de l'examen du texte en commission. La commission a modifié le texte et introduit - via un amendement porté par Christophe Sirugue - que les salariés refusant de se soumettre à cet accord ne seraient plus licenciés pour motif personnel, mais pour motif économique. 

    Les amendements déposés à l'Assemblée nationale. Christophe Sirugue a assuré jeudi 29 avril que de nouvelles précisions devaient être apportées à cet amendement initial.  

     
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